‹ Les mythes de Platon [microform]; études philosophique et littéraireChapitre 9 sur 37 · VIG · texte numérisé non relu

VIG

1^ Phaed 70 c. Xous avons vu que, au début de la secojide preuve (argument de la réminiscence), Platon taisait «ne allusion très claire mt Ménon. Or il n'en va pas autrement pour la première, car la formule du ^

T.^l,'M XoYo; de la métempsychose rappelle Men. 81 b : I'iî^ . tt.v .V.xr,v... TOT= j/tv TtXe'JTiv — ô ô;, à-ol)vf,r/.e..-/ xaXoîîi — TOTe ce rïAtv ^ ^

"^ «Comme l'avait déjà fait Heraclite ; et il nous semble très probable nue c'est à lui, autant qu'à la doctrine orphico-pythagoncienne de la ^,X'vviv=j!ï que Platon emprunte 1rs éléments de sa première preuve. (Cf Hkbaci.. Diels, Vors. B, fr. R8, où sur les trois couples de contraires, deux se retrouvent chez Platon : ^ov-tîHvt.x';,- et -h SYpr.vo-oç.TO xaflsOSov.)

» Phaed. 70 c- 72 e.

1 ES MYTHES DE PI.ATON

confirmer le vieux dogme orphico-pythagoricien par une démonstration préliminaire. Or il en est exactement de même pour le second argument. La réminiscence ne peut prouver la préexistence qu'à la condition d'être certaine. Voilà pourquoi le philosophe lui donne une rigueur qu elle n'avait pas encore dans le Mhwn ; d'un za/.ar>,- /.r/o-:, il tait un principe fondé sur la théorie des idées . Au reste son dessein est clairement marqué par le tour du dialogue' Cébès présente la réminiscence comme une théorie déjà connue des disciples de Socrate, et rappelle la preuve du Mérwn. Mais Simmias garde apparemment une attitude quelque peu sceptique, car Socrate lui dit aussitôt : « bi tu ne veux pas te rendre à cet argument-là, peut-être 1 examen des raisons que voici emportera-t-11 ton suffrage -. >> Puis 1 développe sa nouvelle démonstration, purement déductive et partant beaucoup plus solide que l'ancienne Les deux formes successives de la réminiscence doivent donc être distinguées avec soin, et jugées séparément . L'exposé du Ménon a un caractère mythique indemable. Celui du Phédon n'est pas un simple complément du pre-

1 Cf. le parall<'lismc :

Phaed. 70 c-d : EtTO':^0' o->'"^ «/^S

Phaed. 72 e: Kal xax' èxtivov v£ TÔv Xovov, cl àXr,Q/,; JgT'.v,... oxir.ixïv i |jiier*:r'.; oii/. a/Xo x-. }] à^i[L^y'.<; T'jfyivEi ou^a, X2'. xatàfTOÛtov «vâ^x/,

a»6Tyivai a vOv iva;jLiLivTp,T/.O(a£0a.

Dans les deux cas, un principe est posé, d'où l'immortalité découle comme unté.nséq;.ence nécessaire. Puis le principe. cTabord énonce sous la forme- coiiditionnelle, est l'objet d'une démonstration.

*. K' don? impossible de prouver que l'e.posé du PtUdon est ■ .1- 1 r»ide d'areuments tirés du Ménon, comme le font, par

rmTn:.icl;t=„. (p.... p/.. t. p. -i' - «7— js

ni PI V 343-3'.9). D'après Deuschi.e [Plat. Spracbphd. p. 4-1, la remi nisC nce ne serai pas réellement, dans le Phédon, une preuve de I.mmor- ^ .té p\rce que, dans le Ménon, elle en est au contraire une conséquence, de ort'^ qu'd y aurait cercle vicieux. Or U n'y a, en fait, aucun cerde vicieux car loLue Platon reprend sa théorie de la réminiscence en gu.se de preuve de l'immortalité, il ne la déduit plus de l'immortahte, comme auparavant, maii de la théorie des idées.

Ci\

mier, comme on le croit d'ordinaire, car il traite la question sur un autre plan : celui de la dialectique \

9. Rep. W, 434 e-441 c, et X, 611 1)-612 a ; Phaedr. 246 a sqq. ; Tim. 69 c-72 d. (Théorie des parties de l'âme). - L)an9 le Phédon, l'âme est simple ; dans la République, le Phèdre et le Timée, elle est composée. Les critiques qm veulent à tout prix réduire le platonisme en un système parfaitement cohérent se sont trouvés fort embarrassés par cette contradiction. Pour la supprimer, ils ont présenté la psychologie platonicienne de la façon suivante : en elle-même, 1 ftme est simple, comme l'enseigne le Phédon ; c'est le /07.7Ta« de la République, V^y/^ ^yf-i ^^-^"i ^^ Timée. Quant au 5vao.nSi,- et à l'jTr.O-.a.axsv, dont il est question dans ces deux derniers dialogues, ils ne se joignent à l'âme proprement dite qu'au moment où elle s'unit à un corps, et c'est pourquoi Platon leur refuse expressément l'immortalité dans le Timée [zi Oyr.zl. 'fBoi '^v//:;) : n'étant qu un résultat de l'incarnation, ils périssent nécessairement lorsqu'elle prend fin, et le v'/i; subsiste seul, ramené par la mort à sa pureté originelle ".

1 On no saurait objecter à cette interprétation le rôle que la réminiscence joue plus tard dans le mythe du Phèdre, car il y a dans les mythes, quantité d'éléments qui, par eux-mêmes, ne sont pas mythiques : 1 immortalité de l'âme, par exemple, et jusqu'à la théorie des .dees. La disparition de la réminiscence dans les derniers dialogues (cf. toutefois Wilamowitz, Platon, I, p. 352, n. 1, sur Phil. 35 b) ne prouve rien non plus : si Platon abandonne finalement cette théorie, il n'en reste pas moins qua 1 époque du PAWon, elle faisait partie intégrante de sa philosophie

2 Zellep, Phil. der Gr. II, 1, p. 843 sqq. ; Anci.En-HiND, Phaed. o/ PI. p. xxxn-xxxv. et On some diljicullies oj Plat, psychohgy, Journ. of Dhilol 10, 1881, p. 120-123. Cf. aussi Shorey, UmUj of PI. thought, p. 42 sa 46 — \rcher-Hind est presque entièrement d'accord avec Zeller ; mais il lui reproche d'avoir pris pour dos parties de l'âme ce qui n'est en réalité, que des « modes of the soul's activity ». Sur ce point, il faut donner raisjp à Zeller • le XovtîTixov, le O-juostSi; et l';7:.0j|xr,-:i/ov ne sont pas des fonctions de l'âme, et ce qui le prouve, c'est que, comme l'a remarque SiSBScK [Gesch. der psychol. I, 1. p. 202 sq.), Platon les appelle e.or„ Ihr aéor, tf,; •V.yj:,-. etc., mais jamais o.va.usic, bien qu il fasse un usage 'fréquent de 'ce terme dans d'autres cas. Cf. Leissneb, Plat. Lehr» von den Seelenteilen, p. 62-64, 95, 97 sq.

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Cette interprétation est ingénieuse, et peut paraître séduisante à première vue ; elle est pourtant contraire à toute vraisemblance. D'abord, elle ne tient pas compte du Phèdre, car, dans ce dialogue, les trois parties de l'âme sont immortelles et antérieures à l'incarnation K Ensuite, comme on l'a déjà remarqué ^ si Platon avait admis, à l'époque où il écrivit le Phédon, que l'âme est composée de trois parties dont une seule est immortelle, il n'aurait certainement pas donné à celte dernière le nom générique de •|u//, ni passé les deux autres entièrement sous silence .

. Pour écarter celte objection, C. IMI.nM.^NN ne craignit pas de prétendre à la suite du scoliaste Uei.mias (In Plat. Phaedr. .ehol. Couvreur, p. X- Ast P 126), que, dans l'allégorie du Phèdr,; le cocher et les deux lirsTerf c;rr;spo> de.,., non pas aux trois parlies de l'âme, mais aux Srisqui, d'après le Tin.ée, constituent l'âme """»-^' ^ --^j; Oixepov. Cette hypothèse a été >;éf"tce par Sciivi-Ti^s (^ « • ™; n 15-17) etparZELLKB [Phil. der Gr. II, 1, p. 820, n. 2) — Z i...lf.r s est ^vlsé d'U autre moyei; : il laisse simplement <!« «0*^ V ChL " Phèdre sous prétexte qu'elle est mythique (op. cU. p. 843, n. 3). Myt uque, de l'est sans aucun doute ; mais, comme nous le montrerons tout a 1 heure, îl faut se garder d'en conclure que Platon ne prenait pas l'immortalité de l'àX'W'-»-'»' au sérieux (voir plus bas, p. 81 sq.).

' Cf. RAEDi.:n, Plalon. p. 173. sq. ; Groag. PI. Lehre .on den Seelen- ««i7en.Wien.Stud. 35. 1913. p. 334-339. . b„, „ c,.-

» Bien qu'ils ne soient pas dans le camp des « Systemat ker ». Sy SEMiu. [Pla,. Phil. I. p. 435 sq.. 466 sqq.) et Gomperz {(^''■P''^^ p 349 sq.) sont contraints, eux aussi, de supposer que la démons t;ation du P/.^<J0H ne s'applique qu'au Àov.....v. parce qu ils regardent ce dialo.'ue comme postérieur au Phèdre, écrit par conséquent a une époque où Platon admettait déjà la tripartitiou. U'apres Gomperz, si e Œn tient les passions pour des affections du corps, c'est « par suite de fa mtme reur qui influence si souvent et si naturellement notre langage por^" e » La r^emarque est juste, mais elle ne confirme pas 1 hypothes de Gomperx. bien au contraire. Car autant cette erreur est explicable s. UPIwdon précède le Phèdre, autant elle serait étrange dans le cas inverse. -- Enfin tout en plaçant le Pl^dre après le Phédon, Wilamcwitz (P «ton, I p 339) suppose ne'anmoins que l'auteur du Phédon professait la doctrine p. JJJ) »"l'l°»'= aue s'il n'y fait pas allusion, c'est pour éviter

des parties de 1 ame, et que, s n " j »»» ' „, -, ■ /--„ ti i r^ M'i d'alourdir son exposé. (De même Zei...er. Phil der Gr. "• 1- P- «^3. n 3 • ArtLT, PI. Dial. Phaed. p. 16. et Rep. n. 7 du 1. VI. n. 43 du I. X , Sh!rev Vnlty of PI. thonghi, p. 46.) En soi. cette hypothèse est bien peu vraisemblable; et Wilamo«itz la justifie de singulière façon. La Répu- LT«urdit-il ;uit de si près le Phidon qu'on ne saurait guère admettre Ju! Pla on ait découvert la tripartitiou dans l'intervalle. A quoi 1 on

î*isri

Sans doute, la W/h du Phêàon correspond, en fait, au >.0'/i7n/.sv de la République. Mais la psychologie de ces deux dialogues n'en est pas moins fort différente : dans le premier, la raison pure est toute l'âme ; dans le second, elle n'en est qu'une partie, parce que les passions sont regardées comme psychiques et non plus comme corporelles '.

Ainsi, quoi qu'on fasse, les contradictions subsistent, rendant toute synthèse illusoire, et s'il est un cas où l'interprétation évolntionniste soit de mise, c'est bien celui-là. Mais encore faut-il établir les rapports chronologiques des quatre dialogues en cause. Pfleiderer, puis ilohde ont admis l'ordre suivant : livre IV de la République — Phèdre — livre X de la République — Phéàoa — Timée \ Quand bien môme cette solution ne serait pas condamnée par les résultats de la stylométrie, on devrait la rejeter, parce que, de toute évidence, la tripartition est un aboutissement, et non pas un point de départ ^ Mais si la place du

peut répoiuliv qu'il iio l'aut pas loi.-ileinps jhmii' qu'une i(l«''e nouvelle surfisse dans l'esprit cfuii penseur.^ Un Iruit mûrit lentetuent, mais il tombe de Tarbre en un instant.

1 II en est de même dans Phil. 35 c-d, 'lO c.

2 Pi LEiDKKKK, Plul. l'f. p. 'l\-'l^i, et Sokv . luul PL p. 462-405 ; Uohde, Payche, il, [K 212-11 \.--Cesi la première lois que nous reneonlrons sur notie chemin l'hypotlise de la composition fraiinieiilaire de la Fh'inildiquey soutenue d'abord par Hkrmann, Kromn et l*i i.iidkhkk (Sohr. iind PI. p. 128-135), reprise avec diverses modifications par Houde (Psifcln', II, p. 265, n. 1), DiiviMLER [Kl. Sriir. I, p.. 22y-27()) et d'autres. Pour notre part, nous n'admettons pas cette hypothèse, qui nous .] semble insutllsamment l'ondée, et nous nous associons pleinement aux criti<iues qui lui furent faites par ('ampbell (.low^rr and Campbell, PL Rep. H, p. 1-20), LuTOSLAwsKi (PL lo^ic, p. 268-272, 310-325), Gomferz {Gr. Denker, II, p. 359-36i), IIaeder {Platon, p. 187 sqq.), Uitter [Platon, I, p. 273-278), WiLAMOvvirz (Platon, II, p. 170-213).

3 Dû M M LE R (KL Schr. Zur Composition des plat. Staates, I, p. 257-262) pense, lui aussi, que le dernier mot de la psychologie platonicienne fut la simplicité de l'àme, mais il retrace un peu différemment la genèse de la théorie : d'après lui, Platon aurait d'abord, dans le Thrasijniaque (soit Rep. I et X, 608 c-611 a) et le Gorgias. supposé a priori que Pâme est simple, puis il aurait, durant un temps, admis la tripartition, dans le Phèdre et Rep. II-V et VIII-IX, pour revenir finalement à sa conception première dans le Ménon, le Phédon et Rep. X, 611 a-612 a.

Phédon est inoonteslablemont la première, celle du Phèdre est plus difficile à détern.iner. Les critères Imguist.qnes, ioints à beaucoup d'autres indices qu'il serait trop long d'exposer .ci, semblent prouver que ce dialogue est posterieur à la lin>'Mi<,u^ '• ■"•">'t«f°-' l'hypothèse contraire a aussi des partisans. l»'après Sehultess, Leissner et Groag, par exon^plo, le problèn.e de la nature de 1/'-' f ".' 'f ^; aurait passé par les trois phases que vo.c. : 1» L ame est simple ; elle est ra.son pure, et les désirs -"J/^'^f^; ^ corps (Phédon. 2» L'âme est tripartite, aussi bien dans I dudeUMue pendant la vie terrestre (Phèdre). 3» L'àme incarnée ,.st triple -. rà.n. désincarnée est simple, seul le /../«rr.îv étant iiiHMoilcl [RépuUiqnc X, Timée) \

. Peu de .,u,sli.M.s so„l aussi coulrovemes .,ue ceU^- de la rtaie du n- i. S . .s " leudn. co.u.u. le ïaisail Schleubmaci.:.., «lue ce dialogue rr a;r;n.^è^^^^^ Pla.o,,, -eHains «iti.,ues .uodenies^sou^nt

encore nu-il est nn.érieur au Phnio,,. notamment ^.To„r (Pi. .^*«'^'"*'

imugin. ri,vpo.l,..se Inu-'iaiie des deux ^'^'l'" ;,; ^^;, .'.,„„« Vemièrc possédons .lu dialofru,- serait un reman.ement »;^'^;;^^" ^^ .j^.^^i,

édition où ne fi..n,aien. ni la .u-uve de ^'^"f"'-^''':^:; 'V'"" "..^tcle , été des parties de rame. I/arfe^umenl essenl.el d Immisel., dont 1 »'«';•'„

tt :..tine„.nent rétuté par ^"^^^^^ l^'^^l^^"^ deuv iages'di;- 28"! c'est la juxtaposition, dans le mvHie du Phèdre de deux im g dit: : celle'de l'Leau et celle de ."•"-.■lagc. dont «" second . a en croire

nouvelle de 1 aiue ^ / -[';^- '^ ;; . j^;, ,„„blables de n.élanges d'images, logues nous oITrent d ''".^'^'^'' ''J," ".,f '". «„„„4„ eomparé simultanément, uolammcnt celui, que signale Pohl.. /-, «''■ ^";'^'\;.;^ \ut.s»^. A ce sujet, aaus le B,.,,,„.. à une -^ ;, '^^ ^ P^^^t" sOrën^era postérieur

r pi:li •:; l;;:;,;«L.... poste-icur . .a^j/';^^^-^^rexLrermrt dt

possible de justifier celte opinion .c. Au reste, « '« ''^ f .7^™„,^, ,pi Lidue par dive. auteurs auxcpiels "'•- »--;';^7;,„^,^rr^^^^^^

zeit (/«.s PliaiJrot, Philol. N. t. -!', '■" ■' 1» •*-' •' ''

5.ej'u":;:;: Gno.c. m. Le,.e .on den SeeU,U..lcn. ^Uen. Stud. 3o. 1913.

Ainsi résumé, le développement de la pensée platonicienne paraît fort logique. Ne le serait-il pas beaucoup moins si le Phèdre, où les trois parties de l'àme sont considérées comme immortelles, était placé entre la République et le Timée, c'est-à-dire entre deux dialogues qui refusent Timmortaiité à Vy^^yt'JT,, ? Mais, pour que cette objection eût quelque valeur, il faudrait que Platon dise réellement, dans la République, ce qu'on lui fait dire, à savoir que l'âme désincarnée consiste dans le seul }o7(7Tr/sv. Or û n'eu est rien, comme nous le montrerons tout à l'heure K Par conséquent, l'ordre le plus probable est bien : Phédon — République - Phèdre - Timée, et c'est celui que nous

adoptons ^.

Après cette mise au point d'une question particuherement embrouillée, nous sommes mieux à même de décider si la tripartition est mythique ou non. Les divers passages la concernant ont été soupçonnés, en tout ou en partie, de ne pas exprimer la pensée philosophique de Platon. Ritter est, de tous les critiques, celui qui va le plus loin dans ce sens, puisqu'il estime, sans d'ailleurs justifier son opinion, qu'à aucun moment Platon n'a pris cette théorie au

p. 323-352, et 37, IDiT», p. 118-141 ; P.. .-..in/, Aus PI. ^VenJczcit, p. 330,

iVoirplusbas, i>. yO-95.

2 Parmi les nombreuses prouves de rantériorité de la République, nous en indiquerons une qui concerne le sujet que nous traitons présentement : il est sinon impossible, du moins iort diflicile de comprendre l allégorie du Phèdre si l'on i^^nore tout de la théorie des parties de l'àme : or tel eut ete le cas des contemporains de Platon si le Phèdre avait précédé la République. C'est ce qu'a fort bien montré II. von Armm {op. cit. p. 156-lGl). Cf. aussi PvAEDER, Platon, p. 252 sq. On ne saurait donc admettre, avec ScHLEiKRMACHER, PouLENZ [Aus PI. ]V>rrf.-et«, ?. 330, U . 1 ) ct Leiss- NER [op cit. p. 31, 34 sq., 05), que l'exposé mythique a précède 1 expose dialectique. Au reste, nous verrons tout à l'heure que, même dans la République la théorie des parties de l'Ame n'est pas réellement dialectique. Mais elle est du moins, développée beaucoup plus longuement, comme il sied à une théorie nouvelle (cf. notamment Rep. 435 b-c, 436 a-b, 441 c), tandis que, dans le Phèdre, Platon la suppose connue, et en tire aussitôt parti sans donner des explications désormais inutiles.

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sérieux ^ llirzel, en revanche, ne s'attaque qu'à l'exposé du Phèdre. Platon, affirme-t-il, n'a jamais pensé que l'âme est triple'dès avant l'incarnation-. S'il feint de le croire, c'est seidement en vue du résultat immédiat qu'il veut atteindre dans le second discours de Socrate. En d'autres termes, le mythe du Phèdre, comme tous les mythes platoniciens selon llirzel, est un artifice de rhétorique.

Que vaut cette interprétation ? Le moment n'est pas encore venu de la réfuter complètement, c'est-à-dire dans son principe, en tant que théorie générale du mythique chez Platon ^. Mais à coup sur, nous ne saurions Padmettre dans le cas particulier. En bonne méthode, une hypothèse doit toujours être motivée par le désir d'expliquer un fait précis ; elle doit être fondée, d'autre part, sinon sur des preuves certaines, du moins sur des indices plausibles. Celle de llirzel n'est d'aucune utilité, et les motifs qu'elle prête à Platon sont de pure fantaisie. En quoi la définition de l'amour exigeait-elle du philosophe qu'il altérât gravement sa doctrine de Pâme ? Xous ne le voyons pas. Ce qui nous paraît évident, au contraire, c'est qu'en présentant les choses de la sorte, on renverse leur rapport véritable, prenant pour la conséquence ce qui, de fait, est le principe. Toute Péthique de Platon, et singulièrement sa notion de l'amour, découle de sa métaphysique ; et s'il avait

1 Ritter, Platon, I, p. 227 : « Die Dreiteilung der Seele ist zu gar keiner Zeit Platons wahrc Meinung gewesen. » De même Shorev, Unity of PL thought, p. 42 sq. — Quant à Grote [Plato, II, p. 159-lGl ), il estime que Platon soutient indifféremment la simplicité et la tripartition de l'àme, selon le but particulier qu il se propose dans chaque dialogue.- A ce sujet, voir plus

bas, p. 163, n. 3.

2 lIiRZEL, Da^ Rhcior. hei PI p. 10 sq., 35-38. De même Deuschle, Plat. Mqthen, p. 21 sq. ; Zeleer, Phil. der Gr. H, 1 , p. 843, n. 3 ; Wilamowitz, Platon, I, p. 467 ; Taylor, Plato, p. 307. — Comme argument, Deuschle invoque le dualisme radical de Platon, i\\n devait empêcher celuici d'attribuer à l'essence de l'àme quelque chose d'aussi nettement corporel que Vïr.'Mj'i.'.^. Mais on peut lui répondre ([ue, dans un passage du PhiUbe que personne ne s'aviserait de considérer comme un mythe, le philosophe afTirmc sans hésiter la nature psychique de l'âz'.Oj|Aia [Pldl

3 Voir plus bas, p. 157-172, et spécialement, p. 162-164.

Perceval Frutiger ^

conçu autrement le monde et la nature humaine d aurarl dumême coup professé, en morale, des op.mons fort d i^^^^ rentes de eelles que nous lui connaissons. A" J-^^ ^ "e immortalité de l'.X'i/^.rov, dont on fa.t ll'^l21^J;J, une portée philosophique indéniable, <^-J. .'''' ^^fj^^l^^

d-e^liquer la chute ^^J^--^^^ ^^^^ ^^T^.

vîp céleste, les âmes n'avaient pas atja eu t.

rpabtl v.i„cr. 1. ,«i.o.. p.r quoi po»,.,.«-.n- e».

«%.,„:. robie. d'u.. '-xr^'^^r: ?:.;.«:'»:

Pfleiderer, Pohlenz et Lorntoia , xa i- I^ lit pas dans cet ouvrage, une théorie proprement psychog^ulmais un simple résultat de l'analog;e assez art.f.o^Sle aue Platon établit entre l'Etat et 1 .ud.v.du . Ce 1 revi nt à d.re qu'il s'agit d'un mythe, au sens que îlTrzé Tonne à ce terme. Avons-nous lieu de supposer que S dlv stn de l-âme en trois parties a été suggérée à Platon par celle de l'Etat en trois classes (dé,à precon.ee p HioDodamos de Milet '), et que, indifférente en soi, elle Hippodamos a parallélisme sur lequel repose

a pour seule raison d être le paia

toute la République ? La marche de la discussion au livre iV, toute la/ie^» H i'.,,,,-,,,; dp cette hvpothése, n est

que Pfleiderer invoque a 1 appui ae ceiie u, i>

. Cf. Gko.o. pi. LeUre .on éon Seele.UeiU. , Wien Stud. 35, 1913. p. ^^^ 'ri^- Phit Fr P 2'i-26, et Sokr. und PI. p. 216, n. 1 et

233 ; Pohlenz, Au ^ ; ""T"^ "^ '•/,■ cuss. c,uart. G. 1912, p. 240-265. CI. ,ocM structure ,n tkc ^«^' 7' ''''/;• ,^, Jij^^ contraire Rohde (Psyché,

"/s,re."ittreS:'s^t Aru^^^^^^ c'est la dlvUloii de l'État

626 e-627 b, 633 d, 689 --<^'^ll^^^^\^^^^^.,^ ^..i, ««. . Hippodamos ». 3.

«Sur ««P«'^»""''f^'f-if8'^'-;o67b 22-1268 a 15), Hippodamos avait D'après AmsTOTE [Pol. u, », ■-" iudiciaire, et notamment

proposé diverses réformes dord^^P^^^^^^^^^^^ ,^,„^^„„ ,,

^^ ''Tr^Tau': par égTeLent d'après Akistote (Polit. Athen. Bi^^ g>.erriers. D ^"^^^ f^'' ;^i„„ j^ artisans et des cultivateurs aurait été ISrment rtl!:é:i Mti,ue avant la réforme de Clisthène.

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gu.u-e probante, car un auteur n'est pas tenu d'exposer ses idées dans l'ordre même où il les a découvertes. Or tout nous porte précisément à croire quç les théories politiques de Platon, et à plus forte raison celles d' Hippodamos, n'ont exercé aucune influence sur la psychologie. Ce n'est pas là qu'il faut chercher l'origine de la tripartition, mais dans TicJée que les Grecs se faisaient couraniinenL de la personnalité humaine. Parmi les textes d'écrivains étrangers à la philosophie que nous pourrions citer en exemple, nous choisissons celui qui nous paraît le plus frappant :

lit K-jSVc, y.y.l èy lÀSyxAxiç y.dzxi xrjrr/xyîxLç.

A lui seul, ce distique de Théognis ^ prouverait contre Pohlenz que, bien avant Platon, il y avait, non pas, sans doute, une doctrine précise des parties de l'àme, mais à tout le moins le germe qui, tôt ou tard, devait lui donner naissance ^

1 TnEOGN. Bergk, Lyr. Gr. v. 631 sq. Voir d'autres exemples dan Leissner, Plat. Lehre i>on den Seelenteilen, p. 2.

* Sur la foi de divers auteurs anciens (Diog. Laert. VIII, 1, 30 ; PosiD. ap. Galon. De Plac. Hippocr. et Plat. Kiihn, V, 6, 478 ; Aëtius, PUc, IV, 4, 1 et5,10, Diels, Dox. Gr. p. 389 sq., 391 sq. : J vmbl. ap. Stob. Ed. Wachsrauth, I, 369 ; Cic. Tusc. IV, 5, 10 ; cf. Philol. Diels, Vors. B, fr. 13, et Alcmaeo, Diels, Vors. A, fr. 5), certains historiens modernes (p. ex. SusEMiHL, Plat. Phil. I, p. 230 sq. ; Rohde, Psythe, II, p. 170, n. 2 ; BuRNET, PI. Phaed. p. 40 des notes ; Taylor, Plato, p. 281, et CommerU. on PI. Tlm. p. 264, 496-498) ont attribué à la tripartition une origine pythagoricienne. Mais l'exactitude de ces renseignements est fort douteuse, et il est probable qu'ils concernent des doctrines pythagoriciennes d'une époque postérieure à celle de Platon (cf. Wilamowitz, Plnton,l, p. 391, n. 1, et Leissner, op. cit. p. 2-5). Cependant les pythagoriciens de l'époque présocratique ont eu certainement le sentiment plus ou moins vague que Pâme n'est pas entièrement raisonnable (cf. Gorg. 493 a : tt;? •{^-•/Ji; t^ÙTo £v (J> ir-.O'jfiiat £'.7Î, rapporté à un sage, t.; twv aocpwv, qui désigne probablement les orphico-py thagoriciens) , et par là, ainsi que par la doctrine des trois vies (Diog.Laert.VIII,1,8;Cic. Tusc. V,3,9;cf.P/iaed. 68 b-c,82b-c),

fls ont frayé la voie à Platon. Pohlenz {op. cit. p. 232) a donc tort de prétendre que : « fur die Dreiteilung der Seele fehlt bei den Frùheren jeder Anknûpfungspunkt. » Les linéaments de la théorie existaient déjà, mais, comme le dit, avec raison cette fois, Posidonius (ap. Galen. De plac. Hippocr, et Plat. IV, 7, 425), c'est Platon qui l'a développée et précisée.

Si maintenant, nous examinons avec un peu d attention les dialogues antérieurs à la République, nous ne laisserons pas d'y taire des observations intéressantes. Dans le i-rotagoras \ nous voyons Platon contester avec énerg.e que l'homme puisse Être vaincu par la volupté (.r. rv.v r.Oo-M.v -„^Vj^a 2 et s'efforcer do réduire la vertu a uçie sorte ' d'arithmétique. Mais cet intellectualisme rigoureux, conforme, semble-t-il, à la pure doctrine socratique ne devait pas le satisfaire longtemps. En approfondissant le problème moral, il s'aperçut bientôt que l'homme n es pas un être exclusivement raisonnable, comme il 1 avait cru tout d'abord, et qu'il y a réellement en nous des forces capables de faire échec à l'intelligence =>. Plus tard, lorsqu'il voudra démontrer que l'àme est composée, il s ap-

1 Prot. 352 a-358 e.

3 H^'^ol^AuMM [PI. Jugenddial. p. 8-10) dont rintcrprclation du P.i^;r„otpaJttouUria.e.o„.e(ct.ces^

:: U n la vertu coninic une science : la science du -vera.n b,e„ et le ncch6 comm- une erreur : l'erreur de ceux qui ignorent 1 identitt de la Tet et rbonhour. et „ui, par suite, pèchent « -volonta.remen »^ ^^^^^^ dire sont injustes et intenipérauts, non pas avec 1 mtent on '!'• 'b"^» <J« fie e mil, nais parce qu' ils croient faussement que ce mal moral peut être p^r ou" u^e source do bonheur. Sur ce point. Platon n'a jamais van . M^

que rintellectualisme absolu du débutait eto ♦«'"P^"^ P'^l^^^^^' "^J^'^^, nous semble incontestable : dans le Prolanora^, la raison étant tout 1 horanie rien ne "oppose à elle ; il lui suffit de taire un choix judicieux entre 1 s V " " et les' X:.a.., comme s'il s'agissait d'objets -l--"- -^gTil Prol^gora., ces v>''- et ces l^.^ ont leur siège en nous iGo^S-^J.'

^;':::.::l {:^.^) ^^tc^»: d'i:::ô...i. que U raison doit maîtrise, s celle-ci est faible, les tendances alîectives deviennent toutes-pu.ssantea ; condu sent l'homme au. pires excès, ce que Platon exprime en disant aue 'Le est en proie aux séditions (R«p»6(i,ue), ou que e mauvais c^urs crTutraine tout l'attelage hors de la bonne voie (P/,.<Ire)^Mais si la raison est forte et éclairée, c'est-à-dire si elle possède la science du bien et dû mal {Prot 352 c), alors il est effectivement toujours demeure vrai, aux yeuTde Platon, qû; cette raison est invincible. En d'autres termes, sans Changer d'avis ^uant à la cause protonde de la vertu et du vice le philosophe n'en est pas moins arrivé à une conception plus juste de la personnalité et du rôle des passions.

Tu

puiera sur ce môme dualisme de la raison et dtîs passions que, dans le Protagoras, il qualifiait dédaigneusement d'illusion populaire (?>:> tojv zo/J/hv 5:;3:v y.-'/jr/oT.wj) ^ Entre ces deux points extrêmes, le Gorgias et le Phédon font la transition ^ : la vertu n'y est plus présentée comme Tart de mesurer les plaisirs et les douleurs {-h fj.îTor'f/x "^'^'/yA, déjà le conflit des tendances est admis et dépeint de façon saisissante ^ ; mais le principe de la simplicité de l'âme est encore maintenu. Il sera abandonné, lui aussi, le jour où Platon reconnaîtra que la matière, comme telle, ne peut faire obstacle à l'esprit, et que les passions sont psychiques au même titre que la raison. Ce n'est plus entre l'âme et le corps que le combat se livre ; c'est dans l'âme même. Et aussitôt, l'ordre moral (r^^'r xsjp^ç) en quoi le Gorgias faisait déjà consister la vertu*

1 Prot. 353 a. — Dans le Gorgias déjà, Platon s'accorde avec les ToXXo- pour admettre que la morale consiste dans la maîtrise de soi {Gorg. 491 d: a-j-cov krjxoO à'pyiiv).

2 Letssmir, op. cit. p. 11 -2'2. Après avoir montre qu'il y a déjà des germes de la tripartition dans les dialogues de la première période, Leissner examine le Phédon avec beaucoup de soin et conclut ainsi : « So ist denn in Phaidon trotz allem eine nicht wegdiskutierbare Unterstromung vorhanden. Die Affekte und Begehrungen werden zwar dem Leibe zugewiesen, schleiclien sich aber auf der anderen Seite gegen Platons Willen doch auch in die Seele ein... Der Phaidon bildet also den Wendepunkt in der Frage der Seeleneinheit und -teilung. » (P. 21.)

3 Cf. p. ex. Gorg. 507 c-508 a ; Phaed. 04 b-e, etc.

* Gorg. 503 e-504 d. — Ce passage nous permet de réfuter un dernier argument de Pchlenz. Dans la République, dit ce dernier, l'homme est juste ou injuste selon que l'harmonie ou la sédition régnent dans son âme, et non pas, comme on pourrait s'y attendre, selon qu'il agit bien ou mal envers ses semblables : cela montre l)ien que Platon s'est représenté l'individu sur le modèle de l'État et Vàoz'J, individuelle d'après celle de la collectivité (Aus PL Werdezeit, p. 230 sq.). Or, d'une part, cette conception delà justice n'est pas du tout aussi « singulière » (aufîallend) que le prétend Pohlenz, car en dernière analyse, la valeur sociale d'un individu dépend toujours de son état moral : si son âme est « saine », c'est-à-dire réglée par le AoY'.JTixov, il se montrera nécessairement juste dans ses rapports avec autrui (Platon le dit lui-même, Rep. 443 a-b, et l'on ne peut que lui donner raison) : si, au contraire, son âme est « malade )>, ses passions l'entraîneront aux pires injustices, et il sera le -rupa-^v-xô; kW,p dont nous trouvons le portrait au livre IX de la République. D'autre part, même si cette conception avait réellement de quoi surprendre, elle ne prouverait rien en faveur

; tJ/éfif^jT ■

peut prendre toute sa valeur : il devient l'accord des trois parties de l'àmc, autrement dit la justice.

Loin d'être la conséquence fortuite d'un système politiaue, la tripartltion nous apparaît donc comme l'aboutissement normal d'une lente évolution >. Si l'iaton adopte dans la RépubUque, une nouvelle théorie de l'âme, ce n'est certainement pas par opportunisme, ainsi que le supposent Pfleiderer et d'autres, mais parce qu'il la juge, non sans raison préférable à l'ancienne K l.cla seul explique qu'il lui ait sacrifie 1 un des principaux arguments du Phédon en faveur de l'immortalité et qu'il lui soit resté fidèle jusqu'à la fin de sa carrière, comme en témoignent le Politique, le Timée et les Lois =>.

de rhypotlK.sc de rohien., puisqu'on la trouve d.jà clans lcGorgias>\onc à une époque où Platon n'avait encore aueune th.orie politique l.,...

xI''-Xiio.- r:-fvov.... «; -^o.;.:'... t,Ot, 0- s,xtv ?t«..0T>-r, t. «. ^çooT.vr,.

'^"ce.M'=V.oiT=..., du Gnrsias,ei non pas les elasses de l'État, qui a mis riaton sur la voie de la tripartilion : la rih; et V.ryy^ ;'';X'n«frf Phaed 03 c • ^-.=-t/ = io'.n^i^, ■"/.•:=. = av^puo^vo,) lui ont tout na- (cf. Fhuea JJ c . , . ,, j ,g désordre ne se

turelement suggère les iii.jr, T/,, yJ/.'.» cai i oiui „ p/,,o;t

conçoivent guère dans quelque chose d'absolument simple conune I c^a.t l'âme du Phédon. Et il ne s'agit pas là d'une conjoeture, mais d un fait dûment établi par un passage de la République : dire de q»elqu un qu'il est maître de lui-même (/.psÎTT,,.- ,..o.), remarque Platon e est semble-t-il, une absurdité, car le môme individu ne peut être a la fois maître et esclave ; mais le sens de cette expression devient clair si 1 on admet qu'il v a dans l'âme deux parties, l'une supérieure, 1 autre inférieure (Ben. 430 e-431 b ; cf. Hep. 352 a, et Legg. 026 e 64. b) La partie supérfeure (.o ^iXttov, .o O.Iov, xo «),.0ov, etc.), c'est le Aoy-av-X-ov; l'autre (xo Vi.-.ov. xo n-,,=i,o3.î, xo i-p'""- etc.), c'est l'.).v;...xov, qui, à son tour, peut être subdivisé en O.aosoU et è,:..Ouj.r,x.xov Mais souvent, soit dans la République (cf. 589 c-d, 602 c sqq.), soit dans les dialogues subséquents, Platon néglige cette distinction secondaire pour ne considérer nue l'opposition fondamentale du l■,r^-■.y^■' et de l'aAov'.Jxov.

2 et Leis^neu, PM. Lehre i-on den Seelenleilen, p. 94 : « Die Seelendreiteilun^ ist im Platonismus keine blosse Episode, sondern eine wirkliche Lehre°ein wcsenllicher Bestandteil der platonischeii Philosophie. »

» Cf Poii(. 309 c ; Legg. 644 b-645 c, 689 a-c. 863 b-c. - En particulier, si. aux veux de Platon, la partie intermédiaire de l'âme, le Oj;.iof.o£;, était aussi" artificiel que le prétend Cornford (Psychology and social structure in the RepiMic o/ PI Class. quart. 6, 1912. p. 259-264), et s'il n;avait d'autre raison d'être que le parallélisme institué entre l'Etat et 1 individu, on n'en trouverait pas trace ailleurs que dans la République.

Vfc

Mais bien que la tripartition doive être regardée comme une doctrine véritable, elle n'est pas fondée sur ^-^^f^^J^^^ Cela est évident, en tout cas, pour le Pheire et le T^rae.. Après avoir donné, dans le PUàre, une nouvelle preuve de l'immortalité de l'âme, Platon continue amsi : « Mais nous avons assez parlé de son immortalité. Quant à sa nature . une très longue étude fondée sur une science divine parviendrait seule à la définir véritablement ; si, en revanche l'on se borne à une comparaison l'entreprise est moin, difficile et n'excède pas les forces humaines C est ^e ceUe dernière façon que nous allons procéder ^ » Platon traite donc successivement deux questions qu il distingue avec le plus grand soin : nramonaliii, puis la .'«^»- Jj l'âme. Sur la première, il affirme et démontre. Ma>s des qu l aborde la seconde, le ton change et nous avertit que la dialectique vient de faire place au mythe Quant au T.m^ il conclut par cet aveu significatif : « Sur la nature de 1 âme. sur la distinction d'une partie mortelle et d'une partie divine, enfin sur les modalités et les causes de la séparation ei de la localisation de ces parties, seule rapprobatioa de Dieu nous permettrait d'affirmer que nous avons dit la vérité. Toutefois, nous osons dès maintenant déclarer que notre discours est vraisemblable, et nous le pourrons mieux encore après de nouvelles méditations ". » ^ , . , ,. ^ Restent les deux exposés de la Ré.nWque. Celui du livre IV est une longue réfutation de la psychologie du Phed.n^ Pour établir que l'âme n'est pas simple Platon se sea du principe de contradiction, dont la formule precise^notons-le ir paTsant, apparaît pour la première fois dans l'histoire de

'/r^^^^'d"- Cette déclaration si franche aurait dû empéch»

\1L , r, TI 1 D 843 n 3) d'opposer la « précision dosma-

Zeller {PM. derGr.\\A, p. 8W n .^| | ^ j-^^^ ,„ ,he

tique . ('^o?™»'-'•^.^'^^T?es dei cas noL a-^^^ affaire à des e^xox., du PUd.e En reali.e, dans les^de^x cas nou ^^^^^^^ ^^^^

^-.O. et .1 es. ;-';-'f *jf;^^™^;'l;:''elass. AU. 35. 19.5, p. 565). que .. le Phèdre,

la loolciue : « Le .nô.ne sujet n'est pas capable, ea même templ d'actions ou de passions contra.es du s

,J une seule . n.Cme partie, et^pa. rj^P^r - «mmc nh\p\ 1 » Il n'v a aucune exception a celte it^i ,

'^ ppa el /alns-., «ne toupie tournant «- P ace sc.n e être à la fois en repos et en n^ouvement ; '-- '^^;";;^ pas sous le mÊMne rapport. Si l'on veut la ^-W- ^"^ Lent, il faut distinguer l'axe, qu. reste nnvnob k d cireonférenee anin>ée d'un mouvement --"l-'-^J^' ;;'^7. notion de rapport elle-même doit être defm.e, afm do prc W les objeetions des disputeurs. D'où ce second pnn- :;7: ! l)ans\out rapport, si l'un des termes est determmc Î'Lre doit l'être aussi ; s'il est pr.s absolument, .1 doit ;tre de même pour son corrélatif . » ApH. ces ccm . dérations générales, Platon revient à son sujet 1 a. o d t-il nous avons soif, et pourtant nous nous abstenons de boire' : ce simple fait révèle l'existence de d-x ... .>. J..V.:- • rîr/.v...T,.x-:v d'une part, et le «y.,n...v d au c paît, tant au 0.:..5i. il ne se confond pas avec le des, r auquel il s'oppose souvent, ni avec la raison P"' ^^ ^ J^ exister sans elle, comme c'est le cas chez les enfants et les animlux : c'est donc un troisième principe, mtermed.a.re

pntrp les deux premiers.

Cette <^scuss!on a un caractère technique si marqué qu'on éprouve tout d'abord quelque hésitation à la ranger parmi les mythes. Mais avant de rien décider, écoutons es paro es aue Socrate adresse à Glaucon, au moment ou il s apprête à déchiffrer « la petite écriture » : « Nous voilà tombes, mon cher, dans une question qui n'est guère facile a trancher : il s'agit de savoir si l'àme a, ou non, en soi ces trois parties...

1 nev 436 b - I.e même riin<'ipe est énoncé une seconde fois, à la , on u icLp forme K-èrement différente. Et il réappar.^t au livre X,

S.f la ; .^"c d rA^ie, comme argument en faveur de la distinet.on t \„ ,-"; Têt de ràiov.î-ov (Bep. 60i o, G04 b). On le trouve doja dans t%î/ Sîis d et P/Ld. i02 d-e, 103 b, mais forn.ulé de façon mens prc-

cise.

2 Rep. 438 a.

ir

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ts-

Mt,

KV

Ml

Sachebien,Glaucon,qu'à,nonavis,la méthode dontnous nous servons dans cette conversation ne nous permettra pas de résoudre avec exactitude un tel problème, car le chemin qui nous conduirait à ce résultat est beaucoup plus long et plus difficile. Toutefois, ce que nous allons dire aura peutêtre autant de valeur que le début de cette discussion . » Cette .....o-ip ...i ::>..no>v «^^, tout comme la M. ^. ^..rj. Ô.V..;. du Phèdre, n'est autre que la dialectique Puisque Platon l'a jugée d'un emploi trop difficile dans

. Itep. '.Ur. C-.1. - U problème est dit « facile » (-.«rAo;) par anti-

plir.-<se. riiion tait de nouveau allusion à la

, = D'après n.-r. ^ r, •'O' ""f; °^"J •^^^i'^,;^^,,,^ eût été cetle méthode

r7'f:î:':::^^'^^^ ."ail flim partir d'une «y^, .-oO^oc.

^r-^t '!!:i:.^''^':.:4 '^n\léd:.i:;ts .«atre ve^^s eardl.

' Cleûr iôur eussent servi de fondement à la psychologie. Or au

r "Iv'" la on sut iCdre cNaetement inverse : il part, non pas d'un

,!tZ mai d'une constatation empirique : le conflit des ten-

prmcipe a pnon, '"«'^ ' " induction, aux trois parties de

l'ame, puis aux 1' »^^« ^ ^ . ^,|^ ^ ^, décision (.i '.'>^'. xr,« axp..-

;. V In. -".r Se ,1a < a c que donnerait de fes vertus une connaissance ^ .;;;-• '-t-i-VL=o-f...:a, au lieu d'une simple esquisse 01:0^..^',). complète (.^A=f)-»'. ""-.^1 " r.Iniisiblc aue celles de Baf.der

Cette interprétation "°"^, ';''^»'y ''";/ 'jv n 53? et de W.tAMOW.rz (PJa,o„, l.-'-'lS), d^V..- ^^^^ f j^^J, j; {y';,,;!»,.» ,,,, eût montré

''^' ' . 'âme st ^e maÇé «- parties ; d'après Apelt, elle aurait TT'runXombrement pfus complet des facultés de l'âme; quant à abouti à un denom^rem P '^ ^^^„^, ^^-j, „.y « aucune con-

W.lamow.t., .1 s<>"t';"V <=" , ç,^. au livre VI et la i*o.x..otip /.al xA£i<-v • - 'ri^e iV du i^insqu ;u:ieur objet. Ce qui est certain en tout 000; du livre ly, du moi i mpnbliquc, ni ailleurs — Platon n a

cas, c'est que jamais - n. dans la wp , , earactériser. Au

usé. en psychologie, do la '"^'.h»^'' J^^^^^^/;" y^^i, ,,, i.,,eov. mais,

"rf'-!' iïlTerias dCdéduirè ^ tbLie de l'âme plus rationnelle cela fait, il ne tente pas Q connaissance (vot.îu. oiavo.a,

que la ir-^-^^/; ^^^^ ^^j^iTe) dLt la valeur est purement épistémolo-

""'"'' ""rur^ielTétre regardés comme un complément ou une .nodifica-

:::f rn:ÏÏ:>rtir„7ercÎ-et:l .a'connai;sance ou. si l'on préfère. Ts différentes façons dont la réalité est connue.

le cas particulier, et s'est contenté d'une méthode moins parfaite, sa psychologie ne saurait prétendre à la certitude de VcTziirinux \ Sans doute, nous ne retrouvons ici, m les images brillantes, ni la ferveur religieuse du Phèdre. Mais peu importe. Demandons-nous plutôt quel est l'objet de cette chaîne de raisonnements et de ces subtiles distinctions. Estce l'âme dans son essence, séparée du corps ('>x/j otol sm m oikrhûoL, /aS^p) ? Non pas, mais l'âme incarnée, em^pirique (^'J^r? ola iv rô) avSry^rr/vo) ,5(0), ^^ -fi^ ^^.^'^^-^-^ (p^cvsrai) . En d'autres termes, l'argumentation entière est a posUriori, comme la preuve de la réminiscence dans le Ménon. Reposant uniquement sur les données incertaines de l'expérience vulgaire, elle est dépourvue de cette rigueur {dy-pt^eta) qui distingue entre tous les autres le raisonnement dialectique.

Comment la tripartition se concilie-t-elle avec l'immortalité de l'âme ? Cette question, que Platon soulève à la fin du livre X, lui cause un embarras visible ; il y répond avec hésitation, et en des termes quelque peu obscurs sur le sens desquels on s'est ordinairement mépris. Voici d'abord la traduction abrégée du passage litigieux :

a La raison ne nous permet pas de croire que, dans le fond même de son être, l'âme soit pleine de variété, de dissemblance et de désordre... Car une substance peut difficilement être éternelle si elle est imparfaitement composée de plusieurs éléments, comme l'âme nous a paru l'être tout à l'heure... ^ Or l'immortalité de l'âme a été démontrée,

1 Mais, de ce que la psychologie platonicienne n'est pas dialectique, il ne suit nullement qu'elle soit « populaire », comme Taylor (Comment, on PI Tim. p. 497, 516) l'infère à tort des deux déclarations de Tim. 72 d et Rep. 435 c-d que nous venons de traduire.

ai?ep. 611b, c, 612 a.

» Les mots (o; ^J-' ^iH^Tv àoivr^ r, >W/j, doivent sans aucun doute être rapportés à ce qui précède immédiatement, et non pas à à-otov comme dans la traduction de Jowett (« the soûl being, as is now proven, immortal ») et de ScHLEiERMACHER (« cwig... wic sich uns doch jetzt die Seele gezeigt hat »). Voir aussi plus bas, p. 94, n. 1. — D'autre part, on pourrait tout aussi bien prendre àtô-ov comme sujet et auvOîtov xxX. comme attribut, et traduire, avec quelques interprètes : t Une substance étemelle ne peut

tant car noire dernier raisonnement que par les autres. Qu" n^rslTéntable nature, si l'on veut la conna Ue, .1 ne faut nas l'observer, comme nous venons de le faire, aans St^a: iÎ-d^^'ôn où la mettent son ^j- avec^ JPS

iStivem^rda;- ^outr pu^eM.Tve'c les yeux de h.nrit et l'mi verra qu'elle est infiniment plus belle Tout à rheùre nous l'avons exactement représentée telle qu elle iS aît ici bas,... affligée d'innombrables -ux^Ma.s nous devons plutôt la considérer... dans son «'"P" P"";;?^;;"*^! ot ..nnirer à ce qu'elle peut devenir quand, tout entière sen s beàTattr-^t du principe divin, immortel et éternel, elle s'élance hors de cette mer où elle est maintenant plongée Alorron verrait ce qu'elle est réellement, s, elle est simple nu compoleé 1 et en quoi elle consiste. Mais jusqu'à présent. TouTXT m: semL-t-il, assez bien décrit «es affections et ses parties ' par rapport à sa vie terrestre . » ,

Imaginons maintenant que nous lisons ce passage pour la première fois, sans rien savoir des commentaires dont il a ete l'objet, ni des dialogues postérieurs à la République Sigmfie-t-il réellement, comme l'ont pensé presque tous les enguère être imparfaitement composée de plusieurs éléments. . Mais le sen.

[the'sTurhave one shape only ormany . = S-.K..B„.cn.^-^^^^^^^^^

''^lSr^^:%^^ '^^^^ - r:ravoirf aans ce *'"f vt d'Iutre sens que « simple . et . composé de plusieurs part.es .. contexte d autre sens q P „, ^^,,,^.i, par. zusammen-

^^^o::, Zur UHre^om ^esen^er Se^s in PL Pkae^rus un, un X. B.^he der Republik, Wien. Stud. 37. 1 91 5. p. 21 3. n. 1 .

. n,0, xe V..,; .^>, : non pas . altections ^«<^l"^^^^Zr^^^"M-

denheiten ""V'^tf J'r^e;:»;"^.^ kld'e^rd W^^^ «

nungsweisen . .^"elt) ma« J"-^ ^ ^^^^ ^an, le Phèdre, les

(«■"!"• ,t/-- 71 d) sont 'probablement les parti., de Pâme, tandis e or, -CT,; tj^'j/J.> l^'^ ^) ^""'' ^ . j'a^^o Ci H von Arnim, PL Juque les ^ivr. (271 b) sont les espèces d âmes. Cf. H \on arin ,

genddial. p. 220 sq.

• Rêp. 611 b-612 a.

tiques ^ et notamment Groag 2, que, des trois parties de l'àme, le //.'/i7Tr/.sv seul est immortel ? Telle est bien l'opinion de Platon dans le T'imèe ; mais ici, il ne nous dit rien de semblable. 11 nous donne simplement à entendre qu'on ne peut pas juger de la vraie nature de l'âme d'après l'état de dégradation où elle se trouve durant sa vie terrestre, il oppose la '}:;//; /.aGaoà '/r/voy-îV/; à la 'h'x/f, /.iLhy;jviiYC 'J'rr. tî t>î; ToO Grjyj.y.^rj- y/AVhrAy.z y.xl à'/./.w x^c/.ojv, et c'est tout. Aucune phrase du texte ne nous autorise à conclure que les ^^iToex

-•- yyl (r,vy[x y.xl T.h'jy.i de Glaucus symbolisent l'^/r/icrrov

ni

» Nous ne connaissons que quatre exceptions : celles de Blass [Ail, Beretls. III, 2, p. 393), de Raedeh {Platon, p. 239-241, 252, 390), de II. von Arnim {Zur Ahfassiingszeit von PI. Phaidros, Zeits. fur die Osterr. Gymn. 64, 1913, p. 123-12.5) et de IIobin [Pensée gr. p. 237 sq.). — L'interprétation de II. von Arnim n'est du reste pas entièrement conforme à la nôtre. Ainsi, il prétend que les s'or^ de Rep. 612 a sont, non pas les parties de l'âme, mais : « die in Hucli VIII und IX ^eschilderten vier e'oy, verderbter Menschenseelen » (p. 124) ; que, dans le Phèdre : « die Mehrheit von Vermôgen in der gottlichen Seele liât nichts zu tun mit der Dreiteiligkeit der Menschenseele » (p. 121), etc. On ne s'étonnera pas outre mesure de ces affirmations singulières, si l'on sait que le but de II. von Arnim, dans cet article, était de mettre d'accord, non seulement la République avec le Phèdre, mais encore ces deux dialogues avec le Phédon et le Timée. Les adeptes de l'harmonistique à tout prix ne parviennent à leurs fins qu'en torturant les textes,

2 Groag, ibid. p. 211-222.

3 Assimiler les oarpsa /.xÀ. à ràXô^'-TTOv, comme on le fait généralement (cf. surtout Leissner, Plat. Lehre von den Seelenteilen, p. 56, n. 1), c'est gâter la comparaison de l'âme avec Glaucus. Glaucus, nous dit Platon, est devenu méconnaissable, parce que les diverses parties de son corps ne sont plus ce qu'elles étaient auparavant ; les unes ont été brisées, les autres usées et complètement déformées par l'eau de mer ; enfin il est recouvert de coquillages, d'algues et de cailloux. Cette allégorie ne nous paraît pas pouvoir signifier autre chose que ceci : lorsque l'âme est corrompue, son àpyiin c^jt'.; est altérée, de même que le caractère primitif de ses parties (xà raXof.à rjLiprj. Ainsi les 07Tp£a xtX. ne sont pas le symbole des parties inférieures de l'âme, mais de ses vices (611 c : aÀ/a vav.i ; 611 d : iji'jpia xaxâ). D'ailleurs, si Platon avait, dès le début, considéré les parties inférieures de l'âme comme radicalement mauvaises, ainsi qu'il le fit plus tard dans le Timée, il ne les aurait pas attribuées aux âmes des dieux, dans le mythe du Phèdre. Les âmes des dieux ont deux coursiers excellents {Phaedr. 246 a-b, 247 b), et même celles des hommes n'en ont qu'un qui soit vicieux, l'autre étant xaXo^ ts xat à^aGo; (246 b, 253 d) : dès lors, les à'X/a /.r/.i de Rep. 611 c ne peuvent désigner le 6j{jioiic£; et l'£7t'.0u;jirjixôv.

ff »

«oU Pt meurt avec le corps \ ni môme que cet -•;/--- "'^^^^^"^rlps rà.ne vetrouve ipso facto qu'en se separan d --« '^^^ ? ^^^^„,, j, ^oute la Ré-

'' r::f rr r^^^r ' s'::::: liaio^ues. que. pou. naton,

' ZV^Z dïlncarnatlon, u.ais la vertu phllosoph.que ce n est pas la d s. ^^ ^^, ^^^^^^^^^^ ^^^^^

qui, seule, peut rcgtneic ,

d'échappé, au »ycl. de. „....»».».■ L . n e J„ ^^

dans la République, 1 laton c d'emblée

puisque la «.puM,-,.. est. en tout .tat de cause. Ue la n..n.e .po.ue ,ue ,e

""f^.. t.ut con„te - --r-r;:^^.a^:--tï?^

iiuméJiatemeut le passage '"■'S"»"'^' """"i-ix,;.,,,,,, comme mortel. Car, RépulUque, l'iato» n'a pas T ^ 'tt pas a è aét.uite par son ol^-ov s'il'^.st vrai <iue l'ûme en ?«-" "«^J-^^P^^ ^ ^ ,„,,; Je chacune de ses „x.;v. à savoir le mal moral, cela ^»'t ^t^« j^,,^ ;, ,-„git est une

parties. De plus, il tout ^'^"^^^J)^^^ ,,, à,...,.;, ne peuvent .lisdissolulion^V'^o-*'^-'-';^'^'- '!"'',. „ „^ ,vent la dissoudre,

soudre (v.aXS.V, l'âme («^';;,<^f„^„'';f>;„„Je n.umortalité est, non pas le

c'est donc que l'àme dont ^ '»'»." f^;^;*;,,' je trois parties : l'.,..0;. ne ).ov.,v.«smaisla.V./.r;toutenu r .cornp^^^^^^^^ ^P ,^ ,^^.^^.,. . ^„r,„

saurait détruire le .'7"';'"r'"' .. «...^^oTivr, ) sont impuissantes a l-ào../.'.» et l'à/.oX«.a (con ra.re ,«!« 1» ^^'/ ;^ V .^4./^;. rompre tout à tait la xaAM.., ^^^^^^ f^'^^^J,, ke'la/.o.Kovia xv. . La mort libère pour "» ^^"'P; ^^^-dire de ses vices - Platon ,,;,a...;. mais non pas des -■'■^^^;J^ 1(^ 524 e), dans le PIU,lon

les compare, dans le Go,-g.«^ a f '„.*='' 33 al ..ul'e"^^»'»*»' ^ "''"^"■'" à un poids et à des clous (P'f"^.- / .«-«f ^^ J „,,,, p^^ rendue xaO,?« dans la n^atiére. Autrement «^ *• l^-^^ ';^"^^;;, ^^, jj^ jans le Gorgias, par la dissolution du corps ; de ^^te -mme ^^^ ^^ ^^

Lp.611b:.o..oî.oveJv,..VV.V' --'->■;;-••; ^^„^, 'jernière phrase. ''/^Le mot ^o;-o..ôy,; n'appar=ut ^^^^[^1^ ,,. ,, „« peut fournir L'alternative t xt ::oX.=.'.o„ ''^'J\^^' p^to„ exprime simplement aucun appui à l'-'-P^':;*;::^; :^rune o m<= presque\dentique dans lo un doute, que "«>- -^ rX^%^°:'l,. [f, ^.yjh "" ^^'■^"'" ^'''^•'' Phèdre : r.rr.ioo^* -> ^^^ '<'''

SjiBeë'J

négative : rr, y^rfiii^.y.vfi nj^-j'Jtt [X'h 'w^j'^jv ivjyj. b'jyfyy '^j^tî tzo/Iyjç

7Z0iyS/j.y.z y.y.i. y.^jrj'j/jiirr.ziz ?£ y~yl oiy.'VjOy.z '/vj.ivj yj'^j ..ooç y:JZo r

i - là»' '

Et surtout, pourquoi prend-il la peine de nous dire : où fjyj^irjv... arjtov ûvyi c7jvOst:v T£ £z ^o/)/;» /.a? y./7 Tv^ AyX/livn y.Eyor,u.vjrjv 'rs/jhîi'^ Puisqu'un composé peut difficilement être éternel, c'est donc qu'il peut l'être dans certains cas, à savoir quand il est r/^ /,y/lh7r, /.îyor/j.iyrjy ivy^jhzi ^. Il y a là

-Kol'ji'.oU [Phaedr. 271 a; cf. 230 a, 270 d. —Qu'ici encore, zo/.jE'.or,; signifie « composé de plusieurs parties », et non pas « de différentes espèces », comme l'a prétendu I. mm iscn, iVejte Wege der Platon forschung, N. Jahrb. fur das class. Alt. 35, 1915, p. 560 sq., c'est ce qui nous paraît évident. Cf. à ce sujet Thompson, Phaedr. of PL p. 125 ; H. von Arnim, PI, Jiigenddial. p. 210-222 ; Poiilenz, Gôtting. gel. .4/i-. 178, 1016, p. 279 sq.). Et ce doute n'a rien de surprenant : Platon ne pouvait affirmer que ràXrOr,ç o J7'.; -/.; 'il y//,:, est tripartite, puisque, nous l'avons vu, la tripartition n'a jamais été dialectiquement démontrée.

1 LuTOSLAWSKi {PI. Logic, p. 315) traduit : « The eternal cannot Le composed out of many éléments » ; J. Adam [Rep. of PL II, p. 427) : « Nothing that is composite can well be immortal » ; Wilamowitz [Platon^ II, p. 220) : « Es ist nicht leicht (nicht leicht zu glauben), dass ein Ewiges zusammengesetzt sei ». Si Platon avait écrit simplement où sâo'.ov à-o-ov îTvai 7>v0£xov, ce sens serait à la rigueur admissible. Oj pao-ov équivaudrait alors à ^ojvaTov et la phrase signifierait qu'un â-O'.o^ Tr;0£rov est une contradiction in adjecto. Mais Platon ajoute x«l [ir, t/, vtaÀÀiTTTj x£/p7;aivov jjvOiTS'., et par là il nous montre clairement qu'il ne considère pas toute Tj'jfh'T'.^ comme néressairenient périssable (car, dans ce cas, le mot /.iXXt'jTo; n'aurait plus aucune raison d'être). Il faut donc comprendre (avec ScHLEiERMAciiEu, Apelt et JovvEïT dans leurs traductions, etZELLEn, P}vl. der Gr. Il, 1, p. 830, n.) : « Un composé ne saurait être éternel à moins qu'il n'ait une xaXX'!7xr, jjvOsi-: ». — Ce qui confirme encore notre interprétation, c'est le passage bien connu du Timée [Tim. 41 a-b), dans lequel le démiurge s'adresse aux divinités inférieures, et leur dit que, sans être absolument immortelles (àOâva-ro'. uVv oj/. ï'sxi ojo' aXjTO'. To Tâ'jLTrav), elles sont cependant impérissables de par sa volonté (o'jt'. ;jL£v 0.', X'jO>^1£70£ v£ — XT,; Sjif,; ^O'jX/^jîw; ixe-^ovo; exi 0£7uo'j xaï x'jsuoxipoj Xa^/^ôvxî; èxîtvwv ol; ax' h([^'tzi^i Tjyirn'.a^i) . Si l'on rapproche ces deux expressions : xô xt, y.'/XXfdXTj xsypyjjjiÉvov auvOèdÉ». [Rep.], et XO xaX(o; àsjjLOîOlv x^'. à/ov £•!> [Tim.], on ne peut manquer de convenir que, dans la pensée de Platon, le principe xô OtOkv rav Xjxov a cessé d'être absolu à partir de la République, la x^XXiJxr^ ojvOetic étant considérée coname soustraite à la règle générale de la dissolution des composés (cf. aussi Rep. 381 a-b). La seule différence, c'est que, dans le Timée, la xxXXîîxr^ 3jv0£ji; ne concerne plus les trois parties de Pâme, mais les éléments dont le démiurge a formé Vipyr, 'l"^X^s àOàvaxo; {Tim. 41 c, 43 d), les corps des 0£o\ OîÔjv {Tim. 40 a, 41 c, 43 a) et l'univers en énéral {Tim. 32 c).

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