‹ Les nains et les géantsChapitre 16 sur 46 · Triboulet, d'après la médaille de Francesco Laurano · texte numérisé non relu

Triboulet, d'après la médaille de Francesco Laurano

habillement, fort riche d'ailleurs, se composait de robes de drap gris ou de satin cramoisi, fourrées la plupart du temps, et de chausses noires. On y ajoutait, pour le préserver du froid, des chaussons et un caban de peau d'agneau. Son maître lui avait donné un valet nommé Jacquet qui lui servait en même temps de gouverneur et d'instituteur. Triboulet reçut de plus un logement dans les bâtiments des Halles d'Angers. La reine Jeanne de Laval (seconde femme de René) lui faisait fréquem-

ment des cadeaux et le duc d'Orléans S qui eut occasion de le voir en 1464, lui offrit un cheval valant dix livres tournois.... A côté de lui figurent, parmi les gens entretenus à la cour de Sicile, plusieurs nains ou petits sots qui, parfois, avaient aussi un page à leur service ». 11 existe de Triboulet, une médaille de Francesco Laurano, le représentant avec une marotte (?) et la tête couverte de la petite barrette dont il est question plus haut. Elle porte une légende un peu effacée que M. Aloys Heiss^ a interprétée ainsi : « Par son usage et son image, la livrée royale est une ironie pour moi, fou du roi ; cependant elle me protège contre les menaces des Rois. » Au revers est un lion couché. Peut-être ce lion fait-il allusion à une fête chevaleresque que donna René en 1446 et dans laquelle Triboulet, ou un autre de ses nains, jouait un rôle. Pour cette fête, appelée le Pas de Launay ou du Perron, et désignée dans un manuscrit aujourd'hui disparu, sous le nom à' Emprise de la Joyeuse Garde, et qui avait été donnée dans la plaine de Launay, aux portes de Saumur, on avait élevé un palais de bois, décoré de tapisseries, et destiné à recevoir les seigneurs et les dames. Un cortège pompeux dans lequel figurèrent deux lions de la ménagerie royale et un nain, se déploya devant l'estrade où était assise la reine Isabelle. «.... En cet ordre, ils .irrivèrent au lieu où étoient dressées les lices.... A la porte, s'assit le nain, vêtu à la turque, sur un riche oreiller ou carreau de velours cramoisi, frangé et houppe d'or.... El tout proche estoit un perron ^en forme de colonne.... à laquelle estoit appendu l'oscu delà devise auquel ceux des assaillants qui vouloient jouster contre les tenans estoient obligés de toucher avec le bout de leurs lances. Au pied de ceste colonne estoient attachés

1 . Charles, duc d'Orléans, fils de Louis de France et de Valeiitiue •le Milan, père de Louis XIL II mourut à Amboise en 1545. On a de lui un Recueil de Poésies.

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