‹ Les nains et les géantsChapitre 24 sur 46 · Nicephori Hlsfonœ ccclesiasticœ, lib. XII, c. xxxvii · texte numérisé non relu

Nicephori Hlsfonœ ccclesiasticœ, lib. XII, c. xxxvii

entendoit, parloit, raisoimoit et monlroit en tout une intelligence rare. On me piésenta, pour me le faire croire, la tête prétendue de cet homme, qui est de la grosseur d'une noisette. Je fis tout ce que je pus pour les détromper; je leur dis, entr'autres choses, que c'étoit une tête artificielle d'os, de buis ou de quelqu'autre matière ; il n'y eut pas moyen de les persuader. Ils me firent lire un écrit derrière la figure qui dit que ce nain était égyptien, qu'il vivoit du temps de l'empereur Théodose et de saint Ambroise et que sa tête avoit été donnée à la Bibliothèque par Don François Roja, évéque d'Avila, à qui l'Anti- Pape Pierre de la Lune, en avoit fait présent. Au bas de cet écrit sont les noms de plusieurs auteurs cités en confirmation de cette histoire controuvée et faite à plaisir. Je ne répliquai autre chose sinon que tous ces auteurs étaient trop misérables pour mériter d'être crus sur un fait que le témoignage et l'autorité de saint Ambroise même ne rendroient pas plus croyable s'il l'avoit avancée »

Nous avons rapporté plus haut (p. li) ce que dit Marco-Polo de la fabrication des prétendus nains que l'on faisait voir de son temps; le passage que nous avons cité laisse supposer que la curiosité qui s'attachait à ce spectacle était tellement grande que les montreurs de phénomènes exhibaient même des nains conservés puisque Marco Polo dit que l'on faisait passer pour des momies de petits hommes, des peaux de singe « pelées, séchées et préparées avec du camphre et autres choses ».

Georges Sabin, qui vivait dans la première moitié du seizième siècle, affirme, dans ses Commentaires sur les métamorphoses j avoir vu en Italie « un homme d'un âge mûr qui n'avait pas plus d'une coudée de haut et que l'on montrait dans une cage à perroquet. » Son contemporain, Jérôme Cardan, dit également avoir vu ce petit homme, ainsi que Biaise de Vigenère, dans ses Annota-

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