‹ Les nains et les géantsChapitre 30 sur 46 · SOMETHING NEW UNDER THE SUN · texte numérisé non relu

SOMETHING NEW UNDER THE SUN

(quelque chose de nouveau sous le soleil !) et qui se terminait ainsi : « C'est la plus grande curiosité que nous ayons jamais vue et nous sommes certains que tous ceux qui oublieront de rendre leur hommage au Général, au Musée américain^ le regretteront toute leur vie. »

Grâce à son puissant système de réclames et d'annonces, Barnum attira en quelques jours à son spectacle plus de trente mille visiteurs de tous rangs. Les personnages les plus élevés invitaient le petit général à dîner et les dames les plus distinguées allaient lui rendre visite dans de somptueux équipages, apportant pour lui des présents d'une valeur souvent considérable. Pendant six semaines il fut véritablement le lion de New- York et son succès était loin d'être épuisé quand Barnum, qui connaissait bien son public, l'emmena pour le montrer dans les villes les plus importantes de l'Amérique du Nord. C'est ainsi qu'il visita successivement Philadelphie, Baltimore, Boston, etc., etc., où il obtint partout un succès colossal. A Philadelphie, Tom Pouce se rencontra, paraîtil, avec un autre nain, le major Stevens, qui se faisait voir comme curiosité bien que sa taille fût à peu près de l'",50; ces deux intéressants personnages causèrent

ensemble pendant assez longtemps. Quand l'entrevue fut terminée, le major Stevens dit aux personnes qui l'entouraient : ff Désormais je me ferai voir comme géant. )> Ce propos, vrai ou faux, fut rapporté dans tous les journaux d'Amérique et ne contribua pas peu à augmenter la vogue dont jouissait Tom Pouce.

Au mois de janvier 1844, il s'embarqua à New- York sur le Yorkshire, avec Barnum et k( un précepteur » dans le dessein d'aller « rendre visite à la reine Victoria et à la noblesse d'Angleterre ». Son départ, par une manœuvre habile, fut annoncé à grand bruit, et plus de dix mille personnes l'escortèrent jusqu'au quai d'embarquement. Les rues qu'il devait traverser étaient remplies d'une foule curieuse; les mouchoirs blancs s'agitaient à toutes les fenêtres en signe d'adieu lorsque passa, dans sa voiture découverte, le petit triomphateur qui saluait gracieusement toutes les dames avec une émotion vraie ou simulée. « Notre petit compatriote, disait le New- York Sun dans son numéro de ce jour (19 janvier 1844), va singulièrement étonner les habitants de l'Ancien Monde. Adieu! ami Tom! Partout où tu iras, tu es sûr de pouvoir dire le veniy vidi^, vici! Puissent les vents t'être favorables ! puisses-tu revenir bientôt dans ta patrie pour y recevoir les hommages de tes millions d'amis ou d'admirateurs! ))

Les vœux du journaliste américain furent exaucés et Tom-Pouce arriva sain et sauf en Angleterre, après une heureuse traversée. A peine débarqué, il fut conduit par Barnum dans les bureaux de V Illustrated London news et, quelques jours après, le 24 février, ce journal, dont le tirage était considérable, publiait du petit Américain deux portraits, assez mal gravés, du reste ; le premier le représente debout sur une chaise, l'autre le montre

1. Ce ii'esl pas fai vu, mais bien plutùl j'ai clé vu que le journaliste américain a voulu dire.

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Jiabillé en Napoléon I", sur la scène du Princesses théâtre; c'est à ce théâtre, en effet, qu'il se fit voir pour la première fois en public à Londres, marchant fièrement les mains derrière le dos et se donnant, dans le costume légendaire du vainqueur d'Austerlitz, des airs de conquérant grotesque qui eurent alors un énorme succès. On le vit également paraître en qladiatenr antique, en Hercule, en Samson, en David vainqueur, etc., etc., et tout cela à la grande joie des milliers de spectateurs qui, chaque soir, se pressaient au théâtre pour l'applaudir. Barnum fit faire par le carrossier de Londres le plus en vogue une petite calèche dont la caisse avait vingt pouces (0™,50) de haut sur douze (O'",o0) de large, et qui était traînée par deux poneys hauts seulement de trente-quatre pouces (0"S85),- sur les panneaux de la voiture étaient peintes les armoiries du général, c'est-à-dire la Grande-Bretagne et la déesse de la Liberté, accostées du lion anglais et de l'aigle de l'Amérique, avec la devise : « go ahead! (en avant!) » Le cocher et le piqueur étaient deux enfants de très petite taille (le premier avait {"^,10 et le second à peine 0'",90 de haut) et portaient une livrée bleue avec galons et aiguillettes d'argent, culottes de peluche cramoisie, bas blancs attachés par une jarretière à boucle d'argent, chapeau à cornes et perruque poudrée. Ce petit équipage avait coûté à Barnum de trois à quatre cents guinées, de huit à dix mille francs). Quand le temps le permettait, la voiture était promenée à Hyde-Park et à Saint-James Park, comme plus tard on la fit sortir à Paris dans les Champs-Elysées et dans les principales rues des villes de province où Tom-Pouce fut conduit, mais c'était simplement une manière d'exciter la curiosité du public et jamais le général ne montait dedans.

Le 23 mars 1844, il fut conduit à Buckingham Palace, et présenté à la Beine, au prince Albert et à la duchesse de Kent; il y retourna le 2 avril suivant; la reine des Belges, le prince de Galles, la princesse Boyale et la

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princesse Alice assistaient à cette seconde présentation, ou représentation, car Tom-Pouce donnait à ses augustes hôtes la répétition des différents personnages qu'il représentait au théâtre. A cette occasion, la Reine lui fit plusieurs présents. Le 16 avril, il fut conduit à Malhorouglî-House devant la reine Adélaïde, le duc de Cambridge et la duchesse de Gloucester; il reçut à cette occasion une petite montre et une chaîne en or; enfin, le 19 du même mois, il retourna pour la troisième fois à Buckingham-Palace où se trouvaient alors le Roi et la Reine des Belges, le prince de Leiningen et d'augustes invités. Barnum, qui l'accompagnait dans toutes ses différentes visites, avait fait composer sur l'air populaire de Yankee Doodle une chanson que le petit bonhomme chantait assez mal, du reste, mais qui contenait d'adroites flatteries adressées à la Reine et à ses hôtes.

A la fin de février 1845, Tom Pouce arriva à Paris, précédé de la réputation colossale que lui avaient faite son séjour en Angleterre et surtout la façon dont il avait été accueilli à la cour. Il retrouva à la salle des Concerts de la rue Yivienne le succès qui le suivait partout et, à Paris comme à Londres, il fut présenté à la famille royale. Nous empruntons au grave Journal des Débats^ du 26 mars 1845, quelques détails sur cette présentation qui eut lieu le 25. «.... Tom Pouce a, comme tous les nains, une grosse tête si on la compare au reste du corps. Ses cheveux sont blonds et rares. Il a les yeux d'une expression joviale, la bouche petite et rieuse, le nez incomplet, les pieds et les mains d'une finesse exquise. L'ensemble de sa tournure est distingué, son teint est clair, ses joues animées. On remarque chez lui une vivacité incroyable et un don d'imitation étrange. Il répond avec une précision rapide aux questions qui lui sont faites et il ne paraît pas embarrassé de celles qu'il attend le moins.

I II a les mains pleines de bijoux et de tabatières mi-

croscopiques que l'inconcevable idolâtrie des Anglaises a fait fabriquer à son intention. Fanny Elssler lui a donné l'épingle qui attachait sa cravate. La reine d'Angleterre, surtout, l'a comblé. 11 a montré au Roi un porte-cartes qui est un don de S. M. Britannique et il en a tiré une douzaine de cartes lilliputiennes qu'il a très galamment distribuées à la famille royale en commençant par le Roi, la Reine, la duchesse d'Orléans et en finissant par le duc de Chartres. Ces caries portent écrits en gros caractères gothiques ces mots : Gén. Tom Thumb. Le général paraissait enchanté que le Roi des Français eût accepté sa carte de visite, qu'il est de bon goût, comme on sait, de porter soi-même chez les personnes à qui on veut faire poli* tesse. En toutes choses Tom Pouce paraît fort au courant des grandes manières; le séjour de Londres lui a profité; il est maintenant un lion accompli. Tout le monde a remarqué la façon dont il saluait l'assistance après quelque exercice particulièrement applaudi; et quand il a quitté le salon royal, il s'est retiré en marchant à reculons pour ne présenter que la face à l'auguste assistance et conformément à la stricte loi de l'étiquette diplomatique.

« Le Roi a remis lui-même au courtois mirmidon une épingle fort belle en brillants, mais qui avait l'inconvénient de n'être pas proportionnée à sa taille ; elle aurait pu lui servir d'épée. Quoi qu'il en soit, le général a exprimé le désir de l'attacher à sa cravate; ce qu'il a fait en détachant l'épingle de Fanny Elssler. Cette infidélité apparente de Tom Pouce n'était qu'une marque de déférence qu'il voulait donner au Roi; car on assure que de tous les honneurs qu'il a rapportés de ses voyages aucun ne lui sourit plus agréablement que le souvenir de la belle danseuse. Un jour, dit-on, poursuivi à outrance par la curiosité américaine dans un lieu public, il vit de loin Fanny Elssler qui portait un manchon. Tom Pouce comprit qu'il était sauvé. Il courut à elle, sauta sur son

bras, se fourra dans les chauds replis de son hermine et parvint ainsi à échapper*.

« Tom-Pouce est, en effet, d'une légèreté et d'une prestesse extraordinaire, même dans un nain. Il a exécuté devant le roi une danse originale qui n'est ni la polka, ni la mazourka, ni rien de connu. Cette danse a élé évidemment inventée par Tom Pouce et personne ne la dansera après lui. J'en dirai autant d'un exercice auquel il se livre avec une prédilection marquée ; il ne s'agit ni plus ni moins que d'imiler les poses des plus belles statues de l'antiquité grecque ou de représenter, par l'attitude du corps et le mouvement des bras, des scènes connues de l'histoire ancienne. On l'a vu ainsi, monté sur une table ronde, reproduire successivement le combat de David contre Goliath, la lutte du Gladiateur, Samson ébranlant les colonnes du temple, Hercule terrassant le lion de Némée. Je crois, Dieu me pardonne! qu'on allait lui demander d'imiter l'Apollon du Belvédère et la Vénus de Médicis, ce qu'il eût fait avec la même docilité et le même succès grotesque, si une auguste bienveillance ne se fût préoccupée du danger d'une telle fatigue pour une santé si frêle et n'eût abrégé cette parade qui commençait à devenir d'une longueur inquiétante. J'aime mieux Tom Pouce quand il redevient gentleman, qu'il tire sa montre, voit l'heure qu'il est, vous offre des pastilles, une prise de tabac ou un cigare, le tout à sa taille. Je l'aime encore lorsqu'il s'asseoit sur un fauteuil doré, qu'il croise ses jambes et vous regarde d'un air fin et presque moqueur. C'est alors qu'il est amusant. 11 n'est jamais plus inimitable que quand il n'imite rien, quand il est lui-même. Son originalité, au surplus, ne lui coûte pas de grands efforts ; il y a peu de frais à faire ; il n'a qu'à se montrer, personne ne lui ressemble. Mais qui diantre I

1. La dimension relativement énorme des manchons que les dames portaient à celte époque rend ce fait assez probable.

lui a appris à chanter et qui a pu lui donner le conseil de montrer sa voix, comme dit La Fontaine, cette voix aiguë et criarde, qui, malheureusement, est beaucoup moins imperceptible que sa personne.

« Tom Pouce a terminé sa soirée aux Tuileries par une exhibition fort brillante de son costume écossais. Il porte à merveille la toque du pays surmontée d'une plume qui est, encore, si je l'ai bien compris, un cadeau de la reine d'Angleterre. Il manie la claymore avec grâce et dextérité et vous tue son ennemi du coup. Le brillant plaid des montagnards flotte avantageusement sur ses épaules; la jaquette laisse voir des jambes vigoureuses, attachées à un pied mignon. Ce costume est le triomphe du général. Je ne parle pas du célèbre uniforme qu'il portait à Londres et qui avait un succès frénétique chez nos voisins d'outre-mer. Le général Tom Pouce n'aurait pas osé porter ce costume aux Tuileries. J'espère donc, puisqu'il est homme de si bon goût, qu'il aura l'esprit, pendant tout le temps de son séjour en France, de le laisser au fond de sa valise. Or, figurez-vous ce que doit être la valise de Tom Pouce; toute la garde-robe qu'il avait apportée aux Tuileries tenait dans un coffre à chapeau.

«.... Puisse la salle des Concerts de la rue Vivienne, où il figure en ce moment, lui être indulgente et favorable et le pavé de Paris épargner des cahots à son coupé bleu! »

La plupart des journaux parisiens exaltèrent à l'envi les grâces et la gentillesse du nouvel arrivant, en appuyant surtout sur la droiture de son caractère, ses sentiments religieux, son horreur du mensonge et la parfaite correction de son langage: on le disait accompagné de ses parents et on ne présentait Barnum que comme un agent qui l'avait promené en Amérique, « mais qui avait tenu à suivre en France son petit protégé pour lequel il avait un grand attachement et aux triomphes duquel il tenait à assister. » Llllustration, dans son numéro

du samedi 8 mars, publia son portrait et une reproduction exacte de son petit équipage.

Quelques écrivains cependant ne partagèrent pas l'engouement général et firent entendre, avec raison, une note un peu sensée au milieu de ce concert de louanges exagérées. « Est-il rien de plus humiliant pour l'humanité, disait Pitre-Chevalier, que ce succès d'un nain qui efface en ce moment nos plus grands hommes? que cette fortune d'un monstre? car enfin Tom Pouce est un monstre.... Il se m.ontre en habit de ville, en habit de cour, en costume écossais; il va t'en ville pour deux cents francs avec sa suite et son équipage. Sa voix n'en est pas une, c'est un vagissement. Il danse et chante en anglais tant bien que mal. Son grand talent consiste à saluer, à envoyer des baisers et à embrasser les dames. Il en a embrassé, dit-il, un million en Angleterre; les Anglaises ne sont pas dégoûtées ! Tom Pouce n'est pas difforme au premier coup d'œil, cependant il a le torse et la tête trop forts, les articulations roides, les cheveux roux et rares, le teint luisant, le nez presque nul, les yeux saillants.... Il est né dans le Gonnecticut de parents pauvres que sa difformité enrichit et M. Stratton, son père, a déclaré l'an dernier aux percepteurs de Yincomeiaxy un capital de vingt-cinq mille livres sterlings.... Tom Pouce est comblé de cadeaux par les souverains, et quelque despote l'achètera sans doute pour en faire son bouffon. Ainsi-soit-il ! »

Les critiques se montrèrent plus sévères encore quand il fut question de faire paraître Tom Pouce sur un de nos principaux théâtres, dans une pièce faite exprès pour lui. « Si les bonnes idées, dit Charles Maurice dans le Courrier des spectacles^ un des organes les plus autorisés de l'époque, ne sont pas celles que personne n'a eues, mais bien celles qui ont passé par la tête de beaucoup de monde, en voici une excellente, car beaucoup de directeurs peuvent en revendiquer le courage. Chacun de ces

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F ig. 26. — Tom Pouce en costume de Frédéric II, d'après le portrait édité par Jeanne.

messieurs profitant de la présence du général Towi Pouce, ce nain, récemment arrivé à Paris, a imaginé de le porter sur son théâtre en le glissant dans une pièce faite pour la circonstance. Une enchère s'en est suivie entre les montreurs, et c'est le Vaudeville qui l'a emporté. La pièce est prête; le héros de quelques centimètres mettra quand on le voudra du rouge sur son ombre de visage. Mais voici que l'autorité supérieure, prenant encore une fois en mains la dignité de l'art, refuse son assentiment à une aussi scandaleuse exhibition. Elle y voit pour nos entreprises dramatiques un honteux rapprochement avec les spectacles des saltimbanques de la Foire et refuse sa permission. Merci de nouveau de la sollicitude qu'elle nous témoigne! »

On vainquit néanmoins les scrupules de V autorité supérieure; le 5 mai 1845, le Petit Poucet, vaudeville-féerie en cinq actes, de Dumanoir et Glairville, était représenté au Vaudeville, et Charles Maurice fut forcé d'annoncer le premier début « de M. Tom-Pouce, millimètre de chair humaine, qui n'est élève d'aucun Conservatoire » et de constater en même temps, malgré sa répugnance « pour cette exhibition des infirmités » le succès obtenu par le débutant, « succès des plus disproportionné à sa taille, succès colossal. »

Cette pièce du Petit Poucet, qui n'était, en réalité, qu'un simple canevas assez médiocrement charpenté et assez insignifiant destiné à montrer Tom Pouce sur la scène de la Place de la Bourse, et dans laquelle les excellents acteurs du Vaudeville s'effaçaient modestement pour laisser tout le succès à leur microscopique compagnon, eut cinquante représentations non interrompues, ce qui était assez rare à cette époque.

Tout en consacrant ses soirées au théâtre, Tom Pouce se faisait voir le jour, à son domicile ; il était logé dans une maison meublée du boulevard des Italiens où le célèbre chanteur Lablache avait également son apparte-

ment. Or, Lablache était un homme d'une taille colossale, presque un géant. Un matin, des Anglais de passage à Paris, curieux de voir le nain qui avait excité un si grand enthousiasme parmi leurs compatriotes, montent dans la maison, se trompent d'étage et sonnent chez Lablache qui faisait sa toilette et qui vient, en robe de chambre, ouvrir lui même sa porte.

— « Le général Tom Pouce?

— « C'est moi. » répond froidement Lablache. Stupéfaction profonde des étrangers qui regardent leur

interlocuteur d'un air effaré.

« Je comprends ce qui vous étonne, dit le colosse,... mais c'est que, quand je n'attends personne, je me mets à mon aise*. »

A la fm du mois de juin, Tom Pouce quitta Paris pour se faire voir dans les principales villes du nord et de la Belgique; il voyagea ensuite dans l'est et dans le centre de la France, et s'embarqua à Bordeaux pour se rendre en Espagne où il fut présenté à la cour, alors à Pampelune ; on dit même qu'il assista à une course de taureaux dans la loge de la reine Isabelle.

Il retourna à Paris au mois de novembre et, comme un personnage de baute importance, alla à Saint-Cloud prendre congé du roi et de la reine qui lui firent encore des présents, puis en décembre revint chercher à Londres de nouveaux succès à VEgyptian-Hall dans Picadilly. Il reprit là ses imitations de grands hommes, entre autres celle de Napoléon et de Frédéric IP.

A Londres, comme à Paris, on le fit paraître au théâtre dans une pièce écrite spécialement pour lui et dont le sujet était emprunté à un conte populaire. Hop

1. Nous tenons cette anecdote, vraie ou fausse, d'un de nos plus éminents sculpteurs, qui, plus que tout autre, a le culte de la beauté de la forme, et qui riait beaucoup à l'idée de ce nain pouvant se dilater à volonté.

2. Le portrait que reproduit notre gravure et qui représente notre

O'my ihumh, qui n'est, en réalité, qu'une variante, assez éloignée cependant, denotve Petit Poucet. Tom Pouce, dans cette pièce, se montra plein de gaieté et d'entrain, et, si nous en croyons les journaux anglais, un peu suspects de partialité néanmoins pour l'idole du moment, le succès incontestable qu'il obtint au théâtre aurait été dû autant à son jeu, comme acteur, qu'à la curiosité qu'excitait sa petite personne.

Après avoir visité successivement les principales villes d'Angleterre, s'être montré ensuite en Ecosse et en Irlande, il retourna en Amérique; il avait fait en Europe, suivant les chiffres donnés aux journaux de New-York par son homme d'affaires, cent cinquante mille livres sterling de recette (plus de 5 750 000 francs).

En 1864, Tom Pouce revint en Angleterre accompagné d'un autre nain et des sœurs Warren, également naines.

Le compagnon de Tom Pouce, connu sous le nom du Commodore Nutt, était né en 1844 dans le New-Hampshire. Quand Barnum vint l'engager chez ses parents en 1860,

nain en costume de Frédéric II fut dessiné et lithographie à Paris. Tom Pouce écrivit à ce sujet à l'éditeur, M. Jeanne, la petite lettre suivante dont voici le fac-similé exact :

«" '.:/ î'Oné c^^»,r/^ '*^ ^ A*^ ^'f^ '^<^ ^Ct^i^^ftfi^

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