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il ne mesurait que trente pouces de haut (0",75, mesure anglaise) mais avec les années il grandit un peu et quand il mourut, au mois de mai 1881, on constata qu'il avait trois pieds sept pouces (l'",087).
Après un long séjour en Angleterre, les nains revinrent aux États-Unis chargés de présents, mais brouillés à mort; Nuit, en effet, était devenu éperdument épris d'une des sœurs Warren, Lavinia, que Tom Pouce aimait également.
Ce dernier désespérant de l'emporter sur son rival, beaucoup plus jeune et aussi beaucoup plus beau que lui, eut l'idée de confier ses peines à Barnum : « Je vous propose, lui dit-il, si vous m'aidez à détacher Mlle Warren du Commodore, de me marier solennellement en public avec elle. » C'était une trop belle occasion de réclame pour que Barnum la laissât échapper. Lavinia fut invitée à Bridgeport; on lui parla si éloquemment, on fit si bien miroiter à ses yeux la fortune de Tom Pouce qu'elle se laissa séduire et consentit à l'épouser; leur mariage, annoncé dans toutes les villes de l'Union, fut célébré en grande pompe à Grace-Church, au grand désespoir du Commodore Nutt qui faillit en mourir de chagrin. Il se consola cependant et épousa vers 1876, une charmante jeune fille, missLilianElston, de Redow-City, en Californie, qui, jusqu'à ses derniers jours, l'a soigné avec beaucoup de tendresse et de dévouement.
Tom Pouce refit avec sa petite épouse un voyage d'agrément en Angleterre; ils étaient à la fin de 1866 à Norwich, à l'Hôtel de Norfolk lorsqu'ils eurent le chagrin de perdre leur unique enfant, Minnie Tom Thumb, enlevé en quelques heures par une congestion cérébrale.
Depuis cette époque on n'avait plus entendu parler de notre héros et il était complètement oublié lorsqu'il y a quelques mois (février 1885) les journaux américains nous ont apporté le fait divers suivant :
« Voulez- vous savoir ce qu'est devenu le fameux Tom
Pouce, qm a saute, ainsi que le disait Barnum, sur les genoux de toutes les têtes couronnées de lEuropel »
« Eh! bien, le fameux Tom Pouce se trouvait le 10 janvier dernier avec sa femme microscopique, Lavinia Warren, à Milwankee, dans le Wisconsin, parmi les hôtes de l'hôtel Newhall, surpris dans leur sommeil par un incendie dans lequel ont péri plus de cent personnes. Tom Pouce et sa femme ont échappé miraculeusement; leur petitesse les a sauvés. Un policeman qui les a trouvés déjà à moitié asphyxiés par la fumée les a pris chacun sous un de ses bras et a réussi à gagner la rue, à travers les flammes avec son précieux fardeau.
« Lavinia n'avait pas eu le temps de passer un jupon, mais elle avait instinctivement mis ses diamants dans un petit sachet en peau d'alligator qu'elle s'étaitpasséaucou.... Car pour être petite, on n'en est pas moins femme!* »
Le prodigieux succès obtenu par Tom Pouce devait avoir, et eut pour résultat, de multiplier, surtout en Angleterre, des exhibitions de nains qui sous beaucoup de rapports valaient bien le petit général, mais qui n'eurent pas, comme lui, l'heureuse chance de rencontrer un Barnum pour les faire valoir. Nous mentionnerons seulement ceux qui nous ont semblé offrir quelques particularités intéressantes, et nous le ferons d'autant plus rapidement que nous nous sommes un peu étendu sur tout ce qui avait rapport à Tom Pouce, le plus célèbre des nains montrés en public, comme Bébé est le plus connu des nains de Cour.
Nous trouvons d'abord en 1846, trois nains Écossais
1. Quelques jours après avoir écrit les lignes qui précèdent, les ournaux nous apprenaient la mort, si souvent annoncée, mais réelle cette fois, paraît-il, du général Tom Pouce. Rien ne manquait plus à a renommée de cet être si extraordinaire que de mourir; c'est ce qui lui est arrivé dans le courant du mois de juillet de cette année (1883). Sa mort lui a donné comme un regain de succès et tous les journaux, même les plus sérieux, lui ont consacré des articles nécrologiques assez étendus.
dont les portraits furent publiés dans Vlllustrated London News du 50 mai 1846, et qui étaient montrés au Cosmorama dans Regent-street. C'étaient les trois enfants — deux fils et une fille — d'un pauvre berger de Lochcarron, dans le comté de Ross, nommé Mackinlay. L'aîné, Finlay, avait vingt-trois ans et mesurait quarantecinq pouces de haut (1^,125, mesure anglaise); le second, John, âgé de vingt et un ans, avait, comme sa sœur, Mary, quarante- quatre pouces (l'",10). Jusqu'au moment où on les montra en public ils avaient été employés, les deux garçons, à jardiner et à aller de ferme en ferme récolter les œufs, et la fille, à coudre et à tricoter, ce dont elle s'acquittait fort bien. Le 21 mai, ils furent reçus à Buckingham-Palace par la reine, le prince Albert et la duchesse de Kent. Ils avaient tous les trois fort bon air dans leur costume si pittoresque du clan de Ross, et exécutèrent avec beaucoup de succès les danses de leurs pays qu'ils accompagnaient de chants nationaux.
Quelques mois après le même Cosmorama montrait un autre nain qui, s'il faut en croire les affiches qui l'annonçaient au public, aurait été attaché à la cour d'Espagne, ce dont il nous est permis de douter, les renseignements que nous avons pris à son sujet ne confirmant pas cette assertion. Quoi qu'il en soit, voici en quels termes pompeux il était annoncé : « Ouvert maintenant! Don Francisco Hidalgo^ la plus grande curiosité du siècle, est arrivé à Londres venant de Madrid. Il donne des reprétentations au Cosmorama, 209, Regent-street. Le Don [sic) est, sans contestation possible, le plus extraordinaire spécimen qui existe de la race humaine dans tout l'univers. L'histoire ne fait pas mention d'un être aussi petit; âgé de quarante-deux ans, il n'a que vingt-neuf pouces de haut (O"", 725, mesure anglaise); il est beau, bien fait, intelligent et parle parfaitement trois langues.... L'étonnement et l'admiration qu'excite la vue de cette merveille se peignent sur les traits de tous ceux qui le voient. Il est
sans rival, et rien, dans le monde entier, ne peut approcher de cette curiosité de la nature. Il fut attaché à la cour de Madrid sous le règne du roi Ferdinand et, pendant douze ans, il vécut dans la retraite auprès de Madrid. Ce qui lui a été rapporté du succès obtenu dans le monde par un petit garçon que l'on montrait dernièrement^ a engagé le Don à se faire voir lui-même en public