Deiitcronovw, III
« l'ai livré entre vos mains avec tout son peuple et son <f pays ; et vous le traiterez comme vous avez traité Sé- {( hon, roi des Amorrhéens, qui habitait ;à Hésebon. »
« Ils taillèrent donc en pièces ce roi avec ses enfants et tout son peuple sans qu'il en restât un seul et ils se rendirent maîtres du pays^ »
Nous retrouverons plus loin ces géants de l'Écriture et surtout leur roi Og, qui est resté comme le prototype des géants qui tiennent une place importante dans les légendes et les romans du moyen âge ; ils ont laissé des traces dans les traditions orientales, et, malgré leur destruction par les Israélites, le souvenir s'en est conservé pendant longtemps encore dans les livres saints. On lit, en effet, dans le Cantique de Judith :
« Mais le Seigneur tout-puissant l'a frappé; il a livré leur général aux mains d'une femme qui lui a ôté la vie.
« Car celui qui était puissant parmi eux n'a point été renversé par les jeunes hommes; il n'a point été frappé par les Titans ; et les géants d'une hauteur démesurée no se sont point opposés à lui ; mais Judith, fdle de Mérari, l'a perdu par la beauté de son visage-.
Mais le plus connu des géants de la Bible est sans contredit Goliath, dont parie le Livre des Rois~^ :
« 4. Alors un homme, né d'un père inconnu, nommé Goliath, de Geth, qui avait six coudées et une palme do haut, sortit du camp des Philistins.
(( 5. Il avait sur la tète un casque d'airain, et il était revêtu d'une cuirasse à écailles dont le poids était dt' cinq mille sicles d'airain, etc.... »
Cependant, Goliath ne nous semble pas devoir être rangé parmi les géants légendaires dont il est question plus haut, et malgré la taille considérable qui lui est attribué^ et dans laquelle, suivant un grand nombre de commeni
I^s Nombres, xx 54, 55. — 2. Livre de Judith., Mb. I. c. XVII.
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teiirs, il faut voir une exagération manifeste, une sorte d'hyperbole poétique destinée à rehausser le courage de David et à rendre son triomphe plus glorieux par l'extrême disproportion entre la force du vainqueur et celle de son adversaire, on peut le considérer simplement comme un de ces hommes gigantesques que l'on a vus à toutes les époques et dans tous les pays. On a calculé, en effet, que les six coudées et une palme, dont parle l'Écriture, valent environ neuf pieds ou trois métrés de nos mesures actuelles : or, en retranchant la hauteur du casque qu'il portait, d'après le texte même de la Bible, on trouve qu'il n'avait que huit pieds ou tout au plus huit pieds et demi et que, par conséquent, il ne dépassait pas en grandeur plusieurs des géants dont nous parlerons plus loin.
Ainsi que nous l'avons dit plus haut, on retrouve tous les géants de l'Écriture Sainte dans les traditions arabes, et Goliath lui-même, ou Gialout, ainsi que l'appelle Ahmed-al-Fassi, cadi de la Mecque et historien, mort l'an 855 de l'Hégire, y est considéré comme un roi de la Palestine; suivant ces traditions, du reste, la dynastie des rois qui régnaient en Palestine quand les Hébreux y entrèrent est appelée Gialoutiah, de même que tous les rois d'Egypte portent le nom de Pharaenah ou Pharaon et ceux de Perse Akasserah ou KhosroësK
Mais c'est dans la mythologie grecque surtout que les géants occupent une place importante; les poètes les ont chantés et les auteurs les plus graves ont rapporté l'histoire de leur combat contre les dieux, de leur défaite et de leur punition. Hésiode, dans sa Théogonie (vers 624 et suiv.), nous a donné une magnifique version poétique de ce mythe dont le sens naturaliste ne fait aucun doute, et qui traduisait à l'esprit des Grecs cette idée, qui se retrouve partout, dans les légendes indoues aussi bien