‹ Les nains et les géantsChapitre 37 sur 46 · Mémoires secrets de Bacuaumont (50 juillet · texte numérisé non relu

Mémoires secrets de Bacuaumont (50 juillet

cation ou d'une sorte de manœuvre politique. « J'ai appris aujourd'hui, écrit M. de la Condamine (celui-là même auquel avait été adressée la lettre du docteur Maty), que l'histoire de la découverte des Géants Patagons est une fable et que les Anglais ont fait courir ce bruit pour dissimuler les motifs de l'armement de quatre vaisseaux qu'ils envoient dans ce pays pour y exploiter une mine qu'ils y ont découverte. Je crains que mon ami, le docteur Maty, n'ait ajouté foi trop légèrement à cette nouvelle. Notre ministre a rayé cet article qu'on voulait mettre dans la Gazette de France; il s'est fondé sur ce que M. de Bougainville, qui a relâché sur celte côle, a communiqué avec les Patagons et fait des échanges avec eux; ils sont de taille ordinaire.... »

Néanmoins, les opinions furent tellement partagées qu'en relisant aujourd'hui tout ce qui a été publié à celte époque, il est difficile de savoir quelle était exactement la pensée des savants qui ont traité cette matière.

C'est ainsi que Dieudonné Thiébaulf, parlant do l'abbé Pernety, membre de l'Académie royale de Berlin, disait : « ....11 est vrai que ce savant croyait à toutes les rêveries des temps passés, il croyait à la pierre philosophale, à la cabale, aux revenants, aux Patagons, aux sorliléges et enchantements, aux races de géants, etc. Et à quoi ne croyait-il pas ! ))

Plus loin il raconte que se « trouvant un jour à dîner chez M. Mitchel, chevalier de l'ordre de la Jarretière, minisire d'Angleterre à Berlin avec l'abbé Pernety qui croyait aux Patagons, et un M. de Boux, de Bordeaux, invité là peut-être comme parent de MM. de Forcade, famille française très considérée à Berlin, ce M. de Boux entreprit de badiner M. Pernety sur cette race de géants que l'on dit exister à la pointe australe de l'Amérique. Dès sa première phrase, M. Mitchel prit la parole et lui dit : « Vous ne croyez donc pas. Monsieur, à la possibi- « lité de cette race? Ainsi, vous avez calculé les forces d

k la naturo cl vous savez quelles sont les limites entre « lesquelles elle peut promener ses variations, mais

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Fig. 33. — Géant et nains, d'après une gravure allemande de la fin du wm* siècle.

« qu'elle ne peut jamais outre passer? Vous êtes bien M savant, Monsieur, et beaucoup plus que toutes les aca-

« démies de monde! Et, en effet, nous voyons que la (( nature produit des individus et même des races extrê- « mement petites; nous avons des endroits où l'on ne « rencontre guère que des espèces de nains. Eh bien! « pourriez-vous m'expliquer comment et pourquoi la « nature ne pourrait pas faire en plus ce qu'elle fait « tous les jours en moins? Et si vous vouliez nier nos « races de nains dont au moins vous ne nierez pas les « exemples, expliquez-moi comment la nature ne pource rait pas faire pour celles-là ce qu'elle fait pour ceux- « ci. Après cet argument qui n'eut point de réplique, « on parla d'autre choses »

Buffon lui-même exprimait des doutes relativement à l'existence des géants Patagons et croyait que les différences d'appréciation venaient de ce que les populations habitant les terres découvertes par Magellan étant essentiellement nomades, il pouvait se faire que les individus entrevus par les différents voyageurs ne fussent pas les mêmes.

La question n'a été définitivement tranchée que dans la première moitié de ce siècle par d'Orbigny, le hardi explorateur de l'Amérique méridionale qui vécut pendant huit mois avec les Patagons. La taille des individus qu'il a mesurés varie entre l'",75 et 1™,92; les femmes sont, à proportion, aussi grandes et aussi fortes que les hommes. D'Orbigny, qui donne ces chiffres dans son savant ouvrage intitulé Y Homme américain, les fait précéder des réflexions suivantes qui peuvent expliquer la préoccupation des anciens voyageurs :

« Nous avons été, nous ne le dissimulerons pas, trompé nous-môme plusieurs fois à l'aspect des Patagons. La largeur de leurs épaules, leur tête nue, la manière dont ils se drapent de la tête aux pieds, avec des manteaux de

i. Dieudonné Thiébault, Souvenirs de vingt ans de séjour à Berlin , Tome II.

peau d'animaux sauvages cousues ensemble, nous faisaient tellement illusion qu'avant de les mesurer nous les aurions pris pour des hommes d'une taille extraordinaire, tandis que l'observation directe les amenait à l'ordre commun. D'autres voyageurs n'ont-ils pu se laisser influencer par les apparences sans chercher comme nous la vérité au moyen de mesures exactes? »

Devant une affirmation aussi positive aucun doute n'est possible aujourd'hui ; les géants n'existent qu'à l'état d'individus isolés, comme phénomènes pour ainsi dire tératologiques, et non à l'état de groupe. Les Patagons ne sont pas des géants malgré leur hauteur, 'et, sous le rapport de la taille, les races du vieux continent n'ont que bien peu à envier à celles du nouveau monde.

Du g^igantisme au point de vue physiologique et pathologique

Nous avons vu dans le chapitre précédent que tout ce qui avait été écrit à différentes époques pour prouver l'existence de races entières de géants avait été réfulé par la science. Les progrès immenses dont la zoologie préhistorique est redevable à l'illustre Cuvier, et l'élude, aujourd'hui si complète, de l'anatomie comparée, ont démontré d'une façon irréfutable que les prétendus ossements de géants autour desquels il s'était fait tant do bruit, étaient simplement des os de mastodontes, d'éléphants, de rhinocéros, et d'autres animaux alors peu connus*, de même que les observations de d'Orbigny ont réduit à néant les fables débitées sur les Patagons.

Mais si les géants n'existent pas à l'état de race distincte, ils sont relativement communs — moins que les nains cependant — à l'état d'individus isolés, de phéno-

4. Il en est de même des crânes humains remarquables par leur volume que plusieurs savants donnaient comme preuve de l'existence des géants; ces crânes ne devaient leur grosseur extraordinaire qu'à des causes pathologiques — notamment à l'hydrocéphalie — et avaient appartenu à des individus d'une taille moyenne et souvent même à des enfants. Tel était le frontal énorme dont il est question dans les Transactions philosophiques (t. XV et XXII) et que l'on sut être celui d'un individu, mort à Amsterdam, dont la tète était extraordinairement volumineuse, bien que son corps fut très telit.

mènes, et il n'est pas rare de voir des hommes de six pieds et demi et de sept pieds ( 2=",106 à 2™,268); la taille humaine peut- s'élever jusqu'à huit pieds et demi et même neuf pieds (2 '",916), mais c'est la limite extrême et les savants les plus autorisés doutent de l'exactitude et de la véracité des quelques exemples qui ont été cités d'hommes ayant atteint cette haute taille*.

Nous n'avons pas à examiner ici les causes auxquelles les pathologistes attribuent ce développement excessif de la taille; comme pour le nanisme, du reste, ces causes sont peu connues, et l'analyse des hypothèses mises en avant par les quelques savants qui ont étudié cette question nous entraînerait au delà du cadre que nous nous sommes tracé.

Mais s'il nous est interdit de rechercher les causes, nous pouvons du moins constater les effets, qui sont généralement déplorables pour les malheureux individus atteints ainsi de gigantisme.

Tous, en effet, ou presque tous, sont d'une complexion excessivement délicate, d'un tempérament lymphatique et d'une intelligence très bornée, quand elle n'est pas même tout à fait nulle. Ils sont souvent mal conformés et surtout mal proportionnés ^ L'augmentation extrême du

1. Telle était la taille attribuée par le voyageur Van den Biioeck (Voyages, p. 415) à un nègre du Congo qu'il dit avoir vu, et celle que donne à un géant Piémontais que l'on montrait à Rome en 1572 le trop crédule Del Ilio. Nous en trouvons un autre exemple dans la Gazette de France du 30 septembre 1719; mais ici, il s'agit d'un squelette trouvé dans les environs de Salisbury sous des pierres celtiques désignés dans le pays sous le nom de Stoneheng {pierres suspendues) ou de Danse des Géctnts. Suivant le correspondant anglais qui avait donné les renseignements au rédacteur de la Gazette, ce squelette aurait mesuré neuf pieds quatre pouces (2'", 834, mesure anglaise).

2. Gcotfroy Saist-IIilaiiie rapporte l'observation d'un jeune homme de vingt-deux ans, ayant plus de sept pieds, qu'il a examiné avec soin en 1824, et dont les mains étaient extraordinairement langues; il avait la voix faible, cassée, et ses yeux ne pouvaient qu'avec peine supporter une lumière un peu vive.

volume de leurs organes semble user rapidement chez eux les principes de la vie, et la plupart meurent jeunes et pour ainsi dire épuisés, après avoir.achevé leur énorme et rapide croissance, et, quelquefois même, avant de l'avoir terminée.

« Bien différents en cela des nains, dit Geoffroy-Saint- Ililaire, ils sont sans activité, sans énergie, lents dans leurs mouvements, fuyant le travail, fatigués presque aussitôt qu'occupés; en un mot faibles de corps aussi bien que d'esprit. )) Un des rédacteurs du Journal de Physique (t. XllI, 1778), Changeux, rapporte à ce sujet, d'après Guy-Patin, un fait qui viendrait à l'appui de cette assertion : « A Vienne, où l'on avait réuni des nains et des géants pour l'amusement de la cour impériale, les premiers, bien loin de céder et de se soumettre à leurs compagnons, ne craignaient pas de les provoquer par des moqueries, de les insulter, et de commencer ainsi des disputes dont l'issue semblait devoir être si redoutable pour eux. La querelle s'anima même un jour entre un géant et un nain au point que des injures on en vint aux voies de fait, et, nouveau David, ce fut le nain qui triompha de cet autre Goliath. »

Le savant Keysler^, qui a laissé d'intéressantes relations de ses différents voyages dans les principales contrées de l'Europe, rapporte un fait qui prouve également le peu de crainte que les géants inspiraient aux nains quand le hasard les réunissait à la cour des princes.

On conservait dans une des salles du château d'Ambras, à une lieue d'Inspruck, dans le Tyrol, une statuette en bois sculpté représentant un nain qui avait vécu à la cour de l'archiduc Ferdinand, et, près d'un des murs du

1. Né à Thornau en 1689 et mort en 1743. Il publia en 1720 un savant ouvrage intitulé : Antiquitates selectœ septentrionales et Celticœ, dans lequel il fait preuve d'une érudition archéologique supérieure à celle de son époque.

même château, on voyait la figure, également en bois, d'un géant, nommé Aymon, qui faisait partie des gardes de ce prince. D'après ce que raconte Keysler, le nain, voulant se venger des lourdes et incessantes railleries du géant qui le tournait en ridicule à cause de sa petite taille, piia le duc de laisser tomber un de ses gants quand il se mettrait à table et d'ordonner à Aymon de le lui ramasser; il se glissa alors sous le siège de son maître, et quand le pauvre géant se baissa pour prendre le gant, il lui appliqua sur la joue un violent soufflet, au grand amusement des assistants et à la grande honte du malheureux Aymon qui ne put dévorer cet affront et mourut de chagrin peu de temps après ^

Ainsi que cela avait eu lieu pour les nains, on a prétendu que l'on pouvait développer la taille de certains individus et en faire des géants au moyen de procédés artificiels. Nous n'insisterions pas sur ce sujet si un des savants les plus distingués de notre époque, Isidore Geoffroy- Saint-Hilaire, dans son livre sur les Anomalies, n'avait reproduit d'après un auteur anglais l'observation suivante à laquelle sa grande autorité donnait la consécration du fait accompli. Voici ce qu'il rapporte :

(( Le célèbre évéque Berkeley, au rapport de Watkinson (Philosophiccl survey of Ireland-London 1777, p. 187), voulut essayer s'il ne serait pas possible en élevant un jeune enfant suivant certains principes hygiéniques de le faire parvenir à une taille gigantesque et il tenta cette expérience aux dépens d'un pauvre enfant orphelin nommé Mac Grath. L'expérience réussit complètement —

1. D'après une autre version de ce même fait rapportée dans les Aménités UUéraircs (t. II, p. 326). le nain, qui avait menacé plusieurs fois le géant, à la grande hilarité de celui-ci, de lui donner un soufflet, le força à se baisser en lui dénouant, sans qu'il s'en aperçut, les cordons d'une de ses chaussures, et profita du moment où Aymon les rattachait sans défiance, pour mettre sa menace à exécution.

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pour le philosophe — car le pauvre Mac Grath, accablé au sortir de l'enfance de toutes les infirmités de la vieillesse, mourut à vingt ans, victime d'un essai que l'intention louable qui l'a dicté ne saurait faire pardonner à son auteur. 11 avait sept pieds à seize ans et parvint à sept pieds huit pouces anglais (2'», 528). On ne sait rien de positif sur la méthode employée par Berkeley, qui mourut avant Mac Grath; on croit qu'il employa surtout une nourriture et des boissons mucilagineuses. »

Nous ne croyons pas que cette accusation si grave, portée contre un des savants les plus estimés de l'Angleterre au siècle dernier, ait été réfutée en France; elle méritait cependant de l'être, et voici quelle est la vérité au sujet de ce Mac Grath dont le squelette est conservé aujourd'hui au Trinity Collège de Dublin.

Cornélius Mac Grath naquit en 1756 dans un des plus pauvres cantons du comté de Tipperary : ses parents, fort malheureux, n'offraient rien de remarquable sous le rapport de la grandeur et leurs autres enfants — ils étaient nombreux^ — étaient d'une taille très ordinaire. Au mois de juillet 1752, Cornélius, alors âgé de seize ans vint à Cork où sa présence excita la plus vive curiosité et où le peuple le suivait en foule quand il passait dans les rues; sa taille mesurait alors six pieds neuf pouces (2'", 049, mesure anglaise). L'année précédente, il avait été pris dans tous les membres de violentes douleurs rhumatismales pour le traitement, desquelles on lui avait ordonné des bains d'eau salée. Ces douleurs lui étaient survenues à la suite d'une croissance exagérée qui s'était produite dans le cours d'une seule année, puisque jusquelà il n'avait qu'un peu plus de cinq pieds de haut.

C'est alors que le docteur Berkeley, évêque de Cloyne,

1. Nous ferons remarquer à ce propos que les nains et les géants appartiennent généralement à des familles où les enfants sont en grand nombre.

aussi distingué par son amour pour la science qu'estimé pour sa bienfciisance, le recueillit chez lui par charité, en recommandant qu'on l'entourât de tous les soins que nécessitait son état jusqu'à ce qu'il eût recouvré l'usage de ses membres. Mac Grath avait toujours bu et mangé très modérément; sa principale boisson ne se composait que de cidre et encore n'en buvait-il qu'à ses repas.

Ces détails, et bien d'autres que nous passons sous silence, sont empruntés au London Magazine de juillet i 752 et au London Daily Advertiser du 4 août de la même année. Dans ce dernier journal, c'est un habitant de Cork qui écrit à la date du 24 juillet : « 11 y a maintenant ici, un enfant de quinze ans et onze mois, de la taille la plus gigantesque puisqu'elle n'a pas moins de sept pieds neuf pouces trois quarts (ces mesures ne sont pas tout à fait exactes) ; il est d'apparence disgracieuse, pas intelligent et parle d'une manière tout à fait enfantine. Il est arrivé ici, venant de Yougbal où il est resté presque un an à prendre des bains d'eau salée, à cause de douleurs rhumatismales qui le rendent entièrement impotent et que les médecins croient avoir été causées par celle croissance prodigieuse qui fait qu'en un an à peine il a atteint cette grandeur démesurée.... »

A Cork on lui persuada de se montrer comme phénomène et à cet effet il se rendit à Bristol et ensuite à Londres, où il arriva au commencement de l'année i753 ainsi que le prouve l'annonce suivante que nous lisons dans le Daily Advertiser du 51 janvier : « Il est arrivé dans cette ville, venant d'Irlande, le jeune homme dont nous avons parlé dans ce journal il y a quelques mois, et que nous avons considéré alors comme une des plus extraordinaires productions de la nature. Il est patronné par la noblesse et la haute société (gentry) qui se donnent rendez-vous tous les jours pour le voir et, bien que ce ne soit qu'un enfant, sa taille gigantesque et stupéfiante en fait un spectacle unique dans le monde. Il a

sept pieds trois pouces (2™, 408) de hauteur sans chaussures, et son poignet mesure le quart d'un yard et un pouce (0"%255). Il surpasse de beaucoup le géant Cajanus, le Suédois, et c'est véritablement le plus bel homme et le mieux proportionné que l'on ait jamais vu. Il a eu seize ans le 10 mars dernier et Ton peut le voir tous les jours à l'enseigne du Paoriy à Charing-Cross, de huit heures du matin à dix heures du soir. »

Il vint ensuite à Paris et visita successivement les principales villesd'Europe. A Florence, un médecin, J.Bianchi, naturaliste distingué, l'examina en 1757 et publia les résultats de son observation dans une petite brochure intitulée Lettere sopra uno Giante.

En mars 1760, Mac Grath revint dans son pays natal; il était à ce moment dans un triste état de santé et souffrait surtout d'accès de fièvres intermittentes dont il avait ressenti les premières atteintes pendant son séjour dans les Flandres. Son teint était alors affreusement pâle et jaune, son pouls rapide et ses jambes enflées. Il mourut le 20 mai 1760; après sa mort son corps fut disséqué au Trinity Collège à Dublin ; il mesurait alors exactement sept pieds huit pouces (2'", 528, mesure anglaise).

Nous ignorons quel motif particulier a poussé Watkinson à défigurer comme il l'a fait un récit aussi simple; mais il y a loin, ainsi qu'on l'a vu, entre l'acte de charité exercé par Tévêque Berkeley et celui si froidement cruel que lui a prêté Walkins^n.

Géants célèbres, géants montrés au public, géants de foires.

Avec Goliath, dont l'existence réelle ne peut faire aucun doute, le plus ancien des géants que mentionne Tliistoii e est un des rois Égyptiens de la deuxième dynastie ]Soiver-Ka-Soka7\ le Sesochris des listes de Manélhon* Comme presque tous les princes de cette époque à moitié fabuleuse, il ne nous a guère laissé que son nom que M. Maspérocite dans son Histoire des peuples de V Orient^ en y ajoutant cette particularité « qu'il passait pour un géant. »

Jusqu'à Pline, nous ne trouvons dans les auteurs anciens d'autres géants que ceux qui appartiennent au domaine de la myîhologie ou aux grandes épopées homériques; quant à ceux que cite Pline, malgré la petite exagération évidente qu'il apporte dans l'appréciation de leur taille, il n'y a aucune raison pour douter de leur existence malgré les rapprochements subtiles que quelques auteurs ont voulu établir entre les noms qu'il donne du premier d'entre eux et ceux des géants de la Bible. « L'homme le plus grand qui ait été vu de notre temps, dit-il, sous le régne du divin Claude, s'appelait Gabbara; on l'avait

i. Maséthok était un prêtre égyptien du temps des Ptolémées, qui a laissé une liste chronologique, écrite en grec, des anciens rois d'Egypte.

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