‹ Les nains et les géantsChapitre 39 sur 46 · Fameux brigand de l'Attique, tué par Thésée · texte numérisé non relu

Fameux brigand de l'Attique, tué par Thésée

3. Monstre du monde primitif que l'on représente quelquefois comme un ouragan destructeur ou comme un géant vomissant des flammes.

celui-ci fut tué, le 2G juin 565, les soldats, ayant besoin d'un chef, procédèrent aussitôt à l'élection d'un empereur et choisirent Jovien. Ammien-Marcellin, qui servait dans les gardes de l'empereur et qui nous a laissé une histoire de l'empire romain embrassant une période de vingt-cinq ans (de 255 à 278), assistait à l'éleclion, et trace de Jovien le portrait suivant (XXV, 5-iO) : «.... Il avait le regard agréable, le visage gai, la démarche noble, le corps rob^iste et sa taille était si haute que, parmi les ornements impériaux on en trouva difficilement qui pussent lui convenir. >? Plus loin, il ajoute que c'était un homme inhabile et mou, ce qui confirme l'opinion généralement admise par les physiologistes sur les géants, opinion que nous avons l'apportée dans le chapitre précédent.

Si nous nous en rapportions à ce que raconte Aventin (de son vrai nom Jean Tourmayer) dans ses Annales de Bavière (1554), recueil malheureusement trop rempli de fables, il y aurait eu dans l'armée de Gharlemagne, un géant d'une force et d'une grandeur extraordinaires. Voici comment Ph. Gamerarius, dans ses Méditations historiques, traduit le passage auquel nous faisons allusion. « Or de tous ceux qui ont esté nommez, nul ne peut estre parangonné au géant OEnother^ natif de Turgaw, village de Souabe, lequel porta les armes au camp de Gharlemagne. Il abatoit les hommes comme s'il eust fauché du foin, et quelques fois en porloit bon nombre embrochez de sa picque, et tous, sur son épaule, comme on porterait des oiseaux enfilés au bout d'un baston : ce dit Aventin en l'histoire de Bavière. le scay bien que quelques uns estiment que Roland, fils d^, Berte sœur de Gharlemagne (duquel l'armée ayant été desfaite des Sarrasins, par la déloyauté des Gascons, il mourut de travail et de soif), estoit un géant* : ce qu'ils purent pouvoir prouver par

i. « Toutefois, ajoute Gamerarius, i'ai maintes fois ouï dire à gens (lignes de foy, que le Roy François I", curieux de savoir si ce que

les statues armées de desmesurée grandeur, qui se voyent es places de plusieurs villes de Saxe, pour marque de lii)orté, et encore aujourd'hui sont nommées Rolands.... » Ce qui est certain c'est que le peuple, au moyen âge, avait conservé, plus qu'à aucune autre époque, le souvenir des légendes qui se rapportaient aux géants. Nos vieilles chansons de gestes et les romans de chevalerie sont remplis de géants qui tantôt représentent la force brutale et sans intelligence au service d'une bonne cause, tantôt se font les champions des armées païennes et, comme autrefois Goliath, sont vaincus et tués par de nouveaux Davids, Garin, Guillaume au Court-Jiez, etc. Tels sont les géants Robastu, Renouart, Narquillus, qui marche à la tête des Sarrasins, Corsolt et tant d'autres dont les exploits merveilleux ou les défaites honteuses divertissaient les naïfs auditeurs des trouvères et des ménestrels'.

C'est également aux géants — et quelquefois aussi aux fées et même aux nains, — que le peuple attribua l'érection de ces monuments informes que l'on rencontre à chaque pas sur le vieux sol gaulois et dont la destination lui était inconnue, ou de ces pierres gigantesques dont le culte était aboli depuis longtemps et dont il ne comprenait plus le sens symbolique. Le fameux Gargantua'^ y im-

lon publioit de Roland estoit véritable, fit ouvrir le sépulchrc d'icelui, où l'on trouva ses os et son arc pourris : mais son harnois complet quoy qu'enrouillc, encore entier. Que le l'oy vestit icelles armes, lesquelles lui venoyent si bien, qu'il apparoissoit assez que Roland n'avoit pas été plus grand que le Roy François, lequel quoy que de belle taille, n'estoit toutestois guère plus grand que les hommes de moyenne stature. »

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