Ibid., p
rentes, l'Inde comme lieu d'habitation* : « .... Dans l'Inde, immédiatement après la nation des Prasiens, dans les montagnes desquelles sont, dit-on, les Pygmées, on trouve l'Indus '....;» et, plus loin : « .... au delà, à l'extrémité des montagnes, on parle des Trispithames et des Pygmées qui n'ont pas plus de trois spithames de haut, c'est-à-dire à peu près 27 pouces {0"',lbù); ils ont un ciel salubre, un printemps perpétuel, défendus qu'ils sont par les montagnes contre l'aquilon,... On dit que portés sur le dos des béliers et des chèvres et armés de flèches, ils descendent tous ensemble sur le bord de la mer et mangent les œufs et les petits des grues; que cette expédition dure trois mois; qu'autrement ils ne pourraient pas résister à la multitude croissante des grues; que leurs cabanes sont construites avec de la boue, des plumes et des coquilles d'œufs. Aristote dit que les Pygmées vivent dans les cavernes ; il donne pour le reste les mêmes détails que les autres^.... »; enfin, et comme Hérodote, il en peuple également certaines contrées de l'Afrique : « Des auteurs ont aussi rapporté que la nation des Pygmées était entre des marais qui seraient l'origine du Nil*.... »
Il est difficile de comprendre pour quelle raison Pline et les traditions sur lesquelles il s'appuie avaient placé les Pygmées dans l'Asie mineure et dans la Thrace. (( Dans ces contrées, dit M. de Quatrefages^, l'histoire de l'homme, pas plus que celle des animaux, ne présente aucun fait qui, dénaturé par l'ignorance ou par l'amour
1. Aulu-Gelle, célèbre grammairien latin qui vivait vers l'an 13 après J.-C, plaçait également les Pygmées dans l'Inde: « Apud extrême Indise... Pygmœos quoque haud longe ab iis nasci, quorumqui longissimi sint, non longiores esse qiiam pedes duo et quadranteni. » (...Près d'eux habitent les Pygmées dont les plus grands n'ont pas plus de deux pieds et un quart.) — (Aolu-Gelle, lib. IX, cap. IV.)
2. Pline, llisi. nat., p. 250. — 3. Ibid., p. 283. — 4. Ibid., p. 271. 5. Loc. cit., p. 97.
du merveilleux, ait pu servir de base aux légendes dont il s'agit. Peut-être, comme l'a fait observer M. Maury, trouverait-on l'explication de ces erreurs dans un fait général. « L'habitation des êtres plus ou moins étranges dont l'existence était admise par les anciens, était toujours placée par eux aux confins du monde connu sans qu'ils se préoccupassent d'un point précis ou d'une direction déterminée. De là résultent, quand il s'agit de cette géographie fantaisiste, le vague et les contradictions si souvent signalées et dont l'histoire des Pygmées fournit un exemple frappant. »
Pomponius Mêla, géographe contemporain de Pline, bien qu'assez exact d'ordinaire et peu enclin au merveilleux, avait ajouté foi à la légende des combats entre les grues et les Pygmées, mais il croyait que ces derniers avaient disparu : « Dans l'intérieur des terres (au delà du golfe Arabique) , on vit autrefois les
Pvgmées, race d'hommes d'une Flg. 2. — Pygmées combaltan
très petite stature, qui s'étei- tn4«c''' '''^''' ''"' ^'""'' gnit dans les guerres qu'elle
eut à soutenir contre les grues pour la conservation de ses fruits ^ »
Des écrivains de l'antiquité, Strabon est le seul qui ait nié l'existence des peuples nains, ou, du moins, qui ait cherché à expliquer scientifiquement ce qui avait pu donner lieu à cette croyance si généralement répandue. « On sait, dit-il, que toute contrée reléguée aux extrémités de la terre habitée, par cela seul qu'elle touche à cette zone inclémente que l'excès de la chaleur ou du froid rend inhabitable, se trouve vis-à-vis