INTRODUCTION XIII
eux par cette monstrueuse possibilité : une France cléricale devenant Texécutrice de la politique du Syllahus ; mais aussi le patriotisme du citoyen. Ajoutons que l'instabilité de nos précédents essais de République permettait bien des doutes et bien des craintes, et que l'inepte gouvernement du morose balluciné qui énerva la France pendant vingt ans n'avait pas disposé les peuples à nous être très-affectionnés. Ces causes principales, joiates à d'autres causes qui, pour paraître secondaires, n'auraient pas une moins grande influence, .ne doivent pas être oubliées quand nous nous préoccupons de l'opinion des étrangers à l'égard de notre pays pendant ces dernières années. La vérité est que la France de Napoléon III n'intéressait personne ; que la chute de ce rêveur sournois aux projets énigmatiques fut une délivrance pour tout le monde, et que la défaite et les désastres de la France, qui avait confondu sa des* tinée en celle de ce bizarre aventurier, furent acceptés des plus sympathiques comme un châtiment qu'elle avait mérité. Disons-le franchement, le dernier Bonaparte avait rendu la France plus que*suspecte, il l'avait déshonorée. Dieu merci 1 la réhabilitation est, à l'heure qu'il est, achevée , pleinement et glorieusement achevée. On ne peut plus se méprendre sur la pensée de la France, ni supposer à cette nation laborieuse , toute passionnée pour la paix, des arrière-pensées de colère et de vengeance vis-à-vis d'un ennemi qui ne s'est pas contenté de la vaincre, mais qui l'a impitoyablement insultée et humiliée ; qui , par 1 âpreté de sa haine et la déloyauté systématique de ses calomnies, a tenté de TenseveUr, blessée, mais encore vivante, sous le mépris et même sous l'horreur de tous les peuples. Après une guerre atroce, sans générosité et sans héroïsme (qui a été éloquemment qualifiée par Tillustre Mauro- Macchi dans sa brochure les Doctrinaires d'Allemagne)^ la presse allemande s'est évertuée à ameuter, contre la France, l'opinion publique de l'Europe» 11 faut bien dire qu'un moment elle y réussit : nos meilleurs amis étaient ébranlés et incertains; la conspiration cléricale, qui paraissait avoir établi son foyer chez nous, vint aider d'une preuve spécieuse la duplicité de nos en-