CHAPITRE II
IDÉE DE LA FORMATION DES GRANDES NATIONS EFFORTS DE L'ITALIE ET DE L' ALLEMAGNE VERS L'UNITÉ
On me demandera sans doute si je désire la reconstitution des petits peuples. Je répondrai plus tard à rinterrogation. Je déclare tout de suite que je suis ennemi décidé de la formation des grandes nations par les différents critères qui prévalent aujourd'hui en Europe.
La révolution de 1848, qui a tant agité et ému les peuples, donna vie et corps à la théorie des nationalités, aspiration jusqu'alors un peu vague, et en fit un drapeau de guerre. Charles- Albert, roi de Sardaigne, se proposa de donner T unité à Tltalie et n'hésita pas à protéger ouvertement la Lombardie et la Vénétie, révoltées contre l'Autriche, et Parme et Modène, qui s'étaient soulevées contre les Bourbons. Il battit les Autrichiens sur différents champs de bataille et leur prit Pescaire et Pizzighettona; mais, défait à son tour d'abord à San-Donato, puis à Novarre, non-seulement il dut se désister de son entreprise, mais aussi abandonner son royaume, en abdiquant la couronne en faveur de son fils.
Frédéric-Guillaume de Prusse conçut le même dessein à l'égard de l'Allemagne, mais non avec la môme