IV INTRODUCTION
sard, qui le détermina à cette entreprise : il y fut porté par une tendance déjà marquée vers les idées principales de Fauteur du Principe fédératif. On ne traduit guère que ce qu'on aime. Mais certains livres de Proudhon, surtout celui que je viens de citer à dessein, ont arrêté et fixé définitivement ce qu'il pouvait y avoir encore de vague et d'inconsistant dans les doctrinesde Pi y Margall. Un homme ne se fait pas tout d*une pièce ni tout seul.
La révolution de septembre ayant éclaté, les Certes constituantes furent convoquées ; le vote spontané de Barcelone rappela Pi y Margall en Espagne. Ses se* menées avaient germé ; ses idées étaient devenues, un peu promptement peut-être, le programme du parti républicain espagnol, — un peu promptement, parce que beaucoup se trouvèrent les avoir acceptées d'emblée, sans les avoir -approfondies, sans se les être assimilées; ce qui exposa la république fédérale aux aventures dans lesquelles elle a sombré. Si, par bonheur, le livre des Nationalités eût paru avant la Révolution, la mal- entente qui divisa le parti fédéraliste ne se fût pas sans doute produite, et les dissidences, inévitables au début d'une doctrine insuffisamment connue et encore inexpérimentée,' se fussent conciliées en un parti compacte et décidé pour une action commune. Nous ne nous sentons pas assez libre pour raconter cette période d'agitation qui, malgré tout, aura été féconde; qui, surtout, le sera : car c'est d'elle que datera l'Espagne nouvelle, qui démentira bientôt les prophètes de désespoir, toujours prompts à annoncer la mort des peuples.
« La République était venue , comme l'a dit Pi y Margall, par où on l'attendait le moins, d Après deux ans de règne, Amédée de Savoie abdiquait la couronne d'Espagne. Les partis^ surpris, impuissants à s'entendre pour une restauration, acceptèrent comme un pis-aller la proclamation de la République. Nous avons vu, en France, la même cause non-seulement fonder la République, mais l'affermir. On pourrait signaler entre les révolutions, presque simultanées , de France et d'Espagne, bien d'autres analogies qui ne tiennent nullement au hasard, mais à la parenté psychologique des deux peuples latins.