INTRODUCTION VU
gnole, assaillie et dévastée par les bandes de l'aventurier don Carlos.
Pi y Margall, après la commission dissoute, certain que les élections seraient favorables au parti fédéraliste, voulait que l'Espagne reçût légalement et pacifiquement des Certes sa constitution fédérale. Le procédé de bas en haut, a qui était seulement applicable au cas où la république fédérale viendrait par un mouvement à main armée, » ne lui semblait pas opportun, avec la faculté où elle était de s'établir tout naturellement et sans trouble, par le vote des Certes, c'est-àdire des représentants de toutes les provinces. € Si le procédé de bas en haut était plus logique ou plus adéquat à l'idée de fédération, celui de haut en bas était moins impropre dans une nation déjà formée comme la nôtre, et son application beaucoup moins périlleuse. »
L'assemblée, en qui il avait tant espéré, se réunit enfin. Chef du pouvoir exécutif, il prononça un discours-programme où il traçait aux Certes, avec sa clarté et son énergie accoutumées, la tâche qu'on attendait d'elles ; laquelle*? Celle de discuter et de rédiger la Constitution fédérale : « C'est seulement en constituant rapidement la répubUque; c'est seulement en faisant connaître qu'elle n'est pas un péril; en faisant comprendre à tous que la fédération ne compromet pas l'unité nationale, — périls que craignent quelquesuns et que beaucoup atfectent de craindre; — c'est seulement ainsi que nous arriverons à ce que les peuples d'Europe accordent à la république espagnole un respect mérité et se hâtent de la reconnaître. »
Il avait trop présumé de cette assemblée, qui, par ses dissensions et ses rivalités individuelles, ne sut pas, au grand malheur de l'Espagne, rempUr sa mission. Les révolutions cantonahstes éclatèrent; les ennemis de Pi y Margall le soupçonnèrent de n'y être pas étranger. Les Certes l'abandonnèrent au milieu de terribles difficultés qu'il n'avait pas le pouvoir de résoudre. Ce sont elles qui, devant l'histoire, porteront, plus que les cantonalistes qu'on accuse toujours par cette généreuse habitude de calomnier les vaincus, ce sont elles qui porteront la coulpe des massacres civils et de la