VIII INTRODUCTION
république livrée lâchement à un attentat militaire.
c La droite de la Chambre, a dit Pi y Margall, composée de républicains peu fermes et sans principes, comme les faits Tont prouvé, ne me voyait pas avec de bons yeux. » Trois ou quatre membres du ministère appartenaient à cette fraction de la Chambre, et — quoique ne différant, au fond, avec Pi y Margall, sur aucune question de principe, mais mus par des ambitions personnelles, — ils provoquèrent contre lui la crise qui décida de sa chute : chute glorieuse, qui lui fera plus honneur devant Ihistoire que sa présidence même : car il est tombé pour avoir refusé de s'assauvagir avec des affolés qui criaient sang et massacre; car il est tombé, leur laissant Tirréparable opprobre des exterminations accomplies et de la monarchie rétabUe par la menace soldatesque !
£n effet, ne voulant rien écouter des imprécations de rage dont il était entouré, « il s'arrêta à l'idée de former un cabinet avec tous les éléments de la Chambre. Il ne put la réaliser : il rencontra une résistance invincible dans la droite, qui était pour Thomogénéité et la pohtique énergique, c'est-à-dire pour celle de la force. » Alors, continue- t-il, a comprenant qu'un ministère composé du centre et de la gauche devrait faire face à une opposition formidable, après divers incidents qu'il serait trop long de rapporter, je me démis, le 18 juillet, delà présidence du pouvoir exécutif. »
Il avait été président trente-six jours.
Loin d'apaiser Tinsurrection cantonaliste , la chute de Pi y Margall l'aggrava. Les événements ici ne nous appartiennent plus, laissons-les s'écouler. — A coup sûr, la destinée politique de Pi y Margall ne se termine pas brusquement au 18 juillet : il continue à être Tespoir de tous les patriotes qui n'ont pas abandonné le rêve d'une Espagne hbre et prospère.
Laissons les faits : parlons du Uvre.
Je ne dirai point que les Nationalités sont le testament de Pi y Margall; mais je dirai que, dans ce livre, sont exprimées toute sa science, toute son intelligence, toute sa conscience. C'est vers cette œuvre, qui est le nœud de sa vie (pour parler comme les dramaturges),