X INTRODUCTION
Peut*ètre avons-nous pensé aussi, étant, pourquoi ne
f>as le dire ? en pleine communauté de conscience avec 'auteur, que la publication de ce livre pourrait saisir l'opinion publique en France, de quelques idées dont la discussion ne manquerait pas d'être profitable à rétablissement d'une République — républicaine.
Je vais tenter, cependant, un aperçu sommaire des chapitres que j'ai dû omettre.
Pi y Margali y analyse, directement en soi d'abord, indirectement ensuite dans l'histoire de chacune des nations, qui composent TEurope, les principes de la fameuse théorie des Nationalités, telle que nous l'avons vue professée et pratiquée dans ces dernières années. Il n'a pas de peine à démontrer que l'identité de langue, les frontières naturelles, Tunité de race, sont des revendications chimériques et périlleuses, quand on en commet le soin à la force et à la violence, et n'ont été que d'hypocrites prétextes à de nouvelles guerres de conquête, à de stériles agitations et, finalement, à la mutilation môn\e des nationalités. L'ambition rusée des despotes a compris de suite les avantages d'une théorie qui, sous un semblant de droit, avec le consentement môme de l'opinion, leur permettait de se poser en libérateurs de peuples et d'agrandir en môme temps leur domaine au préjudice de leurs voisins , tout en affermissant leur absolutisme à la faveur de leurs conquêtes. Le spectacle de T Allemagne réclamant le moindre canton dans le dialecte duquel s'est glissé up mot germanique et se l'incorporant par les armes, contre la volonté même des habitants, fait éclater aux yeux l'iniquité de ces prétendus principes et de la politique d'annexion forcée qu'ils ont inaugurée. Le célèbre droit historique, dont on a fait tant de bruit, sur lequel on a prétendu réédiôer le Saint-Empire germanique, n'est rien déplus que la systématisation sophistique du droit de la force.
Mais il va sans dire que les négations de Pi y MargalL à l'égard de la reconstitution violente et unitaire des races, n'attaquent point l'idée d'alliance spontanée et libre entre les peuples d'une même race. L'unification est un recul et un attentat à l'autonomie des nations :