OBJET DE LA LUTTE
des hostilités? et si la paix de Westphalie est à moitié religieuse, n'est-ce pas une preuve évidente que la guerre aussi était à moitié religieuse? S'il y a un élément religieux dans la guerre de Trente ans, tout change de face. La cause de la réforme est celle de la libre pensée, c'est la cause de la civilisation : nous ne connaissons pas de plus grands intérêts pour les nations. Que Gustave-Adolphe, en prenant en main la défense du protestantisme, ait été inspiré par l'ambition, soit; mais cette ambition était haute et sainte. La question religieuse se lie intimement à la question politique. Par cela seul que la maison d'Autriche était à la tête de la réaction catholique, elle était poussée fatalement h ambitionner la domination universelle, en ce sens du moins que son influence se serait étendue aussi loin que les conquêtes du catholicisme. Faut-il demander ce qui serait resté de liberté à l'Allemagne, si Ferdinand avait vaincu Gustave-Adolphe? La liberté de l'Allemagne n'était donc pas un vain mot, et Richelieu, en l'invoquant, quelles que fussent du reste ses arrière-pensées, n'était pas un fourbe qui trompe ses alliés comme ses ennemis. Le grand cardinal a été réellement le libérateur de l'Europe, car il a empêché l'empire exclusif du catholicisme, et par suite la monarchie de la maison d'Autriche qui s'en proclamait le champion.
Si c'est la liberté de penser, si c'est l'indépendance des nations qui étaient l'enjeu de la terrible lutte où tant de sang a été versé, où tant de provinces ont été ruinées, l'histoire, tout en maudissant les mauvaises passions des hommes, doit bénir la main de Dieu ; elle doit tirer cette grande leçon des maux de la guerre, c'est que les peuples font eux-mêmes leur destinée. S'ils ne marchent pas dans les voies de la Providence, Dieu intervient, et leur envoie un sauveur ; mais malheur à ceux qui ne savent pas se sauver euxmêmes! Le salut qui vient d'une main étrangère, est toujours un mal, parce qu'il amoindrit nécessairement ceux qui par faiblesse ont dû y avoir recours. Voilà le reproche que l'histoire doit faire aux princes protestants ; elle ne dira pas qu'ils étaient des niais ou des traîtres, pour avoir demandé ou accepté l'appui de l'étranger; elle les blâmera de n'avoir pas défendu leur foi et leur liberté par leurs propres forces et d'avoir rendu l'intervention de la Suède et de la France nécessaire. Dira-t-on qu'ils cherchaient à l'étranger la force qu'ils ne trouvaient pas en eux-mêmes ? Nous répondons
que celte impuissance leur est imputable, car elle est due à leurs malheureuses divisions, à leur inintelligence politique. Mais du moins le but qu'ils poursuivaient, quand ils furent à la suite de l'étranger, n'était pas la satisfaction de viles passions : il s'agissait des plus grands biens de l'homme, de la religion et de la liberté.
Il s'est fait depuis le xyu*" siècle une singulière révolution dans les idées politiques des Allemands; ce qu'alors ils appelaient leur liberté, est flétri aujourd'hui comme un crime. La paix de Munster consacra l'indépendance presque absolue des princes, aux dépens de l'autorité de l'empereur; il en résulta que l'unité nationale fut relâchée. De là une grande faiblesse, quand l'empire vint en collision avec une nation forte et invincible par son unité. Les Allemands se sont aperçus que leur patrie ne jouait pas dans le grand drame de l'histoire le rôle qu'elle pourrait y jouer, si ses forces, au lieu d'être divisées, étaient unies en un faisceau. Voilà pourquoi l'unité de l'Allemagne est devenue le vœu de tous ceux qui veulent lui rendre le rang auquel sa puissance lui donne droit. Rien de plus légitime; mais il y a un écueil dans ce patriotisme dont les historiens n'ont pas su se garder : il ne faut pas transporter dans le xvn« siècle les passions du XIX^ C'est ce que font les écrivains qui reprochent avec tant d'amertume aux princes protestants et même catholiques, de s'être laissé tromper par le doux mot de liberté, au nom de laquelle la France les armait contre l'empereur.
Ce n'est pas Richelieu qui a inventé la liberté allemande. Il n'y a pas de sentiment plus enraciné dans la race germanique que celui de l'individualité et de l'indépendance; il n'y en a pas (}ui soit plus étranger à son génie que celui de l'unité. Si c'est un mai, il ne date pas du xvn*' siècle, il est aussi ancien que l'Allemagne. La réforme, qui elle-même est une manifestation de cet esprit, donna une force nouvelle à la tendance qui porte les Allemands à se séparer, au lieu de s'unir. Est-il bien vrai que tout dans cette tendance doive être condamné? Ceux qui tiennent au protestantisme, ceux auxquels la liberté de penser est chère, doivent se féliciter de ce que l'Allemagne n'était pas parvenue à l'unité politique au xYi*" siècle : les réformateurs n'auraient pas trouvé d'appui chez un duc de Saxe ni chez un landgrave de Hesse ; ils auraient trouvé dans un empereur tout-puissant, chef politique du catholicisme,
LA MAISON d'aLTP.FCHE. 211
un ennemi mortel. Humainement parlant, l'on doit dire que la réforme eût été étouffée dans son berceau. Admirons les voies de Dieu. Tandis que partout ailleurs le pouvoir royal se concentrait de plus en plus en une seule main, l'empire d'Allemagne allait en se morcelant et se divisant; les papes contribuèrent à l'affaiblir, sans se douter qu'ils préparaient la voie à Luther : la division de l'Allemagne fut le salut du protestantisme. Les princes allemands avaient donc d'excellentes raisons pour tenir à leur liberté, et leur cause se confondait avec celle de l'humanité. Encore au xvn« siècle, si la maison d'Autriche était parvenue à détruire l'indépendance des princes, l'unité eût été la ruine de la réforme.
Sans doute, la liberté allemande a son revers. Déjà dans les longues négociations de Munster et d'Osnabri^ick, les princes à qui il restait quelque patriotisme, durent gémir de lavoir dominée, et pour ainsi dire insultée par l'étranger ; la Suède et la France démembrèrent l'empire au nom de la liberté allemande (1). Le démembrement est toujours un mal, et de plus un crime; mais il faut voira qui on doit l'imputer. Les princes protestants devaient tenir à leur liberté, puisque c'était une condition de salut pour le protestantisme ; mais ils ne surent pas défendre leur liberté, pas plus qu'ils ne surent défendre leur foi : de là la nécessité de l'intervention étrangère qui conduisit au morcellement de l'Allemagne. Mais du moins le mal ne fut pas sans compensation : la liberté religieuse fut consacrée par le même traité qui démembra l'empire; quant à la liberté politique reconnue aux princes, si elle affaiblit lempire, elle garantit aussi l'existence de la réforme et par suite la liberté de penser ; or la libre pensée n'est-elle pas la gloire éternelle de l'Allemagne? Cette gloire vaut bien celle que l'on recueille sur les champs de bataille.
^ 2. La maison d'Autriche.
Les protestants assemblés à Heilbronn, en 1633, écrivirent au roi de France : « Ce qui a été fait ces années passées dans les guerres de Mantoue et en Suisse, témoigne assez que le désir de
(1) Raumerj Geschichte Enropas seit dem XVten Jahrhundert, T. UI,p.fâ6,s.
domination de l'ennemi n'est point borné aux limites de son pays, mais que cette monarchie universelle si bien colorée, regarde aussi nos voisins et que cette maison (d'Autriche) veut en jeter les fondements sur les ruines de notre liberté, afin que s'en appuyant, elle puisse tant plus aisément renverser les autres royaumes et républiques. La France depuis quelques siècles a éprouvé où aboutissent les desseins de l'Espagne; ce qu'elle éprouverait encore aujourd'hui si l'ennemi nous avait subjugués(l). «Richelieu lança la même accusation contre la branche espagnole de la maison d'Autriche : « Qu'est-ce que les Espagnols ont fait autre chose depuis le traité de Vervins, que de s'agrandir aux dépens de leurs fidèles voisins, et, comme un feu toujours allumé, à qui la matière plus proche sert de passage pour arriver à celle qui est la plus éloignée, passer de province en province et se les assujettir l'une après l'autre, selon que chacune est plus voisine de la dernière occupée? Ils prétendaient faire le même de tous les États de l'Europe, et parvenir par ce moyen à la monarchie universelle de la chrétienté, qui est la seule borne de leur devise (2). »
La maison d'Autriche repoussa vivement une imputation qui servit de motif ou de prétexte à la coalition du roi très chrétien avec les princes protestants d'Allemagne, avec la Suède, et avec la république des Provinces-Unies. Dans un Avertissement aux ambassadeurs de France sur les lettres par eux écrites aux princes de Yempire, l'accusation de monarchie universelle est traitée « de rêverie qui ne peut sortir que de têtes creuses, et ne doit se débiter qu'à gens qui ont perdu toute raison. » « C'est, dit-on, par des moyens doux et modérés, comme les alliances, les héritages et la concorde domestique, que la maison d'Autriche est parvenue à cet état de grandeur où n'ont pu atteindre ses envieux par leurs turbulentes factions, et en mettant tout sens dessus dessous (3). » Les historiens allemands abondent dans ces idées : « Ferdinand II, disent-ils, pas plus que Philippe II, ne songeait à la monarchie. Esprit étroit, il ne montra de l'énergie que dans la réaction catholique, parce qu'il était persuadé que c'était la cause de Dieu. Mais
(1) Négociations de Feuquiùres, T. 1, p. 216.
(2) Mémoires an Richelieu , T. VIII, p. 213, 302, 3'J7.
(3) Aègociation.o secrètes louchant la paix de Mwnmer, T. I, p. 262.
LA MAISON d'aLTFUCHE. 215
on n'aperçoit pas chez lui cette vaste ambition qu'on lui suppose très gratuitement (1). »
Entre ces opinions contradictoires, les faits décideront. Que la branche aînée de la maison d'Autriche ait eu l'ambition de la domination universelle, l'on n'en saurait douter. Un écrivain espagnol, André de Mendoze, dans un livre dédié à Charles P"" d'Angleterre, quand il était encore prince de Galles, osa appeler Madrid la capitale du monde : « Elle l'est à plus juste titre, dit-il, que Rome ne l'était anciennement, d'autant que, par droit de nature et de succession, l'empire du monde est fondé en la personne du roi Philippe, puisque jamais le soleil ne couche sur l'étendue de ses seigneuries, ce qui ne pouvait se dire de l'empire romain, et. que les armes heureuses des Espagnols donnent la loi à la plupart de l'univers, en l'Italie, en l'Allemagne, voir en l'Afrique {2). » La politique de Philippe III fut en réalité tout aussi envahissante que celle de son père ; il ne cessa, malgré la paix de Vervins, de poursuivre ses intrigues en France, d'exciter et d'encourager les mécontents, de se liguer même avec les huguenots, pour détruire la monarchie de Henri IV, ou du moins pour l'affaiblir en la démembrant. Le lils de Philippe II n'abandonna pas ses prétentions sur l'Angleterre. Maître de l'Italie par la possession de Milan et |de Naples, il voulut relier ses immenses domaines en s'emparant de la Valteline ; il convoita même la Bohême et la Hongrie. Il considérait les rois d'Angleterre et de France comme des souverains] d'un rang inférieur. Ses ambassadeurs allaient jusqu'à soutenir^ qu'un aussi grand monarque que le roi d'Espagne ne pouvait être obligé par les traités, qu'il ne reconnaissait d'autres lois que sa modération et sa clémence (3). Quel que soit le contraste entre ces ^extravagantes prétentions et la faiblesse des princes qui siégeaient sur le trône d'Espagne, la cour ne moditla en rien, sous Philippe III, le ton d'arrogance qui était devenu de style dans les rapports avec les autres États : on dirait qu'à force d'orgueil, on voulait cacher au monde les plaies qui minaient l'empire de Charles-Quint. Peut-être aussi les Espagnols se fai-
(1/ A. Menzel, Geschichle der Dentschen, T. VU, p. -23i.
(2) Mer-cure fr-ançais de 1626 (T. XII, p. 732.
(3) Sismondi, Histoire de France, T. XXII, p. 419.
saient-ils illusion sur leur décadence. Le conseil de Caslille, tout en jetant un cri d'alarme sur la dépopulation de l'Espagne, conseilla à Philippe III de continuer la politique de ses ancêtres; il croyait qu'en ménageant bien ses ressources, le roi pouvait encore devenir le maître du monde. Ce maître du monde était un vrai crétin; c'est à grand'peine qu'il avait appris la grammaire et quelques lambeaux de saint Thomas : à cela se borna son développement intellectuel. Pour le moral, il resta toujours dans l'enfance; il n'eut pas même assez de volonté pour choisir une femme! Sa grande ambition était de faire consacrer par l'Église le dogme de l'immaculée conception (1) !
Ce bigotisme, qui nous semble si déplacé dans un roi, contribua, au xvii" siècle, ii maintenir le prestige de la grandeur espagnole. Le roi d'Espagne était toujours le roi catholique par excellence, le protecteur de l'Église et de tous les croyants. Richelieu dit que c'était politique et hypocrisie : « La religion n'est qu'un masque dont ils se couvrent le visage; avoir Dieu et la Vierge en la bouche, la religion en apparence, un chapelet en la main, et les seuls intérêts temporels au cœur, voilà la première maxime d'État de leur nation superbe (2). » Le témoignage du cardinal est suspect; comme lui-même ne se décidait jamais que par des considérations fl'État, il ne voulait voir partout que de la politique. Les rois d'Espagne donnèrent des preuves trop manifestes de leur fanatisme ]j0ur qu'on puisse le révoquer en doute. Quand on délibéra sur le sort des Morisques, on consulta le pape : Paul V et les cardinaux furent unanimement d'avis qu'il fallait extirper cette racine d'hérésie sans pitié ni miséricorde, parce que l'Écriture sainte nous dit que l'arbre qui ne produit pas de bons fruits, doit être coupé et jeté au feu (3). Le roi suivit ce funeste conseil, qui n'était certes pas dicté par l'intérêt politique. Dans la grande lutte du xvn'' siècle, l'Espagne se laissa également influencer par des motifs religieux; c'est un témoin oculaire et bien informé qui le dit. Au début de la guerre de Trente ans, la branche allemande de la maison d'Autriche était aux abois; Ferdinand réclama des secours à
(1) Ranke, Fiirsten und Vœlker von Siid-Enropa, T. I, p. 440, 131, ss.
(2) Mémoires de Richelim, T. II, p. 293, 383 ; T. IV, p. 143.
(3) Klievenhiller, Annales Ferdinandei, ad a. 1609 (T. VII, p. 253).
LA MAISON n'AUTRICHE. 215
Madrid. Son ambassadeur, le comte de Khevenhiller, se plaint amèrement de n'avoir trouvé chez les ministres de Philippe III qu'ignorance des affaires d'Allemagne ou mauvais vouloir; sans l'appui de la religion, il aurait échoué dans sa négociation : « Qu'est-ce que le roi a de commun avec l'empire? » lui disaient le duc d'Uzeda et le confesseur de Philippe qui gouvernaient la monarchie. Vainement l'envoyé autrichien insista-t-il auprès du confesseur, en invoquant les liens de parenté qui unissaient les deux branches de la maison d'Autriche; vainement lui montra-t-il que la religion était en cause : le confesseur resta inébranlable. Il fallut que le comte de Khevenhiller fît un appel direct aux sentiments religieux du roi, en lui déclarant qu'il serait responsable du salul éternel des milliefs de fidèles que la victoire des protestanis retiendrait dans l'hérésie. Alors Philippe III céda (1). En réalité, l'intérêt du catholicisme se confondait avec son ambition : la monarchie universelle dont les Espagnols étaient si fiers, comme s'ils étaient déjà les maîtres du monde, n'avait de raison d'être qu'en tant que les rois catholiques étaient les champions de l'Église universelle.
Il en était de même de la branche allemande de la maison d'Autriche. Avant l'avènement de Ferdinand, elle joua un rôle peu considérable dans le monde politique. Chefs électifs d'un empire à moitié protestant, liés par la paix de religion, les empereurs d'Allemagne ne pouvaient plus être les défenseurs de l'Église. Ferdinand II, plus convaincu, plus fanatique que ses prédécesseurs, reprit le rôle que le moyen âge assignait au saintempire romain. Richelieu accusa l'Autriche comme l'Espagne « de se couvrir de la religion pour enchanter les esprits de la chrétienté (2).» Le profond politique se trompait, ou il voulait tromper. Il avait intérêt à faire passer la guerre de Trente ans pour une guerre politique. Prince de l'Église, il devait ménager les passions catholiques, et ministre du roi très chrétien, il avait h lutter contre un parti puissant qui prenait en main la cause du catholicisme, et faisait un crime au cardinal de ses alliances protestantes, en l'accusant de soutenir la réforme. Il y avait ceci de
(1) Khevenhiller, Annales Ferdinandei, ad a. 1G19 J. IX, p. 7(32-706 ; T. X, p. 91).
(2) Mémoires du Richelieu, T. V, p. 117.
vrai dans ces accusations, c'est que les intérêts politiques et religieux de la maison d'Autriche étaient étroitement liés; atta- (luer ses prétentions à la monarchie universelle, c'était faire la guerre à l'Église, et partant favoriser les protestants. Mais aussi par suite de ce lien intime entre le catholicisme et-la monarchie universelle, il est certain que le prince qui se déclarait le champion de Rome, était poussé fatalement, d'une part, à ruiner le protestantisme, et, d'autre part, à étendre sa domination sur toute la chrétienté. Tel fut le rôle de Ferdinand (1). 11 ne lui manqua que la victoire pour réaliser l'ambition de Rome tout ensemble et celle de la maison d'Autriche.
Après la victoire de Prague, Ferdinand enleva au malheureux palatin la dignité électorale, pour la transporter au vainqueur, le duc de Bavière. Il est inutile d'insister sur l'illégalité de cet acte; les plus modérés des historiens allemands conviennent que c'était un coup d'État (2). Ainsi c'est l'empereur, le gardien de la constitution, qui la viola ! Le but politique qu'il poursuivait est évident, le but religieux ne l'est pas moins. En investissant le duc de Bavière de la dignité électorale, Ferdinand se l'attachait pour toujours, comme un complice est rivé à l'auteur du crime dont il profite. En même temps qu'il se fortifiait dans la lutte qui s'ouvrait, le chef de la maison d'Autriche assurait une prépondérance définitive au catholicisme, en lui donnant la majorité dans le collège des électeurs. Voilà pourquoi le pape poussa l'empereur à une mesure qui devait perpétuer la lutte ; de leur côté, les princes catholiques, justifiant le moyen par le but, applaudirent à un décret illégal qui leur promettait la victoire sur le protestantisme. L'édit de restitution fut le fruit de la victoire sur le roi de Danemark. 11 avait également un double caractère, religieux et politique. En favorisant le catholicisme, Ferdinand travaillait pour l'agrandissement de sa puissance. La sécularisation des biens ecclésiastiques au profit des princes protestants, augmentait l'influence d'un élément hostile à l'empereur. Ferdinand voulut re-
(1) Lui-même dit dans une lettre adressée à Fambassadeur d'Espagne: t La conservaziont et l'essaltazione délia nostra santa fede, e consequeme^Ue délia casa nostra. » {Meyer Louriorp, Snpplém., m, 69i.)
(2) Saalfeldj Allgemeine Geschichte der neuesten Zeil, T. I, p. 174.