‹ Les nations rivales dans l'artChapitre 13 sur 32 · LES £COLES OU NORU · texte numérisé non relu

LES £COLES OU NORU

famille. A côté, suit le cliien, la queue entre les jambes. Un sujet analogue a été traité fort habilement à Taquarelie par M. Sokoloff. La compositioD confirme ce que le tableau de M. PérofF nous avait ap; ris déjà, c'est que les enfants, en Russie, sont souvent cliargts de la cruelle mission de mainieoir ainsi le cercueil sur le traîneau funèbre. La scène de la Foir$ de Nijny-* Novogorod est piquante par l'étude des types, qui se rapprochent de ceux.de la race mongole. Ce tableau est de M. André Popoff. Je ne m*y suis arrêté d'ailleurs que pour celle révélation intéressante, et point ou peu pour les qualités d'exécution. Si du tableau de genre nous passons au paysage, nous ne voyons guère que deux . tableaux qui méritent de fixer un moment l'attention. L'un, de M. Meslchersky, représente une Soirée dl}iver en Finhànde. Le soleil couchant empourpre la cime des immenses banquises de glace dont la base plonge dans les profondeurs violettes qui s'étendent jusqu'à l'Iiorizon mystérieux. L'autre est de M. Ayvasowky, ce peintre étrange dont l'Exposiliou de 4855 consacra à Paris la réputation quMI s'était faite en Russie par Taudace avec laquelle il éclaire des feux rampants du soleil couchant les plaiues immenses et plates de la Crimée; c'est aussi f ne vue de Crimée qu'expose M. Ayvasuwky cette année, mais une vue des c'ôles. Il fait descendre du ciel transparent et d'un bleu sombre la lumière argentée de la lune, brisée et réfléchie en mille paillettes mouvantes par les flots courts et pressés de la mer Noire. Ce tableau est digne des œuvres précédentes que l'artiste russe nous avait montrées autrefois.

M. Alexandre Kotzebue fait un effort pour s'élever jusqu'à la peinture de genre historique; malheureuse*

156 LES ÉGOLES ÉTRANGÈRES

ment, sa BaiailU de Pultawa^ trop peu originale, ressemble à s'y méprendre aux peintures françaises du siècle dernier. Le portrait d'une vieille Lithuanienne, par M. Horawsky, est aussi une imitation flagrante, mais celte fois du patient Denner. Tout cela n'annonce point (et j'ai clioisi les meilleurs) un sentiment d'originalité bien profond chez les artistes russes* Le seul homme qui affirme une individualité un peu prononcée est M. Nicolas Swertclikoff. Cet artiste a plusieurs fois exposé en France; il y a même, si je ne me trompe, obtenu une récompense au Salon de 1863. Son effet de solt'il sur la neige dans le Retour de la chasse à Vours . avait frappé notre public par la nouveauté et en même temps par la justesse de Timpression. L'artiste a, cette année, élargi le champ de son ambition. Son tableau représente le tzar Alexis Mikliaïlowitcli passant ses troupes en revue le 17 février 1664. Le sujet est plus important, mais le résultat défînitif bien moins pittoresque. On s'arrête volontiers cependant devant celte peinture; elle ne manque point, en effet, d'une réelle habileté d'exécution, et en outre elle intéresse par le déploiement de faste, par la richesse des costumes militaires, par cette pompe byzantine qui donne une si tière et si somptueuse allure au cortège impérial. TouIct fois, nous devons y insister, Tartisle supérieur en M. Swertclikoff est le paysagiste. A ce nom joignons celui de l'aquarelliste Sokoloif, celui du peintre de genre Péroff, et nous aurons rappelé les trois individuaUtés un peu marquées de l'école russe contemporaine.

Dans les Écoles du Nord, comme en Belgique et en Angleterre, c'est la peinture de genrequi triomphe. Nouj^ verrous quelle est la tendance la plus accusée des écoles du Midii

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