‹ Les nations rivales dans l'artChapitre 16 sur 32 · PEINTURE RELIGIEUSE · texte numérisé non relu

PEINTURE RELIGIEUSE

tion : — S*il y a erreur, elle n'esl point du fait de nos artistes; n*en rendons pas non plus responsables les personnes qui leur confient des travaux en se réservant de les diriger. Les mœurs du clerû;é, en ce siècle, ont pris notamment en France, un caracicre de i];ravilé, de sévérité, de tenue qui if a pas été sans influer sensiblement sur les manifestations de l'art religieux. Nos prêtres, en cela, se conformant à leur mission, se préoccupent beaucoup plus de l'idée relii^ieuse que de l'idée esthétique. Ce ne sont plus de grands seigneurs revêtus de la pourpre romaine, familiers avec toutes les délicatesses et toutes les sensualités de l'homme de goût, qui président à la décoration de nos églises. L'œuvre d'art cède le pas désormais à la représetitation siniple, modeste, réservée, peu «voyante » en un mot, des sujets que les livres saints offrent à la méditation des lidèles. Aussi, dès que cette formule de l'art religieux tel qu'il convient aux exigences modernes fut trouvée, elle fut en quelque sorte rigoureusement imposée à tous les artistes. Le peintre à qui l'on doit celte formule est M. Ingres. CombiFiant la froideur savante de son premier maître David, la noblesse d'expression de Kaphaél, son second maître, avec la patience d'analyse qui lui était propre, il créa le type pour longtemps adopté du tableau religieux. L'œuvre modèle est au musée du Luxembourg, c'est le Jésus-Christ remettant les clefs du paradis à saint Pierre en présence des apôtres. Après Ingres, Hippolyte Flandrin a repris ce type et lui a imprimé le caractère délicat et mystique de son talent, mais sans le modifier sensiblement et en le consacrant, au contraire, en lui donnant une sorte d'autorité définitive. C'est pourquoi il me paraît impossible qu'un artiste puisse, dans la pein-

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ture des sujets sacrés, affirmer sa personnalité, pour peu qu'elle soit originale, sans mairquer à des convenances

aussi rigoureuses par le fait que relaient les lois hiératiques (le fart égyptien de la seconde période.

Le Salvador fittindi, de M. Michel Dumas ; là (7onversim intérieure^ le Jéeut^ souree de me^ la Sainte Communion^ de M. Michel; la Communion des Àpôires^ de M. Delaunay; toutes œuvres d*une exécution sérieuse , et dans cet ordre digne d*éloges, sont la confirmation éclatante de ce qui précède. Qu'y voit un mélange des formules de Fiandrin, de Ingres, arrangées avec un certain goût personnel, mais dénuées de vigueur propre et d*accettt original. C'est exactement la peinture qui convieut aux nécessités du culte catholique en ce moment.

Les tentatives intéressantes do MM. Jalabert et Brion

n'auront assurément aucun résultat. Je ne crois pas même que ces deux artistes y aient attaché une idée de rénovation. Le Christ marchant sur la mer, de M. Jalabert, le Jésus et Pierre sur les emx, de M. Brion, malgré l'intérêt qui s'attache à ces compositions, resteront toujours cependant et uniquement des tableaux de geore. L*efret cherché y est trop pittoresque. Ce n'est point mon avis que j*exprime ici, mais celui de la majorité; en ce qui me touche, je ne trouve point que le caractère religieux d*une peinture soit en rien diminué par la richesse de Teffet; il suffirait de se rappeler le Repas âlEmmaiks ou la Femme adultère^ de Rembrandt, et plus près de nous le Jésus endormi pendant la tempête, d*Ëugène Delacroix, pour s'assorer que la beauté esthétique de Vœuvre d'art, loin de rien enlever, ajoute encore à la beauté de Texpression religieuse. Mais tout le monde ne

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