CONCLUSION SUR LA PEINTURE FRANÇAISE
eut ses erreurs, ses excès; sans doute il fit souvetit de
l'audace h contre-sens et à contre-temps, mais il avait tenté un légitime effort, un retour à tout ce qui est le charme et Tatlrait de la peinture dans sa technique, effort resté sans imitateurs» et que prolongent seuls, ou à peu près seuls, les derniers représentants d'une époque évanouie, les Théodore Rousseau, les Paul Huet... et encore n'est-ce que dans un seul genre, le paysage. Quelques jeunes peintres cependant semblent revenir à cette méthode essentielle de Texécuiion vigoureuse qui ne recule point devant les richesses d'une facture solide, non plus que devant les intensités de l'eflbt et de la coloration. Mais la grande majorité de Técole française moderne a suivi trop fidèlement l'impulsion donnée après David par M. Ingres, et en même temps que M. Ingres, par le plus illustre de ses élèves, Hippolyte Flandrin.
Toutefois je n*hésite pas à revenir sur une assertion déjà émise un peu plus haut : la plupart de ceux qui subissent cette influence le font inconsciemment, ils ne sont point pour cela des peintres de style ou d'histoire ; ils en sont h raille lieues, pour employer une locution familière, et bien certainement ils ne croient point qu'il y ait d'assimilation possible entre leur peintlire et la peinture académique contemporaine. On ne peut se le dissimuler pourtant ni le taire, notre exposition, au milieu des autres écoles, avait un peu Tair, malgré ses hautes qualités, d'une exposition de gravures ou de dessins.
Quoique le palais du Champ de Mars soit désormais fermé, il est bien facile de contrôler la justesse de notre assertion à ce sujet par une épreuve décisive et concluante. Que le visiteur, en sortant du palais des Champs- Élysées, se dirige vers les galeries de peinture du Louvre.
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Dès son entrée dans la salle dite des « SeptChemiaées»i il sera étonné de l'impression de chaleur et de puissance que dégagent, par comparaison avec ceux du Salon anmely les tableaux de Gros, de Prudhon, — de Géricault, cela va de soi, — mais de Guérin et de David eux-mêmes. S*il poursuit sa visite un peu plus loin et qu il aille jns« qu'au Salon Carré de toutes les écoles, s'il pénètre dans la galerie des Sept Maitres, dans la graùde galerie des écoles d'Italie, de Flandre et de Hollande, il éprouvera la même sensation qu'un voyageur transporté en une nuit du Dord au midi de la France, la sensation immédiate d'un tout autre climat; la peinture à ses yeux aura pour ainsi dire changé d'objet en changeant d'aspect, ou plutôt il verra ce que c'est que la peinture proprement dite, la peinture franchement, solidement exécutée, mise en œuvre avec toutes ses ressources, toutes ses magies, toutes ses séductions. — Nous abaissons d*un ton chaque année le diapason normal de la couleur. Le gris nous submerge; si 1 on n'y prend garde, nous finirons par nous enliser dans le gris.
C'est là eu ce moment le sujet de notre plus vive inquiétude.
Mais déjà quelques jeunes artistes ont vu le danger.
Et la réaction commence, trop violente, comme toujours, et parfois insuffisante en ses moyens. Peu importe 1 Dès que le mal est reconnu, il est à peu près conjuré.
Je ne voudrais point terminer par une critique celte étude sur l'école française. Notre réserve étant faite, ïious préférons constater en cette dernière page que la situation générale est bonne et de nature à nous rassurer pleinement contre les assertions des esprits chagrins. Il n'en manque point qui, de bonue foi, proclament la dé-