LES ÉCOLES DU NORD
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et dures» aux petites sentimentalités fluides et molles que nous arons étudiées jusqu'ici ! Il suffit de citer le motif dominant : M. Henneberg seul conserve un r:aractèro germaDique très-net parmi ses rivaux, il ne se laisse pas entamer par Fesprit d*anecdote, et loin d*y rien perdre, il } gagne en énergique personnalité.
Cette galerie prussienne est tou| entière occupée par des tableaux qui nous sont familiers. On y aura revu ceux de M. Brendel , de Berlin , qui est en réalité de Barbison. Au moins, s'il a quitté Berliu pour Fontainebleau» M. Brendel n*a«-t-il point traversé nos- bouleyards ; il ne s'est point civilisé : peintre d'animaux et fort remarquable, il vil en intimité constante avec ses modèles. Son intérieur de Bergerie ^ ses ifotftons quittant l'étable , sont vraiment des cheb-d'œuvre de réalité, de variété et d'expression. Nous rencontrons également dans les galeries prussiennes MM. André et Oswald Acheabacb. Celui-ci expose un de ces beaux paysages aux masures pittoresques, qu'il nous rapporte aunueilement d'Italie; l'autre, M. André Acbenbach» une vue d'Amsterdam d'une puissance et d'une vigueur de coloration extraordinaires. M. Schenck est aussi de nos familiers, ainsi que M. Georges Saal, du grand-duché de Bade. On sait que le premier excelle à peindre ces forts moutons aux longues laines qui paissent sur les licUits plateaux des montagnes d* Auvergne, et que rautre rend à merveille la mystérieuse magie des grandes nuits éclairées par la lune dans les carrefours humides de noire majestueuse forêt de Fontainebleau.
M. Ëuûie Uuolen est un peintre de genre militaire. Ses Auaques des relranehmenU de Duppell par les régiments prussiens sont enlevés avec une verve qui se
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souvient des leçons ou plutôt des exemples d'Horace Vcrnct.
En Prusse et dnns les États de l'Allemagne du Nord, nous n'avons à constater que bien peu d'eflbrts dans le sens de la peinture Iiistoricpie; disons que cette réserve nous parait très-juslifiée par le peu de succès de ceux (pii s'y essayent. M. Magnus, auteur d'un Orphée ramenant Eurydice à la himièrCy n'a réussi (ju'à démontrer clairement combien le génie grec est antipalliiipie au génie tudesque.
La tentative de M. Menzcl est beaucoup plus raisonnable, et, ])ar le fait, beaucoup mieux légitimée; il a peint Frédéric le Grand dans la nuit de Hoclikirch, le 15 octobre 1758. L'œuvre manque de variété dans la ' coloration, mais il y a des qualités vraiment remanpiables d'exécution, et surtout, point essentiel pour un tableau d'histoire, une grande vraisemblance historique. Toutes les ligures qui entourent Frédéric ont une va'eur de portrait. Quant au héros, son type bien connu est étmlié et rendu avec une précision qui prouve combien l'artiste s'est familiarisé avec son modèle. On sait en ciïet que L. Menzel a illustré avec beaucoup d'animation et de caractère une histoire de Frédéric.
Dans le Dépari de la conventualilé du cloître d'Alpirsbarh, tableau de M. Hœberlin, de Sluttgard, l'expression des divers personnages et notamment des soudards est poussée jusqu'à la grimace et un peu forcée; la coloration de l'œuvre est lourde; mais en somme la composition est claire, d'im beau mouvement et d'un sentiment plus élevé (pie dans la plupart des autres peintures de rAllem;igne du Nord.
Eu Autriche, il n'y a qu'un seul grand tableau de