‹ Les naufragés de l'île de BornéoChapitre 12 sur 30 · L ADROIT GRIMPEUR · texte numérisé non relu

L ADROIT GRIMPEUR

remarqué, dans leurs excursions le long de la côte, aucune empreinte qui indiquât le passage de ces animaux.

S’ils avaient rencontré un rhinocéros, ils auraient eu sans doute beaucoup de difficulté à le convertir en grillades. Le rhinocéros, comme on sait, est de la grosseur d’un éléphant de petite taille; en outre', son corps est protégé par un cuir épais renforcé partout de nodosités et de bosses comme celles d’un bouclier du moyen âge, ce qui donne à l’animal l’air d’être complètement revêtu d’une ancienne armure. Le tapir de ces îles ne succombe pas non plus facilement sous l’effort de ses assaillants, car il est plus grand et plus fort que le tapir de l’Amérique du sud.

On trouve encore à Bornéo deux espèces de daims. L’un, le rusa , est un très-grand et trèsbel animal.

Le capitaine Redwood avait donc chance de rencontrer un animal appartenant à l’une ou à l’autre de ces diverses espèces. Dans cet espoir, il continuait à faire de courtes mais fréquentes excursions dans la forêt. Pour ccs

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expéditions, il était toujours muni de sa carabine. Murtagh l’accompagnait armé du fusil, et Henri lui-même se joignait quelquefois à eux. Hélas, ils avaient beau ouvrir les yeux; non-seulement ils revenaient toujours les mains vides, mais ils n’avaient même rien vu qui leur donnât le moindre espoir d’atteindre enfin à la venaison désirée.

La chasse que Saloo faisait de son côté aux œufs et aux coquillages n’avait pas plus de succès. Il ne restait plus évidemment sur cette partie de la côte aucun nid de mégapodes, aucune huître de Singapour ni autres coquillages comestibles.

On n’aperçut même plus d’oiseaux fouisseurs, pas même ceux dont les nids avaient été dépouillés de leur contenu. Les mégapodes n’ont pas l’habitude de retourner à leurs œufs après les avoir enfouis sous le sable chaud pour y être couvés par les rayons du soleil. Les petits se frayent un chemin hors du nid en grattant dans le sable qui les recouvre, prenant soin d’eux-mêmes dès leur naissance et même plus tôt, car on ne peut guère dire

l’adroit grimpeur.

qu’ils soient nés avant d’être sortis de la coquille, et s’ils ne cassaient pas eux-mêmes cette coquille, ils courraient grand risque de ne jamais voir la lumière du jour. Quels oiseaux précoces ! Il n’y en a nulle part qu’on puisse comparer sous ce rapport aux mégapodes de la Malaisie. Les naufragés se virent donc de nouveau dans la nécessité d’avoir recours aux durions.

Les fruits fournissent un aliment agréable, mais peu fortifiant; et encore n’était- il pas absolument facile de s’en procurer. Le peu qu’on en avait trouvé sur des arbres auxquels Saloo avait pu grimper était épuisé. Le grand * arbre sous lequel on avait campé précédemment en présentait seul une récolte abondante; mais sa tige, haute de près de cent pieds et recouverte d’une écorce lisse comme celle du syeomore, semblait défier le plus habile grimpeur. Henri n’avait jamais pu s’y élever à plus d’une dizaine de pieds, quoiqu’il efit maintes fois grimpé à des peupliers d’Italie d’une hauteur presque égaie. Ce n’était, bien entendu, qu’en l’absence de son père qu’il s’était livré

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à ces tentatives imprudentes et dont il avait bientôt reconnu l’inutilité.

Le capitaine avait abattu quelques fruits avec ses balles couplées r mais dans les circonstances où l’on se trouvait, il ne lui paraissait pas sage de dépenser toutes ses munitions pour cueillir des fruits. Cependant, il fallait, sous peine de jeûner, trouver moyen d’avoir à discrétion les inexpugnables durions.

Le Malais vint, encore une fois, au secours de ses compagnons.

Heureusement pour tout le monde, Saloo était né à Sumatra et avait été élevé dans des forêts semblables à celles de Bornéo. Il connaissait toutes les essences forestières coin- .

munes aux deux îles, et de tous les hommes de l’équipage du vaisseau naufragé, il n’en était certes pas un dont les services eussent pu remplacer ceux du pilote auprès du capitaine et de sa petite troupe dans les parages où les hasards de la mer les avaient jetés. Les compagnons de Saloo avaient reconnu à l’épreuve combien sa connaissance des produits du pays leur était avantageuse; ils le eonsul-

l’adroit orimpeur.

taient à chaque difficulté qui se présentait et ils commençaient à le croire capable de mener à bonne fin les entreprises les plus difficiles.

Malgré cela, leur étonnement ne fut pas mince lorsqu’il leur affirma qu’il grimperait au sommet du grand durion. Murtagh nia même carrément la possibilité de la chose.

« L’ami Saloo se moque de nous, dit-il; c’est tout ce qu’un écureuil pourrait faire que de monter à ce tronc si haut; avec cela pas plus d’aspérités que sur le flanc d’un navire doublé de cuivre; rien pour s’accrocher après, il n’y a pas moyen. Si nous comptons sur les promesses de Saloo pour notre souper, je crois que nous pouvons nous serrer les flancs.

— Moi, dit Hélène, je ne comprends pas plus que vous, Murtagh, comment il est possible de grimper à cet arbre, mais, puisque Saloo dit qu’il le fera, je suis persuadée qu’il en viendra à bout.

— Ne l’espérez pas, miss. Voyez-vous, Saloo ne rit jamais; mais cela ne l’empêche pas de s’amuser souvent aux dépens des autres. Je m'en suis aperçu. Par exemple* e ne trouve

pas qu’ici le moment soit bien choisi pour plaisanter.

— Je ne plaisante pas, monsieur Murtagh, reprit le Malais ; je grimperai à l’arbre et trèsbien, et vous m’y aiderez vous-même. — Vous allez voir.

— Oh ! soyez tranquille, je vous aiderai tant que vous voudrez; vous ne réussirez pas, j’en suis trop certain malheureusement, mais je ne veux pas que vous puissiez dire après que c’est de ma faute. Voyons, que faut-il faire? »

Saloo, sans rien répondre, prit une petite hache qu’on avait apportée du bateau et s’en alla vers un bouquet de bambous qui poussait près de l’endroit où l’on avait établi le campement.

Là il coupa cinq ou six des plus fortes tiges, dont quelques-unes avaient plusieurs pouces de diamètre; il dit ensuite à Murtagh de les traîner auprès du durion. Cette besogne faite, le Malais retourna vers l’endroit où il les avait fait porter et se mit à les tailler en morceaux de dix-huit pouces de longueur. En

l’adroit grimpeur.

sa qualité de charpentier, Murtagh était on ne peut plus apte à seconder Saloo dans cette opération. La terre autour d’eux fut bientôt jonchée de ces bambous coupés. Chaque morceau fut alors fendu en deux et taillé en pointe par l’un des bouts comme les piquets que l’on enfonce dans le sol. Mais ce n’était pas à cela que Saloo les destinait, ainsi qu’on le verra tout à l’heure. Pendant que Murtagh continuait doublement à fendre et à aiguiser tous les bambous, le Malais était retourné dans le bois; il en revint avec une brassée de menues choses assez semblables à des ficelles grossières. A leur couleur verte, à leurs bouts fraîchement coupés et d’où s’échappait la sève, on reconnaissait ces sortes de cordages pour des fragments d’une de ces plantes grimpantes et parasites qui encombrent les forêts de Bornéo aussi bien que celles des autres régions tropicales, et qui rendent dans ces climats la profession de cordier complètement superflue.

Saloo jeta son paquet de lianes à terre; puis il prit un des piquets pointus et l’enfonça dans l’aubier tendre du durion, un peu au-dessus

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de sa tête. Il se servit pour le consolider de .sa hache qui était très-légère et avait une tête plate comme celle d’un marteau.

Cela fait, le Malais saisissant à deux mains le piquet, s’y suspendit pour s’assurer qu’il pouvait supporter le poids de son corps sans céder. L’épreuve s’étant trouvée parfaitement satisfaisante, Saloo retourna dans le bois où il coupa de nouveaux bambous presque aussi hauts que les premiers, mais plus minces, qu’il traîna jusqu’au durion. Tout d’abord, il en choisit un qu’il dressa debout, parallèlement au tronc de l’arbre de façon à ce qu’il vînt s’appuyer sur l’extrémité extérieure du piquet fixé comme nous l’avons dit, et au bout duquel le Malais avait pratiqué une ou deux entailles pour y assujettir la perche de bambou. 11 s’occupa ensuite de préparer plusieurs bouts de la ficelle végétale, l’un desquels lui servit à attacher le bambou au piquet par un de ces nœuds savants et compliqués que les matelots et les sauvages savent seuls confectionner.

Le capitaine Rcdwood et son charpentier

l’adroit grimpeur.

commencèrent à comprendre le dessein du Malais, et le concours qu’ils lui prêtèrent n’en devint que plus actif. Les deux enfants s’y étaient mis aussi, tendant à Murtagh les morceaux de bambou à mesure qu’il en avait besoin et les rangeant en tas quand ils étaient préparés. Sans se rendre compte de l’utilité do ce travail, ils s’y intéressaient et s’en amusaient.

Dès que la pièce verticale fut solidement attachée par en haut à la pièce horizontale, et pour plus de sécurité fixée en terre par sa base, Saloo se disposa à commencer son ascension. 11 emportait quelques piquets et un paquet de lianes à sa ceinture. Murtagh lui fit la courte-écbelle, en un instant le Malais fut debout sur le premier échelon. Alors, il planta dans le tronc de l’arbre un second piquet, un peu moins éloigné du premier que celui-ci ne l’était du sol, et l’attacha à la perche perpendiculaire avec un bout de liane. Le second échelon étant fait, Saloo s’y hissa avec l’agilité d’un singe et sans aucun secours étranger.

Il posa de la même manière un troisième

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échelon, pui8 un quatrième, un cinquième et ainsi de suite jusqua ce que les piquets et la ficelle lui manquant, il dut redescendre pour s’en pourvoir de nouveau. Il remonta ensuite et continua à élever de proche en proche ses singuliers « haubans. »

Le moment arriva où la perche lui manqua , à son tour. Elle n’était haute que de cinquante pieds environ et ne pouvait par conséquent, sans une rallonge, atteindre aux branches inférieures du durion. 11 était donc nécessaire d’ajouter une seconde tige de bambou à la première au moyen d’une épissure. :

Saloo ne fut pas obligé pour cela de descendre, Murtagh put lui lever une perche à bout de bras, assez haut pour qu’elle arrivât à la portée de la main du Malais. Celui-ci, après avoir lié solidement les deux perches ensemble, continua à poser les piquets qui devaient compléter le nombre d’échelons dont il avait .

besoin.

Dans un espace de temps qui n’excéda pas vinet minutes, Saloo eut atteint à dix ou douze pieds environ des basses branches du durion,

l'adroit grimpeur.

c’est-à-dire à une hauteur telle que ceux qui étaient restés en bas se sentaient pris de vertige en le regardant. C’était en vérité une chose étrange et effrayante de voir cet homme petit et mince et qui, en raison de la distance, paraissait encore plus mince et plus petit, suspendu ainsi à plus de soixante-dix pieds en l’air. Ce qui augmentait encore linquiétude des spectateurs, c’était le peu de solidité dont paraissait être l’escalier léger où le hardi grimpeur s’était aventuré et que faisait osciller chacun de ses mouvements. Ils s’attendaient à tout instant à voir un des piquets se rompre ou se détacher, et leur camarade, précipité de cette formidable hauteur, venir se briser sur le sol.

C’était absolument comme lorsque, dans une ville manufacturière, quelque ouvrier eou- - ragcux, — un briqueteur ou un charpentier, — monte au sommet d’une haute cheminée d’usine pour réparer quelque fente déterminée par la chaleur du feu ou de la foudre. Toute la population de l’endroit se presse dans la rue pour assister à l’étrange spectacle et admirer

l’intrépide ouvrier tout en tremblant du danger qu’il couit.

Ainsi la petite troupe restait immobile devant le haut durion, suivant des yeux, avec angoisse l’ascension du Malais.

Celui-ci était parvenu, comme, nous 1 avons dit, à environ dix ou douze pieds des basses branches de l’arbre. Il continuait son ascension, enfonçant ses piquets à mesure et les attachant à la perche de bambou, lorsqu’on le vit tressaillir et suspendre brusquement son travail. En même temps il poussa une exclamation d’une voix contenue et qui parut empreinte d’un certain accent d’alarme.

Tous regardèrent en l’air avec crainte et s’éloignèrent en hâte de l’arbre, se demandant si leur malheureux compagnon n’allait pas leur tomber sur la tête.

Mais non, toujours droit sur le dernier échelon posé, il se tenait ferme et tranquille et ne paraissait nullement pris de vertige. La hache d’une main et l’autre appuyée légèrement sur la perche de bambou , au lieu de regarder en bas comme ayant crainte ou envie

l’adroit grimpeur.

de descendre, il restait la tête levée, les yeux tournés vers quelque objet placé directement au-dessus de lui.

Cet objet qu’il examinait si attentivement ne semblait pas devoir être placé dans les branches mais bien sur le tronc mêm e de l’arbre.

Après l’intervalle de silence qui succéda à la première exclamation du Malais, on entendit un son sibilant semblable au sifflement courroucé d’une oie lorsqu’elle voit un intrus s’introduire dans l'enceinte sacrée de la bassecour.

Le tronc lisse du durion agissant comme conducteur, amena ce bruit jusqu’aux spectateurs qui l’attribuèrent tout d’abord à une créature beaucoup moins innocente que l’oiseau du Capitole.

« Un serpent! » s’écria le charpentier, pendant que la même pensée saisissait â la fois tous les esprits.

11 était en effet difficile d’imaginer qu'un tel sifflement pût provenir d’aucun être vivait autre que le serpent.

Le capitaine héla le pilote.

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« Qu’y a-t-il, Saloo? Avez- vous rencontré un danger?

— Un danger, non , capitaine, mais une fameuse chance î »

Telle fut la réponse peu claire, mais pourtant rassurante qui vint rendre le calme aux esprits alarmés.

« Comment, une fameuse chance? cria M. Redwood, assez intrigué de savoir quelle si bonne fortune pouvait s’offrir à eux instantanément sur ce tronc d’arbre où rien de nouveau n’apparaissait.

— Vous allez voir, » répliqua le Malais en tirant de sa ceinture un nouveau piquet et reprenant son œuvre de construction.

Dans l’intervalle des coups retentissants frappés avec la tête de la hache sur l’extrémité plane des échelons, le capitaine, Henri et Murtagh entendirent encore plusieurs fois le sifflement qu’ils avaient pris pour celui d’un serpent, et dont ils auraient gardé la même opinion, s’il ne s’y était mêlé de rauques croassements émanés évidemment de la même source.

l’adroit grimpeur.

Tout en regardant Saloo travailler, ils finirent par apercevoir quelque chose qui remuait sur le tronc de l’arbre, à environ un pied au-dessus du visage du Malais. Ce quelque chose était d’une couleur blanchâtre, d’une forme grêle et en pointe, un peu comme les piquets de bambous que Saloo plantait dans l’arbre avec tant d’ardeur.

Cet objet singulier, tantôt visible et tantôt invisible, devait avoir sa retraite dans le tronc du durion d’où il sortait et où il rentrait tour à tour.

Il était clair aussi que de cette chose aiguë et bougeante, bête, oiseau ou reptile, provenaient et les sifflements et les croassements que n’avaient pu tout d’abord s’expliquer les assistants.

« Qu’est-ce que c’est donc? demanda de nouveau le capitaine, non plus anxieux ni alarmé , mais curieux d’apprendre quelle étrange créature faisait là son habitation.

— Un oiseau, capitaine, un gros oiseau.

— Oh ! un oiseau, et quel oiseau?

— Une hornbill, capitaine, une vieille

hornbill; elle a son nid dans l’arbre; elle couve, et le vieux mâle l'a murée dans son nid avec de la boue.

— Il s’agit d’un toucan, dit le capitaine à ses enfants et au charpentier, à qui le mot de hornbill n’apprenait rien; vous savez ce que je veux dire?

— Ah! dit Henri, ce gros oiseau qui a l’air d’avoir deux becs l’un au-dessus de l’autre.

— Précisément.

— Oh! alors il n’y a pas à s’inquiéter; c’est tout simplement un rôti qui nous arrive. Tu entends, Hélène?

— Oui, répondit celle-ci, mais je voudrais bien tout de même voir Saloo redescendre. »

En examinant plus attentivement l’endroit où le bec pointu ne cessait de paraître et de disparaître, les naufragés distinguèrent sur l’écorce une sorte de plaque peu saillante, d’une forme ronde assez irrégulière et couleur de boue desséchée.

A peine avaient-ils eu Je temps de faire ces observations, que Saloo, ayant planté un nouveau piquet qui lui permettait d’atteindre

l’adroit grimpeur.

assez haut, tourna Je tranchant de sa cognée vers le tronc du durion, et se mit à piocher la boue qui tomba en miettes au pied de l'arbre.

Il ne lui fallut que quelques instants pour pratiquer dans le nid ainsi barricadé une brèche qui lui permît d’y passer aussi sa main. Il enfonça son bras jusqu’au coude dans l’ouverture et serra hardiment ses doigts autour du cou de la vieille hornbill, suivant sa manière de prononcer le mot toucan.

L’enlever du trou qui lui servait à la fois de nid et de prison, mettre fin par une énergique pression aux efforts désespérés qu’elle faisait pour se défendre, et la lancer inerte et sans vie aux pieds de ses compagnons, tout cela, pour le Malais, malgré les difficultés de sa position, ne fut pas l’affaire de plus de cinq minutes.

Avant de descendre, il introduisit de nouveau sa main dans le nid pour voir s’il n’y trouvait pas des œufs.

Cette espérance fut, jusqu’à un certain point, déçue : il n’y avait dans le nid qu’un petit.

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un seul, tout frais éclos, à peu près de la grosseur d’un pigeon et gras comme un ortolan. — Bien différent de la progéniture du mégapode qui couvée par le sable chaud éclôt en pleine plume, le jeune toucan n’avait pas même le plus léger duvet sur sa peau d’un vert jaunâtre.

Saloo l’eut bientôt envoyé à terre rejoindre sa mère. L’addition n’était pas très-considérable, du moins comme volume; mais, dans la pénurie à laquelle on se trouvait réduit, il n’y avait rien à dédaigner.

Cela fait, le Malais se mit tranquillement à descendre.

Comme on n’avait plus besoin des durions pour dîner, au moins ce jour-là, il jugea à propos, pour ne pas se fatiguer inutilement, d’interrompre la construction de son échelle, qu’il pouvait achever à loisir le lendemain ou plus tard, suivant qu’il serait nécessaire.

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