LE CAPITAINE ET SALOO A LA RECHERCHE
d’hélène.
Est-elle vivante? — Il vaut mieux être deux qu’un.
— Départ des nageurs. — Ils attendent et ils veillent.
— Les bas-fonds. — Ils approchent. — Un îlot. —
Le domicile du gorille.
Reprenant son énergie momentanément abattue, le capitaine s’avança vers le lac pour en mesurer la profondeur, et voir s’il était guéable.
Il reconnut bientôt qu’il était impossible de le traverser à pied. A moins de dix pas de la berge, on avait déjà de l’eau jusqu’à la
286 LES NAUFRAGÉS DE L’iLE DE BORNÉO.
ceinture, et à partir de cet endroit, la profondeur augmentait plus rapidement encore. Un pas de plus, le capitaine aurait eu de l’eau jusqu’aux épaules, et le fond continuait à s’abaisser.
Le lac était évidemment infranchissable. .
Le capitaine revint sur ses pas, mais sans cependant remonter sur la rive. Il regardait vers le milieu du lac, d’où semblaient partir les cris discordants qui, bien que moins forts et moins variés qu’auparavant, ne paraissaient pas s’être éloignés. Les créatures, quelles qu’elles fussent, qui poussaient ces cris étranges, restaient stationnaires, soit sur les arbres, soit sur le sol. Le bruit ne semblait pas venir de bien haut, mais ce pouvait être une illusion d’acoustique produite par le voisinage de- l’eau. L’une des voix avait une singulière ressemblance avec celle d’un enfant, mais ce n’était pas la voix d’Hélène, c’était plutôt le vagissement d’un nouveau-né. A son accent plaintif, Saloo reconuut le cri d’un jeune orang-outang. C’était une preuve que sa conjecture était juste et que le mias venait