ET SES SEPT FRÈRES CANADIENS
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Du temps que Louis de Buade, comte de Trontenac, gouvernait glorieusement la Nouvelle-Fi'ance, huit frères canadiens, originaires de Rouen eii Normandie, s'illustraient à l'envi Tun de l'autre, et, tantôt sûr teiTe, tantôt sur. mer, également propres à combattre et à vaincre sur ces deux éléments, toujoui*s dispos, toujours braves, toujours actifs et entreprenants, toujours enflammé? par l'honneur national; rendaient au pays des services d'autant plus nobles, d'autant. plus généreux, que, se passant continuellement bien loin de l'œil de la cour, ils n'avaient aucune chance d'obtenir les grandes récompenses qu'ils méritaient, et ne les obtinrent pas à beaucoup près en eflet. Ces huit frères, que l'on peut appeler huit héros, avaient nom : Le Moyne d'Iberville, Lé Moyûe de Sainte-Hélène, Le Moyne de Maricourt, Le Moyne de Longueil, Le Moyne de Sérigny, Le Moyne de Châteauguay, et les deux Le Moyne de Bienville! Le premier fut l'un des plus grands marins à la fois et l'un des plus habiles navigateurs que la France ait jamais eus. La compagnie qui s'était naguère formée pour la baie d'Hudson, ayant réclamé auprès de Louis XIV contre Tusurpation par les Anglais du fort Bourbon, nommé par eux.
fort Nelson, un arrêt du conseil, en date du 20 mai 1685, lui donna la propriété de la rivière de Sainte-Thérèse; et aussitôt une expédition fut commandée par le marquis d'Énonville, gouverneur général de la Nouvelle-France, en l'absence de Frontenac, pour en expulser les Anglais, pendant la paix si glorieuse mais si troublée de Nimègue. D'Iberville, Sainte-Hélène et Marîcourt partirent l'année suivante, avec le chevalier de Troyes, capitaine d'infanterie à Québec, chef de l'expédition, poiur faire la conquête des forts de Monsipi, Rupeit et Kichichouanne, que les Anglais avaient construits sur la baie. Ils firent route de Montréal, au mois de mars 1685, par les terres, les lacs et les rivières, avec leur troupe, traînant leurs canots avec leurs vivres, souvent à travers bois, souvent dans les marais et toujours par des chemins difficiles et non frayés. Ils allèrent ainsi jusqu'au 20 juin, supportant avec une force de cœur et de tempérament dont étaient seuls capables des Canadiens, d'incroyables fatigues, des privations et des soufiî'ances de toutes sortes, et ils arrivèrent^ suivis de quatre-vingt-deux hommes près de Monsipi, tout au fond de la baie d'Hudson, dans cette paitie à laquelle on a donne depuis le nom de baie Saint-James. Sans perdre un instant^ toutes les dispositions ftirent prises pour l'attaque du fort qui » situé à trente pas du bord d'une rivière, sur une petite éminence» était de figure carrée, relevé de palissades de dix-sept à dix-huit pieds, et flanqué de quatre bastions revêtus en dedans de madriers^ avec une terrasse d'un pied d'épaisseur. Un détachement fut fait pour garder les canots. On ^nmena seulement deux de ceux-ci, chargés de madriers, piques, pioches, pelles, gabions, et d'un bélier. D'Iberville et Sainte-Hélène attaquèrent d'un côté, pendant que le chevalier de Troyes et Maricourt attaquaient de l'autre, et faisaient battre la porte principale du fort avec le bélier. Suivis de cinq ou six hommes, ils escaladèrent la palissade, ouvrirent une porte qui donnait sur les bois> et gagnèrent^ pour la briser^ celle d'une redoute constioiite au milieu de la place. Dans le même temps, le bélier enfonça la porte principale du fort; le
chevalier de Troyes se jeta dans le corps de la place» et fit faire feu dans toutes les embrasures et les meurtrières de la redoute» qu'attaquaient déjà d'Iberville et Sainte-Hélène. Un Anglais ayant répondu avec témérité aux propositions de quartier qu'on lui faîsait» Sainte-Hélène lui cassa la tête d'un coup de fusil» au moment où il pointait une pièce de canon sur les Français. Bientôt le bélier fut ap{Mt>ché de la porte de la redoute» et k démonta à demi. Soudain d'iberville, lepée d'une main et son fusil de Tautre» se jette dans la redoute ; mais» comme la porte tenait encore à une penture» im Anglais qui se trouvait derrière» la referma» et d'IberviUe» séparé ainsi des «iens» ne voyant plus ni ciel ni terre» put se (»>oii^ un mcMnait perdu. Toutefois son courage ni sa (Hnésence d'esprit ne l'abandonnèrent point ; il soutint une lutte corps à corps» dans l'obscurité» avec les Anglais qui étaient là. Il en entendit qui descendaient d'un escalier» et tira dessus au hasard. Cependant^ le bélier avait recommencé à battre la porte de la redoute ; elle tomba entièrement» et livra passage aux Français qui se préci-» pitèrent en foule au secours de d'IberviUe. Les Anglais» la plu-^ part encore à demi velus» tant on avait promptement conduit laffaire» implorèrent quartier» et on le leur accorda. Le fort fut remis aux Français.
Les vainqueurs se dirigèrent ensuite le long de lA mer, vei'S le fort Rupert» situé à quarante lieues de là. Une chaloupe» construite exprès» rangeait la c^te» emmenant deux pièces de canon prises au fort Monsipi. Après cinq jours de marche» on an-iva de nuit, le l*"" juillet» devant le fort Rupert, dont Sainte-Hélène fit aussitôt la reconnaissance à travers l'obscurité. Un bâtiment de guerre était là disposé à soutenir les Anglais. D'IberviUe et son frère Maricouil» avec neuf hommes montés sur deux canots d'éoorce» furent chargé de l'enlever. Les ennemis n'étant pas pi-évenus» et» ne se doutant de rien» ils rangèrent le vaisseau à petites rames» le suiprirent» et trouvèrent un Anglais enveloppé dans une couverture sur le pont» qui» en s'éveillant» voulut se mettre sur la défensive et sonna l'alarme; l'âme lui fut
arrachëc avec le premier mouvement qu'il fit pour s*écriep et s'armer, d'iberville frappa lui-même du pied sur le pont, comme c'est l'usage, pour réveiller ceux qui sont au dessous, et leur donner l'alerte. Le premier qui se montra au dessus de l'échelle, pour voir de quoi il s'agissait, eut la tête fendue d'un coup de sabre; un autre, qui avait paru à l'avant, périt de même. D'Iberville força la chambre à coups de hache, et fit main-basse partout. A la fin pourtant , s'étant assuré qu'on ne serait plus en forC6 pour lui reprendre le bâtiment dont il venait de se rendre maître, il donna quartier. Le gouverneur général de la baie d'Hudson se trouva au nombre des prisonniers. Pendant ce temps, le chevalier de Troyes enfonçait la porte du fort et entrait avec les siens dans la place, l'épée à la main. Des grenades furent jetées, qui , en éclatant , firent de grands ravages et occasionnèrent le plus aflreux désordre parmi les assiégés. Une redoute qui se trouvait, comme à Monsipi, au milieu de la place, après avoir été battue par le bélier etpar le canon, allait sauter par la mine, quand l'ennemi , voyant qu'il n'y avait plus moyen de résister, implora merci. Tous les prisonniers furent mis dans un yacht qui était échoué à une assez grande distance du fort; on fit sauter ensuite la redoute et couper la palissade, parce qu'il eût fallu trop de monde pour la garde de ce lieu, où d'Iberville et Sainte-Hélène restèrent néanmoins quelques jours. Le bâtiment anglais fut envoyé à Monsipi, et bientôt suivi du yacht que l'on avait fait radouber. Le chevalier de Troyes, qui était retourné à Monsipi , voulut terminer sa campagne par l'attaque du fort de Kichîchouanne. Personne ne savait au juste la situation de cet établissement anglais, et les chemins pour s'y rendre étaient impraticables. Ce ne furent point des obstacles capables d'arrêter les Canadiens. On partit, doublant des pointes de bâtures jusqu'à trois lieues au large. Lorsque la marée était basse, il fallait porter tout son bagage et ses canots à une lieue au loin ; quand elle était haute, on se trouvait engagé dans des glaces. 11 y avait déjà longtemps que l'on faisait cette route pénible , ne sachant pas
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trop encore si Ton atteindrait le but cherché, quand huit coups de canon se firent entendre, qui flattèrent agréablement Toreille des Français. Ils indiquaient que Ton était près de Kichichouanne, et qu'il se passait dans ce fort quelque réjouissance. Sainte-Hélène fiit encore chargé d'aller reconnaître l'assiette de la place. Sur les entrefaites, d'Iberville, ayant eu toutes les peines du monde à se tirer des glaces , arriva avec sa prise à l'embouchure de la rivière, apportant tous les pavillons de la compagnie d'AngleteiTC. Il entra heureusement dans la rivière , et débarqua , pendant la nuit, dix pièces de canon. Après quelques pourparlers peu concluants avec le gouverneur du fort, les pièces de canon furent pointées contre la chambre même qu'il occupait. Une batterie, cachée dans un bois, sur une hauteur, fut si bien servie qu'en moins de cinq quarts d'heure on tira plus de cent quarante volées qui criblèrent tout le fort. Bientôt on entendit des voix sombres qui sortaient des caves et demandaient quartier, aucun Anglais n'ayant voulu se montrer pour amener le pavillon. Peu après le fort capitula. Sainte-Hélène et d'Iberville y entrèrent aussitôt. Le second emmena, sur sa prise, le gouverneur et sa suite à l'ile de Gharleston pour y attendre des navires d'Angleterre, selon la capitulation. Le reste des Anglais fut envoyé à Monsipi. Le 6 août suivant, le chevalier de Troyes retourna jouir de son triomphe à Montréal» où d'Iberville n'amva que deux mois après, ayant laissé son frère Maricourt au commandement de la baie d'Hudson.
La guerre recommença ouvertement en Europe , et s'étendit immédiatement à l'Amérique. D'Iberville fut préposé particulièrement, par Frontenac, redevenu gouverneur de la Nouvelle- France, à la garde de la baie d'Hudson. Deux bâtiments de guerre anglais s'étant montrés devant le fort Kichichouanne, dont il avait changé le nom en celui de fort Sainte-Anne, et où il commandait en personne, il s'en empara , et conduisit triomphalement le plus considérable à Québec ; tandis que son lieutenant La Ferté faisait prisonnier le gouverneur anglais du fort de Newsavane, venu pour pmclamer Guillaume 111 , au nom de la Gompagnie de
Londres^ qui se prétendait unique propriétaire de la baie d'Hudson. D'Ibei-ville revint au commencement de Tannée suivante, 1G90, avec le bâtiment la Sainte- Anne, qu'il montait lui-même, et le bâtiment les Armes de la Compagnie, capitaine Bonaventure Denis, dans l'intention d'expulser les Anglais des forts de Newsavane et de Nelson, qu'ils occupaient encore. Il mouilla, le 24 septembre, près de la rivière Sainte-Thérèse, mit pied à terre avec dix hommes , dans le dessein de faire quelques prisonniers et de savoir d'eux en quel état se trouvait le fort. Une sentinelle Faperçut et donna l'alarme. Les Anglais détachèrent aussitôt un bâtiment de trente -six canons pour couper la retraite aux Français, mais ils n'y purent réussir. D'Iberville se rembarqua dans sa chaloupe, inutilement poursuivi par deux de celles des enneniis, gagna son bord, et appareilla. Le reflux ayant fait échouer le bâtiment anglais sur des roches, le capitaine français fit fausse route avec intention, pour donner à croire qu'il allait abandonner la baie; mais , revirant de bord , il vint à la rivière de Koûâchaoûg, dite des Saintes-Huiles, parce qu'il s'y en était perdu une boite, et y trouva le navire le Saini-François, commandé par Maricourt. Lea deux frères partirent ens^inble pour Newsavane, fort anglais situe à trente lieues de celui de Nelson , et réduisirent les ennemis à l'incendier et à se disperser. D'Iberville trouva encore moyen d'y ramasser beaucoup d'effets et une grande provision de pelleteries, qu'il transporta au fort Sainte-Anne. Il hiverna en ce lieu avec le navire la Sainle-Anne , tandis que Maricourt, avec le Saini-Fran-' çois , hivernait à Rupert , après avoir secouru Monsipi , et que le navire les Arme$ de la Compagnie mouillait à Ftle Charleston. D'Iberville retournait ensuite à Québec, au mois d'octobre 1690, avec ses pelleteries, quand son frère de Longueil lui donna avis à l'île aux Coudres, dans le Saint-Laurent, qu'une flotte anglaise assiégeait la capitale du Canada. La partie n'étant pas égale, il résolut dé faire voile pour la France, avec les dépouilles de l'ennemi ; mais auparavant il dépécha un canot pour rendre compte à Frontenac de son expédition du Nord.
Pendant ce temps , plusieurs de ses frères soutinrent Thonneur de la famille en défendant intrépidement le Canada. La Nouvelle^ France était en feu ; les Anglais avaient soulevé les populations iroquoises et même des tribus indiennes naguère alliées de la France y et les aidaient à attaquer le Haut-Canada par Montréal, tandis que leur flotte, aux ordres de Guillaume Phips, menaçait Québec, par le bas de Saint - Laurent. Frontenac venait heureusement d'être renvoyé en qualité de gouverneur général à la Nouvelle-France, où il avait été quelque temps encore renvplacé. Il avait toutes les qualités d'un grand homme , la fermeté qui sait imposer la retenue, avec la douceur et la magnanimité qui savent se faire chérir; il était grand, généreux; il avait l'aplomb et la magnificence d'un roi; c'était à Québec un digne reflet de Louis XIY à Versailles ; un seul mot, un seul regard de lui électrisait le Canadien, qui toujours était soldat; il était l'amour, les délices de la Nouvelle-France, la teireur des Iroquois et le père des nations indiennes alliées des Français; son activité n'avait d'égal que son courage. Après avoir pacifié les alentours de Montréal et immolé un grand nombre d' Iroquois, il avait fait attaquer par trois détachements les Anglais jusque sur le territoire amendant de la Nouvelle-York. Le Moyne de Sainte-Hélène , accompagné de Martigny, son parent , avec une troupe de deux cent dix hommes, tant Français qu'Indiens, après avoir fait une marche de vingt-trois jours, rompant les glaces et ayant quelquefois de Teau jusqu'aux genoux, était arrivé au fort de Corlard, l'avait attaqué, pris, et en avait passé toute la garnison au fil de répée ou au tranchant de la hache. Martigny avait reçu deux blessures da&s cette affaire. Un autre capitaine nommé du Port-Neuf, avait fait capituler le fort de Kaskébé, et un troisième, nommé Hertel, après une marche non moins pénible que celle de Sainte-Hélène, avait enlevé le fort de Sementals en Acsh die, et mis le feu à l'établissement anglais du même nom. Dans le même temps, Fi^ntenac avait fait travailler avec une ardeur prodigieuse à foi*tiiier Québec qui, bien que déjà très peuplée,
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était encore sans fortifications sérieuses; il avait dispersé, sans coup férir, une armée d'Anglais et d'Iroquois y qui venait par le lac Saint -Sacrement; et enfin il avait pu rester tout entier à la défense de sa capitale. Les fortifications que Frontenac avait fait faire commençaient à son palais en remontant du côté de la haute ville qu'elles entouraient, et finissaient à la chute d'une montagne vers le lieu nommé le cap aux Diamants ; les endroits où il n'y avait point de portes avaient été barricadés de poutres et de tonneaux pleins de pien*es et garnis déterre; le chemin de la ville basse à la haute était coupé par trois retranchements de barriques et de sacs de terre; de nombreuses batteries avaient été disposées; et tout cela en peu de temps avait formé un ensemble de défense assez respectable.
Mais déjà la flotte anglaise , composée de trente-quatre bâtiments de guerre, avait jeté l'ancre du côté de Beauport, dans le grand bassin que forme le Saint-Laurent au-dessous de Québec. L'amiral Phips fit sommer insolemment, par un trompette, au nom de Guillaume III , se disant roi d'Angleterre, d'Ecosse , d'Irlande , de France , et défenseur de la foi , le comte de Frontenac d'avoir à rendre, dans une heure , Québec et toutes ses dépendances. « Il est dix heures , dit l'envoyé de Guillaume Phips ; j'attends jusqu'à onze votre réponse. » Et en même temps il lui présentait une montre. — « Je ne vous ferai point tant attendre , répondit le comte. Dites à votre général que je ne connais point de roi Guillaume , que le prince d'Orange est un usurpateur qui a violé les droits les plus sacrés du sang en entreprenant de détrôner son beau-père ; et que je ne connais d'autre souverain en Angleterre que le roi Jacques second. » Puis se tournant et montrant les officiers qui remphssaient son salon, il ajouta en souriant : « Votre général croit-il que lors même qu'il m'ofirirait des conditions plus douces , et que je fusse d'humeur à les écouter, ceux que vous voyez voulussent y consentir, et me conseillassent de me fier à un homme qui n'a point gardé la capitulation qu'il avait faite avec le gouverneur de Poit-Royal , à un rebelle qui a man-
que à la fidélité qu'il doit à sou roi, pour suivre le parti du piînce d'Orange. » L'envoyé, paraissant alarmé d un tel discoure et n'osant le rapporter à son général, demanda au comte de Frontenac s'il ne voulait pas lui donner par écrit sa réponse, (c Non, repartit Frontenac , je n'en ai point d'autre à faire que par la bouche de mes canons, et que votre général apprenne que ce n'est pas de la sorte que l'on envoie sommer un homme tel que moi. Qu'il fasse du mieux qu'il pourra de son côté , comme je suis résolu de faire du mien. Allez. »
L'envoyé fut congédié les yeux bandés, comme il était venu. Frontenac soutint par sa belle conduite la fermeté de sa réponse. Phips ayant aussitôt commandé l'attaque , vit son pavillon renversé par le premier coup de canon qui partit de Québec , et les Français, se jetant à la nage, aller le prendre, sous son feu et sous celui de toute la flotte anglaise. C'était Le Moyne de Sainte-Hélène qui pointait lui-même si bien contre l'amiral ennemi; en un moment , celui-ci eut toutes ses manœuvres coupées , son grand mât brisé, et fit eau par vingt gouffi'es à la fois qu'avaient ouverts les boulets incessants de l'habile et intrépide pointeur. Les ponts des Anglais étaient encombrés de morts et de blessés ; tous cessèrent leur feu , et allèrent se cacher et se radouber derrière le cap aux Diamants. Le lendemain, Le Moyne de Longueil et Le Moyne de Sainte-Hélène, avec plusieurs braves officiera et soldats français, suivirent le bord de la rivière Saint-Charles , et firent plier les troupes anglaises qui avaient débarqué auprès et se proposaient de la traverser. Sainte - Hélène qui, l'année précédente, avait eu une jambe cassée dans les combats livrés autour de Montréal, reçut une blessure que l'on soupçonna d'être empoisonnée , et qui lui coûta presque aussitôt la vie. Il était adoré des Canadiens dont sa mort redoubla la rage. Les jours suivants , les ennemis furent chassés de leur campement , après avoir fait une perte considérable, et se rembarquèrent à la hâte, abandonnant leurs canons. Bientôt après, l'amiral Phips ne songea plus qu'à lever le siège de Québec et à s'enfuir du fleuve Saint-Laurent ,
avec ses bâtiments désemparés et près de couler bas. Pour ne les pas perdre tous il fut obligé d'en abandonne]: neuf; chemin faisant , trois autres sombrèrent et plusieurs furent dispersés par la tempête sans qu'on en ait eu depuis aucune nouvelle. Le lendemain de la levée du siège de Québec, 25 octobre 1690, le canot dépéché naguère par d'Iber\'ille, apporta au comte de Frontenac Fassurance que Fexpédition de la baie d'Hudson s'était terminée avec succès. Au brait de tant de victoires , de solennelles actions de grâces et de grandes réjouissances eurent lieu dans la capitale du Canada ; on y promena en triomphe le grand pavillon de l'amiral d'Angleterre. Une fête fut instituée à perpétuité sous le titre de Notre-Dame des Victoires. Québec et la Nouvelle-France purent avoir des jours plus riches , jamais elles n'en eurent de plus beaux , et c'est pour cela qu'on se plaît à y revenir.
Les Anglais voulurent avoir leur revanche en 1G95, et vinrent, à cet effet , non pas devant Québec , non pas à l'embouchure du Saint-Laurent, mais dans la baie d'Hudson, avec trois vaisseaux qui eurent aisément raison du fort Sainte-Anne, pris au dépoui'vu , et où ne se tit)uvait pas alors d'iberville. Les quelques Canadiens qui y étaient ne tombèrent pas au pouvoir de l'ennemi et atteignirent Québec par les terres. Les forts Rupert et Monsipî suivirent le sort du fort Sainte-Anne. Mais, l'année suivante, d'iberville fut envoyé avec les deux frégates le Pvly et /b SalanMmdrê, dans la baie d'Hudson, pour y réparer ces échecs. Parti de Québec le 8 août , il arriva devant le fbrt Bourbon ou Nelson , le 24 septembre, et s'en rendit mattre après huit joui*s de siège et de bombardement. Il fit la garnison prisonnière, et trouva dans la place cinquante pièces de canon. Après quinze mois de séjour dans le fort , employés à faire la traite avec les Indiens, il passa en France avec ses pelleteries, laissant La Ferté, son lieutenant, pour gouverner à sa place. Celui-ci ayant été attaqué, en 1696, par quatre vaisseaux de guerre et une gatiote à bombes , se vit à son tour réduit à capituler, mais à des conditions honorables, que les Anglais, après les avoir jurées, ne maintinrent pas.
Au mois de juillet 1696, d'Iberville et le capitaine Bonaveuture, Canadien comme lui, vinrent, avec deux bâtiments annés en guerre, attaquer le fort de Pemkuit que les Anglais occupaient en Acadie, le prirent et le ruinèrent. Auparavant, d'Iberville avait rencontre le Newporîy bâtiment anglais de vingt-quatre pièces de canon, l'avait démâté et forcé à se rendre, sans avoir, de son côté, perdu un seul homme. Après la destruction de Pemkuit, les deux bâtiments qui avaient été employés à cette expédition, surent éviter une escadi*e de sept voiles anglaises, qui les cherchait. D'IberviUe passa en France et proposa à la cour de réunir les établissements anglais de Terre-Neuve aux établissements français de la même tle, qui n'étaient pas à beaucoup près dans une aussi brillante position ; car les Anglais se formaient dès lors à Terre - Neuve une puissance capable de les rendre maîtres absolus d'un des commerces les plus riches, les plus faciles, les plus étendus de l'univers, et qui demandent le moins de dépenses, celui des morues. Il s'offrit aussi pour aller assurer le commerce de la baie d'Hudson et oelui de l'Acadie à la France. On écouta sa proposition, et, au mois de septembre 1696 , le brave capitaine canadien , avec le vaisseau du roi le Pélican^ huit navires malouins, trois bai^ques longues et deux brûlots, arriva à Plaisance, établissement fondé par les Français à Terre-Neuve, pour s'y entendre avec le gouverneur nommé de Brouillan. Sur les entrefaites » arrivèrent de La Rochelle, sous les ordres de Le Moyne de Sérigny, et ayant à boiti de Bacqueville de La Potherie , natif des Antilles , pour commissaire , les bâtiments du roi, le Palmier , le Weeajphy U Pra/bnd et le YiolenL Sérigny remit le commandement de Tescadre à son frère, nommé, eu 1693» capitaine de frégate. D'Ibei-ville, qui venait de faire quelques expéditions couronnées de succès sur la eâte d' Acadie, se dirigea aussitôt du côté de Saint-Jean, le principal poste des Anglais à Terre-Neuve. Ayant appris d'un prisonnier qu'il s'y trouvait quarante bâtiments ennemis, cela ne l'arrêta pas, et il se prépara à opérer sa descente, dès que la nuit serait venue, à
rentrée même du port. Mais^e courant Tayant fait dériver six lieues au sud, son projet échoua, malgré tous ses efforts. Ce ne fut pas du reste pour longtemps. D'Iberville et de Bi-ouillan formèrent un nouveau plan de campagne contre rétablissement de Saint-Jean. De Brouillan s'embarqua sur le Profond^ bâtiment commandé par le capitaine Bonaventure, tandis que d'ibenille pai'tait le l""" novembre, par terre, avec ses Français canadiens, dont il était Fadmiràtion, Tidole, et avec plusieurs gentilshommes et quelques sauvages. Après neuf jours de rude marche, d'Iberville arriva au Forillon, faible poste que tenaient les Français, et quelques joui'S après, toute la petite armée se trouva réunie à la baie de TouUe, située à six lieues de là. De Brouillan, après son débarquement, avait renvoyé le Profond en France avec beaucoup de prisonniers. On s'avança aussitôt contre Saint-Jean. Quelques Combats d'avant- postes furent livrés, dans lesquels d'iberville, de Brouillan, Martigny et un brave chef abenaqui se couvrirent de gloire. D'Iberville poursuivit les fuyards, les mena battant jusqu'à Saint-Jean, dont on n'était plus qu'à trois quarts de lieue, et où il arriva un quart d'heure avant le gros de l'armée. Il s'était même déjà saisi , dans ce peu de temps, de deux forts, et avait fait quelques prisonniers. Bientôt l'armée vint camper dans les maisons de Saint-Jean, et le gouverneur anglais du principal et dernier fort fut réduit à capituler. D'Iberville et de Brouillan n'ayant pu s'entendre pour la conservation du poste, on le ruina de fond en comble, bourg et fort. Après la destruction de Saint- Jean, il ne resta plus aux Anglais que deux postes à Terre-Neuve. D'Iberville n'interrompit l'entière conquête de cette île que pour aller se signaler de nouveau dans la baie d'Hudson, où les ennemis profitaient de son absence pour reprendre leurs positions. Ils étaient rentrés dans le fort Nelson; mais d'Iberville alla bientôt les y chercher et venger son frère Chftteauguay, mort en défendant ce poste , en 1694. Ce ne fut pas sans peine pouilant qu'il arriva jusqu'à la rivière Sainte -Thérèse. Les
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glaces de la baie d'Hudson, portées avec violence par les courants , donnèrent de si rudes secousses à ses navires , qu'elles les mirent tous en danger de périr. Un brigantin fut écrasé entre ces écueils flottants^ et cela si subitement, qu'à peine put-on en sauver les hommes; tout le reste fut perdu. D'Iberville, qui montait le Pélican^ de cinquante canons, se trouva enfin débarrassé, mais seul, et ne sachant ce qu'étaient devenus ses autres bâtiments, dont les glaces lui dérobaient la vue depuis près de quinze jours. Il crut, néanmoins qu'ils avaient pris les devants, parce que la veille il avait entendu tirer des coups de canon, et fit voile pour le fort Bourbon, en vue duquel il arriva le 4 septembre J697. Le soir, il jeta l'ancre assez près du fort, et envoya sa chaloupe à terre pour prendre connaissance de la place, et de plusieurs bâtiments anglais qu'il avait aperçus dans le détroit d'Hudson. Le lendemain, vers les six hem-es du matin, il découvrit, à trois lieues sous le vent, un vaisseau et deux frégates qui louvoyaient pour entrer dans la rade, et, quoiqu'il n'eût qu'un seul bâtiment avec cent cinquante hommes dessus, il cingla aussitôt sur les Anglais, qui l'attendirent avec d'autant plus d'assurance que leur vaisseau était plus fort que le sien, et que leurs deux frégates n'avaient pas moins de trente-deux canons chacune. Vers les neuf heures du matin, on commença à se canonner, et jusqu'à une heure après-midi il y eut un feu très vif et continuel des deux côtés. Cependant le Pélican n'eut qu'un homme tué et dix-sept blessés. Alors d'Iberville, qui avait conservé le vent, arriva tout court sur les deux frégates, et leur envoya plusieiu*s bordées de fort près, à dessein de les désemparer. Au même moYnent, il aperçut le vaisseau ennemi, nommé Y Hamster y qui l'approchait, ayant vingt-sîx canons en batterie sur chaque bord, et deux cent trente hommes d'équipage. Il alla aussitôt à sa rencontre, tout son canon pointé à couler bas, le rangea sous le vent vergues à voiles, et avant fait dresser son bâtiment, lui envova sa
boi*dée. Elle partit si à propos, que VHamsier^ après avoir lait tout au plus sa longueur de chemin, coula bas sans qu'il s'en pût sauver un seul homme. D'Iberville revira sur-le-champ de bord, et tourna sur la Hud$on--Bay^ celle des deux frégates anglaise^ qui était le plus à portée d'entrer dans la rivière Sainte-Thérèse j mais comme il était sur le point de Taborder» le commandant amena pavillon et se rendit. Une prompte fuite et Une brume épaisse lui dérobèrent le troisième bâtiment anglais. D'iberville envoya vingt-cinq hommes dans sa chaloupe pour amariner la Hudsof^Bayf tandis que lui-même faisait répai^er le Pèlktm^ qui avait eu plusieurs de ses manœuvres coupées, ses haubans foj^t malti-aités» et qui était percé è faire eau en plusieurs endroits. Rien ne paraissant {dus empêcher le vaillant capitaine de s'approcher du fort Neisoni il leva r&ncre, alla mouiller dans la rade, et fit embarquer dans là HndumrSuy un mortier et cinquante bombes, pour commencer Tattaque, en attendant ses autres bâtiments. Le lendemain, comme il vit la mei' grossir extraoïtlinairenoent, ce qui, dans la baie d'Hudsôn^ est un signe certain de prochain^ tempête, il sortit de la rade qui ne lui semMait pas asseï sûre, et alla mouiller au large. Sa précaution fut inutile : le vent, après s'être un peu calmé) reprit avec plus de violence qu'auparavant; tous les câbles des ancres se rom^ûrent, et quoi que pût faire d'Ibervîlle pour se soutenir, .et qu'il n'y eût peutr-être pas dans les mers du globe de plus habile manœuvrier que lui, il fut jeté à la oôte^ au milieu ée la nuit, et alla échouer à l'entrée de la rivière Sainte-Thérèse avec sa piîse. Néanmoins tout l'équipage fut sauvé, et on put retirer du P^icàn toutes les choses nécessaires à l'attaque du fort. D'iberville, manquant de vivres et ne pouvant s'en procurer qu'aux dépens de l'ennemi, préparait déjà tout pour l'tesaut, quand il aperçut ses autres bâtiments qui vinrent bientôt mouiller dans la rade. L'un d'eux, misérable flûte, commandée par le capitaine Duguay, s'étant trouvé un moment isolé des deux autres, avait eu à lutter avec les trois
bâtiments anglais qui, justement, sëtaient si bien fait batti*e depuis par d'Iberville, et, après une chaude affaire de six heures» avait réussi à se débairasser de ses ennemis. Aux premières démonstrations qui furent faites contre le fort Nelson, le com-^ mandant anglais capitula. Cette conquête, deux fois opérée par d'Iberville, assura pour plusieurs années aux Fi'ailçais tout le nord de la Nouvelle-France.
La paix de Riswîck ayant été signée , d'iberville en profita pour presser le gouvernement français de reprendre le proijet de découverte, par mer, de l'embouchure du Mississipi, s'associa, pour son dessein, le brave Château-Morand^ neveu du grand Tourville et bien digne d'avoir un tel parentage. Tous deux^ aprèà en avoir reçu* l'autorisation et les moyens, partirent de Rochefort au mois d'octobre 1698, avec deux vaisseaux. Ils mouillèrent à Saint-Domingue, et ayant remis à la voile le dernier jour de décembre, ils reconnurent, le 27 janvier suivant, 1699, la terre de la Floride. Ils s'en approchèrent le plus près possible, sans se risquer sur une côte qu'ils n'avaient pas encore explorée, et envoyèrent un de leurs officiers pour prendre langue avec les habitants du pays. Cet officier, à son retour, apprit aux deux capitaines qu'ils se trouvaient vis-à-vis d'une baie appelée Pensacola, où trois cents Espagnols étaient venus depuis peu s'établir, dans le but de prévenir les Français. Le 31 janvier, d'iberville, qui avait pris les devants pour reconnaître la côte, jeta l'ancre au sud-sud-est de la pointe orientale de la Mobile , rivière parallèle au Mississipi. Le 2 février, il mit pied à terre dans une île qui en est proche , et qui a environ quatre lieues de tour. Elle avait alors un port assez commode , dont l'entrée a été fermée depuis par les sel>les. D'iberville la nomma l'île du Massacre, parce que, vers la pointe sud-ouest, il avait aperçu une grande quantité de têtes et d'ossements humains. De Fîle du Massacre, à laquelle on devait donner bientôt le nom d'île Dauphine, le capitaine gagna la teire ferme; ayant découvert la rivière des Pascagoulas, il en partit avec son jeune frère de Bienville, alors enseigne, un religieux et
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quarante-huit hommes , sur deux barques longues , emportant des vivres pour vingt jours j et il alla à la recherche du Mississipi y dont les Indiens lui avaient parlé sous le nom de Malbouchia, et les Espagnols sous celui de la Palissade. D'Ibenille entra enfin dans ce fleuve le 2 mars , et trouva que le nom dont l'avaient baptisé les Espagnols lui convenait assez, parce que son embouchure était toute hérissée d'arbres, qui y étaient sans cesse entraînés par le courant. Après avoir bien i-econnu cette embouchure, si longtemps cherchée, il alla faire part de sa découverte à Chàteau-Morand qui le suivait à petites voiles, et qui, n'étant venu que pour l'accompagner jusque-là , reprît, le 20 avril, avec son vaisseau, la route de l'Europe. D'Iberville, poursuivant sa découverte, arriva au village des Bayagoulas, composé de sept cents cabanes. On y voyait un temple à peu près semblable aux habitations du lieu, en forme de dôme écrasé et ayant trente pieds environ de diamètre. Le capitaine y pénétra, et aperçut, à travers la fumée épaisse que produisaient dans cette enceinte deux bûches continuellement allumées , une quantité de peaux de divers animaux du pays, que l'on avait déposées devant les bizarres images noires et rouges d'une autre espèce d'animal qui était le. dieu des Bayagoulas. Les peaux étuient les ofirandes que l'on faisait à la divinité, comme la fumée des deux bûches devait être l'encens qu'on élevait vers elle. D'Iberville monta jusqu'aux Oumas. Des causes d'incertitude lui étaient survenues , et il commençait à douter qu'il fût vraiment sur le Mississipi, quand une lettre remise à de Bîenville par un chef indien qui l'avait trouvée dans un arbre, lui enleva tout sujet d'être inquiet. Elle était du mois d'avril 1685, et portait cette suscription : « A monsieur de La Sale, gouverneur de la Louisiane, de la part du chevalier de Tonti. « En effet, Tonti avait dû descendre le Mississipi pour venir au devant du malheureux La Sale, quand c-eluicî s'était flatté de le remonter, et c'était après l'avoir longtemps et vainement attendu, que le chevalier avait déposé cette lettre dans le creux d'un arbre. D'Iberville, rassuré, prit le parti de l'e-
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venir en arrière ; il s'arrêta dans la baie de Biloxi, située entre le Mississipi et la Mobile , y bâtit un fort où il laissa Bienville pour lieutenant y et passa en France. 11 fut de retour au Biloxi^ le 8 janvier 1700. En 1706 , d'Iberville , nommé capitaine de vaisseau depuis quatre ans, arma une petite escadre à la Martinique, et fit une brillante descente dans l'île anglaise de Névis, dont il s'empara. Peu après, d'Iberville mourut à La Havane, le 9 juillet 1706, commandant le vaisseau le Juste. Le premier des deux, Le Moyne de Bienville, avait été tué à l'attaque d'un fort; Maricourt, simple enseigne comme celui-ci, avait été brûlé, en 1704, par les Iroquois, dans une maison, avec quarante Français. Sérigny et le second des Bienville moururent tous deux capitaines de vaisseau. De Longueil, Fainé des frères, finit ses jours en 1716, gouverneur de Montréal. En 1722, quand la compagnie des Indes créée par le système de Law jeta les fondements de la Nouvelle-Orléans , sur les rives du Mississipi , pour en faire l'entrepôt et la capitale de la Louisiane, le fils de Le Moyne de Châteauguay avait le commandement en second de ce vaste pays , dans lequel on plaçait tant de rêves. Après avoir été employé à la Martinique, il fut gouvernem* de la Guyane. Les Français ayant perdu, en 1713, par le traité d'Utrecht, la baie d'Hudson, Terre-Neuve et l'Acadie, cherchèrent à compenser ces pertes en colonisant presque aussitôt à Fîle du cap Breton , devenue île royale, où ils fondèrent Fort-Dauphin, Port-Toulouse, Nérika, et surtout Louisbourg et son arsenal. Le Moyne de Châteauguay fut appelé , de 1745 à 1747, année de sa mort , à défendre cette clef du Canada , et le fît avec succès. C'est ainsi que du golfe Saint-Laurent au golfe du Mexique, de la France équinoxiale à la Nouvelle-France , continua longtemps encore à jeter son éclat la plus glorieuse famille peut-être qui jamais ait brillé aux colonies firançaises.
Oarragea coosnltés : Une partie des mémeB qoe poor le précédent , spécialement les relallons de La Potherie sur les expéditions de Terre-Neuve et de la baie d'Hudson. — Hiiloire de la Nouvelle-France, par Charlevoix. — Histoire de Saint-Domingue, par le même. — Histoire de la Louisiane. — archives de la Marine.