MO HN
remonté, et que, jetant l'ancre sur les côtes de cet État, il avait longé de nouveau le continent , remarqué le beau havre de New-York, passé devant le New- Jersey, riche en minerais, demeurant là quinze jours dans le havre spacieux de New-Port; quittant ensuite les eaux de Rhode-Island pour s'élever des côtes de la Nouvelle-Angleterre à celles de la Nouvelle-Écosse, et atteignant enfin le 50€ degré, il repartait de ce dernier point pour la France.
Telle a été la Inavigation dont Ramusio et Lescarbot ont publié le récit, où l’on remarque seulement quelques erreurs de texte, Mais ce que l’on n’a pas, c’est toute une partie cosmographique dans laquelle Verazzano donne la raison de son voyage.
Probablement, si John Barrow l’eût connue, il n’eût pas osé dire que les Français n'ont pas tenté de voyage au nord-ouest avec l’idée de trouver un passage à la Chine; car c’est ce que constate le texte de Verazzano bien clairement, En effet, il déclare littéralement qu'il avait l'intention de découvrir, autant qu’il le pourrait, le Cathay, en faisant route par d’autres climats
Re
que ceux que suivaient les Portugais dans leurs découvertes vers les parages de Calicut (1).
En se dirigeant vers le nord, le pilote Florentin avait bien pensé rencontrer l'obstacle d'une terre nouvelle, mais il espérait aussi rencontrer quelque détroit par lequel il pourrait pénétrer dans l'Océan oriental,
(1) « Mia intenzione era di pervenire in questa navigazione al Cataio allo estremo Oriente dell’ Asia, pensando trovare tale impedimento di nuova terra quale ho trovata, e se per qualche ragione pensavo quella trovare non senza qualche freto di penetrare allo Oceano orientale essere stimavo questa oppinione di tutti gli antichi e istata credendo certamente il nostro Oceano orientale de India uno essere senza interposizione di terra. Questo afferma Aristotele argomentando per varie similitudini, la quale opinione e molto contraria a moderni e l’esperienza, falsa, imperoiche la Terra e stata trovata da quegli antichi incognita un altro mondo, al rispetto, di quella aloro fu noto manifestamente essere si mostra e di maggiore della nostra Europa delle Africa e quasi dell’ Asia, se rettamente speculiamo la grandezza di quella.
« Noi in questa nostra navigazione fatta per ordine di V. M. oltre i gradi 92 che, dal detto meridiano verso lo Occidente trovamo dalla prima terra gradi 34 navigando leghe 300 infra oriente, e settentrione leghe 400 quasi all” Oriente continuo il lito della terra siamo pervenuti per infino a gradi $o lasciando la terra che piu tempo fa trovorno li Lusitani quali seguirno piu al settentrione pervenendo. Sino al circolo artico él fine lasciando incognito. Giunta adunque la latitudine settentrionale con la meridionale, videlicet 1 gradi $4 uni gradi 66 fanno gradi 120 che tanto contiene di latitudine la Africa con la Europa, perchè giugnendo l’estremo dell’ Europa che sono e limiti della Norvegia che stanno in gradi 71 con l’estreme dell’ Africa che il promontorio di cabo di Bueno Speranza in gradi 35, faranne solo gradi 106, e se le equestre di della Terrra in parte corrisponde al lito maritimo,
or md de a PPS Se =
Re TT nn RENE ii As N0É is oder dE -
ETS RE er
PRES RES à
d'après l’opinion de tous les anciens, qui croyaient avec certitude que notre Océan et l'océan Indien étaient une même mer, sans l’interposition d'aucune terre.
C'est, dit Verazzano, ce qu'Aristote affirme en tondant ses raisonnements sur diverses analogies. Mais
non e dubbio di grandezza la Asia eccede. In tal forma troviamo il globo della terra molto maggiore non hanno tenuto gl’ antichi a repugnanza matematici hanno quella rispetti all’ acqua sia minima, il che per esperienza l’opposito veggiamo e quanto allo aree (sic) corporale di spazio la terra che l’acqua possedere giudichiamo, come alla presenza meglio spero con piu ragione experimentare e mostrare à V. S. M. questa nuova terra, o nuovo mondo, che di sopra abbiamo narrato contiene insieme congiugnendo all’ Asia ne Africa il che sappiame certo... porria giugnere alla Europa con la Norvegia e Rossia, che sarrebbe falso secondo gli antichi quali dal promontorio de Cimbri quasi tutto il settentrionale dicono essere stato navicato all’ oriente circuendo circa il mare Caspio el medesimo affermano (lacune?) resterebbe adunque solo interclusa da due mari situate dall’ orientale ed occidentale e quelle duc ne chiude l’uno e l'altro, perche oltre a gradi 54 dell’ equinoziale verso l’austro s'estende all’ oriente per lungo spazio, e dal settentrionale passando i gradi 66 segue tornando in verso l’oriente giugnendo per fino a gradi 70.
« Spero con l’aiuto de V.S. M. ne airemo in breve migliore certitudine la quale Dio omnipotente prosperi in diuturna fama a causa veggiamo ottimo fine di questa nostra cosmografia che si adempia la sacra voce dello Evangelio.
« Nella nave Delfina, in Normandia, in porto di Dieppa, a di 8 di Juglio 1524.
« Humilis servitor JANUS VERAZZANUS, »
pe,
cette opinion est bien contraire à celle des modernes et reconnue fausse d'après l'expérience; car on a trouvé que la terre inconnue des anciens est évidemment un autre monde en comparaison de la terre qu'ils connaissaient, et de beaucoup plus grande que notre Europe, que l’Afrique et que l'Asie. Puis, il donne là-dessus des preuves mathématiques auxquelles Fernand Carli fait allusion, concluant avec son capitaine : Ergo mundus novus. La navigation de Verazzano, après celle de Magellan, ne permettait plus de douter que l'Amérique ne fût un continent, et un continent immense, dont le pilote Florentin mesurait lui-même la grandeur.
Verazzano, en terminant sa lettre, ajoutait:
« Dans ce parcours de l’espace de plus de 92 degrés qu'on a fait par ordre de Votre Majesté, à partir du susdit méridien vers l’occident, nous avons trouvé depuis la première terre 34 degrés, en naviguant 300 lieues entre l’orient et le septentrion et 400 lieues presque à l'orient, le long de la côte. Nous sommes parvenus jusqu’à 50 degrés en quittant la terre reconnue depuis longtemps par les Portugais, nui passèrent plus loin au nord et arrivèrent jusqu’au cercle arctique, et laissèrent le reste inconnu.— En additionnant la latitude septentrionale et la latitude méridionale, c’est-à-dire les 54 degrés et les 66, nous avons 120 degrés, et c’est la même largeur que celle de l'Afrique et celle de l’Europe jointes ensemble. — En effet, si nous additionnons la latitude de l’extrémité de l’Europe, c'est-à-dire les confins de la Norvége,qui sont:situés à 71 degrés, avec la latitude de l'extrémité de l'Afrique, c’est-à-dire le cap de Bonne-
ik
Espérance, à 35 degrés, on aura seulement 106, et si l'espace de terre qui domine est égal en partie à la côte, il n’y a pas de doute que ce continent n'ait une étendue plus grande que celui de l'Asie. De cette manière, nous trouvons la partie terrestre du globe beaucoup plus grande que les anciens ne l'ont pensé, contrairement à l'avis des mathématiciens qui la trouvaient trop petite en proportion de l’eau. — Mais l'expérience nous a montré le contraire. L'espace que nous estimions occupé par l’eau (comme j'espère l'expliquer et le démontrer à Votre Majesté; en sa présence et avec des arguments plus étendus) contient cette nouvelle terre dont nous avons parlé ci-dessus. — Et comme elle arrive à l’Asie et à l'Afrique, ainsi que nous le savons avec certitude, elle pourrait aussi se joindre à l’Europe par la Norvége et la Russie. — Mais ceci serait faux, d’après les anciens, qui disent qu'on a navigué dans presque toutes les parties septentrionales, en partant du cap des Cimbres vers l’orient et en faisant le tour du côté de la mer Caspienne, et ils affirment. . . . . . . ..
ee
Cette terre serait donc seulement renfermée entre deux mers, situées du côté de l’orient et du côté de l'occident, parce qu’au delà des 54° au sud de la terre équinoxiale, la terre se prolonge vers l'orient par un long espace; et vers le nord, en dépassant 66° degrés, la côte continue en retournant vers l’orient, et elle arrive jusqu'à 70°.
l'coère, avec l'aide de Votre Majesté, que sous
se # tamps nous aurons une certitude plus come
plète de cela, et je prie le Dieu tout-puissant qu'il fasse prospérer Votre Majesté et lui accorde une renommée impérissable à cette fin que nous menions à terme ce travail cosmographique et que la parole sainte de l’ Évangile soit accomplie. »
Ce passage, que je dois à l’obligeance des savants italiens, méritait, selon moi, de n'être pas négligé, car il donne une idée des théories cosmographiques du temps, et montre qu’à mesure que l'on s'avançait dans la science les problèmes succédaient à ceux que l’on avait déjà résolus.
C'est un peu, c’est grandement de même dans l'étude de notre histoire.
f # BE ë A È $ &:
D'après ce que l’on vient de lire, Jean Verazzano avait expriré le vœu d’arracher à la nature quelque nouveau secret,
Mais après son voyage de 1 524, sa vie devient, elle aussi, un mystère a éclaircir.
Ramusio dit que le pilote fit une autre navigation au service de France en 1525, ct que dans cette entreprise, comme il voulait aborder avec d’autres compagnons sur une terre inconnue, il fut, ainsi qu’eux, saisi par les sauvages, rôti et mangé devant les équipages restés à bord.
Dans l’Ensayo chronologico para la historia de la Florida,
don Gonzalès de Barcia écrit que Verazzano, pris en 1524 par les Espagnols près des Canaries, fut pendu par eux comme pirate.
Enfin l’auteur d’un mémoire sur Cabot, que M. Bancroft qualifie d'admirable et que M. Humboldt juge composé avec beaucoup de critique, M. Biddle avance cette conjecture, que Verazzano fit en 1527 un voyage à la recherche du passage du nord-ouest, au service de Henri VIII, et il s'étonne qu'on ait pu prêter des projets de navigation et de découverte à la France dans un temps où elle devait être épuisée, après la bataille de Pavie.
Voilà, comme on le voit, bien des versions entre lesquelles il faut choisir. Cependant ce n’est pas tout : Tiraboschi, d’après une lettre d’Annibal Caro, pense que Verazzano, plus de douze ans après l'époque assignée à sa mort par certains écrivains, vivait à la table de monseigneur Gaddi, à Rome. Caro raconte un voyage qu'il a fait, et, s'adressant tantôt à l’un, tantôt à l’autre des familiers de Gaddi : « Et vous, Verazzano, dit-il, en votre qualité de chercheur de mondes et des merveilles qui s’y trouvent, je ne puis assez louer votre carte, car nous n'avons passé devant aucune terre qui n'ait été découverte par vous ou par votre frère. »
A mon sens, cette lettre n'empécherait pas la tradition sur la triste fin de Jean Verazzano d’étre bien fondée, car si elle peut témoigner que le frère de l’illustre marin avait voyagé avec lui, nous savons aussi d’ailleurs que ce frère, nommé Hierosme Verazzano, s'était occupé d'études cosmographiques, et nous connaissons de lui un planisphère qui est parmi les