‹ Les navigations françaises et la révolution maritime du XIVe au XVIe siècle [microforme]Chapitre 32 sur 57 · TAN TE · texte numérisé non relu

TAN TE

RE RRE PEErPR LT

{ 1 nil | Ra | nl!

Ex

de la haulteur du polle antartique et le bas d'elle par les quatorze degrés et demy de la haulteur du polle antartique, et entre elle et le cap du Courant y a un maulvais rochier d’une isle perdue qui est quasi au meilleu de la mer d’entre la terre et l’isle et dure bien dix ou douze lieues de rondeur, et est dessoubz le Tropique et s’appellent les bans de la Juifve, à raison d’un navire qui estoit à la dicte Juifve qui se perdit. En eulx et au septentrion deulx est l’isle du Sainct Esperit et aultres cinq isles qui sont auprès d’elle. Celle du Sainct Esperit est à vingt cinq lieues du cap de Saincte Marie. De la dite isle de Sainct Laurens et du cousté de vers le est-nord-est y a cinq ou six isles et sont toutes peuplées de gens blancs et sont la plus près de cinquante jusques à cent lieues de la dicte isle de Sainct Laurens. Et au nord-est d’elle y a trois isles qui sont l’est et ouest l’une de l’aultre, et la plus près de Sainct Laurens est à cent lieues et l’aultre à cent trente lieues et l’aultre à cent quarante lieues, et sont de six degrez et demy jusques à sept degrez de la haulteur du polle antartique. Et en l’est-su-est de la dicte isle y a deux isles perdues faictes en rochiers qui sont dangereux et sont bien loing de la dicteisle. Ceste isle de Sainct Laurens, du cousté du nor ouest d’elle, est toute pleine de rochiers et de petites isles qui entrent bien en la mer trente lieues, et devers le su-est d'elle y a trois ou quatre petites isles peuplées de gens. Et en l’est-nord-est d’elle y a forces bans et baptures et ainsi que la dicte isle de Madacasca par toutes les parties d’elle est environnée d'isles, bans et rochiers..….. Tournant au cap des Courans, je dictz que du dict cap de mine Safolle, qui est le commen-

cement de l’Estiope oriental, y a quatre-vingtzlieues et la route gist nord et su. Safolle est par les dixneuf degrez et demy de la haulteur du polle antartique eten ce chasteau de myne Saffolle y a de l'or. Eticy feit faire le roy de Portugal un chasteau pour traffiquer avec ceulx des terres. La terre est fort chaulde et sont les gens noirs comme ceulx de Sainct Lorens. Toutes foys sont meilleurs gens que ceulx de Sainct Laurens, car ceulx de Sainct Laurens sont maulvaises gens et ne veullent traffiquer avec personne que eux-mesmes. Et le roy de Portugal y a eu autrefois une facturerie, et luy ont tué tous leurs gens. Cette terre de Saffolle s'appelle la myne neufve, et baillent beaucoup d’or pour petite chose; mais pour raison d’un capitaine portugallois qui leur feit quelque fascherie, les gens de la terre meirent le chasteau par terre et tuèrent tous ceux qui estoient en dedans, et ne voullurent plus trafiquer avec eulx ny aulcunement les veoir. Aultant en ont fait ceulx de l’isle Sainct Laurens. La terre est bonne, et se cueulle en la dicteisle de Sainct Laurens forces gingembre blanc et de bons seucres, et y a de la pierrerie et de l'or en poudre. »

Je n’extrairai pas davantage et ne dirai de ce que le pilote en rapporte que ce qui regarde les moussons. La bonté du port de Massambic avait engagé les Portugais à en faire un lieu de retraite pour leurs vaisseaux, afin que s'ils étaient surpris par des vents contraires, ils pussent attendre les vents favorables qui venaient six mois après. « Les mutations des ventz sont en ceste maniere que depuys le moys de mars jusques au moys de septembre, qui est leur yvert, les ventz ventent toujours ouest-sur-ouest,

et depuys le moys de septembre jusques au moys de mars, qui est leur esté, les ventz sont toujours vers l’est-nord-est de la bize. »

La présence de Jean Alfonse à Massambic marque comme une des stations de son voyage aux Indes. Il ne se signale plus avant la mer Rouge, mais on voit qu'il poursuit son chemin. Il paraît l'avoir fait du reste sans trop longer les côtes, car sa description des pays depuis Mozambic jusqu'au cap Gardefol et à Socotora est bien sommaire et manque de précision. Il ne fait qu'indiquer Melinde, Mombasse, Boraves, Modoge. Arrivé à Aden, par dix degrés, il nous la peint comme « belle ville, bien attourée de tours et remarquable par sa grande navigation de navires qui sont de la dicte ville tous grands navires de plus de mille tonneaux. » Ces navires, sur la construction desquels Thévenot, au mot Cairo, et d’autres auteurs donnent de grands détails, sont, dit Jean Alfonse, « tablés de tablage de canes et sont cousues de filet de caire, qui estune matière de palme, et sont si bien bitumés d’un bitume si épais qu'ils ne font pas une goutte d’eau, et les dictes tables sont cousues de chevilles de boys à la liaison et ne naviguent que en leur esté, et ainsi est en la ville de Djedda, et en toutes les autres villes, car en ceste terre d’Arabye felix, y a des canes aussi grosses que baricques. »

En suivant Jean Alfonse dans ses descriptions, je ne me propose guère, dans un court espace, que de donner une idée de la cosmographie de ce pilote, et, ainsi que je l’ai dit, de le faire voir comme un navigateur. Par cela même, en ce qui regarde les terres baignées par la mer Rouge, je me bornerai à répéter

ys de vers

rque s. Il

voit t du tion defol

préasse,

grés,

Durée n de vires cond’au- Jean sues sont t pas es de een t en abye »

s, je e de , Cl; avi-

erres béter

avec lui que « de ce destroit jusques au bout de la mer Rouge, du cousté d’Estiope et d'Égipte, est la coste saine sans nul danger, et par aultre cousté d’Arabye ne se peult naviger sans danger, à cause quesont tous bans et bastures. » Et pour donner une marque du passage de Jean Alfonse dans cette mer, je ne manquerai pas de rappeler ce qu'il écrit de la coloration de ses eaux.

Ce phénomène, qui est encore un objetde discussion que les naturalistes attribuent, ceux-ci à l'existence des bancs de coraux dans la mer Rouge, ceux-là à des algues colorantes, d’autres encore à des animalcules qui produisent dans les diverses mers des changements de coloration (1), ce phénomène, Jean Alfonse nous l'explique d’une manière qui pourrait être plus brève, mais qui en revanche a le mérité de montrer le marin du XVI: siècle en face d'un problème dont l'étude a été recommandée dans la conférence maritime tenue à Bruxelles en août 1853 pour l'adoption d'un système d'observations météorologiques à la mer.

(1) Maury nous parle ainsi des bancs d’animalcules qui teignent, selon leur couleur, en rouge, en brun, en noir ou en blanc, et cela sur une étendue dont l’œil ne voit souvent pas les bornes, surtout dans l’océan Indien.

« Reste à savoir sice monde microscopique qui vit à la surface des eaux appartient exclusivement à l’un des deux règnes végétal ou animal, ou s’il appartient aux deux. J’ai eu entre les mains des échantillons de cette matière colorante, composée d’animalcules assez bien caractérisés. D'un autre côté, le docteur Ehrenberg, après avoir examiné au microscope la matière colorante de la mer Rouge, matière de nature visqueuse que l’on peut recueillir

Re ap nr hr om pie RE Er Een Terres - «

es en 20 a a RE dot ee metier mi Ze

“ pe TA re à RM CARRE sis

« Aulcuns veullent dire, écrit notre pilote, que ceste mer n’est pas rouge, et que l’occasion de cela est la terre qui est rouge, laquelle chose est impossible, car la terre n’est pas toute rouge, et y en a plus qui ne l'est pas que de l’aultre ; et d’aultre part quant elle seroit toute rouge, il seroit impossible de faire rouge une si grande mer, et quand la mer le seroïit, ce seroit au long d'elle et non pas cinquante lieues en la mer, où elle est encore plus rouge que au long la terre, et certifie que je l’ay veu et est naturellement rouge, et dient que l’occasion de cecy est d’une grande fontaine qui est en l’Estiope qui maine eau rouge comme sang et descent en ceste mer, et court d’elle ung si gros ruisseau que en d’aulcuns lieux pourroit porter basteaulx et peult bien estre que à ceste eaue, elle est rouge. — Et de la mer Rouge l’on peut aller au destroit de Megine et à la mer Occeane, et aultrefois l’ay trouvé vingt et trente lieues du destroit de la mer Rouge, avec les courans qui venoient de la mer Rouge et estoit meslée en grands bouillons rouges comme sang pardessus la mer blanche, et pour ce je dis qu’elle procedde de la fontaine qui descend de l’Estiope. »

sur le rivage de cette mer à certaines époques de l’année, y a reconnu une végétation marine extrêmement délicate. Sur les côtes de Chine on rencontre assez souvent, dit-on, de vastes taches qui sont, là, colorées en jaune; mais je ne sache pas que la matière colorante en ait été examinée. Ce phénomène n’est pas moins fréquent dans le Pacifique; souvent la mer y est teinte en rouge, et j'y ai vu moi-même les eaux prendre une apparence blanchâtre ou laiteuse qui, la nuit, eût pu effrayer les navigateurs et leur faire croire au voisinage d’un bas-fond. » (Voir les Cartes de vents et courants des Instructions nautiques de cet officier.)

que cela posplus uant faire it, ce ss en long ment l'une > eau court lieux que à e l’on eane,

desjoient illons e, et

qui

ya res côtes hes qui

atière ins fréuge, et âtre ou r faire vents et

La mer Rouge passée, voici Alfonse qui arrive aux Indes, et c'est ici que la critique, pour contrôler ce que le marin avance (1), a le plus besoin d’attention. Mais elle aura peu à faire pour la première Inde, qui s'étend du détroit de la mer Rouge et du golfe Persique jusqu’à la rivière Indus. Les deux autres Indes vont, la seconde, de l’Indus jusqu'au Gange , la troisième, de cette dernière rivière au Cathay. Telle est du moins la division que fait Jean Alfonse des pays dont la dénomination a varié beaucoup dans le moyen âge.

La description que Jean Alfonse nous donne de la Syrie et de la première Inde, de la Perse et des terres arrosées par l’Euphrate, est toute composée avec des souvenirs des écrivains anciens. Il n’y a guère que

(1) On peut comparer cette partie avec les ouvrages hydrographiques les plus récents écrits sur ces parties : 1° {nstructions nautiques sur les mers de l'Inde, par James Horsburgh, traduites de l'anglais par l’amiral Leprédour, et augmentées successivement de documents par MM. Darondeau, C. Reille et Estignard, ingénieurs hydrographes ; 20 Campagne de la corvette la Bayonnaise dans les mers de Chine, par le capitaine de frégate, aujourd’hui viceamiral, Jurien La Gravière ; 3° Instructions nautiques et routier des mers de Chine, par Le Gras, capitaine de frégate.

Moines EU TE AL ice tonte ps En lost

Page 1