‹ Les navigations françaises et la révolution maritime du XIVe au XVIe siècle [microforme]Chapitre 9 sur 57 · LES NORMANDS AUX CÔTES DE GUINÉE · texte numérisé non relu

LES NORMANDS AUX CÔTES DE GUINÉE

refus aux peuples Européens de les laisser naviguer sur les mers qui baignent l'Afrique.

Pour moi, je ne craindrais pas désormais d’opposer nos titres à ceux des Portugais et d’assurer fermement contre eux le souvenir glorieux de cette série d'entreprises des Normands aux côtes d'Afrique, comme le prélude des découvertes Européennes à l'honneur du roi Charles V, dont le règne commence chez nous réellement l'époque moderne.

Certes, il s’en est fallu bien peu quece prince, qui avait tant fait pour les sciences, ne connût pas ces entreprises, qui devaient être comme une récompense de son zèle pour l'accroissement des lumières, de la richesse et de l’honneur du pays; mais enfin Dieu lui accorda cette faveur. Si nous ne nous trompons pas, lu découverte des côtes de Guinée fut, en vérité, un adieu digne de la province et de son Roi près de mourir, Le document que nous apportons ici nous a fait voir la joie avec laquelle celui-ci accepta ce dernier et glorieux gage de l'affection qui les liait tous deux. Il ne l'oublia pas, ses dernières volontés le prouvèrent. Pendant sa vie, Charles avait rassemblé dans la Normandie tous ceux qu’il aimait le mieux; c'était là d’ailleurs son principal boulevard contre l'Angleterre. Il avait donné à Duguesclin le comté de Longueville, à l'amiral Jean de Vienne le commandement de Honfleur, l'évêché de Lisieux à Nicole Oresme; mais lorsque Jean le Rouennaïis eut à son tour donné la Guinée au roi, celui-ci légua en mourant à la ville de Rouen le noble cœur dont l’abbé Cochet a retrouvé les restes.

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