I-ig WÉGOCUTIOM
nous f enverrez , a'il vous plaît , incontinent à Anvers* Quanta ce qui est arrivé entre M. le prince -Maurice et M. Winood , je pensois le vous avoir ëcrit. Ce fut au cronseil d'Etat où ledit sieur Winood , essayant de persuader k trêve, dit qu'elle ne pouyoit faillir d'être assurée , puisque son mattre et le roi de France s'en rendoient garans î à quoi ledit sieur prince Maurice répondit que les grands rois n'épousent p^s toujours avec passion la vengeance et réparation des torts et offenses que reçoivent leurs amis, et ont bien souvent des considérations d'Etat qui leur font dissimuler les outrages qu'on fait à eux-mêmes et à leurs sujets : ce qu'off a bien vu depuis peu de temps au roi dé la Grande-Bretagne , lequel a souffert qu'on ait entrepris de perdre lui , sa femme et ses enfans , et les principaux du ro:^aume , et su d'où procédoit cette conjuration , faisant assez connoître qu'il entendoit parler d'Espagne , et néanmoins que ledit sieur Roi n'a laissé depuis d'en rechercher l'amitié, et de publier qu'il étoit bien assuré le mal n'être venu de cet endroit; et y ajouta encore décolère, sur les. répliques dudit sieur Winood, quelques propos que Fautre interrompit comme s'il eût voulu blâmer son maître de lâcheté et faute de courage, dont ledit sieur Winood donna aussitôt avis en Angleterre. Sur quoi ledit sieur Roi écrivit une lettre aux Etats pour se plaindre dudit sieur prince; mais elle fut retenue, et ledit sieur prince, pour apaiser la colère de ce Roi irrité , requis de lui écrire une lettre pour s'en excuser \ ce qu'il a fait , dont il est demeuré, aucunement content, mais non du tout. On a essayé de nous celer ce que dessus; nous en avons néanmoins su
DU PRÉSIDEKT JEANNIN.' lyg
rhistoire entière. Les propos ordinaires du prince Maurice entre ses familiers sont que le roi d'Angleterre aime mieux TE^pagne que la France , et seroit toutà-fait espagnol s'il ne craî^noit la révolte de ses sujets. Ainsi est certain que nous pouvons prendre plus d'assurance de la foi et amitié du prince Maurice que de tout autre, et s'il se veut donner de la peine , et contraindre un peu pour être plus populaire qu'il n'a été jusques ici , et suivre aussi le conseil que je lui ai donné , il surmontera tous les autres en créance et pouvoir envers ces peuples. Je suis si extrêmement désireux de sortir de ce lieu , que si tout est rompu je suis résolu seulement demeurer quinze jours ou trois semaines au plus ici pour échaufifer îe courage de ceux qui conduisent les affaires y les faire résoudre aux contributions , et prendre tous les conseils que Sa Majesté jugera pour le mieux. Si au contraire le traité est conclu, M. de Préaux ira trouver Sa Majesté d'Anvers , pour lui donner avis de. ce que nous estimerons devoir être fait , pour recevoir promptement ses commandemens et partir aussitôt ^ vous assurant qu'en Pun et en l'autre cas il est besoin , avant que partir, y laisser quelque bon ordre , et jeter si avant les fondemens de Fautorité du Roi en ce pays , qu'il ne soit pas aisé de la déraciner après. Je prie Dieu , monsieur, qu'il vous donne en parfaite santé trèslongue et heureuse vie.
De La Haye , ce premier de février 1609.
Votre, etc. P. Jeannin.
la.
i8o, jrÉaocuTioTrs
^Lettre audit sieur Jeannin à M: k duc de Sulty , dudii
four premier février 1609.
Monsieur , il n'y a que trois jours qtie je tous ai ëcrit , et nous faisons à présent cette d^pédie au Roi par homme exprès, depuis avoir reçu ses lettres du dix-ueuvième du mois passé, qui nous fnrent rendues le trentième du même ipQi$» tant ppur le secoyrs dont les Etats continuent leur instance « que pour nous excuser de ce que nous ne suivons ponctuellement la conduite qu'il pous ordonne par ses dernières lettres, inéme en ce que Sa Majesté désiroit que quelqu^un fût envoyé à ËryxeUes , afin d^étre s^s$urés par écrit de la volonté des archiducs et de celle du roi d'Espagne sur le point de la liberté , ^vant^ ^^ d'aller nous-mêmes & Anvers pour conférer Itvçc leyrs députés, Cétoit bien. mon intention d'y envoyer M' de Préaux il y a plus de vingt jours, non tant pour cette considération que pour mettre Tarchidne Hors de toute espérance de la trêve simple et d'obtenir nouvelles remises , et par ce moyen le préparer et mieux disposer de dire son dernier mot sur ^otre. traité j mais les Anglais nele voulurent jamais poi^sentir, et fus contraint de faire cet office par lettres à M. de Berny y et d'autres que j'écr^vi^ à M^ Le président Richardot. Mai§ qusint à demander 4erechçf cette déclaration par écrit sur le poipjtdê la liberté, je ne l'estime pas néc^sair^ , pource qve IVdrifïqc, en confirmant la lettre que ledit sieur pré^idei^t n<^ a écrite sur ce sujet , le déclare si expressément, qu'il n'y peut à présent rien ajouter qui soit de plus grande efficace , sinon de traiter. En effel , nous craignions
DU PR£3IDE{(T JEAMNIN. l8f
aussi qu'en demandant une autre dédafation on ne mit en doute la première.
Davantage , ii nous sembloit qu«6 l'envoi de- ce pré* cûiisettr eût retardé notre voy&ge et Tavaticeitieât dé IWaire que nous voulions finir. Puis les Etats 'BOus ont tellement pressés d'y aUer nous-mêmes ^ que nous ne leur avons pu refuser , et y étioud déjà engagés ^ tant eaverâ eux que Tardiiduc , lorsque les lettres de Sa Majesté notes ont élë k'endues^, lesdits sieurs des Etats nous ayant «ossi dit qu'ils laissent cette afTaire entre nos mains, avec résolution d($ ne point envoyer leurs députés que nous n'ayons pris assurance nous-tnémes des archiducs qu'ils entendent accorder non-seule^ ment l'article de la Uberté , mais tous ceu'x qui sont contenus en notre projet ^ qu'ils ont accordés et consentis de leur part. Et, à la vérité, les archiducs con^ fientant à celui dé la liberté ,t»it pour eux que pour le roi d'Espagne , il n'y a difficulté es autres articles qai puisse être cause de rupture ; car ledit sieur président Bichardot en eut la copie avant son départ de ce lieu , et en fiit conféré fort particulièrement entre .nous , en sorte qu'il en demeura content ^ depuis lequel temps rien n'a été changé qui soit considérable et nous puisse tenir en dispute. Nous avancerons beaucoup plus si nous pouvons tirer un Consentement des archiducs sur tous ces articles, ee que nous essaierons de faire et de prendre le plus d'assurance qu'il nous sera possible , avant que mander les députés des Etats , ni prolonger la trêve jusques au dernier de ce mois ; et si nous ne le pouvons obtenir , nous nous ' retirerons , non en dédarant précisément la rupture que nous laisserons faire aux Etats lorsque
iS^ niGOcuTioNs
nous serons de retour , tnais bien èh témoignant aux députes des archiducs notre regret de n'avoir pa achever ce bon œuvre , et leur prédisant plutôt cette rupture qu'en la. faisant . ou dénonçant. Aussi est-il besoin d'y vepir si on ne peut traiter à ce coup , car toute remise seroit dommageable , et ne doit<>oa plus penser à la trêve simple qui eût été aussi bonne que l'autre au cqmmencement, et lafaissmtàla suite de la première , si on n'eût point tant disputé sur*l^tide de la liberté \ mais on la doit à présent du tout rejeter en l'état auquel sont les affaires , et pour n'en laisser aussi le gré au roi d'Angleterre , qu'on dit l'avoir fait. proposer le premier en Espagne, et par ce moyen a été cause des difficultés qui sont survenues depuis. Davantage j il est certain que rien ne peut induire le roi d'Espagne et ses ministres qui ont son. dernier mot, à le dire et déclarer , sinon qu'ils voient les Etats et leurs amis résolus à ce conseil de conclure sans remise ou de rompre. Puis le Roi s'en est déclaré si avant , qu'il ne peut plus changer de langage sans amoindrir l'honneur et la créance que sa conduite en cette affaire lui a acquis jusques ici envers un . chacun : joint que si cette rupture avient , les uns et les autres ont montré un si grand désir à faire cesser cette guerre, qu'en conservant l'autorjité et la créance que Sa Majesté a envers les Etats , il sera sans doute recherché par les archiducs pour renouer , et aura encore le choix de prendre nouveau conseil si bon lui semble.
Je vous supplie très-humblement, monsieur, que vous m'excusiez si nous importunons encore le Roi pour le secours dçnt. les Etats nous font une instance
DU PRifllDENT lEàNniir. ' i83
fort prêtée, et enontaussi très-grand besoin pour conserver tous les gens de guerre , dont ils licencieront sans donte une partie si ce secours duquel ils avoient accoutumé de les payer vient à manquer , et reconnoissent que Sa Majesté est lasse de leur continuer sa libéralité , lors même que, pour leur élever le courage et les rendre plus enclins à suivre le conseil qu'elle leur donne, il est besoin qu'ils prennent une plus grande assurance de son amitié et assistance» Gonsidérez*le , s'il vous plaît, monsieur, et <|ue ces dernières dépenses sont celles dont on se souvient le plus, et qui rendra Tobligation parfaite et entière. Je sais que vous le saurez très*-bien considérer , et nous en attendons la réponse à Anvers par ce porteur, d'où je vous donnerai avis incontinent de ce qui aura été fait, et demeurerai toujours , monsieur, votre, etc. ^ P Jeaniïxn.
A La Haye, ce premier jour de février 1609.
Lettre de M, le président Richardot à messieurs les arn^ bassadeurs de France et <f Angleterre , dudit jour pro mier de février 1609.
Messieurs, je vous écris ces deux mots par ce courrier exprès, seulement pour vous assurer quen suite de mes précédentes nous serons , Dieu aidant , mercredi prochain, quatrième de ce mois , à Anvers , où nous vous attendrons pour le temps que nous avons concerté. Et comme il ne restera de notre trêve que sept ou huit jours , je ne faiis pas de doute que vous apporterez quant et vous une continuation , pource qu'il seroit mal que, vous étant avec nous
l84 * KÉ<;oCUTIOIIS : . .
travaillant à nous mettre en paix y s-usassent d'une part ou d'autre d'actes d'hostiHtë* Bt en . tous évëne* mens , e(HBme la saison ne permet pas ^u'on sorte en campagne avant le mois de niai , il séroit mieux »: pour ne recommencer si souvent, qae Ton la Hausse jusques à la fin du mois d'avril. Et me, recommandant bien humblemeitt à vos bonnes grâces, je prie le Créateur vous d<^nner k tous, • messieurs , longue et heureuse vie.
De Bruxelles , ce premier jour de février i6bg.
Votre, etc. Le président Righakdot. >
Lettre de M. de ViUeroj à M, Jeanmn , du dàiX^me
f^rier 16(09.
MoHsiBÙR , puisque M. de Bethune doit être por^^ teur de la présente , je ne vous écrirai pas grandes nouvelles , car il saura vous rendre bon compte de toutes choses, joint qu'il n'y a que trois jours que je vous ai renvoyé Hcaiilt , par lequel je vous ai ample*ment écrit. Vous saurez seulement que nous reçûmes hier au soir des lettres d'Espagne par un courrier qui a passé en Flandre , accompagné d'un autre qui estt allé en Angleterre, par lequel Fon nous mande ( ces lettres sont du vingtième du mois passé ) , que les conseils du connétable de Castille et de ses adhérens avoient prévalu sur les autres , .nonobstant les raisons et re^r montrance^ du confesseur des archiducs , et partant que tout tendoit à la guerre ; que l'on avoit cnéé qua? tre'-vingts capitaines pour lever etassembler ^^s gen^ en Espagne, dont ils composent trois, régknens.^ l'uu cous la charge de don Alphonse Pimentai , l'autre sous
DU Pfi^lÇENT JEAIININ. |85
cette dti ^bâtard du marquis de I^as Naves, niaUre, d'hôtçl du roi d'Espagne , et le dernier de don Louis Fàyardo. Mais on estime que ce dernier ps^ssera et sera employé aux Indes ^ kVeffet de quoi ils fontcons-. traire à La Havane dix ou douze navires pour ren-. forci^r leur armée de mer , qui est composée , y comprenant ceux de l'escadre de Biscaye , et les autres qui sont commandés par ledit Fayardo, de trentecinq ou quarante vaisseaux ayec les particuliers dont ils pouront se servir» Us font état aussi de tirer d'Italie dettl régimens itaKens de trois mille l^ommes chacun y et quatre mille Espagnols , vieux soldats » qui sont aa royaume de Naples et en Lombàrdie , et ce promet-* tentque toutes le^dites forces seront prêtes à marcher dans le mois de mars^ mats il s'y trouvera du mé-* compte, tant au tiombre qu'au temps » de plus de la moitié de ce qu'ils en publient. Quant à moi , j'ai toujours opinion qu'ils fout toiites ces démonstrations pour intimider le monde et parvenir à leur trêve sim-> pie. Ledit confesseur étoit encore là retardé » ainsi qae l'on écrit , sur l'arrivée de quelques nouvelles dépêches des archiducs , et qu'il doit revenir p)u$ chargé de promesses d'une grande assistance d'argent et d'hommes pour faire la guerre , que de résQlution &vorable pour la paix ou la trêve \ qu'ils otit assuré renvoi de cinq cent mille écus par la voie d'Octavio centurion , outre le million qu'ils ont fait passer ipac Gènes , et outre cela donné trente mille ducats pour, achever quelques navires commencés à fabriquer à Dunkerque , et néanmoins qu'ils feront tout ce qu'ils pourront pour faire prolonger la c^s^ation d'armes^
l86 NÉGOCUTIOIfS
afin de pouvoir plus commodëment dresser lesdits préparatifs , et mieux surprendre leurs ennemis.
Voilà ce qu'on nous écrit d'Espagne, et que les trois derniers courriers que les archiducs y ont envoyés n'ont passé Irun , leurs dépêches ayant été portées par d'autres , afin de mieux couvrir le sujet d'icelles : ce que j'interpréterois , s'il étoit vrai , à signe que ceux qui gouvernent les affaires veulent prendre des résolutions secrètes qu'ils ne désirent être traversées par leurs contraires : à quoi il &ut que nous voyions clair dans peu de jours ^ maisyai opinion , ou que lesdits Espagnols changerontd'av^, ou qu'ils permettront sous main aux archiducs de se dispenser de traiter en leur nom , à la charge d'en faire les courroucés et déplaisans au commencement , et cependant d'en tolérer après l'exécution; mais je ne sais si telle voie seroit sûrepourles Etats, et si nousdevons leur conseiller de s'en contenter. Le sieur Aërsens fils la rejette fort, et certes je crois aussi qu'elle seroit défectueuse en cette forme, si elle n'étoit récompensée par quelques déclarations delà part desdits archiducs, faites es main» et sous la foi et caution des deux rois , par lesquelles ils s'obligeassent , en cas de contravention de la part d'Espagne, d'en faire la réparation convenable , jusques à joindre leurs armes à celles desdits rois et Etats pour cet effet, s'il en étoit besoin. Monsieur , il est certain que l'Espagne a besoin de repos autant et plus que les autres , et que le duc de Lerme et ceux qui gouvernent le désirent avec passion ; mais la seule honte les retient d'accorder ce qui est nécessaire et a été proposé pour l'obtenir, dç façon que si nous ne trou-
DU PRÉSIDENT JEkVmtf. 187
Yons moyen de les garantir de cette vanité , il ne faut pas espérer qu'ils s'accommodent. Je prie Dieu , mon* sieur, qu il vous conserve en parfaite santé.
De Paris, ce deuxième jour de février 1609.
Monsieur , depuis la présente écrite , j'ai appris que don Pedro de Tolède a reçu commandement , par ce dernier courrier venu d'Espagne, de prendre congé* du Roi et retourner en Espagne, sans nous faire autres propositions que les premières \ sur toutes il doit s'arrêter à celle qui regarde le mariage du second fils d'Espagne avec madame Chrestienne , pour parvenir à la séparation des archiducs et ce qui en dépend avec l'Espagne ; mais cette redite sera inutile à l'endroit du Roi , car il est homme à un mot, comme sera toujours, quand il sera question de vous obéir et servir , votre , etc. DE Neufville.
Lettre de M. Jeannin à M. de J^iUerojr , dudit jour
deuxième février 1609.
Monsieur , j'ai relardé ce porteur un jour pour obtenir des Etats déclaration au pied de nos articles , qui contienne qu'ils les ont accordés , et donné par écrit leur résolution aux sieurs ambassadeurs des rois Très-Chrétien et de la Grande-Bretagne , afin que les archiducs soient obligés de leur en donner autant, et par écrit aussi ^ à faute de quoi ils n'entendoient envoyer leurs députés , ni entrer en aucune conférence pour passer ce traité. Il y a déjà plus de dix jours que j'y ' travaillois , tant avec les députés d'Angleterre qu'avec ceux qui ont la conduite des affaires \ mais , encore que je n'y fusse contredit ouvertement , on y apportoit tant de longueurs que je n'en espérois rien lorsque je. vous
l88 HBGOCIÂTIONS
écrivis le jour d'hier. Or, eh ayant derechef parlé au «ieur Barnévéldt lë même joar , je Téchaufi^i et animai en sorte qu'il me promit de le proposer le lendemain aux Etats comme de lui-même ; ce quHl ^ fait de si bonne façon , qu'ils Font accordé sdon la copie que je Vous envoie avec cette lettre* Nous ethportonâ encore Pacte signé par le greffier des Etats^ dont je vous ai pareillement envoyé copie par l'homme dé M. Aériens. Les deux ensemble nous serviront beaucoup pour presser les archiducs de dire leur dernier mot , et se départir de toute autre espérance s'ils eii ^o^nt encore : et qui y doit plus servir aussi que toute autre chose, sera que Ssi Majesté continue toujours en la résolution qu'elle a prise , et avec même constance et générosité , comme elle peut faire sans donner soupçoh qu'elle désire la rupture , mais plutôt j&ire connoltrë que c'est pour accélérer la conclusion de ce traité , qui ne peut être fait autretnent ni endurer aucune nouvelle remise pour l'avenir.
Nos poursuites envers les archiducs pour les presser seront fondées sur ces mêmes considérations , qui eu eifet sont véritables , comme elles ont été en ce lieu feiir la crainte de les diviser si on eût admis autre proposition et ouverture : ce que nous faisons pour ne leui^ donner aucune impression que Sa Majesté soit changée et désireuse de la guerre, laquelle seroit cause d'effaroucher plusieurs députés de rassemblée générale , lesquels ne peuvent ouïr parler dé ^rupture qu'avec frayeur et déplaisir , et néanmoins n'osent rien dire au contraire de notre projet , depuis leur avoir déclaré qu'il n'y a autre moyen pour en sortir avec avantage pour eux, et les. avoir aiissî assurés du se-
Dû PRésiQENt JEANNlUf. 189
cours dç Sa Majesté , si leurs enneôiiis sont cause de larupiture , non e^x: ce qui a relève le courage auiE; plus fiioides^ et ren^u lea autres plus respectueux à suivre nos conaeils. Et • à b vérité , sans Foffre de ce se€Qur$,y €(^^6 cnûut, U trêve rompue, qu'ils n'eussent f^U autre chose que .demeofer sur Iqurs gardes sand rien entreprendre ; au lieu qu'étant par le mpyen d'i-^ celui encouragés à reprendre les armes avec vigueur , l^a arciiiducç en auront crainte , et seront contraints ie recourir à Sa Majeaté , pour renoùep, qui aéra en-^ core en état de prendre nouveau conseiL II me sem^ h\e donc^ si la rupture avient, que je dois retourner ici pour juger de rioclination des ^tkts, voir le con-< aetil qu'ils voudront prendre , et aider à faire qu'il soil^ bon ; car qui s'en irait y lora ils pourroient entrer en appréhensiou qu'on les veut abandonner , et i^ccepter pis que ce qu'ils anroient refusé. Aussi est-il oertain qa<( iN^tourner et passer à l^instant 4e la rupture vers les anjbidues ^pour essayer de renouer seroit sans profit, et n'en faut riep espérer de bon jusquesà ce que la coiulfiite et résolution généceusq des £tats hn ionne quelque frayeur } joint que , sans avoir biep Pe^ ^Ânik rioclination. et volonté des Ëtats poup s^assurer de l'issu^ de ce dessein, il séroit mal à propos de le laine. .. r
.11 me semble aussi que cet ^vis de votre dernière lettre n'est conforme à cçlui qui est contenu ei\ celles' de Sa Ms^esté, qui me. fait juger que l'ëvénetiient de^ cfitle affaire, et la crainte de la rupture, tient l^pril duAoi et de.sés principaux mîmstres en grande aii* ^i^é et souci , qui n'est sans raison ;> p(g>tircèf que te
IQO NÉGOClATtOirS
renouvellement de cette guerre pourra être suîvî de grands dangers et inconvëniens que la trêve feroit éviter \ mais Sa Majesté n'a pu prendre jusques ici de ]^s louables et sages conseils qu'elle a fait , et en sortira plus tôt en continuant, que si elle se relâchoit tant soit peu , pourvu que les Etats fassent de leur côte ce quils ont promis , comme je Tespère, qui est de retrancher toute autre espérance au roi d'Espagne » me souciant peu du roi d'Angleterre, qui, à mon avis, n'a assez de créance pour y faire du mal quand il voudroit. Bien me défié-je , quelques bonnes paroles que donnent ses ministres , qu'ils ne procèdent pas sincèrement , puisqu'il y a toujours du malentendu entre Sa Majesté et le roi d'Angleterre , ainsi queje le reconnoispar vos lettres, outre lajalousie et haine na turelle qui n'est pas près de cesser. Puis, à bien considérer ce que fait Sa Majesté, et l'ôfire même desecouï*s, elle ne peut être prise par lé roi d'Espagne, ni par les archiducs pour un désir de rompre, ni pour déclaration de mauvaise volonté , quand ils seront bien informés de quelle façon elle a été faite; car c'a été lorsque- les Etats refusoient d'accepter notre projet qu'on leur dit les deux ensemble, à savoir qu'elle les abandonneroit s'ils ne suivoient son conseil; comme au contraire eux s'y soumettant , et les archiducs refusant d'accomplir ce qu'ils ont promis , tant en leurs noms qu'au nom du roi d'Espagne, elle leur donneroit secours , étant obligée d'y procéder ainsi afin d'avoir plus d'autorité et de créance pour leur persuader le premier dont ils étoient fort* éloignés , et pour n'a* voir jamais cru qu'on dût faire difficulté, du côté d'Es*
DU PRESIDENT JEJLKNIK; 19 1
pagne , d'effectuer ce que les archiducs ont promis , quelques mauvais bruits qu'on ait fait courir au con-> traire. Je suis , monsieur , votre , etc. P. Jeannin. A La Ha je j ce deuxième février i6og.
Lettre de messieurs les ambassadeurs de France et d'Art" gleterre à M. le président Richardot, du ^février i6og.
Monsieur , la résolution des Etats est si précise <le sortir à ce coup d'affaire , ou de n'y plus penser , qu'on ne doit attendre d'eux aucune prolongation , sinon autant qu'il sera besoin pour conclure et traiter ; <:ar sur ce que nous leur avons représenté que la trêve ^toit près de finir, et qu'il ne restera que sept ou huit jours lorsque nous serons à Anvers , lesquels ne peuvent suffire pour achever cet œuvre , ils nous ont permis d'en faire la prolongation jusques à la fin de ce mois , mais non plus outre, et encore avec prière que ce ne soit sinon au cas que nous ayons la même assurance de leurs altesses pour traiter qu'eux nous Tout donnée , ainsi que vous entendrez plus particulièrement de nous lorsque nous serons à Anvers , qui sera , Dieu aidant , samedi prochain : auquel lieu si nous vous trouvons autant enclin et disposé à achever ce traité que nous y apporterons de bonne volonté de notre part , l'issue en sera heureuse *, et si le contraire avient, nos rois en auronrun très-grand déplaisir , et nous en particulier peu de gré de notre travail. Nous y allons toutefois en meilleure espérance, et avec désir de vous servir de même affection dont nous vous baisons bien humblement les mains , et prions Dieu, mon-
191 NiGOClÂTlOlVS
sieur, qu'il vôos donne en parfaite santé heureuse et longue vie.
De La Haye, ce quatrième février 1609.
Vos , etc. P. JeanniN'^ tlussT , Ri* Sprim^ir ,
Rodolphe Winood.
Lettre de M. de ViUeroy à M. Jeanrdn; du huiirème
février i6og.
MoN^iï^tJK , depuis vous avoir écrit le 3ô do mois passé par le courrier Pioault ; et le deuxième et quatrième du présent par ]VI. de Bethune , nous avons reçu lettr^is d'Espace du a^ et 29 du mo^s passé, par lesquelles npus^ av^ns appris^ qu'eniin le conseil dodit pays a pris résolution d'accepter la trêve poi^r dix ans , aux conditions de renoncer à la souverainetiif pour le temps que durera laditq trêve , sans feire in^ tance du rétablissement de la religion , pourvu que les Etats et leurs sujeU se départent entièrement 4^1 commerce et des voyage$ des Indes. VoiUi ce que Ton nous en man^de , à quoi vous pénétrerez bientôt $ après que vous aurez commencé ^qtreconférence à Anvers, à^laquelleonditicique vous étiez attendu le sixième de ce mois. Et puisque lesdits Espagncd» ont franchi le saut de ladite souveraineté » nous voulpiis croire qu^ils s'accommoderont aussi pour le reste. Mais il faut craindre qu'ils en pi'oloiigeut et retardent la fésolution pour gagner cette année ; car il e^t certain qu'ils n'ont à présent moyen de recdinmeàcer la guerre , tant leurs soklats en Flandre sont mal coO'tens par faute de paiement , oiit peu d'argent pour y
DU PRË^DENT JEINNIN. igS
pourvoir , et de temps paur en lever d'autres pour les renouveler et renforcer.
Or, nous n'estimons pas ici que ces messieurs consentent que ladite renonciation ou déclaration de liberté soit limitée au susdit temps de la trêve , ni de quitter legdits commerces ou voyages des Indes ; sur quoi vous nous ferez plaisir de nous taire savoir au plus tôt leur délibération. Mais comme les archiducs n'auront pouvoir de les contenter en cela, il fendra qu'ils renvoient en Espagne , et que Ton en attende la réponse , avec quoi ils iront prolongeant aiïisi les afiaires quasi insensiblement , et malgré que vous en ayez. C'est le jugement que nous en faisons , duquel le Roi m'a commandé vous donner avis , sans y ajouter autre chose que mes recommandations trèsaffectionnées à votre bonne grâce , et la prière que je fais à Dieu , monsieur , qu'il vous conserve en parfaite santé.
De Paris , le huitième jour de février 1609.
Lesdites lettres d'Espagne ajoutent que la trêve étant faite, l'on translatera en Portugal les archiducs , et que les Espagnols reprendront le gouvernement entier des Pays-Bas , et veut-on que nous croyions que le cùnfesseur desdits archiducs a accepté de leur part ce parti \ mais certes je ne le crois pas , toutefois j'ai bien voulu vous faire savoir ce que l'on nous a écrit.
Votre, etc. de Neufville.
194 HÉGOCIATIor^flT
Autre lettre dudit sieur de FiUêfôy étndit' êieur Jeafmùt , dudét jenr hukihne fisfrkr fC^^ y éérke de m màà^.
iStovsfEfju y j'ajoii^em ce mot k mst première leffre sur le i^elSardemeM de M. de Beâra»e, pont vons^ eolifiraier ce qi»e j<$ vetid mande par fautif du partemeiit de doi^Pedvo de Totède , et dé la eontenance qa& les Eâpagndls font de lew résolution à la guerre , de iiç0ii<{a^il non& semble que cea messieurs' d'oivent serïser k lents afl&ires^ saïis y perdre du temps* davantàge". L'on dit toutefois que le confesseuar est en chemm f el qu'il faut en attendre la veAue deVant qne teisi^ifr le$ choses po>âr rompues. Etant en Espagne, il s^est conduit en habile bo»ime ; car , voyant qu'il ne pourolt leur faire apprdtitfer la trêve , il tes a pressés de doimer au:x arciiiducs de quoi faire ta guerre comme il convient. A quoi certes il leur est difficile de pourvoir cette aumée , tant ils s6ut dégarnis d-àfgent et d'homiAe^: ce quîf hii croire qul'enfln ils ne seront si mauvais qu'îk publient, et qu'ils promettront aut archiducs d'entendre à quelque expédient qui serye à tes délivrer dé» dépenses de la guerre , avecle mdns de honte pour eui et la nation qae faire se pourra. Néanmoins si ces .messieurs prennent lesr choses au pis i'thy sermit moins f r onfipés. M. de Bethime vous dira sur cela le conseil que notre Roi leur donne, duquel je vous ai , par mes précédentes, touché cidevant quelque mot. Je m'en remettrai donc à lui , et vous recommanderai ce qui le touche , c'est-à-dire , Fentretènement de son régiment et sa personne , et je saluerai vos bonnes grâces de mes très-affection-
DU ï>»i&IBE»T iEAStfl». tO$
qu'il v(m3 Qon»egrve ep bQQ9<» $iMtt4.
De p*w. , ie h^tiémç ^ vwr « 6o@.
Voue , ete. jpfl îJ^gpvjji^,
i6qq, trois jours, a^âî itur 4fmv>ée à ^^n^r^,
U^$svEma^ le$ V€ïn;t5,cwtmireç sw I9 p^Qx% et Tiacommodité des chç^ws. cjt <i^ju, wwyai^ t^o^ps par terrç, ^Qu& q^t empêché^ d^miçe^ ici pht« ^t q^e le nenviè^p^ W spir ^ qù »qu$ fûiaei^ reçu^ avec? tput«9 sortes; d'tiQi^wws et de owTtqisies , tao^ par M, ^ marquis Spipal^ et lçsiamr^3 dépmës dç$ arçiàiducft, quç par le$ wagiç^tvats dç la vUle. 1^ l^iuiçinain fut employé à f^m ^ çf qevoJU' des yi^tç$ ^ s^^ traiter d'affaire^ j^sques au jqur dVprès qui fut hiep ; auquel jaut i^Qus étaut a§f ewbl^s §ur les; dix heures dn pi^ti^ avec l€isdit3 sieurs déput4f j Içur |ïn^ e^tendçf^ quelI^étÇÂt votre ^469i^tiQ^wr le§ arti<^es dQ la trèy^, eu quoi ^Ue étoit diffëçepte avec le projet, dcmi^ à M. le président Richardot , ejfts^pible les raisqps du ch^^Bgçpfieji.t ^ qu^que? articles , e^t qu'ejafin il n'y a xm qi^i fioit dfî considération pou^r empêcher le pa]raç)ièveiçiQat de ce bon cçuyrç ; les priant » s'ils dé-^ sir^pt qu'on en sorte heureuseiaçnt , de n'ayoir plq^ recours à aucunes autres ouvertures qi nouv^Ue^ rmises, et que vous, messieurs , éti^?i dQlil)ér4i' d'en sortir à ce coup , ou de n'y plqs penser, Vp^s nous aviez à cett^ occasion donné par écrit votrp consentement au pied des articles , et prié de retî-
ig6 NÉGOCIATIONS
rer pareille assurance des archiducs , avant laquelle vous n'entendiez envoyer vos députés , et que lors vous le feriez non plus pour conférer , d'aufant que vous aviez dit votre dernier mot , mais pour conclure et traiter. Néanmoins pource que la fin de la trêve approchoit, et qu'on a bien prévu qu'ils auroient besoin de plus de ierifps pour conférer entre eux , et recevoir aussi les commandemens des archiducs sur ce sujet , vou3 nous aviez permis de consentir à la prolongation de la trêve , si elle étoit requise par eux , jusques à la fin de ce mois , et non plus avant ; par ainsi qu'ils dévoient bien employer ce temps en sorte qâ'ils nous puissent donner par écrit la résolution desdits sieurs archiducs dans le vingt-quatrièine du mois 9 jusques auquel jour nous l'attendrons ici ; et si elle est conforme à la vôtre , nous vous l'enverrons , et prierons de faire venir vos députés en ce lieu , pour conclure et passer le traité ^ mais s'ils en font lors quelque refus , ou demandent nouveau délai, que nous sommes délibérés de nous retirer, pource que nous jugeons bien* telles remises être recherchées à dessein et pour gagner le temps, non pour traiter sincèrement.
Leur réponse a été générale et en paroles honnêtes , avec déclaration qu'ils eu veulent aussi sortir promptement, ayant avis que le confesseur est parti de Madrid le vingt-huitième de janvier, et devoit arriver à Bruxelles dans le vingtième de ce mois au plus tard ; montrant toutefois avoir déplaisir de ce qu'on les presse si fort : et pour leur faire mieux connoitre que ce n'est pas leintise, nous avons été d'avis de retenir au port les bateaux et navires , jusques à ce
que nous soyons certains de la résolution qu'ils voudront prendre. Nous vçus envoyons l'acte de prolongation de la trêve signé par les archiducs , afin, que vous nous en renvoyiez autant au plus tât\ encore ne pouvons-nous faire jugement au vrai du. succès de cette affaire y si semble-t-il qu'il y a quelque occasion d'en bien espérer ; au moins saurez-vous bientôt, ce qui en doit arriver par la conduite dont nous usons : et cependant nous prierons Dieu , messieurs , qu'il vous maintienne en tout heur et prospérité.
D'Anvers , ce douzième février 1609.
Vos y etc. P. Jeantïin , Russy , Ri. Spencer ,
Rodolphe Winood.
Lettre de ilf . Jeannin à M. de Bameveldt , dudit joitr
douzième février 1609.
Monsieur , les propos que nous tienn^t les députés des archiducs nous doivent &ire espérer bonne issue de cette affaire, sinon que ce soient artifices plutôt que vérité 9 dont peu de jours nous éclairciront ; car nous pressons la résolution , jugeant qu'il n'y a rien de pis pour votre Etat que demeurer encore quelque temps en l'incertitude en laquelle vous êtes. En voyant M. le président Richardot , il nous a parlé des contributions , et déclaré qu'on ne les peut plus lever l'un sur l'autre sans hostilité^ et quand nous lui avons répondii que , par le projet écrit de sa main , il consent que les villages ethameauxdemeurent au même état qu'ils étoient avant la première trêve , il réplique n'avoir pourtant entendu qu'on y commette. des actes d'hostilité y et que telles contributions qui ne sont
dues avec justice ne peûvetit être tevëes , sinon parr contrainte et avec la forôë , faisant ainsi ressentir aux plus ficnble^ leis injures et violences de la guette. ISdûVeùëz-Xrotts , é'i! votts plaît , 'de ce que j'e vcfus en ai "sètfvent dît el fépëté avaint mon dépari 5 je vois bien qu'ils seront pont inisfi^er *sur tet article , et si afiiisi est , outre Tintérêt gënëral , "M. le pitnce Bïautibè en aura tin particulier', Siquoi il iseroit biien rai* Bbtinable de pourvoir dès à présent sans attendre la conclusion 'du Uràité. Je vbuS en ai sttfp{:Aiëphisièiirs fois, je iefaisénborede tbutetnon sl£Pettion, etlejuge autant juste poiir la considëration de son tnërite , que nëcessaii^ pourVchïs maintenir tous en bonne union, Faites-le , monsieur , et croyez en ceci vos amis, Côst avëe uhe ttès-boiine intention qfue je Vbus en donne le conseil , et de même aJBectibn que vous baise bien humblement les mains , et vous dirai de plus que le Roi a ordonne trois c^nt taîllfe IrVrës, 'îTëcris encore pour fàîi*e accroître ce secours , sil eii possâ>te, ïe surs , monsieur, Voftne , etc,
A Anvers , fee douïièfme jpëvrier i'60^.
Lettre de messieurs 'Jeàrtninet de Rt^jty au fRai, du'dau^ième:^fi^iei'i6og.
SlKE,
l»es lettres de votre Hiàjestë du 3o de janvier nous ont étë fendues par le courrier Picault, le 7 de ce ïnbis^ à iBreda , sur le chemin de cette viHe, où nous ne isonithes arrives que le 9 au soir , tant pour^la icontrariëtëdes vents sur la mer, et,'apràs nous être remis
DU I^RÉaiOBHT JEANNIN. 't^
«en terre , pour Vinceiinaedîlé des.cketaiins et du mau«vais ieni|is. M. le ndrc{uis de Spinola et ie» autres députés des aFc^iducs nous jvincentau devaoït , «comme aosâi le^ magistrats de la ivitte., lesquels nous ont fait tQo^efi sortes d'h^nneucs et de tsourtwles , >et déclaré ip£i]s atliende»t Jeur xepos. du mm qu'il plaît k votre .Miyiçsté prvendre pour tfaire cesser icette guer^re. Le lendemaîa de «atre arcivéeiiit emfdegrë à 4aipe^ reoe.vak .4es vîntes , let le jimr d'hier à rconfêrer avec le^ àéff^tés d^s archidttcs , auxquels noms avons iait , eoit^ndre^ k iréaobiliioiiides EHats ^montcëce qu'ils nous ont doiipé par jécnit^ .et qu'il y a^sî pcn de «différence ^eatre Jeur .rjésaltt^^u tet le ^pnttjet mis es mains de M. le président Richardot , qu'ils ne peuvent {Aus dî^ iërerottrrefiifier de tsaiter san^Hùre connqitre évidem- .QteDt ^'àô n'e« ^ntjamaÂs e«i vQJooitë. JNous sommes là-ijbfiSiAS ^nt-i^és endisGOtti^ du /soin, kIc rinduistrie et,patii)eaoe«dontil ajfallu isiaerienvers les Etats ipour lea persuader .y.lewrd4dwsantaus8Î les^raisons du d^kwargemettt.cpiiiiaiété £iit. en ^quelques articles, ^t y a]ou- .^ant^siir la fin que fles:£tat8 lea veulent^ortinà cecdup, ^u<i:ypl)is;penser., ajsmtmômie Mréué astre eut: de «l'envoyer leurs députés jusqu'à <<^ que les arcbiduds Aou^ aientjdpnné p^r écrit, ,09mmfi eux^ont fait , >qu'ils •acceptent tojos Iqs articles de.u<Kiie pcàjet. £t pour ce '^vCèls UQUs direnft que c'était leur prescrire une loi trop iJigpubreiifie^ . et qu'iJbs ne pemivoiQnt aussi , en si fm, de teo^ iqup la trève.doit durer , ocmférer entre eaxrsur ic^. sujet ni ' y < fake. premke «ne dernière résolution 9X1^ àrjChîdttCS , m imoyen de qveii il. étoit du tout, requis ;de la, p^^onger , >n&os ayant jugé leur demande raisonnable, on na fm eobpécjl^er cette. pro-
200 TUÈGOClATlOVa
longation. Il est vrai qu'elle est seulement jusqu'à la fin de ce mois y et apcès leur avoir déclare bien expressément que s'ils ne nous donnent la réponse des archiducs, par écrit 9. conforme auxdits articles, dans le yingt-quatrième de ce mois , que nous nous retirerions avec grand regret et déplaisir de ce que le soiki de .votre Majesté et notre travail auront été inutiles. Et pour les mieux assurer que ce n'est pas feintise , nous avons.iait demeurer au port près d'Airviers nos navires pour nous en servir au retour , où, s'ils nous donnent la déclaration que nous désirons , les ren^ vpyer pour amener les députés des Etats , lesquels entendent y venir, non plus pour conférer , mais pour conclure et traiter.
Cette façon de procéder si précise nous a semblé nécessaire pour avoir reconnu d'entrée qu'ils affectent encore de nouvelles longueurs et remises. Ce temps en effet doit suffire s'ils ont envie de traita* , non de tromper ; car eux-mêmes nous ont dit que le confesseur partit de Madrid dès le vingt^buiti^e du mois passé , et qu'il pourra arriver à Bruxelles le vingtième de oe mois au plus tard. Puis il est cer^ tain qu'ayant eu ces nouvelles le neuvième par un courrier. venu.d!Espagne , ils sont à présent informés de. la volonté du roi d'Espagne \ nous croyons même qu^ils la, savent dès long-temps, et qu'ils publient' le contraire pour gagner temps , et avoir la cessation d'armes pour cette année , qui est le remède auquel les. archiducs tendent au cas que ledit sieur Roi ne veuille traiter. Ils scmt "donc réduits à présent à la dernière nécessité de se déclarer , et fàut^ qu^on découvre les Espagnols pour trompeurs , ou qu'ils trai^
tent , attendu qu'il n'y a rien en ces articles qu'eutmêmes n'aient consenti et approuvé lorsqu'ils étoient à La Haye. Si on peut juger quelque chose de leurs paroles , il semble qu'ils en veulent sortir , et néanmoins leur conduite passée nous tiendra toujours eu crainte et soupçon jnsques à ce que tout soit fait. Nous leur avons rendu de si bonnes raisons de l'instance pressée que nous faisons pour achever , qu'à notre avis ils la prennent de bonne part. Votre Majesté trouvera peut-être mauvais la prolongation accordée par nous jusques à la fin du mois ; mais en la refusant on eût fait soiipçonner qu'on vouloit rompre , et je sais qu'elle en est du tout éloignée , puis c'est pour con-^ dure tout. Nous voyons que par ses dernières lettres , aussi bien que par les précédentes , elle continue toujours à juger qu'il étoit plutôt nécessaire d'envoyer ici quelqu'un pour obtenir une déclaration par écrit des archiducs touchant l'article de la liberté, que d'y venir nous-mômes. Nous lui avons fait entendre nos raisons par la dépêche que lui a portée le sieur de Sainte-Catherine , ou plutôt l'impossibilité d'obéir à ce commandement , attendu que nous étions d^jà engagés au voyage lorsque nous le reçûmes : joint qu'il eût peu servi d'avoir cette nouvelle déclaration sur l'article seul de la liberté , parce qu'on en a déjà autant y et qu'il y a assez d'autres articles sur lesquels on eut pu contester pour remettre l'affaire en longueur ou rompre ; au lieu iqu'à présent nous prenons un chemin pour obliger les archiducs à tout , et finir tôt d'une façon ou d'autre.
Nous avons aussi mis par ce moyen l'affaire en nos mains , comme il étoit du tout nécessaire pour empê-
203 NÉGOGIÀTIOKS
chéries longueurs dont les dëputiés des£tatS'eiiSBrat use en coafëraDt eiti-aoéines » let lescfautes que la plupart d'eutre eux easseat faites ccaii^de roiof^re. £n quoi il n'y a danger que d'un tel îoooaYéaîeirt représenté par ses lettres , qui, à k vérité ^ est^de gnmde considération, à savoir que urnis ne.soy^ms temis.pour auteurs .de la rupture siteHe avient^ mais eB>itou6 re- •tkant nous ne Ja ferons pas , bien déclarerons-fiious aux djépulsés des arcbiducs que nous Jbi ciai^ms : ausisi efitril certain., quand les Etals eussent conféré eux-mêmes , qu'ils eusaBUt v<mhL av<ïir noire avis avaUft que de tompce. Or ûbacnn sait déjà qne votre Majesté n'approuve poipt d'autre trêve que celle de notre projet, qu'eUe juge la longueur dommageable, et Irpave^maïuvais qu'on continue la cessation d'armes >pour tcette tannée \ fOt néanmoins si k rupture absolue avi^nt, ce serapource -que les Etats n'auront voula aecorder l'une ou iFantre , dont on ne ponrxa dii^e au- Me dbose 'oontiie votre .Majesté -, {sîsKxn \qu'éUe m'a «TOidiu conseiller infidèlemeat tses antis^ et tsn.attriibiiera-t^ou ton^îoavsia vxaie .cause àk tromperie et -ami: artificesrdes Ëspeignalis. iKousinsîstons xmpea ^ iceUe ^défense, afin. qu'elle reçoive nos ^excuses , foardéesplutAt sur k néoessité^de l;état auquel étnient les ai&ires lorsque tious avons reçuse&commandemens., que sur aos/raison&que nous jugerons toiijoucs foijbles et.mauvais^ quand elles.ne seront approuvées rparelle. Nous aivons occasion de nous louer de k coih iduste des ambassâdeujcs d! Angleterre xjui ^n'ont plus qu'un même sentiment avec nous, et veulent qu'un .diacun le connmsse et enjugeainusi. Noms ne kissons de ^veiller et nous défier de tout pour n'être surpris.
DU PRÉSIDENT lEANNIN. ao3
Nûû$ pri^tis Dt€ii 9 Sîre , €fu4domie à votre ïi^Iajeistë , eûlrè^psiifâiiesâi&të, très4otigue«t très-4ieiH^se rie.
D'Anvers eè dèieu^ième -février 1809.
%B^ «te. P. }E&iwm'etRvs9Y.
Lélire de M. leamdn ^ M. de f^ttetoy, dudhjour doit-
Mcmsitetiti , nous étions; e^igagés , avant qu'avoir reçu le commandetneait^n 5R.di , pour^etovoyeriyltttîât ici qued'y vemr : orflre ce qtfil eût pen servi d^oîr tthe newvelle ftëcltff^ioii des «rchidues^wr iWtiote de la îîbertë , cafr elle n'eût pas été meilleure que celle que nous aviMi^ tl^à , et ti^'eât non phie empâché la longueur et rupture sur autres articles, dont on •trowe'lotyours aaseïi de prétextes. "Chr , étant venns eu ce lieu , nous'les réduisons à cette nécessité de dire leur dernier mot , et retranchons toutes remises \ à quoi il:fattt^tetidreqai4E»i ^reut bien soi^ir. iEfotis eussions temtelbî^ $ûivi le ecmifmiiidemeïit ^ Roi, «tiS'^ife -avis s'ibfôf^enu plus tôt; 'car je sais que-^ous mfj&L l^ltfe dlfltir q^ nous, et que mon âevoir^st d'ob^ saqs iappdseries-râisotis^u^^KHnmândemensda^malire.
îe n-ai encore ^u le prêtent ÎRiôbai^t 'en partictfliieFr , 'tiKÛs sedlemerrt «en l-assemblée des ambassadetïrs d'Angleterre ' qui ^eomidtiîsertt très-bibn ; sine ïâissë-ye tf'en être ten cminte quand je ifue-sou^viens éa •passé ,^ët me représente ^«eSaî'ifajestë et leri^î'd'Aniglétettrie nesbiit afss^ bien ensemble pour croire qu'ils aieiit ^em même iwit et dés». 'Rien n^st^ewtefois omis denëtrepartpourleBÎhduiré de continuer ew ^eelte bonne volonté, d'autant que cela sert à faciliter le
904 «ÉGOGUTIÛN^
succès^ des affaires , et ne diminuera en rien la gloire du Roi si elles vont bien, chacun jugeant que c'est lui seul qui fait tout par son autorité , et la créance quHl a* Il nous fautencare quelques jours pour nous éclaircir de ce qu'on en doit espérer ^ mais leurs paroles sont très-'bonnes , et me semble que Tinstance pressée que nous faisons doit servir d'excuse aux archiducs pour traiter quand ils n'en auroient même la permission expresse. Ce mot est à la hâte. Les trois cent mille livres tournois viendront bien à propos aux Etats, et encore mieux , s'il plaisoit à Sa Majesté faire jusques àquatre cent mille livres tournois. Je suis , monsieur^ votre , etc. P. Jeanntn.
D'Anvers , ce douzième février 1609.
Lettre dudît sieur Jearniin à M. le duc de Sulijr, duàkjonr
douzième fémer 1609.
Monsieur > je loue Dieu de votre convalescence , qu^e j'ai aussitôt sue que votre indisposition. J'ai senti autrefois et souvent le même maJ, puis ne l'ai eu que parfois, et l'âge le diminue toujours-, j'espère qu'il vous aviendra encore mieux , et le désire aussi , ou plutôt qu'en soyez guéri du tout. J'ai écrit au B.oi par le sieur de Sainte-Catherine les raisons qui nous ont fait venir ici , et vous en ai aussi rendu compte. Je me promets que notre voyagé fera plutôt du bien que du mal , les députés des archiducs voyant bien qu'il n'y a plus moyen de reculer , et qu'il est temps de dire le dernier mot. Leurs paroles sont bonnes, disent que le confesseur est par les chemins , qu'ils ont reçu nouvelles de lui, et espèrent bien di;i succès de son
DU PRÉSIDENT JEÀNNIN. aoâ
voyage. Je crois qu'ils en savent plus, et sont même du tout informés de la volonté du roi d'Espagne ^ ainsi ,, s'ils tendent à nouvelles remises, c'est un signe évident que ledit sieur Roi n'approuve le traité , et qu'ils veu^ lent seulement essayer , en. prolongeant la trêve de! temps en temps, d'obtenir la. surséance d'armes pout^ cette année que les Etats doivent fuir , pource qu'en>* iin je craindrois qu'elle ne fût cause de les diviser et, brouiller^ comme au contraire, s'ils veulent traiter dès à présent, ainsi qu'ils disent et que nous les en près*sons , comme vous verrez , monsieur , par les lettresdu Roi , nous en devons bien espérer ; car en eiSet il! n'y a rien en la résolution des Etats qui ne soit au projet donné à M. le président SSichardot avant son départ de La Haye , ou le changement est si petit , qu'il ne doit empêcher le parachèvement de ce bon œuvre, dont j'espère toujours bien. Je suis , monsieur, votre, etc. P. Jeannin.
A La Haye , ce la février 1Ç09.
Lettre de M, de Villeroy à M, JeanrUn, du quatorzième
février 1609.
M0NSIE17R , don Pedro de Tolède s'en est allé et a pris congé du Roi le douzième après quatre heures du soir , et partit à la même heure , tant il avoit hâte de déloger. Quant à moi , j'ai cru qu'il n'a désiré que le confesseur le trouvât encore ici , et que nous apprissions par lui , en sa présence , que son Roi a changé de conseil sur les affaires des Pays-Bas. Tant y a que ce bon seigneur, après avoir s^ourné ici six ou sept mois , et avoir durant ce temps tenté par tous moyens
la foi et CQiistaMe du Roi earers. sear allies pour Te^ branler , s; en Fetoupne ooâune il esl v^nit \ ear Sa Majësié a'a e« aiirec lui cpi'im mol depiois sa deuxième audreiice îusqueis à la dernière. En celle ^ ci â n'a }Murlé avcuneMient à Sa Majesté m d'alliaiaree » «i de& traités, des Psgrs^Bas. B n'a paft dit tQtttcer <{ii'il^a pense y et ne doute point qu'en son ame il ne rem-* porte plus de mécontentement pour son maitrq et pour lui, cpn'il n'a voulu le ii|oiitrer; œla ne mhus ëtonne et chainge pointe Si en Esps^e ila QOt cru et espéré , lorsqu'ils Font dépécké vevs le Roi 9 faire faire à Sa Majesié un pas de derc ^ c'est-^rdire obose indigne d'elle , et pr^udkiable à sea ai0aire9 , ils ont mal connu notre maître , et. se SKHit fortabusés* Ils a^ a'en doivent prendre qu'à eux-^mémes* Toutefois je ne doute point qu'en leur cœur ils n'en, soiait ulcérés « et partant ne recherchent ou embraient les occasions de s'en yenger ^ mais notre reconfort est qu'ils s^^xt foibles , et que nous avons de quoi nous défendre 5 et même leur rendre ce qu'ils nous prêteront.
Ledit don Pedro a'a pour c^a fait conleiianci^ k son départ d'être mal satisfait; au contraire, il a voulu que Sa Majesté crût qu'il s'en va très-obligé à elle de la franchise et cordialité avec quoi elle a traji^ av^ lui* J'ai estimé devoir voua informer de ces paxlicularitiés pour voua eu servir ou vous êtes* V09 defuières lettres sont du vingtième du mcÂs passé» et les nôtres du quatrième du présent, dont M. deBethune a été porteur. Nous vous croyons à présent k Anvers , où* nous estimons que l'on vous, aura d'abord proposé une nouvelle piolongation de la cessation d'armes qui doit expirer demain , de quoi nous estimons que voua
DU i>RÉSIDENT JEANNIN. 20^
aurez êvr peine à • vous défendre ; et toutefois nons^ croyons ici que vous ne tirerez jamais le dernier et bon m0t de ceux auxqnelis^ vous avez affaire , cpie vous ii'aj^ez coupé broche auxdites cessations ; mais voas êtes sur les lieux pour mieux en juger que nous , et devons nous- en rapporter à votre avis.
Nous estimons* ici que Fon^ mettra peine de vous persuader la trêve simple pour vingt ans , sans faire mentiofli de h reaonciartion de la souveraineté devant que de se diéboutonner d'autre clK>se , et au refus de cela j que les archiducs offriront de traiter ea leur nom sans parler du rœ d'Espagne , et néanmoins vous donner pour hû tociles les assurances nécessaires , et , si vousne vo«sen contentez , ils ne frandliircmt le saut pour ledit Roi , mais demanderont que cette déclaration de souveraineté soit restreinte au temps que la trêve durera , et que les Etats s^absttennent du tout de la navigation des Indes. Voilà Tordre que nous avons entendu qu'ils doivent suivre en leur négocia* tioû présente; mais nous estimons qu'enfin îlss'accommoderont à votre projet si vous tenez bon et que vous dbrëgîez ladite cessation dermes; car certainement ils n'ont moyen de faire la guerre cette année. CTeSt pourquoi ils feront ce qu'ils pourront pour la passer en n^ociations et remises si vous n'y donnes ordre. Nous avons pourvu à l'envoi de trois cent mille livres , qui a été uii peu retardé à cause de l'indisposition de M. de Stftly , qui a été fort travaillé de la néphrétique , dont il est sorti depuis deux jours* Âii reste je vous énv<»e un éloge fait sur la vie du Roi , qui a été assez Hen reçu de ceux qui l'ont vu , et salue vos bonnes grâces de mes très*affectionnées recommandations ,
2e8 KÉGOGlATIOIfS
en priant Dieu , monsieur , qu'il vous, conserve eç bonne santé.
De Paris , le quatorzième jour de février x6og.
Votre, etc. de Nbufvillb.
Lettre dudit sieur Jeannin audit sieur de f^illeriff, du
seizième février i6og.
Monsieur , vos lettres du deuxième et quatrième de ce mois m'ont été rendues aujourdliui même par ce laquais auquel M. de Bethuue les avoit données à La Haye ; et le même jour M. de Bemy , qui est en ce Heu , m'a aussi donné celle du huitième. Je n'ai rien pour le présent à vous mander ; car , vous ayant écrit le douzième par la voie de M. de Berny , ce qui s'est passé en la première conférence faite entre nous et les députés des archiducs , nous attendons le retour de M* le président Richardot, qui est allé trouver les archiducs à Bruxelles pour savoir leur intention , dont nous donnerons avis au Roi aussitôt par le courrier Picault que nous lui enverrons exprès. Ceux qui vous ont écrit d'Espagne ne peuvent savoir au vrai leur secret, ils sont trop couverts et ne l'apprendront jamais avec certitude qu'à l'instant qu'il faudra traiter ou rompre. Ainsi il est nécessaire pour en bien sortir, et.promptement, de montrer que les Etats ne craignent point cette rupture ^ les affaires sont aussi en tel état qu'on ne peut plus prendre autre conseil : je ne sais qui en aviendra , mais j'en espère toujours bien. Les députés d'Angleterre continuent en même avis avçc nous. Je répondrai plus particulièrement à vos lettres par le courrier Picault qui
})tJ PRÉSIDEKT JEANKIN. ftog
partira sans faillir dans deux ou trois jours au plus tafd^ pour ne laisser Tesprit du. Roi long-temps en incertitude du succès de cette afiaire. Je prie . Dieu cependant , monsieur , qu'il vous maintienne en tout keur et prospérité.
D'Anvers, ce seizième de février 1609.
Vdlre , etc. P. Jeanvin^
Lettre de M. Jéannin à M* de TVandermiîen , gendre de M, de Bameveldt, du dix'-huitième/éiTier 1609.
Monsieur , l'arrivée de M. de Bethune à La Haye aura , comme j'estime , donné l'alarme ; car je vois bien par les lettres du Roi, que ledit sieuf de Bethune m'a envoyées , que Sa Majesté n'espéroit pas , lorsqu'il est parti de France , que le roi d'Espagne voulût consentir à la trêve , et par ainsi qu'il se falloit préparer à la guerre. Mais nous en jugeons à présent tout autrement , et qu'au contraire les affaires sont en état qu'on en doit très-bien espérer ; car les députés des arcliiducs consentent notre projet, fors en deux articles , dont l'un est qu'ils n'accordent la trêve , sinon pour dix ans , et nous la demandons pour douze au moins , et y insistons toujours ; l'autre est pour les contributions qu'ils veulent faire cesser du tout , ainsi que je l'ai ci-devant écrit à M. de Barneveldt , en quoi il y a de la justice ; mais j'y vois de l'intérêt pour l'Etat , et pour M. le prince Maurice en particulier , que je supplie M. de Barneveldt aider à faire cesser, et nous ferons de notre côté tout ce qu'il nous sera possible ici. Nous écrirons à messieurs les Etats au premier jour pour les prier de venir à Berg-op- T. i5. t4
atO KÉGOCtATlOKS
Zooixiy^xns leur représenter les difficaltë$ tusditeS; crainte que cela hé fut cause èè retatrder leur TOyaff e ; et nous irons ndus-métees vers eux aràdit Ke^ pour eni conférer , et les &ire i^ésoadre âTant Aiéilàe qoe leurs députes viennent ici. Je vous supfdîe clmnau' niquer cette lettre k M. de BameveÛt, et qA'ille sadieseul sans s'en découvrir à personne, lé ménie <^e je vous aie écrit sur ce sujet , car je n'écris que cette seule lettre , me réservant de le faire lorsque nous donnerons avis aut Etats de ce qui aura été £iit en ce lieu , qui sera dans deux ou trois jours , s'il plaît à BieiL Cependant je vous baise bien hamUement les mains i et suis ,- monsieur 9
Votre y etc. P. jEàHBlN.
. A Anvers 9 ce dix-haitième février i6o^.
Lettre de messieurs Jearinin et de Russjr au Roi, du vingt^troisthmeféiTter 1609.
Votre Majesté aura vu , par notre dépêche du douzième de ce mois ^ œ qui s'est passé en la première conférence avec les députas des archiducs y et que M. le président Rîchardot éloit allé vers eux à Bruxelles , pdur rapporter leur dernière réscdatien sur Taffuii^e que nous traitolis 3 d'où étant de redoiir le seizième au s^ir , il fut voir le lend^ain matin le sieu^r Jeannin 4 avec lequel il communiqua fort partieuUèremetit , et lui dit aiinssi qu'il vouloit aHer voir l'après -dînée les députés d'Angleterre, y menant avec lui M. Mancicidor^ a6n qu'il fût témoin de ce qu'il leur devoit dire et de leur réponse 4 lui faisant
entendre quç c'ëtoit ppw la trêve flimple , et afin de savoir s'ils avQÎmt quelque ^banrge fia Roîkiir maître de la pcQpetser t ce qnâ noue fat eoo^mé le ^nénie joq^ par lesdits sieurs dëpu^ ^ lesquels avoient dé^ claçé qi^^U n'y «voit pliips autre moyen de ^ohr cette affaire <|ae par qatre projet , et sur k résolvtMm ()es États* J^ l^ndemaîa dix^uktème^ TasseBifeliée &e fit sur les dix heores dq fi^atip a^ logîsdu sieur Jeannin , où }edH sieajr présidât y après les renenetmens faits du soin que votre Ms^^té et le roi d'Angleterre pren*' tient poiir les mettre eii rf pos^ 6t lui-méiae lecture de BQS articles , et sur ehaenQ d'ieenx âédert FiuftentlQu dçsareliidiics et celle i^ roîd'Esfiegoe ^ dosi il dit 4|a'oB éteit lors si bîe& informé^ ^ qu^il ne leur étoit fiuB besoin d'ait^ndre le retQiur du confesseur» Les difficultés qu'il nom a jaites sont celles qui en-« suivent : ,
La première » pQur dter la qualité de haixtsetpnissans seigneurs qu'on attribue par ia préface aux Etats» les archiducs ofirâMit de n^en point pi^eiidre pour eux 4 et de n'en donner ^on finfi au roi d'Espagne* Nous avons fyix instance pour les eonserrer ^ dit nos rai-> soms » e^ eafta que nous étions tant assurés de leor prudence 9 que ,«i ^ous ne pouvions vainci» les Etais pour les .en &V^ abrtenir, qu'eut se laisseroient per-* suader. Us ont pai'lé après di^ premier artide concert fiant la til)erté , et montra qu'il leur étoit grief d'y consentir 9 que tont le codiiseidi d'Espagne y a .toii^urs contredit > mais que le roi d'Espagne , vaincu plutdt des prières 9 ^u respect et dej'amttié qu'il porte aux arohidiics que de tjoute a^itre xionsidération ^ s'y étoit laissé aUer*
La seconde et principale difficulté, sur laquelle ils ont aussi le plus insisté , et dont ils ne sont encore d'accord, a été pour le commerce des Indes ; d'autant qu'en feignant de l'accorder de gré à gré ils essaient de l'ôter du tout , 4îs^i^^ 9 6^ premier lieu , qu'il ne faut point exprimer ce mot des Indes , comme étant trop odieux en Espagne, mais se contenter de ce que la trêve est générale, sans exception de lieux ni de personnes, et que cela suffit pour faire cesser tous actes d'hosti-^ lité aussi bien aux Indes qu'ailleurs ; et quant ad commerce , que ce ne fut jamais l'intention du roi d'Espagne de l'accorder es lieux , places et ports qu'il tient èsdites Indes, mais de souffirir seulement que lesdits Etats et leurs sujets puissent trafiquer es pays , places et ports des autres princes , potentats et peuples qui le leur voudront permettre , sans qu'il leur donne aucun empêchement , et qu'il est encore prêt à le consentir par un traité particulier , ce qu'il n'a faitjusqu'ici pour les sujets d'aucun autre prince. A quoi nous leur aurions répondu que la trêve étant générale , et.le trafic de gré à gré, il devoit être accordé partout, les Etats l'ayant toujours ainsi, prétendu et demandé; mais quand ils se voudroient contenter de trafiquer es pays des autres princes et potentats èsdits lieux des Indes , ce n'est assez que ledit sieur Roi promette de ne leur donner aucun empêchement , si les princes et peuples avec lesquels ils ont fait des-traités pour le commerce ne sotit compris en la trêve comme leurs alliés, crainte qu'on ne leur fasse la guerre à l'occasion dudit comiherce , encore que ce soit en apparence sous autres prétextes , et par ce moyen ils ne soient détournés de continuer ce trafic
DU PHÉSIOE^iT JEANNIN. .Il3
avec eux ,• attendu même que les mafchàacls^ li*iront plus dorénavant à ce commerce , à cause de la trêve ^ que foibles et sans être équipes en gens de guerre^ au moyen de quoi ils deviendront méprisables , et n'y aara plus aucun prince ni peuple qui se veuille mettre en hasard d'avoir la guerre contre les Espagnols à roccasion de personnes qui seront sans force pour les défendre. Mais ces raisons ayant été rejetées avec véhémence , et déclaré par eux que ledit sieur Roi ne le conseiitiroit jamais , quand tout traité devroit être rompu , après y avoir encore contesté et persisté à diverses fois , et par trois jours entiers , nous avons enfin proposé cet expédient » que du moins ledit sieur Aoi promette de ne donner aussi aucun empâchetnenl à ceux qui voudront faire ledit trafic avec eux y non plas qu'aux Etats et à leurs sujets ; leur disant néan^ moins cpie nous ne pensions pas le pouvoir faire approuver aux Etats , mais que nous ferions tout devoir de le leur persuader.
Plusieurs écrits ont été faits là-dessus , toujours re>jetés par eux ou par nous. Enfin le dernier fait par noas est celui dont nous envoyons copie à votre Majesté , envoyé aussi par eux le même jour aux archi*ducs, pour savoir s'ils le voudroient approuver ou non , dont nous sommes incertains , et néanmoins Tespérons ainsi , d'autant que M. le président Richardot a bien reconnu qu'il ne devoit attendre autre chose de nous , et que nous ne l'accordons pas encore pour l'approuver , mais pour y aider envers les Etats.; ce n'est plus par un traité à part , mais par un article du traité général , qui nous semble assez exprès pour dire que le roi d'Espagne ne leur pourra donner au^
ai4 VÉGOGIATIOXS
cun àmfjéchement à ce trafic , rii k îears aUiës qni le
lent ^linwttronté NoHfi cfaigHens néftfitnOrins i^ue les
Etats n'y i»p{iorteKt de la diffietilië , à csliise -qfie nlén-
tioni nVst faite «xpDesBëMent des bides , et diront ,
ootame ils Saiseitût rar Tsrttelë de la liberté , si 'c'esl
riBftemtÎBfi du roi d'Espagne de «'empêchet' le t^olii'-
dMvce des iades , «qu'il ie de^ dëdàrer ttoittnéraent ,
ei «on jfvec des direenloôuliom tpri peuvent aroir de
YtimiÀffÊÊ^ , et qme oeïie <nation , ennemie dès flol -
laÉbdàis k teailse des bÉnuleB fài^ées , l'interprétera
toi^ôofs à )son avftfttaFge ^ puis ceux qui ne Veoflènt la
trère se serviroht de ce «prétexte , plutôt pour la faire
•t^eter ifue ipour itatpe vatîsèn , y en ayant assez eu
effet ; tarie roi d%^ag&e n'a aùcun4roît d%rterdire
le commerce des Indes 4 qui ijue ce sdii, 'sincm dans
ses )poMs«t places qci'â tietit, toéh "es lieut -et places
d'autres poteMtfts <tuiiite ^oc^ ^es si^éts. Musi-taffit
qu'il fi'abtqge de ne tour donner 'aucun «mpêëhement
ni à ceux qui ferontle trafic avec eux ^laquelle obtiga^
•tien n^ëioît^n%!ic^reBëeesââ(Fe, puisque la trërédoh être
igénârsUepantOut, slinsdisliuctiôn dé lieux^ni de per*
sénnesK, vet pair ioeilioyen 'aussi bien en ces eitdroits-là
eànmeiaîUeuré. Davantage j il ^tbieh certain que ce
rtcafic , ilequiâ oÉtservi à TBtat par^hosBiité/leurde*
yiendca inukile étant at>oorâé de gré à gré , Ce qu'on
0vdit liiènpréiru. auparavant ; mais les tnarchands l'ont
idéttmndë etdé^ré ainsi kontire ntytrè aVis; et fonte-
f ok iles 'hdi&mes eiltëndusën ce iG^stfiocroient qu'As y
^ghèrOùt ^i peu qu'ils eu siéront bientôt dégoûtés;
étaht tràiSeitoWrible que les >Espagh61s useront dé
toutes sortes d'àKiftbès lètde rustas poùt leur y faire
rieoevoir des pertes , soit en mer .par letirs getts qtfila
DU PRESIDENT JËANNIK. àl5
dé$av^j4i^ra&l jet diront que ,çe sont lûrates ,* eu par le refco!idU6iemeiit.qttals troaveroiU es geM.du pays , s'ils oV xODt toujours Avec forces. Or ï y a Appar^jçice que pour se décharger de dépenses ils «ne le ibront pas p ^ rjEtat AQ& plusio'y isoadra idea .eontidhuer , ifi coin** m.eipe jétaat accordé de %ré à f[ré. & peasons-^ous avoif {^gné i>eaiiiooup ^i xat ai;tiole jest accordé par les {iixshjdvoside Ha £tçon qu^il «sft mis. Les dépotés d'Aogleteroe y oM persiaté avec nous, disant avoir charge ide ne ^ point séparer de oios a;vis , et néan- SMiios^ue leor Koli^ consentiroit jamais qu'onxompe le jti:;^té à x^ette ocqasion *, ce quliîs ont dit À part à M. Je président Hiehardot 9 aânsique nous iavons.au;. Poor notre regard , nous nous y x^onduirons «selonque votre Majesté nous commandera , étant hien vrai que nous y avons déjà .tant contesté , que les députés des arohidocs iSemblent nous estimer m<;âas affeclionnés à leur procurer le repos , encore que nous >en usions ainsi pour jôtretbien informés que ^es Etats y apporteroDt.de plus ^[randes difficultés de leur câté.
jLa (troisième. difficulté ajété pqur les contributions, qu'ils dtsent.devoir cesser durant laitrève sur les pays et sujets les .pas des autres , attendu que ce^ont vrais actes d'hostilité 3 et néanmoins Jes Etats prétendoient les Je ver ^dedans certaines limites , selon qu'il est contenu >en 'Uotre projet. Hoiis y avons ^résisté étant à LasHaye^ pource que nous «trouvions dès lors cetar* ticje injuste ^ mais œux, qui manient les affaires s'étoieat promis que les archiducs , qui en lèvent aussi deileur -côté , y oonsentiroîent volontiers. <Le pis que nousy voyons^t que M. le prince Maurice y a grand intérêt , en quoi il n'y a autre expédient » siçon qu^
ai6 NÉGOCIATIONS . .
les Etats J'en dédommagent; car , de cecété ,'îkne souffriront jamais la levée desdites contributions , et il n'est pas raisonnable de les en presser, et moins de rompre à cette occasion.
La quatrième difficulté a été pour le temps de la^ trêve qu'ils accordent seulement de dix ans , et les Etats la demandent pour douze -, mais cela ne peut être cause de rompre d'un côté ni d'autre , non plus que la levée desdites contributions. Il y a< eneore eu plusieurs autres moindres difficultés dont nous sommes demeurés d'accord , et par ainsi • nous n'^n faisons mention crainte d'ennuyer votre- Majesté. Aussitôt que les députés auront eu réponse des archiducs sur cet article du commerce , qui sera dans demain au soir, ils nous doivent donner tous les. articles du traité signés, fors celui de la contribution. Us en ont faitlong- temps très-grande diffieulté , nous pressant toujours de faire venir les députés des Etats avec lesquels ils se promettoient être d'accord en peu de jours -, mais enfin ils y ont consenti sur ce que nous leur avons dit et répété souventes fois que, s'ils en faisoient refus et ne les donnoient par effet dans le 24 de ce mois , nous partirions le lendeinainpour nous en retourner sans prolonger la trêve, qui doit finir au dernier jour de ce mois , ni Êiire venir les députés des Etats. Leur signature nous a semblé aussi bonne que celle des archiducs , attendu qu'ils ont leur .procuration en bonne forme , dont les Etats oat déjà eu copie signée , et s'ils ont offert de la donner encore , outre ce qu'ils nous ont dit qu'Us l'enverroient aux archi^ ducs pour la faire ratifier. Cette signature nous assurera que Jes Etats auront la trêve s'il$ veulent , et il
DU PBBSIDENT JEJkNNIN. 217
y a raison d'eepérer qu'ils y consentiront si nous les en pressons de la part de votre Majesté ; sur quoi nous attendrons ses commandemens.
Nous enverrons vers les Etats pour faire venir tous les députés de rassemblée générale à 6erg-op-Zoom , sans leur donner avis particulier des difficultés qui resr tent, crainte que cela ne fût cause de les diviser en opinions pendant notre absence , et de leur faire perdre beaucoup de temps en disputes ; au lieu que nous nous promettons , les y allant trouver aussitôt qu'ils seront arrivés j de les mieux disposer , et de gagner sur eux ce qui est encore requis pour achever ; ayant été nécessaire d'en user ainsi, crainte que si on les eût mis ensemble avant que d'avoir résolu tout ou restant peu , qa'ils n'eussent consumé beaucoup de temp^ inutilement , et par cette longueur fait perdre l'année sans rien faire , qui seroit bien le dessein des Espagnols , non comme nous estimons celui des archiducs , sinon qu'ils n'aient pas pouvoir et liberté si entière et absolue de traiter que leurs députés nous ont dit , ayant peut-être été contraints de le publier ainsi sur ce qu'ils ont vu que nous les pressions avec menaces de nous retirer sans faire venir les députés des Etats, ni plus prolonger la trêve qui doit expirer à la fin de ce mois.. Il est vrai qu'après avoir donné tous les articles signés ils seront si avant engagés , que nous ne voyons pas comme ils puissent éviter la conclusion sans blâme y et sans donner un trop grand avantage aux Etats et à leurs amis et alliés. En attendant que les députés des Etats viennent, nous emploierons le temps à conférer des limites et confiscations, dont nous avons plusieurs articles , desquels on s'accordera
aiB^ KÉGOCIATJOJÎIS
s'il est possible , afia à^e les ipskiuer a« traité Rimais s'il y a tcop de difficultés et loi]|[iie«rs , joo les r>emeltra à quelque cox^éref^^ api:ès W iw%é , afin q«e riea ne nous empéc^l^e d'achever. liTowiVÂW» J)mi ^ âxre , q^'^ donae j|i yo^e Maje^tëttout bew.eïf cQApérité. D'Ai^Y^Sj ce vingt - tcQi^w^ féyjî^r i9» mar
Sire y ceQe lettre étoitéorîite k gq^r d'obier , «^t nous avons difféi^é de jl'envçyier^ ^tteodmt W reU^w 4« sievur Yerve^ibeii «aivoyé Viers les grcliî^yca , i^ui retourna hier atU sq^ ^ et ;a^u|<H|ir4'hui ffâUn , M* île iprér sident JRidiardat ;ious a dû ^u'il ii'41 1>^ )r|i|>pçtrté le consentement dôsdÀts Srieprs aïK^hiducstS^r'Pai^oledtt conp^nerçe des Ind^s , ji^QW fiÂ^B^t de li^ i^on^er loisir d'y aUe^flni-méi^e , et^ue poar>oe.faire et retç^-
aer il nedeoMinde querdom^jOiiMrs.J^^oiisy.^yfQaçGWsenti ^ ,exi lui dédamnty s'^l x^ r$^j]fporte jledit ^r^iclç ainsi ^u'U est écrit eu 1^ co}>ie .que noiiiâ ei;kV<oy.oyQs ^ {s^at^re Msyestë, quepo^s partirions iejlepdemainrpppr nous r€»n i^tournor san^ prolouiger la >^ève , ni ^^muoder les {Ltats. Ils npus opt^^ fkHm^!)6S:aatres ^^tiçl^ :Sigpés^ selon q^il^ §Q^t piefitioiGmés ci<-46^f^ > ^ sorte qu'il ne regte que , celui-ci , ^pr iQqHel li}^ fQ^t tAut4e4i$Pulté, que qpps.çr^igiiQnsIe(roi.4']ggpfiigne jiç .leur avoir donné pouvoir 4^ il'aocprdi^ , .ou i)iep c'est afin d!en avoir meilleur ipaci^ché.^ (^^nésniinoif^ il n'est possible d'en rien Teipetiçe » et ^1 ^A ^earCqre «certain ^i^e les Etat^ ^ llaccepteroia^ -qp'av^ très-gr|uid? difficulté. Nqus e^s^^ps yoloptiei^^^if-' févé d'ëqrii^e.à .vqtre Ma^^té jusqi:içs au ]?etour,|}q4it :sieur président ,rppur lui ip^nderjl^ur i^éçpli^tiQn entière y sans plus laisser son esprit ^n incertitude \ nauiis
DO PRésiDEMT JEk»miH. %\g
enfin noas avons pensé qu'il «eroit meîtlèurdelè &ke prar âtre plus Ut instruit de son intention ^ et comme nous aurons à nous -conduipe en cette afi&ire* Kca JQgeoBSHioas être iiéoessaire de les contraiiidDeà dire le dernier jnot •de cfneifpie i&oon que ce soit , autrement on ne Torra jamais daîr à lear vésolntien.
Cette adjonction «st du vingK- quatrième dç ce mois. \
Vos , etc. 1>. HnvMV et Russsr.
Lettre audit neitr Jearmin à M. le duc de Sulfy, dudit jêut'vingt^kiuaîrihnef^rier i^og,
Môif^iifinR , 9a ti^èvc est «nfin réduite à la difficulté qui ert sur ?e commerce des Indes, que les députés des archiducs 'feignerrt vouloir accorder de gré à gré ; mais quand on a voulu mettre cet article par écrit ^ ib nous ont dît que le roi d'Espagne ne le consentira jamais en mots exprès , pource que les autres princes^ avec lesquels!! a deralliànce et amitié lui en deman« âerèient autant; ainsi qtfon se doit contenter de cèqiieparle deuxième aiitidlê de notre projet la trêve être générale partout , sans distinction de lieux ni de persomtes ; et encore que par le quatrième, concernant le -commerce , ledit -sieur 'Roi Tait restreint aux royaumes^ pay« qu*îl tient en TEurope, pour exclure les -Etats et leurs sujets du commerce es lieux, places et ports qu'il tient aux *Indes dH3rient, qu'il n'entend pas pourtant leur donner aucun empêchement àudit'trsrfîc es pays , places et ports des autres potentats et peuples qui le leur voudront permettre eu (|uélque lieu que ce soit , offrant d'en donner uno
220 KIÉGOCUTIONS
déclaration par écrit hors le traité : sur quoi , ponr essayer d'en demeurer d'accord , nous avons firt plusieurs écrits d'une part et d'autre toujours rejetés , jusqu'à celui dont nous envoyons copie ^ que nous leur avons présenté pour nous accommoder aucunement à leur goût ^ ea leur disant toutefois que nous ne pensons pas les Etats s'en devoir contenter, mais que nous ferons tout ce qu'il nous sera possible pour le leur persuader* Duquel écrit ils ont montré, après plusieurs disputes et contestations , d'être contens , et que le sieur Verreiken le porteroit aux archiducs pour le leur faire approuver : lequel a bien fait le voyage ^ mais à son retour, qui fut hier au soir, a rapporté qu'ils n'y avoient voulu consentir^ au moyen de quoi M. le président Richardot, qui nous en a avertis ce matin , nous a priés de trouver bon qu'il y aille lui-même , et qu'il ne demande que deux jours dans lesquels il nous dira leur dernière résolution : ce que nous avons consenti , après lui avoir déclaré expressément, si ledit article n'est accordé, que nous partirons incontinent , pour ne pouvoir prolonger la trêve , ni faire venir les députés des Etats sans cela : et à la vérité nous serons contraints de le faire , n y ayant autre moyen de tirer d'eux le dernier mot«
Quand ils auront consenti cet article du commerce des Indes , ainsi qu'il a été dressé pour être mis au traité général au lieu de l'article quatrième , encore y aura-t-il de très-grandes difficultés pour le faire passer aux Etats , mais avec l'autorité dû Roi nous espérons de l'obtenir. Je n'ose assurer de ce qu'ils feront du côté des archiducs ; si sont-ils bien fort engagés et en espère bien. Ils nous ont déjà donné par écrit
DU PHisiDENT JEANIHIN. 3!Xl
et signe les autres articles. Noos attendrons le com-' mandement de Sa Majesté là-dessus , et vous supplié très-^humblement que soit au plus tôt. S'ils nous, donnent encore cet article , nous ferons partir à Tinstant nos navires qui sont encore ici , pour aller quérir les députés des Etats , et attendant leur venue conférerons des articles coùcernant les confiscations , entre lesquels il y en a un exprès pour M. le prince d'Orange et M., le prince d'Espinoy , bù je vous rendrai service trés-Uumble et très -fidèlement , Qomme étant, monsieur , votre , etc. P. jEkmmf.
D'Anvers , ce vingt-quatrième février 1609.
Lejltre du Roi à messieurs Jeannin et de Russy, dudit jour
vingt-^uàtrièfne février 1609.
Messieurs Jeaniiin et de Russy, vos lettres du douzième de ce mois \ reçues le dix-huitième , m'ont appris votre arrivée en la ville d'Anvers , le bon accueil que vous y avez reçu , et les premiers propos^ que vous aviez tenus aux députés des archiducs sur le sujet dé votre voyage. Le vingtième lé sieur de Sainte- Catherine est arrivé avec les vôtres du premier et deuxième , qui font mention d'autres dont vous aviez chargé l'un des gens d'Aërsens qui n'est encore comparu ^ mais j'a vois reçu auparavant celles du vingtième du mois passé , ainsi que vous a mandé le sieur de Villeroy par les siennes du quatorzième du présent qu'il a adressées au sieur de Berny. Les déclarations et assurances que vous avez tirées devant que partir des sieurs les Etats des Provinces-Unies , à bouthe et pai- écrit, de leur dernier mot sur la trêve, m'ont
aaa* NEGOCIATIONS
eonicnië grsrnd^fiKenl , ks voyait rét^lua dé n^oa trépasser yetre projet. CVii ^ns&i le faeiBeur coasetl , plus honon^le et le plus sâr pour e«x et leur» an»» , qu'ils poû^otent prendre , ks cliosefr ëtrat aux lennes où eHes sont t eox jet voi» en comioifisez les raîseiis mieux que tous , cotnane ceux qui soisC mîeiix infertiles , et ont mieux cesiarqué k coodoîte et procédure de« ministres d'E&pagnc, dèpm le eommencement jusqu'à présent ^ de quoi il me semble cp^il fajit se resfiKmvenir à cettcybeure qu^ est question de fimdre la cloehe et mettre la dernière main à TiRrrrage. Tai découvert que kur dessein «si de n'engaiger le nom du roi d'Espagne au traité qu'ils prétendent faire , nommément pôul* Tartkleite k siouverainelé , et par^ tant qu'ils feront instance que les ardiiducs soient re^ eus à traiter seuls en leur nom , comme seigneurs ^iHiverains du pays , qui ont k principal ioténét ca la renonciation de ladite souveraineté ^ de, quoi ils disent que ks Etats <loiveBt se contenter , et d'autant plus ^u'il ne s'agit que d'un traité k temps , de l'observa* lion et exécution duquel ils offriroKtde donnertontes ks assurances nécessaires , jusqu'à moyenner et pro*mettre qu'il sera après fait un :secQnd accord à part , entre le roi d'Espagne et les Etais » pour régkr et aS'^ surer le commerce d'Espagne avec k navigation aux Indes , et de toûtee qui toucbera ledit Eoi , non qu'ils entendent donner par ledit accùrd anxdits EtaAs la qualité de gens Ubrss, ni même lefeire eo suite ^e celui d^its aiicbiducs , ou sur le pkd etfcmdement d'icelui.
J'ai appris aussi que ks arcbîducs doivent , pour gagner là distraction dvdit roi d'Slspagiie de son traité^
Dtî PRÉSIDENT JEi^NlN. îlîS
offrir et iccorder tout ce qu'on désirera d'eut , jusqu'à se laisser entendre de prénàte ks attises avec les deux roîs qui doi venl être Câblions dudh traité , contre quiconque le violets après qtf il sera arrêté. Ces nouveUes ORvertures sont faites ëtprès poiir sauver la réputatiah dadit fui d'Eepafgtye, ou, pour mieux dire, contester sa vsmité et pi^semptioù , ou pouf , avec le temps, avoir plus de prétextes de recommencer k gtierre sitôt qii il Mtn riifis ses affaires en hteilleur état qu'elles ne éotà , et , en ce faisant , circonvenir et mieux almser lésdit^s provinces et leurs alKés. Le' confesseur desarekidacs arriva endette ville dimanche vingt^deuxième de ce mois au soîr , et en est parti aujourd'hui |)Our pourisuivre ëàn voyage. Je Taî vu , mais je nfai rien appris de Ivti , sinon qu'il porte aux archiducs la dernière volonté dudit roi d'Espagne sur ces trailés , lesquels i) m'a prié au nom dudit Roi , et en faveur desdits archiducs , de continuer à favoriser, afin qbe ces insulaires ( Siinsi baptise-t-il les Etats ) se contentent de raison < Je lui ai reiiouVelé les assurances de ma bonne votoaté pour ce regard , lui disant néanmoins que les affaires ont passé si avant, qu'il ne reste plus qu'à approuver ce qui a été projeté et cot&me accordé entre les parties. Et combien qu'il ait bien eMêttdUoe que j*ai voulu dire par là, si ne È^en estil découvert davantage ; de façon que je juge qu^ils oM un autre dessein , duquel aussi l'ambassadeur desdits archiducs s'étoit expliqué parlant au sieur de Villerojr deux jours devait l'arrivée dudit confesseur , et ne doute point que vous né vdtts en soyez assez aperçus par delà" devant que vous reéeviez la présente. Of ^ afin que vous ne soyeis en doute de ce que vous aurez
à faire pour mou service sur ces variations et chan-' gemens , quoique je vous aie mande par mes précédentes assez clairement ma volonté , je vous ai voulu faire encore cette recharge, que je vouis envoie par ce porteur exprès , afin que vous la receviez au même temps que ledit confesseur arrivera par delà ^ eft' sachez que j'entends que vous continuiez à donner conseil auxdits sieurs les Etats de ne se départir aucunement des termes de notre susdit projet , et surtout de Tarticle qui couenne leur liberté, afin qu'il soit passé par. les archiducs , tant au nom dudit roi d'Es-* pagne qu'au leur , sans en rabattre aucune chose ^ es^ timant comme vous que les archiducs peuvent valablement obliger le nom et la foi dudit Roi en cela comme au reste dudit traité , en vertu des lettres de pouvoir dont vous m'avez envoyé un double que je n'a vois encore vu, avec promesse de fournir et représenter la ratification dedans certain temps , que l'on peutpréfireà deux mois. Donc si les archiducs veulent traiter en cette forme, favorisez-en la conclusion en mon nom , tant que vous jugerez le pouvoir faire dignement ^ car , puisque j'ai engage ma parole en ce projet, je désire en avancer l'effet pour toutes bonnes considérations , ainsi que je vous ai écrit par mes précédentes , et l'ai dit et écrit à tous et partout. Mais si , au lieu de suivre ce chemin , l'on propose et recherche une trêve simple de vingt ans sans parler de ladite souveraineté , ou si les archidues refusent d'y engager le' nom dudit roi d'Espagne, ou font quelques nouvelles ouvertures pour libërerledit Roi de ladite déclaration et obligation , j'ieiAends que vous vous y opposiez , comme à propositions in-
DU PILSÉSIDEOT JE>NN1N. aaS
vsntées , plus pour abuser lesdites proviquîes et se moquer 4e ceux qui les ont asûstés et couseiijbés en £^e occasion , que pour bien feire.
Qoao^ j0 yo^$ im w iC09in^)4^jpa^irt , je p^^up* tm q^'il VAI16 $era fja^^ de ^porter les^tp^t^ à ce cûQ»eU , m tes iis«uw>t , qmî ^%^ succ^ , ^'i]l$ s^Fwi 6«p|im^ et assistes de m^i puissamment , et cp^pie il convient pour obvier à tous inconvémaas , 9im qw je vQfli ai comw^dé et vous commande dweehef de lew dédaf er, en k forme néanmoins que TOW j«gere» convenir à ma dignité et à mon service ; €ir, OMm« je n« vfuji étr0i>Bteiîr4'une,r»pteiîe^ji w«i *rès»eise AiMsi 4e «le 4^mfi¥ fti«et d'être »épiui$ td^ partant wom ewe^s égard 4e «énager m od* mw iidm^c» avec prudence. Çe^xJà n'éviteront à bon drrà'ce i-eprocbe, lesquels $e dédirjpnt infidèie-. nml , au vu et e» de tonle la ch^rétienfié , de la parole |iar m^ domine itn c^mm^cement de ces traitéa ; tuf laqmite ^e^iie^ îil» y ont embarqué les Ëtats^ et avec eift le^rJS amifi et alliés* Je dis 4Qftc que je pré-* suppose que Jef JEtate ^eroml fer«tes et ^pnstans en voire pcfâet j et si l'o^i M4arepreiid de les en &ire dér. partir , ^n'il vous sera facile de les en dissuader sur ee fondraienl; et iMsucaAoe de menïa«siatanoe , comme j'ai apfffis par ha avis que vous m!amz donnés par vos dernièsres ; «car , s'il en alloit autrement , comme il fea* te«t firaùidce d'^un peiqile, vous savez que o^ semt imprudence d'engager mon jnom en ces d&és et déclaration ai exprpase, et nous le ferions à notre honte et dommage. Je me défie toujours aussi de la* fwdes Anglais 3 car je sais, d'un coté^ qu^ils craignait que j'acquière avec les Etats plus de crédit étauta^ T* i5. i5
rite qu'eux , et dé Fautré qu'ils ne seroient marris de me voir en train d'entrer en guerre avec le roi d'Espagne. Vous prendrez garde à leur conduite , et continuerez à vous mëfîer , et toutefois à vous prévaloir et servir de leur société , comme vous avez sagement fait jusqu'à présent , autant qu'il vous sera possible de le faire. Si donc l'on vous fait des propositions nouvelles » et que l'on fasse les difficultés susdites sur le susdit projet , smvez notre délibération , et retournez V6rs les Etats , sans marchander ni temporiser davantage , leur remontrant- que le pouvoir que les Etats vouS'Ont donné est limité, que vous ne pouvez vous dispenser' de l'outrepasser. Mais sortez-en le plus doucement et honnêtement que vous pourrez , sans leur donner espérance ni parole de faire prolonger la cessation d'armes; car ce sera la dernière ancre de leur finesse à laquelle ils auront recours » s'ils voient ne pouvoir obtenir mieux de voat^ , afin de gagner cette année , parce que les Espagnols védtablement n'ont argent ni forces préparées pour la guef re sitôt. Quoi étant , c'est sans doute qu'il faudra qu'ils avalent ladite trêve suivant votre projet, ou bien qu'ils dé<* couvrent leur mauvaise foi par leur imprudence et foiblesse. Vous userez avec discrétion du commandement que je vous fais par la présente, à cause de l'importance d'icelui, afin qu'il soitplutôt reconnu par votre conduite et les événemens que par la communioatiqn d'icelui , sinon à l'endroit de ceux que vous en jugerez dignes. Je prie Dieu , messieurs Jeannin et de Russy, qu'il vous ait en sa sainte garde.
Ecrit à Paris , le Vingt •« quatrième jour de février 16094 Hbiirt.
Et plus bas , Bruiart.
Ï)TJ niÉSIIMBIVT JEINNIN, 2^7
Lettre de M. de f^illeroy 4utdit sieur Jeanttin, dudk jour
vingt'Hjuatrihne février 1609.
Monsieur , ce matin rhomme du sieur Aërsess est arrivé avec le paquet duquel vous Taviez chargé , le mauvais temps qu'il a rencontré passant la mer rayant ainsi retardé. Nous n'avons encore lu vos lettres , et n'y répondrons par ce porteur afin de ne le retarder \ car nous désirons que vous reeeviez la dépêche qu'il vous porte devant que vous vous engagiez plus avant en votre conférence avec les députés des archiducs , après l'arrivée par delà du confesseur. Je vous dirp seulement que nous avons vu et bien considéré l'acjte de la résolution^e les Etats ont prise sur le sujet de la trêve , daté du onzième du mois de janvier y dont vous nous avez envoyé un double par l'homme dudit sieur Âërsens, et nous disons s'il est suivi que tout ira bien , car c'est le chemin qu'il faut tenir pour bientôt sortir d'afiaires et n'être abusés. Nous avons aussi reçu ce matin votre lettre du seizième de ce mois par un laquais de madame de La TrémouiUe, et attendons donc de vos nouvellesT par Picault, étant nécessaire de terminer ces négociations en une sorte ou autre, afin de prendre parti. C'est Tintention du Roi et le conseil qu'il a pris, ne voulant que l'on se 'joue de sa réputation ni de sa parole , comme d'une girouette à tous vents. Au reste , vous saurez que nous avons eu avis ce matin du trépas de M. le grand duc avenu le septième de ce mois ; un catarrhe l'a étranglé, accompagné d'une fièvre lente. L'on dit que sa femme penchera plus du côté d'Es-
2^8 KÉGOGUTIONS
pagne que de France. Toutefois j'estime qu'ils suivront lés préceptes du défunt ^ qui s'entretenoit avec les uns et les autres , mais en diverses manières. Je prie Dieu , monsieur , qu'il vous conserve en bonne santé.
« DeParis, ce vÎBgt-quatrième de février an soiriôog. Votre , etc. db Keufville.
'Autre lettre dudit sieur de^VilUrpy audit sieur Jeannùif dudit jour vingt-Hjuatrihme février i6og.
' Moi7siBuit , nous ne répondrons autrement à vos lettres précédentes ; il nous suffit d'en accuser la réception , car nous ne Testimons nécessaire. Vous saurez seulement que nous avons'^âpprouvé tout ce que vous avez fait jusques à votre arrivée à Anvers, et même vos premiers propos aux députés des archiducs , dont vous nous avez donné avis par votre lettre du douzième de ce mois , ainsi que le Roi vous écrit; mais nous avons estimé vous devoir éclaircir de la dernière intention du Roi sur les incertitudes auxquelles nous sommes entretenus du côté d'Espagne , afin'que vous puissiez mieux vous conduire et cheminer plus sôrement au passage où vous êtes , qpi a certes une grande suite. Sa Majesté prit liier la résolution qu^elle vous écrit, elle n'est nouvelle. Nous vous avons déjà donné avis fort clairement sur la proposition de k trêve simple 5 mais il ftut que je vous dise que j'ai reconnu sadite Majesté parler plus résolument cette fois que les précédentes , soit qu'elle ait plus mauvaise opinion que devant de la foi et amitié ' 'd'Espagne, pour être ce don Pedro parti, sans rien
DU PRÉSIDENT JSA»!II». a'i^
faire , ou qae leur foiblesse lui soit plus notoire , non moins qixe leur ambition , laquelle ik découvrent journellement en halie plus grande que jamais : il y à même apparence d'un nouveau troi:d>le entre Sa Sainteté et les Vénitiens , et le roi d'Espagne. Bien que le Roi appréhende que les Espagnols attendent qu'elle vieillisse pour^ ayant restauré leurs affaireB et fait provision d'argent, lui tailler de la besogne. plus commodément , lorsqu'ils ne le peuvent £aire dîe présent, elle a bien opinion aussi, si lesdits Espagnols connoissent qu'ils nous puissent faire départir , les Etats et nous , -du projet de la trêve que vous avez proposé , qu'ils en franchiront à la fin le pas à notre gloire et avantage, et, s'ils ne le font de présent , que bientôt ils nous rechercheront , et prieront de renouer les affaires : et quand tout cela ne succèderoit point , elle dit qu'elle aimeroit mieux soutenir deux ou trois ans de guerre^ cepaidant qu'elle est encore gaillarde et munie de ce qu'il lui fait besoin, que d'attendre que k roi d'Espagne ait recouvré les avantages sur elle et la France qu'elle pense avoir à présent sur lui et s^ Etats. Voilà ce que je lui ai ouï dire lorsqu'elle a pris la résolution qu'elle vous écrit. Même il a déjà été parlé de faire une retenue de.six mille Suisses , et préparer d'autres forces.
Toutefois il a été jugé que cela peut être différé à quand votre traité sera tout rompu , et que vous nous en aurez donné avis. Nous ne devons espérer d'être suivis ni secondés en ce dessein des Anglais , et toutefois nous pensons qu'ils seront contons de nous regarder faire. Enfin , ce sont discours et résolutions du maître , que je yous représente avec ma
!23c> «ÉGOGUTIOKS
naïveté et fidélité accoutamëe, afin de vous en servir de lumière en votre conduite. Quant aux trois cent mille livres dont je vous ai donné avis , ils sont tout préls y mais s'il faut danser le branlé que Ton projette , il faudra bien ouvrir notre grande bourse. Peut-être que Dieu vous fera la grâce c^ nous en garantir. Je ïe désire certes , pourvu que ce soit au contentement du Roi et de la France. Envoyez-nous M. de Préaux quand il s'ofirira sujet qui le métite. , Nous sommes poursuivis par Tambassadeur des archiducs de décider certains dififérends que nous avons sur notre frontière de Bourgogne, à cause des terres de surséânce dont vous avez ouï parler, et, pour ce faire, commettre quelques-uns de part et d^autre : mandéz-nous à qui en Bourgogne il vous semble , soit du parlement de Dijon ou autre, que nous pourrions donner cette commission , car nous déférerons à votre avis ; et nous écrivez de vos nouvelles le plus souvent que vous pourrez. Ce que j ai à ajouter à la présente est que je crains certes que les Etats refusent le conseil dé notre Roi en cas de guerre, ou que l'on soit contraint de les y traîner à force d'argent s'il fauty rentrer, à quoi il faut que vous nous fassiez voir clair. A tant je prie Dieu, monsieur, qu'il vous conserve en bonne santé.
De Paris , le vingt-quatrième jour de février 1669. Votre, etc.. de Neufville.
DU PKÉSJOBNT JEÂNNIN. Sk3i
^utre lettre dudit sieur de f^illerqy audit sieur Jéannm,
du vingt'^inquihnéfémer- 1609.
Monsieur , pmsque M. de Sainte-Catherine n'est encore parti, non par sa faute, mais pour n'avoir pu plus tôt recevoir son argent pour les frais du voyage, je vous dirai que j'ai lu au Roi ce matin votre lettre du 28 du mois passé , apportée par l'homme du sieux Âërsens , faisant mention du voyage des Indes par le nord , dont le marchand nommé par icelle vous a fait la proposition, à laquelle Sa Majesté a pris tel plaisir, que je la vois disposée de l'entreprendre même en son nom , si telle est votre opinion , et à cet effet vous faire tenir dedans cette semaine les quatre mUIe écus qu'il faut y employer^ de quoi vous pourrez cependant avertir par avance ledit marchand, afin que de son côté il prépare ce qui sera nécessaire pour faire ce voyage dès cette année , s'il connoit y pouvoir satisfaire de-r dans le temps qu'il convient. Au reste, nous avqns su par M. de Bemy , depuis son retour à Bruxelles , que le sieur Richardot, accompagné de ses collègues, vous a déclaré avoir charge de traiter au nom du roi d'Espagne et des archiducs, et en cette qualité avoir déjà accordé l'article de la souveraineté , et sans barguigner : quoi étant, s'ils jouent de bon comme il y a apparence de croire qu'ils n'auroient passé s\ avant s'ils vouloient tromper , j'espère que vous parviendrez bientôt à votre prix fait. Toutefois il faut que je vous dise que je crains que l'issue ne réponde au commencement, et que l'on ne vise à gagner le temps, et rendre cette année inutile pour faire la guerre ] à quoi nous.
s3t VÈGOClktlOM
espérons que vous nous ferez voir plus clair par vos premières. Â tant je prie Dieu, monsieur^ qu'il votis conserve en botinef santé.
De Paris , ce vingt-cinquième février 1609.
Vôtre , etc. tft Neupvîllb.
Lettte du Hoi audit stem* Jetmnin, du vingt'-fuiiiième
MonfèTÈim leannin , j'ai bien oonsidërA la lettre qne vous m*àvez écrite le â8 du mois passé, sur les pro^ positions du marchand d'Amsterdam nommé enicelle, comme j'ai fait le mémoire qu'il vous a envoyé que Vous m'avez fait tenir; et combien que j'estime son dessein très-incertain et douteux, toutefois il est si honorable , et seroit aussi si utile s'il réussissoif , que je Èxné contât de le fhire tenter , et même y engager mon nom , si tous et lui jugez que je le doive faire : pour quoi faire j'ai ordonné vous être envoyé par ce courrier , ou par le premier qui vous sera dépéché , une lettre de quatre mille écus, assuré que l^tout sera par vous et lui ménagé et employé comme il doit être. Tous direz audit marchand que je veux reconnoitre son afièction et son service, comme Tun et l'autre méritent , et partant le retirer et mettre ea besogne en mon royaume^ ainsi que vous- avez eu charge ci-devant de lui faire entendre de ma part : au moyen dé quoi vous aviserez et résoudrez avec lui , la trêve étant faite, ce qu'il sera nécessaire défaire pour avancer et faciliter l'exécution de mes inten^ tions , et m'en informerez à part par Vos dépêches.
BU PRÉSIDEIÏT JEiLliNIN. a33 .
Prânt DkU) mMsieuT Jeafiiiiiiy qa'il vous ait en sa sainte garde.
Ecrite i Paris, le 28 février i6o^« Hbnat.
Et plas bas , Bavlam.
Autre lettre du Roi à messieurs Jeanhin et de Rusëjr, dudit fokr vinghJuiitikme Jëmet 1669.
A&ssifiûRd Jeanûin et àë Russy , ptiisquë les dé«pmés des drebiducs ont puSBé rarticle de k liberté suivant votre écrit , j'espère que vousi aurez bonne issue de la trêve et de votre poursuite ; car j'estime que le^ mêmes raisons qui ont fait résoudre le roi d'Espagne à Tâdcorder, et de passer par dessus lés déclarations 9 et coinme protestations que ses ministres oat fiutes eti tdus lieuit au contraire , seront cause quelùi et son conseil s'accoiùitioderontpour les autres points* En premiei^ lieu , ils n'ont point de raison , ce me âemblé , de refuser aux Etats lès titres de hauts et puissans seigneurs , puisqu'ils déclarent par le indme traité qu'ils les reconnoissent pour gens libres dur lesquels ils ne prétendent rien* Ce scrupule aussi ne sert qu'à donner ombrage à ces peu^ pies , et lés rendre plus difficiles aux choses essentielles ; mais les uns ni les autres ne doivent ^ comme vous dites, rompre pour cela, et refuser le repos qui leur est nécessaire. Le point de la navigation des Indes est bien plus important. Les Espagnols ne désirent que le mot des Indes soit exprimé ; combien que leurs raisons pour cela me semblent assez foibles , toutefois je suis d'avis qu'ils en soient contentés, considé-
rant , s'ils sont pressés d'en user , qu'ils voudront aussi expliquer et spécifier lesdites Indes pour faire différence de celles d'Occident avec celles d'Orient. C'est pourquoi , si les archiducs consentent l'article suivant le projet que vous m'avez envoyé , j'estime que lesdits Etats doivent l'accepter ^ mais il n'en ùmi retrancher ces mots (même hors lesdites limites) que vous tracez en votre mémoire , car ils sont nécessaires pour ^claircir et assurer davantage la liberté de ladite navigation. Il me semble aussi que c'est à bon droit que vous insistez que ledit article soit compris au traité général , quand ce ne seroit que pour donner quelque sûreté aux princes et peuples avec lesquels lesdits Etats pourront ci-après trafiquer , encore que je sois de votre opinion , à savoir , que les marchands se lasseront bientôt de ce commerce , d'autant qu'ils y perdront plus qu'ils n'y gagneront, même s'ils y vont fotbles et sont privés des prises qij'ils y faisoienten guerre. Toutefois , puisque lesdits Etats ont trouvé bon de se soumettre audit trafic de gré à gré durant ladite trêve., je suis d'avis qu'ils se contentent de votre mémoire. Quant aux contributions , ils n'ont jaison de s'y opiniâtrer , car ce seroit une oppression insupportable au peuple si elles étoient levées durant ladite trêve ; et pour le regard de l'intérêt qu'y a le prince Maurice , tenez la main qu'il y soit pourvu par les meilleurs moyens que vous aviserez.
Obtenez aussi , s'il est possible , que ladite trêve soit faite pour douze ans. Toutefois je le désire plus pour contenter lesdits Etats que pour autre avantage ^ car ce ne sera le temps dont l'on conviendra qui la rendra plus profitable aux uns et aux autres , mais l'observa-
tion qui s'en fera , et la sage conduite des parties. En tout cas , vous avez bien fait d'avoir obtenu desdits députés qu'ils vous bailleront lesdits articles signés devant que de faire venir à Anvers ceux desdits Etats, afin de besogner plus sûrement. Or , si lesdits archidacs passent lesdits articles, et particulièrement celui de la navigation des Indes, en la forme portée par votre susdit mémoire , j'entends que vous continuiez à exhorter et conseiller lesdits Etats de ma part de s'en contenter , et parachever ledit traité sans dilation ou remise , car la longueur ne fait rien pour eux ni pour leurs amis ] et combien que les députés d'Angleterre recherchent toujours de complaire auxdits archiducs, ainsi que vous avez remarqué aux propos qu'ils ont tenus sur l'article susdit des Indes , néanmoins je ne veux pas que vous en usiez ainsi , car je n'ai autre but que de procurer à ipes amis et alliés ce qui leur est utile, et régler ma conduite au pied de l'équité. Ledit traité étant fait , il sera besoin que nous ayons soin de faire que les Etats pourvoient comme il convient au gouvernement de leur république , afin de pouvoir profiter de ce repos et mieux assurer ^t affermir leur Etat. U faudra aussi que nous sachions comment nous aurons à vivre ci-après ensemble pour le commun et réciproque bien de nos pays et sujets ^ mais il n'en faut parler qu'après que le traité sera parachevée J'ai bien opinion que lesdits archiducs demanderont le plus long temps qu'ils pourront pour rapporter la ratification du roi d'Espagne : au contraire de cela il faut, ce me semble, que vous le fassiez abréger tant que vous pourrez , afin , si ledit Roi y mauquoit , que lesdits Etats aient dedans cette année du tem^
encore pour faire la guerre, puisque lesdits Espagnols y sont mal préparés de leur côté ; tellement que j'es* time qu'il suffira de leur donner deux ou trois mois au plus pour cet effet , ainsi que je vous ai écrit par ma dernière dépêche , portée par Sainte-Catherine , le sujet de laquelle je me promets que vous aurei ménagé avec votre discrétion et prudence ordinaire , puisqu'elle vous aura trouvés par delà aux bons termes portés par votre dernière. Â tant je prie Dieu , messieurs Jeannin et de Russy , qu'il vous ait en sa sainte gftrde.
A Paris y le vingt-huitième jour de février 1609.
Hewry.
Et plus bas , Brulart.
Leitre de M, de Villeroy audit sieur Jeannin, dudii jour
vingt^'huitième fés^rier 1609.
Monsieur ^ votre dépêche apportée.pàr ce coilrrier nous a fort réjouis , car nous n'avions pas opinion que les arohiducs dussent passer l'article de la liberté au nom du roi d'Espagne si librement qu'ils ont fait, après tant de protestations faites partout par see ministres ,. que leur maître n'y engageront jamais son nom ) mais la nécessité de leurs affaires a vaincu leur audace ; de quoi ils se prennent à nous » et s'en ven^ geront quand ils pourront: nous n'en devons douter, mais j'espère que nous leur en ôterons le moyen > en paix comme en guerre. Je ne sais si les archiducs exhiberont un autre pouvoir dudit Roi pour traiter, que celui duquel vous nous avez naguères envoyé un double*) s'ils n'en ont d'autre , c'est à tous à juger s'il
DU PRÉMbEIfT JEÂN9IN. 'ïi']
est valable. Nous tenons pour certain que cette navigation amiable aux Indes pour les Etats s'en ira en fumée par ladite trêve , pour le petit gain qu'ils y auront 9 et les risques qu'ils courront y allant désarmés , comme ils feront par nécessité et pour observer le traité. Davantage, les Espagnols et Portugais trai* teront si mal les princes et peuples desdits pays qui affectionneront et recueilleront les Etats , quHls seront contraints de renoncer à leur amitié -, de façon que ce commerce demeurera libre aux Espagnols, avec quoi sans doute ils relèveront leurs afiaires. Aucuns ont dit que notre Roi ne doit désirer que les Etats deviennent plus riches et plus puissans qu'ils sont , pour, les raisons que vous pouvez mieux juger^ mais j'estime que nous devons encore plus craindre la restauration entière des affaires d'Espagne : le temps en fera le jugement. Ces jour5-ci est tombé en mes. mains un paquet venant des Indes-Orientales adressé au roi d'Espagne , écrit en portugais, et bien cacheté 5 nous l'avons ouvert, et avons trouvé en iœlui les lettres dont je vous envoie la traduction en français faite par le sieur Aiërsens , qui m^ assuré n'en avoir tiré copie; mais le Roi m'a commandé vous envoyer le tout, afin que TOUS le "voyiez à part , et le fassiez voir secrètement aussi à ceux que vous jugerez en être dignes. Ils sauront par là l'état présent des affaires desdits pays , de quoi ils pourront peut-être profiter : nous Êdsons état de recouvrer de tels paquets par la mêmevoie , pourvu que celui-ci ne soit éventé. Je vous en recommande donc le secret autant que vous jugez qu'il importe au service du Roi ; je n'ai retenu copie desdites lettres, Au rest^, 3^ Majesté a délibéré, ainsi
a38 NÉGOCJATIONS
que je vous ai écrit de ma main par Sainte - Catherine , de vous envoyer quatre mille écus pour tenter le voyage du nord proposé par Isaac Le Maire. Peutêtre que ce courriervous en portera lalettrède change, car M. de Sully me Ta promise ; sinon assurez-vous que vous Taurez au premier jour. Cepiendant vous pouvez hardiment et sûrement bâtir sur ce fondement le susdit dessein.
Nous avons opinion que les Anglais n'affectionnent que les Etats jouissent .du commerce des Indes, parce qu'ils désirent l'attirer tout à eux 5 mais c'est chose que le Roi veut empêcher , car il entend s'en approprier s'il peut \ il m'a commandé de vous l'écrire ainsi. Toutefois je ne sais s'il fera ce qu'il convient pour véritablement s'en bien prévaloir , mais il faut penser et pourvoir d'heure aux moyens propres pour conserver et affermir la république des Etats après ce traité pour obvier à une division entre eux, et une desdite par parcelle auxdits archiducs ^ car il est certain qu'ils s'attendent à l'un et à l'autre effet; et certes , je me défie de la conduite et constance des Etats , tant en général qu'en particulier , à quoi votre prudence et présence pourront obvier* Aussi en faisons-nous bien état ; mais nous nous défions grandement de la société des Anglais en ce point» et estimons qu'ils feront ce qu'ils pourront en faveur des archiducs après le susdit accord. Je prie Dieu , monsieur , qu'il vou^ conserve en parfaite santé.
De Paris , ce vingt-huitièiûe février 1609.
Votre , etc. de Neufville.
DU PRÉSIDENT J£ÀNNI^^ 2^
Lettre de messieurs les ambass€uleurs de France et d'An*gleterre à messieurs les EtcUs*^Généraux des Provinces- Unies, du pénultième /éi^rier 1609*
Messieurs j après beaucoup de disputes , et avoir déclaré aux députés des archiducs que nous partirions demain , qui est le dernier jour de la trêve, si on ne nous donno\t réponse à vos articles ,. selon que nous jugeons être requis pour votre contentement , nous Tavons enfin obtenue par écrit cejourd'hui seulement lorsque nous Tespérions moins , et que nous ne pensions plus qu'à notre retour , sans prolonger de nouveau la trêve , ni vous mander de venir à Berg-op- Zoom. Les choses étant donc changées en mieux , nous vous supplions de toute notre affection vous acheminer incontinent audit lieu de Berg-op-Zoom , où nous vous irons trouver aussitôt pour vous rendre compte de ce qui s'est passé ici , dont nous sommes certains que vous recevrez contentement , et qu'il ne tiendra plus qu'à vous que la longue trêve ne soit faite; et poutce que la dernière prolongation expire demain , nous avons consenti qu'elle soit prolongée de nouveau pour vingt jours , nous promettant que vous l'aurez agréable , attendu que vous ne pouvez venir conférer et traiter en moins de temps. Nous vous envoyons l'acte de ladite prolongation signé des députés qui en enverront quérir dès demain la confirmation des archiducs ; envoyez-nous-en autant , s'il vous plaît 9 de votre.part, afin que nous le leur puissions donner. M. de Lire est porteur de cette lettre par notre avis ; il s'est si bien conduit en ce voyage
24o NKGOGUTIPMS
que nous avons occasion de nous louer de lui. Sur ce, nous prions Dieu, messieurs, qu'il vous maintieBLne en tout heur et prospérité.
D'Anvers , ce pénultième février au soir 1609.
Vos., etc. P. Jeannin , de Russy , Ri. Spenceb ,
Rodolphe Wiîîood.
Lettre de M. Jearmin à madame la princesse dostairi^re et Orange W, dudit jour pénuUihfne février 1609.
Madame , lorsque nous pensions tout être rompu , et que nous nous préparions pour partir demain, afin de nous en retourner à La Haye sans prolonger la trêve , ni mander à messieurs les Etats de venfa* à 6erg-op-Zoora , nous avons enfin eu , après beaucoup de difficultés et disputes , une réponse par écrit des députés des àrcliidues , qui est si bonne qu'à noire avis lesdits sieurs les Etats en recevront €(mtentemeitt. Cest pourquoi nous les prions de se vouloir ach^miaer incontinent à Berg-op-Zoom , afei qu'on puisse voir la fin de cette affaire , qui sera meilleure conclue tôt que différée pour quelque cause que ce soit : à quoi on eût volontiers tendu du côté d'Espagne , si nous ne leur eussions fait connoître la nécessité à laquelle ils sont réduits , qui est d'achever le traité , ou de s'assurer de la rupture. Nous conférerons dès demain de ce qui touche k la maison de M. le prince Maurice , et rfomettrons chose qui dépende de nous pour faire qu'ils en puissent tous recevoir du contentement, comme
(i) J^a princesse dppAicièr^ d^Orapge i:tQJ| la (f^Sitxihv^t Umme d9 prince Gaillaamé , e| fille de Famiral de CoUgny.* ( Ployez le Précis , page 4^, tome XI. )
DU PRÉSIDENT JEANNIN. ^J^t
aussi c'est notre intention , étant arrivés à Berg-op*- Zoom , de procurer envers messieurs les Etats qu'il soit pourvu par eux à l'intérêt de mondit sieur le prince , avant même qu'ils prennent aucune résolution sur les affaires générales : à quoi j'espère apporter tant de soin et d'affection , et en tout ce que je pourrai jamais pour son service et contentement, qu'il aura occasion de ine tenir pour son trè&-humble serviteur. Je sais bien qu'il eût mieut aimé la continuation de la guerre que cette trêve ; mais l'inclination des peuplés étant si avant au repos , et les deux rois si peu affectionnés à favoriser la reprise des armes , s'ils n*y sont contraints par nécessité , et à faute de pouvoir obtenir des conditions raisonnables pour la trêve , ce conseil est le plus assuré pour sa maison , et le plus honorable pour lui, puisque le bonheur de ses armés et de sa conduite a été cause de faire obtenir aux Etats des conditions si avantageuses. J'espère que nous aurons l'honneur de le voir à Berg-op-Zoom , et que vous, madame , vous serez aussi de la partie ; vous me trouverez toujours autant disposé à vous rendre très-humble service , que je suis désireux de demeurer perpétuellement , madame , votre , etc.
P. Jeanmn.
D'Anvers , ce pénultième février 1609. .
Lettre dudit sieùr Jearmin à M. de Bameveldt, dudit jour pénultième de février 1609.
Monsieur , je n'ai pas cru que les députés des archiducs nous dussent accorder l'article pour le commerce des Indes en la forme que nous l'avons obtenu , jus- T. i5. 16
a43 ȃGOCIATIOKS
qu'à cejourd'bùi qn'ils Font fait après beaucoup de difficultës et disputes, et avoir reconnti que rious voulions partir demain saiis prolonger la trêve , et sans prier messieurs les Etats de se rendre à Berg-op Zoom. Encore âàis-je bien que quelques scrupuleux y pourront trouver à redire, ainsi qvU'A est couché, si est-il très-bien , et vous peux assurer qù'ik Font consenti avec très-'^and regfet , et se plaignant bien fort de ce que nous ne Tavons voulti adoucir et eu ètev quelques mtots pour donner contentement au conseil d'Espagne. Je ne vois donc plot autre difficulté que celle des contributions , en quoi je n^espère pas que nous les puissions vaiFncre , si ce n'est qu*on en demeure d'accord en conférant îsur les limites et confiscations , à quoi nous commencerons dès demain* Pensez donc, s'il vous plaît, à cet artide et aux moyens requis pour faire que M. le prince Maurice soit mis hors d'intérêt. Quant au temps de la trèvè , ils opiniâtrent toujours pour le réduire à dix ans , et nousavoiis persiste aux douze ; mais cela ne doit être ca«se de rompre d'un côté ni d'autre. Les archiducs , à ee que j'ai su de M. le président Ricbardot, désirent de fîiïir cette affaire, poiirce qu'ils sont bien avertis que don Pedro est sorti de France très-mal satisfait , et craignent qu'il ne dégoiite' le roi d'Espagne 4e ce traité , duquel ledit don Pedro s'est toujours montré ennemi. Je vous supplie qu'il n'y ait point de longueur pouf venir à Berg - op- 2k>cH3i , où nous nous rendrons en même temps que vous. Il n'est pas besoin que personne saehe qu'il y ait aucune difBctâté de reste. C'est à vous se!ul aussi que je récris powf être assuré de votre discrétion et prudence. Nous
mi PRÉSIDENT JEANNIN. ^43
^vons prolongé la trêve pour vingt jours, nous faisant fort de messieurs les Etats. Envoyez -nous incontinent , s'il vous plaît , et par messager expf'ès , Tacté dé leur part j M: de Lire vous pourra dire le surplus. Je vous bàise bien humblement les mains , et sois , monsieur , etc. P. Jeanniiï.
D'Anvets, ce pénultième février tôog.
Lettre dé messieurs Jeannin ei de Russj- au Rôi , dudit jour
pénultihnè févneh i6og.
Sire,
Hier seuîeraeiit sur le soir , M. le président Rîchardot retourna de Bruxelles , et nous manda par un des siens qtf il nous feroit aujourd'hui la réponse des archiducs : ce qu^l a fait ce matin sur les dix heures en notre logis , y étarit avec lui M. le marquis Spinola et les autres députés , nous ayaht premièrement priés d'ôter de notre écrif les mots qui sont enfermés dans les lignes d'icelui écrit, dont nous envoyons encore copie à votre Majesté afin qu'elle le considère mieux : à quoi , après en avoir un peu conféré ensemble, les députés d'Angleterre et nous, nous lui aurions répondu qu'il étoit nécessaire de désigner par notre écrit ce qui est en l'Europe , pource qu'autrement on pourroit interpréter ces mots , hors les limites^ qui sont en là clause suivante , à d'autres pays de TEurope , même pour exclure les Etats des Indes, et que nous étions bien certains qu'en y mettant tout ' ce qui est en notre écrit , les Etats ne laisseront d'y ! faire très- grandes dinicullés, et insisteront toujours que les Indes y soient nommément exprimées , disant
244 NÉGOCUTIONS
que le refus d'en faire mention est un artifice et dessein pour leur ôter en effet ce qu'ils feignent d accorder ^ car ce n'est pas de cet article cotnme de celui de la liberté , lequel consiste en Topinion des hommes, et par ainsi chacun le peut interpréter selon son sens ^ mais faire voyage aux Indes est chose qui dépend de Tactipu, et faut le souffrir, ou, si on Tempéche, s'assurer que Fempéchement sera pris pour infraction de trêve ] si donc ils n'ont la volonté ou le pouvoir de l'accorder , ils feront mieux de s'en ouvrir sincèrement. A quoi il répliqua qu'ils entendent par les mots contenus en cet écrit accorder ledit commerce aux Indes , encore qu'on en ôte ce qu'il requiert , nous ayant répété derechef les raisons qui les empêchent de l'exprimer , qui sont celles mômes contenues en nos précédentes lettres. Et enfin voyant que nous ne voulions rien ôter de cet écrit , et que nous disions nous défier de le faire accepter par les Etats , ils y ont consenti à regret , et en jetant des paroles de colère , comme si on leur eût mis le pied sur la gorge pour favoriser la passion des Etats. Rien n'a toutefois été omis de notre part pour leur faire connoitre qne c'est à bonne intention que nous insistons , et qne nous aurons encore à surmonter de plus grandes difficultés du côté des Etats pour le leur faire approuver, et , si nos raisons ne sont fortifiées de l'autorité de votre Majesté , et des menaces de les abandonner au cas qu'ils ne suivent son avis , que nous n'en devons rien espérer.
Il est certain que leur intention étoit de tirer l'affaire en longueur, nous pressant de leur accorder une trêve de quinze jours , et de faire venir cependant
les députés des Etats j mais après avoir reconnu que c'étoît en vain , et que nous étions résolus de ne faire aucune prolongation , ni de mander les Etats , mais partir demain s'ils ne nous donnoient par écrit les articles de la trêve , fors celui de la contribution , ils ont été comme contraints d'y satisfaire , et dire leur dernier mot. Nous avons aussi fait partir ce même Jour les navires pour laire venir les Etats à.Berg-op- Zoom j auxquels nous écrivons toutes choses être en l'état qu'ils sauroient désirer , sans leur représenfer ce peu de difficultés qui reste , crainte que cela ne fut cause de les brouiller entre eux , et de remettre leur voyage en longueur ; au lieu que nous espérons , le leur disant nous-mêmes à Berg-op-Zoom , où nous nous rendrons au même temps qu'eux, que nous aurons plus de moyen de les persuader que nous n'eussions eu par nos lettres. La vérité est bien qu'ils se rendront très- difficiles sur cet article des Indes , à cause de la contradiction de ceux qui rejettent la trêve; c'est pourquoi s'il eut été en notre pouvoir d'en obtenir une déclaration plus expresse , nous ne nous fussions jamais contentés de celle-ci ; mais l'ayant tenté par deut autres écrits qui dévoient servir de traité parti* culier , et en ayant été refusés, avec aigreur , et sans espérance de pouvoir obtenir l'un ou l'autre, nous nous sommes accommodés à cet écrit , pour être inséré dans le traité général sans en faire un à part. Or nous estimons que, pour induire les Etats h s'en contenter j il sera peut-être nécessaire que nous fassions deux choses : l'unef , que nous leur donnions un acte signé par les députés d'Angleterre et nous , par lequel nous déclarions les députés des archiducs avoir ex^
246 NÉGOCUHONS
pressjémçpt coqu^eati et ^ccox^é qye squs \e^ ^otç contenue en cet ëxîrit le coijun^erce çlçs Indes est compris , et qi^e le refos p^r eu^ fait d'e^ £aire n^e^tion «Pf^§;s^ n\ ét^ qpfi poujr éviter la çoijiséqueaqe 4e« autres roi? et prixices, avec le^guçl^ le roi d'Espagne a de l'alliance et amitié , qui eussent pu faire pareilles d.ejDçiandes pour leu,rs sujets j l'autre, qu^e yotrcMar jesté, et le roi d'Angleterre leur promettent pa;* le traité qui cpntiend;*a la garantie de la trèy e ^ qu^ç , «i a\icifn emplcbement leur est 4onaé w çç çopwçr<^ di^ra^t la trèvç , ijs çjqit,endent les assister et ^jBçoiirir , compie en cas d'infraction.
Non? Di,ç crayons pas qi^ ce $oit l'ii^tent^on, du roi d'^pagne d'y contrevenir, mais qi\'ijl^iiperai?iieuï le ^Quffrir et dissimuler que de le coijisenti^ expressé? ^l^nt \ ^nsi que cette prgm^essç me ^ra d'^ij^F^ <^' ;nage à yotr^ A([ajes1;é , et servira bteaucoup pour leur perf pader de recevpii: cet écrit , dont toutefois, nous uç i^nx (çTonf aifcifi^e.promessp saps comijiiaQd^n^nt çxprèiS. liCs députés d'Ai^gleterre et noi^ avftos çpjiféré sur ce siyet ,. et en doivent au?si écrire à leur ijaaître. î)s np s,e sont, aucunement^éparés de aps avis, et y çroc^d^Pt (^ façon qjfç txo}^ a^oja^s. QQça^jpji de ^lop^ (çp louer. Pourvu qup yotre Majesté ait agréable ce que nau§ îjvoj^s i^it en cet article du cpmufjerce des Ii^4^? y toutes choses npus seml^Ieat être en bop état pppp sie. prpipettre la. conclusion de la trèyç. ïl est yraji ,qu^ nous craignons encore lés longueurs des {Itats^ cai: d<ç Ici^ 4é$ix de la trêve , du inoiqs du plus grand nombrç , nous a'eif faispjçis point de doute ^ m^is ils soïit ^çp.^tumés , ppui" éviter qu'il n'y ait de la division entre eux , de faire toutes sortes de choseç avec
DU PRÉSIDENT JBANNIN. ^^J
beaucoof) de loisir : nous ks pvessôrons pour fin» ; mais nous la sappUotts irè&bumUemeiit ds iHMK^commandeir au plus tôt ce qui est de son inteatiou afin que nous la suiyioQS entièrement. Sur ce , noiis prierons Dieu , Sire , . qv!i\ donne à ' votre Majesté et à sa royale &mi&e teut heur eC prospérité.
D'Anvers ce pénultième jour de féviiev 1609.
¥os , etc. , P. Hàsmm et Rus^v.
Lettre dudk$r Jeéamût àM,b eue de SiMf, âHâitjour.
pétkuUùme dâjivpier 1609.
])f(»mfiUR5 nous étionaMer en evaîute d& sorlif de 66 lieu sans avoifr rîeuikit; car notes jugi^Mâ néeeiH saire , pe^ur tirer le dernier mot du roi d'Espagne, de ne plus prolonger la trèye , et de ne peini mander tés députés des £tals , si on ne noua donnoit les articles du traité sigfnës et accordés. Or éeb Sr été Êiit aujour^ d'hui seuleniënt $ de la façon que nous le mandons au Roi : en qudi il il^ a rien qui puisse être en dispute avec les> Etats qof Yartiele du commerce des Indes^, qu'ij nous a 4té teipossiWe d'obtenir plus expressément qu'iï est par Técrit cf oe nous envoyons à Sa Majesté, lequel a encore été consenti avec tt*ès-grande difficulté. Iféanmoins il me semble qu'il y en a asseï peur diipe que les Inde» y sont comprises, et qu'en faisant ce €[ui est' contenu en nos lettres à Sa Majesté, les Etats auront sujet de 9^txk contenter ; car je sais que le plus grand nombre, yeut là trêve , nonobstant la contradictian de quelques particuliers qui essaient de Tempécher. Sa Majesté a ausîsi tant témoigné par ses kttres qu'elle désiroit le parachèvement de ce traité ,
^8 HÉGOCIATIONS
comme à la vérité elle ne pouvoit prendre un meilleur conseil en considérant bien toutes choses , que j'ai pensé servir suivant son intention , et avancer beaucoup les affaires en obtenant le consentement et signature desdits articles , pour sortir enfin de cette longue besogne , et qu'il valoit mieux s'accommoder en quelque chose au désir des députés des archiducs sur cet article, que de se retirer sans rien faire, et avec danger que tout fût rompu ^ joint que nous n'avons jamais assuré que les Etats se contenteroient de cet article ainsi qu'il est couché , mais bien que nous ferons tout devoir pour le leur persuader \ et par ce moyen toutes choses demeurent entières sans que l'acceptation de cet article leur soit d'aucun préjudice. Nous avons différé jusques à présent de traiter des confiscations et limites , pource qu'il a été. jugé qu'on s'en devoit bien adcorder s'il étoit possible , et néanmoiuB où il y auroit trop de difficulté qu'on ne devoit rompre à cette occasion. Nous commei^erons d'en conférer demain \ bien vous peux-je assurer , monsieur , qu'on ne fera rien du tout pour lesdites confiscations , qui est néanmoins chose en quoi les sujets des archiducs ont plus d'intérêt que ceux des Etats, qu'il ne soit pourvu au fait de M. le prince d'Espinoy. Je l'ai ainsi fait résoudre du côté des Etats , et mettre en même considération ce qui le touche que le fait de la maison du feu prince d'Orange. Je sais bi^a néanmoins que l'article desdites confiscations , en ce qui regarde ledit sieur prince d'Espinoy , sera le plus difficile à obtenir à cause de la comtesse de ligne qui est puissante et a de grands amis près les archiducs, et d'ailleurs si obstinée à retenir tout ce qu'elle tient,
DU PRÉSIDENT JBANNINm ^49
qu'il sera très-difficile de vaincre son opiniâtreté , si le respect de Tatilitë publique ne la force de consentir à un nouveau traité. A quoi il me semble qu'il faut plutôt tendre qu'à rompre du tout la transaction , crainte qu'après la trêve , ou durant la trêve même , s'il avenoit qu'elle fut rompue pour quelque cause que ce soit , elle ne voulût prétendre de rentrer en tout le bien qui est , ou peu s'en faut , sous l'obéissance des archiducs. Je vous en ai déjà écrit quelque chose par d'autres précédentes lettres pour recevoir vos commandemens là*dessus et le» suivre , vous pouvant assurer, monsieur, que je n'omettrai rien pour vous y Tendre très-humble service , comme à ce qui peut toucher M. de Bethune , en faveur duquel vous m'avez écrit des lettres du huitième , que j'ai reçues cejourd'hui même par la voie de Calais, ayant toujours eu désir de lui rendre service pour son mérite et l'honneur qu'il a de vous appartenir. En quoi je m'emploierai très-volontiers , et de même affection dont je veux demeurer perpétuellement , monsieur , votre , etc. P. Jeaunin.
D'Anvers , ce pénultième février 2609.
Lettre du Roi à messieurs Jeannin et de Russjr, du qua^
trième mars i6og.
Messieurs Jeannin et de Russy , vous aurez su , par ma dépêche du vingt-huitième du mois passé , que je vous ai envoyée par le courrier Picault , mon avis sur l'article de la navigation aux Indes , duquel vous étiez encore lors en doute avec les députés des archiducs. Attendant le retour de Bruxelles du prési-
a5o NÉGOCUTIOISS
dent Richardot , par la vôtre du pénultième du passé, que j'ai reçue le troisième au matin / vous m'avez rendu compte de son rapport et de votre remontrance et coniestatiott suur icehû y ({UÀ a été accompagnée de tant de raisons que vous aveg du y demeurer eonstanfi et voàs y arrêter y comme vons avez &it. Et si lesdits dépuAës ont fait démonstratîoa d'y aequii^scer à regret plus que de bonne vdonté , je m'assure qu'ils s'en loueront à l'avenir, car vous aves beaucoup fiiil pour le service de leurs maUres de les avoir rangés à ce conseil *, mais je crains biea qu'il âoil r^eté pac les Etats , comme difficultés nouvelljes> ccmlraires aux espérances que l'oa leur a données ^ el plus, poopres à iKMtrrir leurs premières méfiances qu'à &cililer et avancer une bonne réconciliation. Toutefois vous n'omettrex rien envers eux pour les en rendre capables, et se contenter d'accepter ledit article en la ferme que vous l'avez reformé '^ car, encore qu'il ne soit couché en termes exprès etcbira, tels qu'ils s'ér toient promis et peuvent désirer , néanmoins il œ laissera d'être valable en cette forme. Bs auront aussi acquis 1^ droit et la liberté de ladite navigation du consentement de ceux qui font profession d'en priver toutes les autres nations » laauelle leur aéra très- utile s'ils en u^nt comme il convient. Je suis donc d'avis qu'ils se contentent dudit article ainsi que vous l'avez accommodé et trouvé bon* & pour l^s induire vous jugez nécessaire que vous làsur donniez les deux actes proposés par voU^ite lettre, que vous le fas^ea , car je ne reconnbis. aucune difficulté au premier. Et pour le regard du second , puisque nous avons délibéré d'assurer et garantir l'observa-
DU PBÉSID^MT JEÂKNIK. ^Sl
tioD de la Lrèy^ p^r u^ U^il^é qui doit être I^mX ay^c eux» et qi^e le susdit articiiç-i^ra compris et cou^ cbé Q^ leur accord 9 opuf pQuvoas bien les co^a-* soler. et ^tîÇer de Texpres^on et déclaration spé-^ ci^l^ portéç pa$ vqtre^ite lettre y il ^ut seuleni^^t prei\dii^ |[ard/eque cett^ |¥>tre pFon\e$seet Qbligat^oa nesipit «Â précise «{pe je çois teau, ^u moindre acci* ien% qui aviendi^ 4^ ce çôté-14 > de i^re l^-giierre fmv ^ux. J/ç ^eirai l)i^Q ?^^ ^^^^^^ comme ^ sçi de la Gr?ka.46^l3ret|ig^e et nvQi s^vow^ été compagupas et assppiéç ep tçute cette poui^suite, que ^pifs le sayons eacpre 4u traité de ladite giir^i^ générale et parûc^U^e > k cQi^dit^u q^e nouf aypn$ t^ p^rt et CQQUOÛss^ilpe d^s pipéten^e$ cqnjt^avei^çps et in-» fractjjDQI^ que ^ jtlgeme^.t n'e^ pHi^o être ^9xmé sans AOtFe ^vi/s » afi^^ de nW$ ^^^ts, et pb^jgéa de suivre le^ appétitsi et volutes 49& pr.ç9iie^ çpoipl^igwus , à iftUteft heures et rejiçpntrçç. A qujû je» remets" à ye« prudeupes de ppjjf yqir comnie il, oon^ .vient au bieu de ipp$ ^^ires. Priwt Diciu , isi^aieuçç leaumn et 4^ Rus^r > qWii Yq^» ait ci» $^ ^jint/s garde, lîlcale k Paris » le qiA9iiièipe jour de fuai^s. 16^09.
Et plus ba5, , Bmu^t.
Lettjpe de M. de F^ilknofr audit, sievt Jisaprm > dudifjimr
Monsieur , notre dernière dépêche portée par Picault vous aura si clairement informé du bon vouloir et avis du Roi sur le point de la navigation aux Indes,
a52 NÉGOCIATIONS
et les autres que vous nous avez représentés par les vôtres , qu'il ne nous reste plus rien qu'à vous assurer que Sa Majesté a été bien aise que vous ayez si constamment rejeté les contestations dernières que l'on vous a faites sur cela , pour faire changer l'écrit que vous en aviez dressé ; car elles ont été si frivoles et mal fondées , que nous nous étonnons comment elles ont été proposées , ne pouvant servir qu'à augmenter l'opinion y qu'ils n'ont déjà donnée que trop grande , qu'ils traitent mal volontiers , et tâchent à tromper ces peuples , et non à les récQucilier. Mais nous avons grande crainte que vous ne puissiez chevir des États ^ c'est pourquoi vous avez bien &it de ne leur avoir écrit cette difficulté , et avoir mandé leurs députés pour vous-même la leur dire* Enfin le Roi trouve bon^ s'il est nécessaire que vous leur bail* liez les actes dont votre lettre fait m^Atiqu, que vous le fassiez f mais il désire que le roi d'Angleterre soit de la partie, afin, comme il a bien copunencé, qu'il achève de même. Sa Majesté désire aussi que vous • ayez égard , faisant ladite promesse , de ne l'obliger à suivre les passions des premiers qui se plaindront de telle infraction , tant pour conserver sa dignité que pour n'être sujette à danser à chaque bout de champ, au premier branle que les complaignans et intéressés sonneront , ainsi qu'elle vous écrit par sa lettre , à laquelle je me remets. Priant Dieu , monsieur , qu'il vous conserve en bonne santé.
De Paris, ce quatrième mars 1609.
Votre, etc. de Neufville.
DU PRÉSIDENT JKANNIN. a53
Lettre de messieurs Jeannin et de Russjr au Roi, du
sixième mars i6og.
Sire,
Le courrier Picatdt arriva en celte ville, le deuxième de ce mois sur le soir , avec les lettres de votre Majesté , et aotis avions reçu celles du vingtquatrième le dernier de février. Elle aura connu4)ar les nôtres du pénultième duditmois , que nous avions prévu et jugé ce cpii étoit de son int&atfon avant que d^en avoir reçu le commandement , et que du côté des archiducs la trêve semble être comme assurée , du moins ne s'en peuvent pins rétracter sans blâme > et sans fortifier de beaucoup la cause des Etats. Il n'y a donc plus k craindre maintenant, sinon les Iout gueurs et pointillés qui pourront survenir du côté des Etats , par la contradiction de ceux qui ont toujours rejeté la trêve , et, après le traité fait, que le roi d'Espagne , les ministres duquel ont publié partout qu'il ne consentira jamais la liberté suivant notre projet, ni le commerce des Indes , fasse refus de le ratifier. Quant aux Etats , ce n'est pas sans raison qu'on y prévoit quelque difficulté , car, encore que le plus grand nombre soit ardemment désireux de la trêve 9 aucuns essaieront de se servir des villes de Hollande qui sont intéressées au commerce des Indes , pour leur faire dire qu'il doit être exprimé ouvertement; et il faudra peut-être du temps pour leur persuader (|a'il est mis par notre article en mots si significatifs qu'il ne peut être mieux , comme il est vrai en eflfet. Mais nous espérons que sept ou huit jours les persuade-
31 54 KÉGOCUTiaWS
ront et réuniront tous , même si nous leur promettons de la part de tqtve Majesté, et les députés d'Angleterre de la part de leur maître , qtie par le traité qui sera fait pour garantir la trêve , on la tienne pour enfreinte si on leur donne quelque empêchement en ce ccHiimercè ; ce que votre Majesté peut promettre sans en fedevôir atïcun dotnttage, n'étant vtaièem- Mable qu€ le roi d'Espagne , s'il consent au traité , y vetiilfe donnef ci -après quelque empêchement, et que le refus qu'il fait à présent d'en feire mention elpréàue n'est qtie par vanité , et pour pouvoir d>re, eii le dissimulant et âoufiOant , qu'il fee l'a paà consënti , et se setvir même de cette apparence envers les Pôttugaîs , qui font grande instance pouf le faire ôter aux Etats , auxquels il persuadera plus aisément de le soufFrii' pour qnelqtié temps , lent donnant espérance qu'il durera peu , que s'il l'a voit consenti expréSàéraent. Et èfette raison nous semble plus Vraisemblable que celles misés en avant pat les députés des archiducs , Contenues en nos précédentes lettrés. Auséi péùvehf-iU bien juger , Comme nous faisons dès à pifésenrt , -(^tfe si ce commerce est accordé de gré à gré àul marchands , et eu'x n'y allant plus à cette occasion qtie fôibleè , ils sei'ont sujets à tant d'i^cônvéïliens , et f rottvef ont lés rois et les peuplés si peu disposés à continiier ce ti'afic avec eiix j qu'ils s'en dégoûteront bientôt et lé quitteront d'eux -nïêmes sanà aiôrtre force ni contrainte , ce que nous pi'ëvoyons^^ avec tant de certitude , que nous estimons peu cecdmtaferce accordé de gré à gté, lequel nféanmoins eût pif servir aux Etatà continué avec hostilité , comme on faisoif offre de l'accorder au commence-
r>V PHÉSIDEUT JEANNTN. a55
ment, ou plotôt on le feignoit, si les marchanda eussent été si sages de le vouloir accepter de cette façon, comme nous le leur conseillions lors^ ayant in? dnit les Etats à leur offrir quelques vaisseaux de guerre entretenus pour les mieux persuader ; mais ils furent toujours opiniâtres pour l'avoir de gré à gré pensant en être refusés , et là-des$us qu'on auroit prétexte de rompre. Pour les autres articles (|ui restent à accorder , celui qui est du tout injuste , à savoir à,es contributions , ne laissera pas de causer de grandes disputes, mais non pour donner sujet de rompre, non plus que les qualités de hruts et puissans seigneurs, et les douze ans au lieu de dix, qu'il faut bien essayer d'obtenir si l'on peut, et y contester sans mettre l'afiaire en trop de longueur, ni en danger de rupture. Nous avons évité avec peine et grande difficulté le débat sur Tarticle du commerce de ce pays ; mais il étoit nécessaire de le faire pource qu'il eut rendu ceux de Zélande opiniâtres jusqu'au bout , et empêché sans doute la conclusion du traité ^ au Keu qu'en le remettant après )a trêve , il n'y a aucun péril , quand même on n'en pourroit demeurer d'accord ainsi que l'article qui en fait mention est conçu. Nous en avons fait autant pour les limitas et confiscations, quoique articles nécessaires, et qu'il eut été bien expédient de demander dès à présent ; mais cela nous eût tenus deux ou trois mois à disputer , et , comme nous estimons, empêché le traité. Les Etats nous ont néanmoins promis de ne faire ci -après aucun traité pour les confiscations , que M. le prince d'Espinoy ne soit entièrement remis en son bien ; ce que nous essaierons d'obtenir d'eux par écrit avant la
conclusion du traité , afin de les y obliger du tout ; car nous prévoyons tant de gens avoir intérêt en cet article des confiscations , qu'ils feront instance après le traité pour être remis en leurs biens. Or madame la comtesse de Ligne est si puiss^oite près des archiducs, et a aussi tant d'artifices pour gagner leurs ministres , et ceux même qui manieront les affaires des Etats , qu'on pourroit craindre que sans cette obligation le droit dudit sieur prince d'Espinoy ne fut mis en oubli , et néanmoins cette djemande pour lui très-juste. Nous savons aussi que votre Majeî fectionne , et que les Etats n'en peuvent le soin sans blâme. Elle jugera , par ce ci-dessus , ce qui reste à faire avc< achever ce traité , dont nous espél torité venir à bout.
Quant à l'autre difficulté conceri roi d'Espagne pourroit faire de rati^ raison d'en juger au contraire, qi qui sont princes sages , et désir< soit efiectué , ne se seront avancéç vertu de sa procuration , après avoii temps , sans être à présent bien assui puis , si la rupture du traité avenoit^ de cette ratification , leurs sujets en neroient sans doute , comme nous h aux propos que plusieurs d'entre eux , de qualité et gens de créance, tiennent*, ayabmren su que cette crainte , jointe à la nécessité dudit sieur Roi, Ta plutôt induit de consentir à la trêve que toute autre considération. Ils considéreront aussi que votre Majesté et le roi d'Angleterre s'étant obligés à la ga-
rantie de la trêve , s'ils refaseat en Espagne de ratifier, qu'ils auront trois ennemis ]^our un, et qu'ils conjoindront par ce refus deux grands princes à la défense des Etats , lesquels auparavant le traité ne les âssistoient avec obligation , mais seulement par certains respects qui ne les obligeoien t pas d'y mettre tout, comme fera ce traité de garantie, et , outre ce, convieroat le roi d'Angleterre par ce lien d'être de la partie , qui néanmoins cherchait à s'en exempter : joint à . toutes ces raisons que ledit roi d'Espagne ne laissera :■ d'être obligé en vertu de sa procuration , si les archidacs l'etiaploient par le traité , quand même il ne voudroit ratifier; en sorte que' s'il peut être conclu , arrêté et passé , nous ne jugeons pas 'qu'on doivef beaucoup craii^^'^e ce refiis de ratification , lequel don- . neroit sttjet de bâtir coïit^e lui avec grabd avantage toutes sortes de desseins. Bien noas semble-t-il expédient ,' selon que le contiennent les lettres de votre M^esté, d'âdèoiàrcAr aWànf qu'on pourra le temps de k^e ràtïfiôSation; mais il ne peut être mdîndre de trois tnois, car les Etats l'ont déjà ainsi consenti , et nous sotntnes certains encore , par les propos que le président Riohardot a tenus au sieur Jeannin , qu'ils fetûiit- grande instance pour avoir ciniq où six mois , sur ce Ipi'ils diront être nécessaire que le tnarquis Spinola,ledit£&eur président^ où bien les deux ensemble, y aillent pour rendre le conseil d'Espagne capable , quHls n*Oût rieii' iâit qu'aveiî prudence , et pour ne pouvoir obtenir la trêve à cotiditions plus tolërables pour le roi d'Espagne et pour les archiducs, quoiqu'on leur ait ci-devant voulu persuader le contraire. Nous ferons bien de notre part tout ce qu'il nous
sera possible pour empêcher que le temps oie soit plus long que de trois jjnois, lequel , à la y^uité , p^ut suffire au voyage et pour rapporter cette ratificatioa; mais, il est k craindre , si tout est d'accord, qi^ l<es Etal;s po^r un ipp^is pU;deuii; de^ plias ne veuij$leiipit pas rowpr.^..
Nous voyons bien qjue votre li^est^, désire w coUtTcir ce tei;pp$ ^ pour ^ au défaut de la rati^U^ti^ danjs lçdilitempfs>;renQuyeler I4 guerre cette, an^éie i^éme 9,afia de p^^ndre le roi d'^^pagne 19^ pr^^ré et au. dépourvu ;. au lieu que s'il gagne l'^onée eat^ère par cettç'trpmperjifi, il fera Ig gi^en^e puip!3aipm(snt l'année. sjaiv,ai;J;e, Cetl;e pj:évpyaAC€ . ç$t louflibl^., et désirerions . ,qix'ell§ . fut aussi, avant eçi. l'esprit, ^s Etats qu'il seiiqit biei?kreqi;ipippuç Iei||jpisQgt et avaat^ei 5; mai$. w>,ujs e», dqujton^ Ip^i^i^ font , iq% Outre, ce il nous| s^mh}^,y q^and on l?s pquf rojijt dJ/spQç^- d^ néduji^ç le teipps de; cette ratifi^ation>à^tiioÂ$uiQi/s». qu'il si^roit très-rdifficile d'eiv tirer.; le; fmft q^jçîîVPjtre: âlaje^té. se pçpmelb;,, cftry.avai^t Ifespifiatipi^, dft détei > é U r^tiQçation. n'es^ :e?ivoyé€( d'B^pf g^e , jes arabiducs priçïjonJt (in]Qï\ lew do^p^. eiaïqo^e: quelqii^s> joui^., pi^is^einii^o^i) apî?ès,c§ délai djeiF^M^iji^C^^deifl^ àau,tre^ etJfts.Et^ts^.qui.jçi'^Mopt p^çep^tY*^^ de «ecpipijiemc;çr ce je^„ rfiçeyr-opt aji^^piwtltPtttep suites d'exQps^s. pjaur ^;ei;i e^i^mapteri, Sii tp«(€ift)i&yxttTC,Mair j[est.é. çont^nuç, toiyoïtyrs en* in^mft yojç^t^ ^ et jage ^prèsle^t^ité fa^t q}j'ille&fai.illQ vtéip^^^ k reprendre les arme§ ,, k f^^toqnéhTd^û^^ùa m* mit4mmM dani^ Je t^mps, fffimf „ npus; essiiiei:QQSid^ le^ éàmSr fer, et cje l^ur iairiQ; cpniaoîjtre d^ièi-pr4$ent; que s'il y. a dela.r^np;5ç,s^a pQur gagner, t^^ps , el eefi»l«
DU PRÉSIDENT JEANNIN. aSg
tromper et refuser dn tout cette ratification; mais , poiir 7 parvenir, it leur faudra offrir un bon et puissant secours , et outre ce empêcher qu'ils ne licenn erent partie de leurs ' trouf>es dès le lendenain d« tesBi^^ sansi attendre .que le teinps de h ratification scke&p^ë ^ comme 'ûs feront sans doute â^il »e plaît à yotre Majesté lettr donner quelle assistance pour aider à les entretenir , et nous mander quoi , afin qu& leur en puissions donner assurance, comme aiassi quelle est son intention touchant la garantie de k trêve , au, cas que les Etats soient empêchés au commeree dea Indes y et croire , s'il lui plaît , que nous userons de discrétion pour ne publier ses intentions , sinon quand il sera temps , et à ceux auxquels nous jugerons être expédient de le faire , y ayant toujours procédé de cette façon, sans aller même si ayant qu'elle nous a permis et commandé, quand nous avons jugé pouvoir faire son service en demeurant {dus retettusi, afin qu'elle eut le gré de ce traité aussi bien du côii de» ar(Àîd»ic^ que de» Eiats , attendu que c'eMÀ elle seule qu'il sera vraiment dû.
Mousi iàOti& apercevons bien néanmoins , depuis ce dernier vQ^ttge, «^ttelesâitsdépnftés des archiducs re*^ coniioÎ9s<Kit€ raneun notre pourvoit à &ire ce traité , qa'ik b« se» fient eo notre volonté à contenter l'Ës^ pagne -, et atf éouttaire il semble q«r'ils se tiennent plw asstfnfe de la bonite Tolon^é' des Anglais , et laoîn» ée leur pouvoir , disant tou^ les jours quetoàt dépend dtd> noas, eW qu^ nous leur Ês^isons faire ee que nous'va^tâmis, cemme, à la vérité, nous éstittat^ns qu'îk ont charge^ à présent de suivre nos avis. Quoi qu'il ei!i avienne , s'ils ont plus de gré dé te côté , nous
aOo NÉGOCIATIONS
essaierons , en récompense , de le gagner par dessus eux envers les Etats , et nous nous promettons de le faire. Nous n'omettrons rien pourtant de ce côté pour leur donner toute bonne impression de notre conduite et de votre intention , sans toutefois user d'aucune flatterie , ni faire chose indigne de la sincérité et gravité qui accompagne toutes les intentions de votre Majesté , à laquelle nous prions Dieu, Sire , donner en très-parfaite santé très-heureuse et longue vie.
D'Anvers,, ce sixième jour de mars 1609.
Vos , etc. P. Jeannin et d£ Russt.
Autre lettre de messieurs Jearmin et de Bussy au Roi, d'à
huitième mars 1609.
Sire ,
Ce courrier nous a rendu les lettres de votre Ma- " jesté , du quatrième de ce mois , le sixième au soir. Nous lui avions déjà écrit le même jour, et nous pensions envoyer nos lettres par un courrier qui partoit de cette ville pour aller à Paris \ mais nous les avons retenues jusques au départ de celui-ci pour envoyer les deux ensemble. Nous pensions qu'elle dût recevoir plus de contentement de notre dernière dépêche qu'elle n'a fait , sur ce qu'elle craint ', comme il semble , que les Etats refusent l'article des Indes ainsi qu'il est conçu, et que cela soit cause de nouvelles longueurs et défiances , au lieu de donner quelque avancement au traité; et néanmoinst par sea précédentes lettres elle en faisoit tout autre jugement et
DU PRÉSIDENT JEANMN. a6l
le tenoit suffisant pour leur ràretë , dont nous nous étions bien fort réjouis , pensant avoir satisfait à son désir, ayant même qu'en avoir reçu le commandement. Si e0*il vrai que nous eussions été contraints de sortir de ce lieu les mains vides , et sans rien faire, si nous ne Teussiions accepté de cette façon ^ car en tout ce qui s'est passé jusques à présent, soit avec les députés des Etats , ou avec nous en ces dernières* conférences, les députés des archiducs n'ont contesté sur aucun article avec plus de véhémence et animosite que sur eelut-ci , n'y ayant eu aucun moyen d'ob-»tenir autre chose d'eux que ce qui est contenu en notre article , encore avec colère et regret , ainsi que nous lui avons ci-devant écrit. Il est biea vrai aiissi que cet article est suffisant pour la sûreté des Etats , encore que mention expresse n'y soit faite des Indes ^ néanmoins il n'a été dressé par nous , sinon en ceje» tant celui de M. le président Richardot , et en déckf^ rant auxdits députés que nous ne l'approuvions aucunement, pource que nous prévoyions que les Etats ne s'en voudroient contenter, mais l'acceptions seulement crainte d'être* auteurs de rupture, et avec promesse de faire ce que nous pourrions envers les Etats pour les en faire contenter , les priant, s'ils en faisoient refus , de ne faire difficulté de mieux éclaircir cet article, puisque c'est leur intention qu'il soit effectué de bonne foi.
Yotre Majesté sera aussi avertie que, par les articles que les Etats ont signés , il n'y en a un seul qui fasse mention des Indes , et sp contentoient lors de deux artides : l'un , par lequel la trêve est générale, partout, et sans distinction de lieux ni de
a62 BÉGOCIÀTiONS
personnes ^ Tautre , par lequel le commerce efil gênerai, par touB les roymme$ , pays , terres et seignev* ries da roi d^Espagne i, des archiducs et dçs Etats entre tous leurs sujets; et enseiiible ip^roient que k trêve ^toit aussi bien muk Indes qu'ailleurs , n'y ayant aucujie restriction au ccNMaerce qui s'étendbit de même partout. Or cette interprétation pou» voit être siijette à grande dispute , car» ewore que parles traités faits entre la France ecTEspagne le commerce soit général, et de même es traités €ntre rAngleterre et TEspagne, si est ^ il certain que les Espagnols n'ont janmis enlieiidu que les sujets de vos Majestés eussent ledit commerce aux Indes , et , sW y vont , que c'est à leurs périls et fortunes, sans que la paiic soit rompue aiUeurs. Ainsi ils eussent pu donner la Baâme intarprétation à cet artide; mais quand les députés des ardiidtK^ le voulurent restreindre aux lieux et limitBs désignés par ledit artide , et hors keux exclure les Etats des lieux , portç et havres appartenant au rok d'Espagne » on leur demanda un consentement exprès pour le Gommierce desdits pays es lieux et ports qui n'étoient de l'obéissance du roi d'Espagne , et que duraat la trêve on promit aussi de ne faire la guerre aux alliés que les Etats ont èsdits pays : et ce ait lors qu'il y eut grande contention continuée par trois conférences, et jusque sur le point de notre départ , que nous fumes comme contraints d'accepter l'article aux conditions cirdessus mentionnées,inon autrement; en quoi nous estimons avoir bien fait , et donné un grand avancement en cette affaire , sans nous obliger néan-** moins à ne pouvoir demander mieux , au cas que les
su PRÉSIDENT StkVmV. ft63
Elàits fessent refus de s'^ti <:^ôtatenter. GVs/t donc à votre Majesté de ûOctô céttilnattder , s^l lui plàit , son intention, ^t de pc^enàre assnranCe qu'elle y sera fidèieÉaent "servie.
Nous temèbs pour certain que dan& les Etats iuo«ft« , induits plutôt pàf les séUïeitâtion& *dë ceux qui ôfit ^oujOUi^ rejeté la ttëve que àe ViMétêt des toaN diknils ^ Ou de H^u^qUè utiKté qui en fiôu^i^oi); ârkîvér aiÉi ^ëtiiét^l ^ FEtat , Jerënt de la difflènké éh cet ai<titôté , et que <cèlà sel^a c^Usè de quelque lohgûeut* , âiââs non âe ruptiïre , et enâi qu'on péuf^a dàtis peu de j^ôr$ J^muKOnter cette difiknlté par PouV^erlufè ptch poèée à Votre Majesté-, qui est'ée garâiltir éecomtiÉëP&é dès Itadès ^e t(0ut etnpéchemeét , àuâsi bien que le reste du irîaité ^ tant de sa pàtt que de celle du roi d'Angleterre^ en quoi elle s'assurera, s'il lui plaît , qtte i^ous dre^s^r ons le traité de faedn qtte tels empéchemens ne seront tenus pour rupture, sinon qu^ii mit ainsi jugé par aVis commun , et non pat* les Etats seuls, sur la plainte de quelques particuliers intéressés. Ce à quoi il est plus besoin et raisonnable aussi de pourvoir , est à l'intérêt de la maison de Nà9sa4i , et pàrtieulièrei!iiénl de M. le prince MàUtice, qni recevra grand dM^âiage par cette trêve. Or il sert>it du tout injuste que son mérite fut récompensé par cette ingràUludè , et que le public et les particuliers 4ans les Etats recevant du soulagement et du profit par cette trèVe , lui seul , et ceux de sa maison avec lui , en idOuflHssent du mal *, et c'est en ceci où nous aurons à travailler le plus, et sans quoi nous prévoyons toutes sortes d'inconvénieus ; mais nous estimons que oeuic qui conduisent les. affaires se laîà^
a64 . KEGOGUTIONS
seront vaincre à nos raisons et aux prières qui kur en seront faites de la part de votre Majesté et du roi d'Angleterre. Tous les députés d^ rassemblée générale des Etats partent aujourd'hui piéme de La Haye pour se rendre le dix ou onziënie à Berg-op-Zoom , et nous partirons le lendemain pour les aller trouver, et faire tout ce qu'il nous sera possible pour achever cette affaire selon le désir de votre Majesté. Le conseil d'Etat y doit être aussi , et pareiUesieat madame la princesse d'Orange, M. le prince Maurice, M. le comte Henry et M. le comte Guillaume. Nous retenons le courrier Picault pour, lui mander les premiers avis de ce que nous devons espérer. Priant Dieu cependant , Sire , qu'il donne à votre IVIajesté et à sa royale famille tout heur et prospérité.
D'Anvers , ce huitième de mars i6og.
Vos , etc. P. Jeànnin et de Russy.
Autre lettre au Roi, duditjour, dudit sieur Jeannm &i par'
iiculier.
SiBE ,
Ayant reçu votre commandement par deux fois pour faire effectuer ce que le marjchand d'Amsterdam a promis , je lui ai mandé de se trouver à La Haye le douzième de ce mois , où M. de Préaux le doit aller trouver pour convenir de prix avec lui et passer traité sous sa signature , avec promesse , au cas que l'entreprise succède bien, que votre Majesté pourra, si bon lui semble , publier , et lui-même sera tenu de publier et déclarer que c'est en son nom et de ses deniers. Encore qu'il ait toujours demandé douze mille
DU PRÉSIDENT J£A2«NlIf. l65
livres, si eslimë^ qu'il se coatentera à moins, comme de huit, neuf ou dix mille livres , dont ledit sieur de Préaux prendra le meilleur marché qu'il pourra , et le saura bien faire , comme il fait bien tous les jours ce à quoi il est employé ici pour le service de Sa Majesté. J'écris à M. de Villeroy bien particulièrement sur le fait de i^otre négociation , et ajoute par la même lettre où je prendrai Targent qu'il faut donçer à ce marchand, à quoi je me remettrai pour n'importuner votre Majesté de redites. Priant Dieu, Sire, qu'il lui donne en très-parfaite santé très-heureuse et très-longue vie.
D'Anvers, ce huitième mars au soir 1609.
Votre, etc. P. Je^lknin.
Lettre à M. de f^illerojr dudit sieur Jeannîn , dudit jour
huitième mars i6og.
Monsieur , j'estimois que notre dernière dépêche apporteroit plus de contentement au B.oi qu'elle n'a fait, pour le moins à ce que j'ai reconnu par les lettres qu'a apportées ce courrier, qu'on étoit en doute de ce que feroit le roi d'Espagne , et qu'on craignoit la rupture. Toutes les lettres de Sa Majesté et les vôtres tendoient à faciliter ce traité ^ et maintenant que ledit sieur Roi et les archiducs accordent tout, et consentent à une trêve fort honteuse pour eux , glorieuse pour Sa Majesté qui l'a poursuivie , et qu'on en peut dire auteur » et avec ce , profitable et assurée pour les Stats, qui avoient si grand désir de se mettre en repos , que le plus grand nombre l'eût volontiers acceptée à moindres conditions , et j'ose dire tous^ plutôt que de rompre , il semble qu'elle en ait du dégoût.
aÉ{6 NÉGOCIATIONS
Elle avoit aussi aiyprôttvë Particte {^Mr^l^ oottiinerce ées Indes par les lettres que le fcoumeir Pfeàult wous a apportées, jugeant qu'il suifisoit pour k sûreté -âes Etals.; et nëafimoius, encore que rien u*y ait été ohâfigë depuis , elle en doute k prëseiit , dit que nous avons beaufcoup fait pour le roi d'Espagne et les ^l'okid^ucs , d'induire leurs ministres à Tâccepter, et <:^aint que les Etats n'aient sujet de s'^q plaindre. <Si n-âi-^e jai^ais peïiâë à contenter le roi d'Espagne , mais seulement à faire lee qui m'étoit «commande -, m fat^ânt les moyens de parvenir à ladite trêve avec la sûreté des Etats; vous pouvant assurer que les dëputés des archiducs n'ont disputé en toutes leurs conférences , soit avec les Etats ou avec nous , aucun article avec tant de contention et animosité que celui-ci, jusques à les avoir vus résolus de rompre plutôt que de faire mention expresse des Indes , n'en pouvant toutefois conjecturer autre raison, pui$qi«ie les Etals en vertu de notre article dciventavoir^etsoinmerce en effet, sinon qu'ils Totit fait , non po»r les raisons CMtenues en nos précédentes lettres mises en avant par eux» mais peur isontenter aucuneiia^pM da vsenité'du roi d'Espagne et de son conseil , ou bien à cau^e des Portugais , qui ont fuit très - grande instaiïoe au oeiàseil d'Espagne pour dter ce commerce acet Etats ^ auxquels peut-être on essaiera de persuader qu'il a été refusé puisqu'il n'est accordé expressément , les induisant à le souffrir et dissimuler pour quelque temps sous espérance qu'il durera peu , comme im efièt il est certain que les marchands s'en dëgoâterpnt bientôt > et qu'il ne «era d'aucun profit à TEiat, puisqu'il n'est que de gré à gré^
Je ne pexix donc imaginer d*où vient ce changement et dégoût «n la Yok>ntë du Roi , si ce n*est que qnel^ qa'on ait écrit malicieusement ou ignoramment que 0005 pouTions encore obtenir mieux , et faire coucher cet article plus intelligiblement si nous y eussions' persisté avec opiniâtreté sans nous en départir , étant néanmoins vrai que nous avons attendu jusqu'au der«nier jour de la trêve ^ prêts à sortir le lendemain pour nous en retourner les mains vides. Or je désirois engager les archiducs à nous donner par écrit les articles du traité , tant en leurs noms qu'au nom du roi d'Espagne. Je voyois que les députés d'Angleterre avoient déelaré hautement que leur maître ne consentiroil jamais à la rupture sur cet article , et je jugeois d'ailleurs qu'il y en avoit assez pour la sûreté des Etats , comme il est vrai en effet , et outre ce que dessus ) que par les articles résolus avec les Etats , les Indes n'y sont point exprimées nommément non plus qu'en notre article , eux s'étant contentés de ces deux articles , l'un par lequel il est dit que la trêve est générale, sans distinction de lieux ni de personnes, entendant par ces mots que c'étoit aussi bien aux Indes qn'ailleurs ; l'autre article contenant que le commerce devoitétre général en tous les royaimies, pays, terres et seigneuries du roi d'Espagne , des archiducs et Etats, duquel les Etats préténdoient aussi inférer qu'ils l'avoient de gré à gré aux Indes 5 et ne leur de* mandons là*dessus , sinon une déclaration à part , au nom du roi d'Espagne , que pendant la trêve il ne feroit la guerre aux princes et peuples qui sont amis et alliés des Etats èsdits pays : en quoi seulement fut la difficulté , et sur ce qu'ils dirent le roi d'Espagne ne
a68 NÉGOCIATIONS
vouloir souffrir ledit commerce en ses fdaces , ports et havres , hors les limites désignées par notice artkle^ ce que les Etats n'ont aussi jamais prétendu ; consentant de ne donner aucun empêchement audit com- *merce es pays d'autrui ësdits lieux , ce qu'ils ne vouloient encore déclarer par le traité général , mais, par un écrit à part, et après de très-grandes disputes, le consentirent , et d'y ajouter qu'ils ne donneroient non plus aucun empêchement à ceux qui feraient ledit commerce avec eux , que nous fîmes ajouter pour comprendre sous ces mots leurs alliés , dont il ne fut possible d'obtenir l'expression. Ce que jetons mande est la vérité : quelqu'un eût bien désiré que nous fussions sortis d'ici sans rien faire, se promettant que cela eût servi pour rompre tout, mais je n'ai pas cru que ce fût l'intention du B.oi ^ ses commandemens repérés par plusieurs lettres me témoignoient le contraire , et que Sa Majesté désiroit autant la conclusion de ce traité qu'elle en craignoit la rupture^ et je savois bien aussi que sortir de ce lieu sans rien faire ne seroit pas cause de rompre , car les Etats en sont si éloignés , qu'ils se contenteroient plutôt à moins que de tomber en cet inconvénient , mais eût été cause de mettre les affaires en longueur , et faire couler cette année inutilement, ce que leà Espagnols désirent avec plus d'affection , et l'estiment de plus grand avantage pour eux que la conclusion du traité.
Néanmoins ceux qui ont toujours rejeté la trêve, ne la pouvant rompre , seroientbien aises de tomber en cette longueur , pource qu'on leur donne espérance que Sa Majesté est ébranlée pour rentrer en guerre, et, si on a encore quelque loisir, qu'elle
pourra être induite à prendre ce conseu ; et eux se promettent aussi , quoique vainement , qu'ils pourroient persuader les peuples de reprendre les armes en ayant ce loisir : et déjà on leur avoit donné avis de ce lieu des difficultés qui restent en ce . traité , tant pour empêcher la venue des Etats à Berg-op-Zoom y sous prétexte qu'il falloit avant que sortir de La Haye être informé par le menu de toutes choses , et y prendre résolution; mais ce conseil fut rejeté , et ar^ rétë qu'ils se rendroient audit lieu de Berg-op-Zoom mardi prochain , dixième de ce mois , où nous nous trouverons ^ Dieu aidant , le lendemain , avec espérance de leur faire tjouver bon tout ce qui s'est passé, si nous ne recevons autre commandement de Sa Majesté ; car Vil lui plait que nous laissions faire difficulté aux Etats sur cet article du commerce des Indes, et que la fomentions même sous main , nous le pouvons faire , pource qu'encore que nous ayons dressé Tarticle ainsi qu'il est, ce n'a été qu'en rejetant celui de M. le président Richardot , et en leur déclarant expressément que nous ne l'approuvions de cette façon , pour être bien assurés que les Etats en feroient refus , ne leur promettant autre chose , sinon de faire tout devoir de le leur persuader. Je ne vous réponds pas pourtant de l'événement , tenant pour certain , encore, que je prévoie bien qu'il y aura de la dispute sur cet article , que tous aimeront mieux le passer ainsi que rompre. Croyez , monsieur , qu'ayant appris . le mauvais état auquel sont les affaires du roi d'Es-^ pagne , si j'eusse reconnu les Etats pouvoir être disposés de rentrer tous ensemble en guerre, avec même courage et vigueur que du passé , que j'eusse aidé k
27 0> NEGOGIÀIj'IOltô
ëchaufler Sa*Majestë en la rësolutiôa di^ ce conseil; mai» ayant toujours jugé le contraire, je rcti »i ayentie véritablement et en hbinme de Inen. Que je sache donc au vrai ce qui' est de son iaiieiatkmty et peraonne n'appoct^a plus de fidélité et d'industrie^ du- côté des Etats que moi , pcmr essayer de k faire suivre. J'ai toujours estimé qu'eild pcéféroit lai trêve bîcfi &îte à tout autre conseil ;. maié il me semble , maiatienanl que nous af)proéhons de. la ceockiâion. » dn mQÎii& que les afiaires y sont e» meilleur état qu'elles ne farent jamais , qiue Sa Majiesté €aomménc(k d'en arvoîr cpdr que dégoût : j'en ju^e même aiife8i;pa« vos lettres, car vous ayant eavoyé , par le si«ur /le Sftbte-datkerÎBef copie de la ppocfyratioa en v^tu de laquelle les ar* chiducs veulent ofaligei! le roi d'Espagne , et mandé les raisons pouff lesquelles elieme sembloit bonne , et ce qu'on, pouvôit aassi diee au eontraûre , vous m'a* ve:& écrit qu'elle l'avoit trouvée bonne » et niéanmoins par vos lettires que W courrier Picault m'a apportées VOUS; moDitrez d'en douter.
Je tire aussi quelque, conjecture* dei oei cbain^ment , dece que j'en, aixtit autrefc^s aapirésidenARichardotet aa?c airchiducs mêsaes pas commandement da Roi et aur vos lettres, qulena tmtant en vertu dm pourroir du, roi d'Espagne ^ le Roi tiendroit la mattL qu'il ne fût pressé par ks Etats pour faire donner la rxtificsbtiûU;, et quand elle seroit métne sefiisiéeidu tout^il emi^édieroit de tout soni pouTiooîr qise la trêve ne fit raniipue à cette opeasion , pànrvu qu'en cfiél le roi d!Espagne ne contrevînt point à ladite trive , ce fptd le pcésîde^jb Ricbandot m'a dit d'entrée, montrant de vouloir bâtir là-dessus , et passer outre à œ traké sur
DU PRÉSIDENT J&ANNIN. 271
celte: aasoranoe , non autrement. A quoi je- lui rëpon*dis (ftt'iJi ne devoit point penser que les Etats , à £a«te de cette ral;i£caliQ9Ei , rentreroient en guerre et ne se désacmeroient psttiméme ayamt que de ravoir reea0> n'accericderoient. aussi uaplus long' temps, que de;la^ mois pour la leur éoniier 9 et je y ois maintenant que le Koi dievelM à restoeiodre ce temps , comme c'est à la yéri4)é le meilleur. Mais cela me fait juger qu'il y a cpifrlque^ cbangemenA en sa yolomtë , du moins qiit'il a'a même a/Section; à ce traité que du passé. Je servirai cwame il lui jdaira : la conclusion» du traité y la pupttare , ou la longueur sans rompre , tout m'est égal pMtrvu; qvfi Sa Majesté soit servie à; son contente* ment. Elle sait mieusi jagér, et son conseil qui es t près délie insiruitdetoutes les affaires de son Etat, ce qui lui est. uiile que mioi qui iHet^ sais, que par parcelles , et dois seulement obéir sans apporter mes raisons cdatne son commandement. M. de Pceaux doit âti« k douzième* de ce mois à La Haye, potiv parler aa mafjchand que> vous savez, et là traiter avec hii, et conyenîr da prixi du marché au mieux qu'il pourra; eair. encore- qu^il ait toujours demandé douze milte livccs , j'espère* qu'il se conteintera de huit, neulou dix mille livres ,. et ledit sieur de Preauoc saura» bien pcendDe le meilleur marché qu'il pourra. Il en pren* dra une promesse par écrit, qui contiendra tout ce qud« dessus^ e4 outre 42e , que* si Sa Majesté veut ci-après , l'affaire succédant bien , publier que l'entre-* prise a été faite en son nom et de ses deniers , elle le pourra faire si bon lui semble , n'estimant pas qu'il soit à propos de le déclarer maintenant. Quant à l'argent , je n'ai employé de celui de Sa
Majesté que douze millelivres d'un côté, etquatre mille de Tautre. Le surplus a été rais pour la plupart en ma dépense, et en déduction de Tétat qui m'a été donné ^ mais je prendrai ce qui reste, et emprunterai le surplus par le moyen du sieur de. Vaùdrenecq, et comme feignant que c'est pour ma dépense , et acheter quelque tapisserie en ce lieu ^ et suffira qu'on le rende quand et où je me serai obligé de le faire. J'ai toujours retenu M. de Préaux pource qu'il est très-utile ici pour le service du Roi« Il a été parler souvent pour affaires à M. le prince Maurice , à M. Barneveldt et à d'autres , selon les occurrences , dont il s'est toi^ours très-bien acquitté, et en ce lieu a vu quatre ou cmq fois le président Richardot pour lui communiquer d'affaires *, l'ayant prié de demeurer encore jusqu'à ce que la résolution soit prise par les Etals , sAn qu'il retourne lors en France avec créance à Sa Majesté de tout ce que jugerai être nécessaire de faire pour son service , dont je ne la saurois si bien instruire par lettres que ledit sieur de Préaux fera de bouche , avec lequel j'ai toujours communiqué si ccmfidemmeat , qu'il est très-bien informé de tontes choses , et sais certain que Sa Majesté recevra contentement du rapport qu'il lui en fera, et le jugera capable de la servir en quelque autre bonne affaire que ce soit. le suis , monsieur , votre , etc. Pi Jeakkir.
P' Anvers, ce huitième jour deniars au soir 1609.
DU PRÉSIDENT JEÀNNllT. ' îljS
Lettre dudù ^icur Jeannin à M. le duc de Sully, dudit
jour huitième mars 1609.
Monsieur, vous aurez vu, par notre précédente dépêche au Roi , la résolution qui a été prise du côté des archiducs pour la trêve , laquelle est presque conforme à celle des Etats; et néanmoins il semble, par les lettres que ce courrier nous a apportées , que Sa Majesté n'en soit pas. si contente que nous avions espéré , à cause qu'elle craint le commerce des Indes n'être assez exprimé pour en donner satisfaction aux Etats : si y en a-t-il sufSsamment pour leur sûreté 5 puis il n'a été en notre pouvoir de mieux faire , les députés d'Angleterre ayant déclaré ouvertement que leur maître ne sera jamais d'avis de rompre à cette occasion , et ceux des archiducs , qu'ils ne vouloient passer outre, encore que ce fût l'iiitention du roi d'Espagne d'accorder ce commerce par les mots contenus en notre article sans en faire autre expression ; ^insi il s'en fisilloit retourner sans rien faire , ou accepter ce qui nous a été donné 5 l'ayant fait toutefois avec protestation de ne le recevoir , sinon pour le présenter aux Etats , et faire tout devoir pour leur persuader de s'en. contenter, mais, s'ils en faisoient refus, de presser derechef les archiducs d'éclaircir ledit article si intelligiblement, que les Etats n'aient aucune occasion d'en douter. Il est certain qu'à cause des passions de quelques-uns des Etats qui ont toujours rejeté la trêve , cet article aura de la difficulté , et néanmoins j'espère, après quelques disputes, qu'ils s'en pourront contenter, et , s'ils ne le font, que les archiducs, ayant T. i5. 18
pouvoir d'accorder ce commerce de la part du roi d'Espagne, aimeront mieux le faire ainsi qu'il sera requis pour les contenter que de rompre. Et , à la vérité, puisque c'est l'intention dudit sieur Roi , il ne devoit faire difficulté de l'exprimer sans mettre ces peuples en nouvelles défiances par cette façon de procéder. Mais il y a tant d'autres choses en ce traité qu'ils passent à regret, et, comme il leur semble, avec quelque honte , que nous n'avons pu jusqu'ici surmonter leur opiniâtreté.
Le fait des confiscations est encore demeuré en suspens , pource qu'il y a tant de difficulté , qu'on n'a osé l'entamer jusqu'à ce qu'on soit demeuré d^accord des autres articles du traité : néanmoins on en doit traiter , et des limites aussi , avant que se séparer, tant de gens ayant intérêt en celui des confiscations , que chacun presse pour le faire résoudre. Les Etats m'ont promis de n'en rien accorder sans pourvoir à l'intérêt de M. le prince d'Espinoy. J'en tirerai encore une déclaration par écrit afin de les y obliger du tout ; mais je désire , pour les en presser encore avec pins d'efficace, que le Roi en écrive un mot aux Etals, suivant le mémoire que j'envoie à M. de Villeroy , pour faire la lettre sur icelui, iqui , je m'assure , le fera volontiers. Je vous en envoie aussi copie, et vous assure que je n'omettrai rien pour vousy rendre trèshumble service , comme étant, monsieur , votre , etc.
P. Jeànnin.
D^Anvers , ce huitième mars 1609.
DU PRÉSIDENT JEÀNNIN. a-5
Lettre dudit sieur Jennnin à M, de Bame^eldt, dudit jour
dixième mars 1609.
Monsieur , nous partirons de cette vîlle , Dteu aidant , jeudi matin pour nous en aller à Berg-op-Zoom , où nous nous promettons que les députés de Taissemblée générale arriveront cejourd'hui. Je vous envoie copie des articles selon qu'ils ont été signés par les députés des archiducs , ayant noté en marge le changement qui a été fait en quelques-uns desdits articles.- Le principal est pour les contributions qu'ils ôtent du tout , et n'y a eu moyen de le leur faire consentir. Ils n'accordent aussi^que dix ans pour la trêve; mais j'estime , si on insiste pour les douze , qu'ils y consentiront. Quant à l'article du commerce des Indes , nous avons fait tout ce qu'il nous a été possible pour le faire exprimer de façon que les plus scrupuleux n'eussent aucun sujet d'y faire difficulté ; mais après y avoir contesté long-temps , jusqu'à montrer de vouloir sortir ', comme tenant tout pour rompu , nous l'avons enfin obtenu, avec peine, de la façon qu'il est couché, sans pouvoir mieux faire ^ leur déclarant néanmoins que nous ne pensions pas que messieurs les Etats s'en dussent contenter , encore qu'en notre particulier nous croyions qu'il y en a assez pour leur sûreté , attendu même que les deux rois leur ofiriront de promettre , par le traité qui contiendra la garantie de la trêve , si quelque empêchement est donné en ce commerce , qu'ils tiendront la trêve pour enfreinte , tout ainsi que si elleétoit rompue es autres articles du tr.aité. C'e&t à ce coup qu'il est du tout né-
ajô NÉGOCIATIONS
cessaire que vous preniez une finale résolution , soit pour conclure ou pour rompre. Nous vous conseillons le premier par le commandement de nos maîtres. Je vous supplie encore de faire pourvoir à ce qui touche rintërét de M. le prince Maurice , et de croire , si on n'en a plus de soin que du passé , que tout ira mal. Ce que je vous mande ne sera que pour vous s'il vous plait, et où vous jugerez qu'il sera à propos de le communiquer. Je vous baise bien humblement les mains , et suis , monsieur, votre , etc. '
P. j£À{IKIIf«
D'Anvers , ce dixième mars i6og.
Lettre dudit sieur Jeannin a M. de La Boderie , du
. o/izième mar^ i6og.
MoKsiKUR , votre lettre du vingt-sixième février m'a été rendulè en cette ville d'Anvers le dixième de ce mois. Notre trêve s'avance , car les archiducs, tant en leurs noms qu'au nom du roi d'Espagne , nous ont donné les articles signés, fors celui des contributions, qu'on prétendoit encore lever sur lés pays l'un de l'autre durant la trêve , qu'ils ont refusé ; aussi ne nous a-t-il jamais semblé juste. Ils n'ont voulu accorder non plus que dix ans pour la trêve , et les Etats en demandent douze -, mais cela ne suffit pour rompre d'un côté ni d'autre. La plus grande difficulté a été' sur le commerce des Indes qu'ils ont dit d'entrée vouloir bien accorder de gré à gré \ mais quand il a fallu mettre cet article par écrit , j'en ai fait trois , et M. le président Richardot autant , et totis ont été rejetés par eux ou par nous , les nôtres , parce qu'ilé faisoient
DU PRÉSlDETft JEATfTflîf. 2^7
mention expresse des Indes , dont ils ne veulent ouïr parler , craignant , comme ils disent , la conséquence envers les autres princes qui sont leurs amis et alliés, et les leurs , pource qu'ils vouloient user de circonlocutions qui avoient de Tambiguïté. Enfin nous en avons dressé un, non du tout selon notre désir , mais mieux que le leur, que notre Roi approuve, et à la vérité il nous semble suffisant; mais je ne laisse de craindre que les Etats ne s'en veuillent contenter. Si vois-je cette affaire si ébranlée , et les parties en si grande inclination d'achever ce traité , qu'à mon avis l'un ne se voulant laisser vaincre , l'autre s'accommodera , et j par ce moyen, nous. en sortirons bientôt. Tous les députés de l'assemblée générale des Etats seront aujourd'hui à Berg-op-Zoom , distant de cette ville de cinq lieues seulement, comme aussi M. le prince Maurice y doit arriver avec son frère , et , comme, j'estime , madame la princesse d'Orange. Ce que je désire le plus, est de pourvoir à l'intérêt dudit sieur prince Maurice, qui doit perdre beaucoup par la. trêve , et il n'est pas raisonnable que son mérite soit siingratement récompensé; j'espère d'en venir à bout.. Les députés d'Angleterre et nous sommes en trèsbonne intelligence , et me réjouis d'apprendre par vos lettres que le prince près duquel vous êtes soit mieux disposé à respecter notre amitié qu'il n'étoit du passé;, nous en devonsaussi faire compte et nous en approcher; de même. Nous partons demain pour aller à Berg-op- Zoom prendre le dernier mot des Etats , estimant ne devoir mettre leurs députés avec ceux des archiducs , jusques à ce que nous ayons fait résoudre tout , afin qu'il n y ait plus à conférer ensemble , mais seulemeut
2^ ÎIÉGOCIATIOWS
à passer le traité , et en usons ainsi pour éviter les longueurs et circuits auxquels les uns sont sujets par nature, et les autres à dessein , et pour tirer profit du temps; aussi est- il temps de couper ou défiler le nœud. Je vous baise très-humblement les mains , et suis 9 monsieur , votre , etc. P* Jeannin.
D'Anvers , ce onzième mars 1609.
Leitre de messieurs les ambassudeurs de France et à^An^ gleterre à l'archiduc, du onzième mars 1609.
Moiyseigheur , nous avons estimé que c'étoit notre devoir d'écrire à votre altesse avant que sortir de cette ville , pour la remercier très-humblement de Thonneur et courtoisie que nous y avons reçu , et pour rassurer aussi que , suivant jia charge et commandement des rois nos maîtres , nous n'omettrons aucune sorte d'office , de soin et diligence , pour achever et conduire à heureuse fin le bon œuvre auquel il leur a plu nous employer pour mettre ce pays en repos, y ayant déjà travaillé avec tant d'afiection , que Faâaire est à présent bien avancée \ et nous ne voyons plus rien qui y puisse apporter de la difficulté , sinon le commerce des Indes que les députés de votre altesse déclarent bien être accordé par lé Roi catholique de gré à gré , mais ils ne Font voulu exprimer en termes qui soient assez clairs pour contenter les esprits de ces peuples qui sont en défiance , du moins de ceux qui feindront d'y être pour avoir quelque prétexte de rompre ce traité , auxquels toutefois on ne sauroit que répondre , quand ils diront , puisque ce commerce est consenti, qu'on le doit mettre en mots si intelligibles
DU PRÊSIDEKT JEANNIIC. a^Q
qu'il ny ait aucune ambiguïté v étarit la coutm&e ou prudence des plusfoibles, quand' ils traitent avec plus puissans qu'eux, d'en user ainsi*, aucuns ayouteront même que si on le refuse, c'est leur donner sujet de croire qu'on les yeut tromper. Il y eni a bien assez à la vérité pour notre regard , et les rois nos maîtres en ]u^ gent ainsi. Nous avons aussi très*bonne opinion de la sincérité et prudence des princes avec lesquels les Etats traitent, et qu'ils ûe penseroÉit jaiimisd'y contrevenir pour n'être cause d'enfreindre et violer un traité qui aura donné tant de peîné pour le bâtir. Noos tiendrons ces mêmes kngages en l'assemblée générale des Etats, et aux particuliers d'entre eux qui ont plus de créance et de pouvoir pour le leur persuader, et nous ajouterons même aussi aux raisons l'autorité et les menaces de la part de nos maîtres , au cas qu'ils fassent refus de suivre leur conseil. Mais craignant que tout cela ne puisse suffire pour vaincre leur opiniâtreté, fondée en quelque raison, puisqu'ils ne demandent rien, sinon rexpressit)n etdéclaratioA de'ce qui leur est accordé, nous supplions très-tiamblement votre altesse y vouloint ajouter par sa prudence ce qui est requis pour achever ce bon cenvve , lequel doit prendre fin à ce coup , soit par la conclusion ou rupture, dont nos rois désirent autant le premier , pour être amateurs du bien et repos de votre altesse et des Etats , comme aussi de la tranquillité publique de la chrétienté que la continuation de cetle guerre pourroit troubler, qu'ils craignent le dernier , jugeant et prévoyant avec certitude qfue , si ou perd à présent l'occasion qui est en mainpour mettre la paix en ces pays , qu'il sera très-difficile de la recouvrer par ci-après.
aBo NÉGOciATioijrs
Votre altesse prendra , s'il lai plaît , de bonne part cette remontrance , dont nous avons déduit plus particulièrement les raisons à M. le président Richardot, lesquelles proviennent du devoir et affection de ministres qui sont très-désireux que leur travail soit utile, et qu'ils puissent remporter ce contentement à leurs maîtres , d avoir fait réussir ce qui leur étoit commandé. En cette volonté nous prions Dieu , monseigneur 9 qu'il donne à votre altesse tout heur et prospérité.
D'Anvers ce onzième jour de mars 1609.
Vos , etc. P. Jeannih , de Russy , Ri. Spencer ,
et Rodolphe W^ikood.
ïjettre de F archiduc auxdits sieurs ambassadeurs, responsis^ à la précédente , du même jour onzième mars i6og«
Messieurs , c'est un effet de votre courtoisie que , par la vôtre d'aujourd'hui , ayez voulu faire démonstration d'être satisfaits du traitement qui vous a été fait en Anvers , qui n'aura été si bon comme nous l'aurions bien désiré, mais selon que la saison l'aura permis. Si que nous-mêmes avons occasion de vous remercier,ainsi que nous faisons bien affectueusement, de tel votre contentement , et particulièrement pour les bons ofEces que vous faites , et la peine que vous prenez pour bien acheminer cette besogne de trêve. Nous avons vu tout ce que vous nous en représentez par ladite vôtre , et nous croyons que nos députés vous donneront sur tout la satisfaction qu'avec raison vous en devez avoir , puisque de notre part l'on vient en tout ce qui est raisonnable ^ et vous pouvez vous
DU PRÉSIDENT JEAIIMIN. 1?I
assurer qu*U sera accompli exactement et avec toute sincérité , et ainsi désirons-nous qu'en suite de Tordre que , comme vous dites , vous avez de vos rois , ne vous ennuiiez à y travailler encore, ce que besoin sera pour achever à conduire cette affaire à la fin qui se prétend , qui est le repos de la chrétienté et de tous ces Etats en particulier. Priant sur ce Dieu vous avoir , messieurs , en sa continuelle garde.
De Bruxelles , le onzième mars 1609. Albert.
Et plus bas , Pràts.
Lettre de M. Jeannin à M, de F'illerqf , du douzième
mars 160g.
Monsieur, le lendemain après vous avoir écrit je conférai avec M. le président Richardot dans le cloître des Carmes , et lui dis tout ce qu'il me fut possible pour obtenir que Tarchiduc voulût éclaircir davantage Tarticle du commerce des Indes : je feignis même avoir reçu lettres de La Haye , par lesquelles on me mandoit que cela pourroit être cause de rupture. Je lui fis là-dessus plusieurs ouvertures 5 mais je n'ehpus tirer autre chose , sinon de me prier qu'on fit venir les députés des Etats, et qu'ils ne se départiroient d'ensemble sans être d'accord : à quoije lui répondis, s'ils ne se contentent de la réponse que nous leur portons , qu'ils ne viendront point , et pour nous , que nous lenr manderons aussi notre résolution sans venir, pource que nous ne leur saurions dire de meilleures raisons que celles qu'ils ont déjà entendues , et que ce seroit contre la dignité de nos rois d'aller et retourner ainsi inutilement comme simples messagers -, dont il
282 lïÉGOGIÂTiONS
montra cf être ëtonné , et dit qu*il me verroit le len-» demain ; ce qu'il fit , ayant toutefois vu auparavant les Anglais , auxquels il se plaignit de moi ^ mais ayant avisé de tenir tous ensemble le même langage , ils lui firent le même discours , dont il s'étonna encore plus, et depuis consentit d'ajouter quelques mots sur la fin de l'article du commerce qui servent , et après ledit article d'en mettre encore un autre sous cette considération , que je lui dis que la trêve ne pou voit commencer, hors les limites désignées par le traité , au même temps que dans l'Europe , et qu'il iàlloit du loisir pour avertir ceux qui sont avec navires et forces aux Ind^s de se désister de toutç hostilité \ ce qu'après quelque dispute il nous pria de mettre par écrit , comme je fis à l'instant en sa présence , et lors il prit lesdits articles pour les aller communiquer aux autres députés , puis nous vint trouver étant tous ensemble au logis des Anglais, où il nous dit qu'ils le trouvoient bon pour leur regard , mais n'oseroient l'accorder sans en avoir le commandement des archiducs , auxquels ils alloient envoyer au même instant ; et pource que nous voulions partir le lendemain, nous pria de différer pour un jour , ce que nous avons fait ] et au retour du courrier ils nous ont dit que les archiducs l'approuvent, en nous priant de ne les plus presser de rien , et qu'il étoitplus raisonnable de presser les Etats qui obtiennent tout à leur mot , que non pas eux qui ont déjà fait tout ce qu'on a voulu.
Je vous envoie la copie desdits articles , • avec lesquels j'estime que les Etats auront sujet de demeurer contens •, car , outre ce que le premier article est fort exprès, celui qui a été ajouté sert de beaucoup pour
DU PRÉSIDENT JEiLNNIN. a83
expliquer le précèdent , et montrer que le trafic hors les limites 7 désignées ne peut être entendu que de celui des Indes. Entre les ouvertures que j'avois faites audit sieur président , celle-ci en étoit une , que les archiducs , tant en leurs noms qu'aivnomdu roi d'Espagne , donnent un écrit pour être mis es mains de Sa Majesté , et un pareil es mains du roi d'Angleterre, lesquels contiendront que , sous les mots de l'article du commerce insérésau traité général , ils ont entendu accorder lé commerce des Indes , lesquels écrits de* meureront secrets sans être publiés , et pour servir seulement auxdits sieurs rois , afin que sur iceux ils puissent donner toute assurance aux Etats , ce qu'il n'approuva pas lors *, mais j'ai reconnu depuis par ses propos, quesi cela étoit encore nécessaire pour achever ce traité , qu'ils seront pour y consentir. J'en juge autant des douze ans au lieu des dix , et si les Etats refusent de traiter autrement , qu'ils l'accorderont plutôt que de rompre à cette occasion. Ainsi je ne vois plus rien qui empêche la conclusion du traité de ce côté, et y a sujet de s'en promettre autant de l'autre , puis* qu'on leur accorde tout , fors l'article des contributions, et par ainsi que nous en sortirons à ce coup. Sa Majesté aura incontinent avis par le courrier Picault de ce que nous devrons espérer du côté des Etats. Je vous en avertirai de même , et demeurerai toujours, monsieur , votre, etc. P. jEAiïiriN. D'Anvers , ce 12 mars i6og.
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Lettre du Roi à messieurs Jeannin et de Russjr , du -
douzième mars i6og. .
Messieurs Jeannin et de Russy , vos lettres du huitième de ce mois, que j'ai reçues le dixième avec, celles du sixième , m'ont étonné , ayant reconnu par la première que vous avez coUigé des miennes du quatrième que je n'avois reçu contentement de votre précédente, et particulièrement de la réformation de l'article de la navigation aux Indes ^ car, comme je sais très-bien que vous m'avez servi en cela trèsfidèlement et dignement., ainsi qu'au reste de votre négociation, tant s'en faut aussi que j'aie été mal satisÊiit de ce à quoi vous avez rangé pour ce regard les députés des archiducs , que j'ai fort loué et approuvé votre conduite et résolution : aussi vous aije mandé par madite lettre , comme par la précédente, que j'avoisjùgé ce que vous aviez remontré et opiniâtre sur ce sujet, fondé en raisons si pertinentes, que vous aviez dû y demeurer fermes et constans , ainsi que vous aviez fait ; ajoutant que je me promettois que les députés desdits archiducs , lesquels avoient démoutrë d'y acquiescer à regret , enfin s'en loueroient les premiers pour leurs maîtres *, mais je ne vous ai pas écrit cela pour estimer que vous ayez voulu les servir et favoriser au désavantage des autres , et surtout de mon contentement et service -, j'ai à bon droit tout sujet d'avoir de vous toute autre créance , mais j'ai voulu vous dire qu'ayant par votre industrie et prudence réformé ledit article , de manière que chacune partie pouvoit avec raison s'en contenter , vous aviez
DU PRÉSIDENT JEAl^r^IN^ a85
fait beaucoup pour lesdils archiducs d'avoir contraint lesdits députés d'y condescendre. Et quand , à la suite de cela , je vous ai écrit craindre que tel expédient fât rejeté par les Etats , j'ai suivi votre même jugement ; car par toutes vos lettres vous m'avez fait entendre que vous aviez la même appréhension , ce que vous mt'avez confirmé encore par votre dernière; néanmoins je vous répéterai derechef qu'il me semble que lesdits archiducs et lesdits Espagnols même eussent pris bon conseil si , voulant accorder ladite navigation , ils ne se fussent tant arrêtés aux mots qu'ils ont fait , d'autant plus que la première raison qu'ils vou9 ont alléguée est trop frivole pour être mise en compte ; et je n'estime guères plus considérable encore les autres que vous m'avez représentées par vos dernières. Mais je suis bien de votre opinion , qu'à la longue lesdits Etats et leurs sujets s'ennuieront de cette navigation et la quitteront d'eux-mêmes pour le peu de gain qu'ils y trouveront, et les hasards qu'ils y courront. Et 'puisqu'ainsi est que je vous ai ordonné par ma susdite lettre, comme par les précédentes , de faire votre possible envers lesdits Etats à ce qu'ils se contentent dudit article ainsi qu'il a été réformé par vous, le jugeant suffisant et valable en cette forme , c'est signe que j'en ai approuvé la réformation : de sorte que je ne sais sur quoi vous avez fondé l'impression que vous avez prise du contraire , ni V^i^g^iii^^nt que vous avez tiré de là , que j'aie changé d'avis en faveur de la trêve.
Or je veux que vous sachiez et croyiez que , si je n'avois trouvé bon ce que vous avez négocié pour ce regard, ousi je désirois retarderou rompre ladite trêve, je le vous aurois écrit en termes si clairs et si exprès ,
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que vous les eussiez si bien entendus que vous n'eussiez eu sujet d'en douter , ni de renvoyer vers moi pour en être fait certains. Les mêmes raisons qui m'ont disposé et fait résoudre du commencement de favoriser ladite trêve , et vous commander d'y employer mon autorité et votre industrie et diligence, me meuvent et portent encore à en favoriser et avancer la conclusion , ainsi que je vous ai écrit par toutes mes dépêches , étant très-content du bon devoir que vous y avez fait jasques à présent , car vous ne m'avez rien laissé à désirer pour ce regard ; au moyen de quoi vous mettrez la dernière main k cet ouvrage avec toute confiance et assurance de ma volonté , sans en entrer ci-après en doute quelconque , et y userez de votre diligence accoutumée. Je me remets à vous aussi d'accorder auxdits Etats , pour la garantie et sûreté dudit commerce , comme pour l'observation de ladite trêve , les traités , actes et déclarations que vous jugerez nécessaires , assuré que vous aurez toujours tel égard qu'il convient à ma dignité et à mon service , par préférence à toute autre chose. Je vous envoie la lettre en faveur du prince d'Espinoy pour lesdits Etats que vous m'avez demandée , suivant laquelle vous ferez tous les offices possibles à son bénéfice , et je le tiendrai à service très-^gréabk. Je vous recommande aussi les affaires de mon cousin le prince Maurice , afin qu'il soit traité ainsi qu'il mérite. Lesdits Etats lui doivent cette reconnoissance , et estime que le devoir qu'ils en feront ne sera moins utile et honorable à leur Etat en temps de trêve qu'a été l'assistance qu'ils ont reçue de sa personne durant la guerre.
DU PRÉSIDENT J£ANNIN. 287
Vous ne faudrez donc d affectionner ce point comme important au pablic , et à mon contentement particulier , le recommandant d'affection de ma part au sieur Barneveldt et à tous autres que besoin sera. Pour le regard du temps qui devra être donné pour la ratification d'Espagne , je vous ai écrit les raisons pour lesquelles je désire qu'il soitabrégé. Ce n'est pas que j'estime que le fruit que nous espérons du traité dépende de là , car je sais que valent telles pièces en cas semblables, et comment on a accoutumé d'observer telles promesses , mais c'est parce qu'il me semble qu'il est honnête et raisonnable que lesdits archiducs, qui se font fort pour ledit Roi , se contentent de prendre un délai compétent pour le représenter, à la charge , s'il y à du défaut , que Ton se contentera de le pro*longer s'il est trouvé bon de le faire , et d'en attendre Teffet avec la patience qui sera lors j ugée pour le mieux, ou bien de prendre d'autres conseils , sans qu'il soit besoin maintenant de faire pour ce regard d'autres offres auxdits Etats pour leur faire trouver bon que ledit temps soit raccourci. Mais quand je vous mande mon avis sur telles choses , ce n'est en intention de les épouser si précisément que je veuille y assujétir les volontés des parties *, je m'en remets à leur meilleur jugement, et au vôtre : ils y ont principal intérêt , et vous êtes sur les lieux pour reconnoitre tnieux ce qui en doit être fait. A tant , je prie Dieu, messieurs Jeannin et de Russy , qu'il vous ait en sa sainte garde.
Ecrit à Paris , le douzième jour de mars 1609.
Henry.
Et plus bas , Brulirt.
aSS NÉGOCIATIONS
Lettre dé M, de ViUeroy à M. Jeanntn, Audit jour
douzième mars 1609.
Monsieur , permettez-moi , je vous prie , que je me plaigne à vous de Fimpression que vous avez prise , et du jugement que vous avez fait de nos dernières lettres : j'en ai lu et relu la minute plusieurs fois depuis avoir reçu les vôtres ; pardonnez-moi si je vous dis que je n'y ai trouvé sujet qui vous ait du donner cette opinion. Nous vous avons mandé par icelles que vous avez fait beaucoup pour le service des archiducs, d'avoir par vos raisons et par votre constance rangé leurs députés à consentir l'article de la navigation ainsi que vous lavez réformé. Est-il pas vrai? Ce qu'ils débattoient n'étoit que veut et choses frivoles ; vous lés avez vaincus par votre industrie , et par raisons rendus capables de leur propre bien , ou contraints dy acquiescer. Avez-vouspas fait beaucoup pour leurs maîtres ? S'ils l'ont fait ou montré faire à regret , nous disons qu'ils s'en loueront quelque jour. Le feront-ils pas lorsqu'ils jouiront du bénéfice de la trêve que le Roi leur procure par votre entremise ? S'ensuit-il pour cela , et en disant cela , que nous croyions que vous avez mal servi Sa Majesté ou les Etats ? Nous ne nous en plaignons, pas par nosdites lettres. Nous, disons bien après vous que nous craignons que l'article ainsi couché soit rejeté par lesdits Etats. Avons-nous pas remarqué par vosdites lettres que vous aviez la méiœ défiance y et partant avisé prudemment de l'exposer vous-même auxdits Etats sans leur écrire » de peur de les efia-
DU PRÉSIDENT JEAISNIN. %Sg
roncfaer? Mais que noas ayons improavéou condamné ledit article , tant s'en faut que nous vous avons écrit Favoir jugé aussi valable pour lesdits Etats en cette forme qu'en la première. Davantage , Sa Majesté vous a commandé faire votre possible envers lesdits Etats pour le faire admettre et accepter , ajoutant qu'elle est contente que vous engagiez son nom avec celui dn roi de la Grande-Bretagne à la garantie d'icelui avec le surplus du traité. Encore fortifions-nous notre dire d'une considération qui ne doit être méprisée par lesdits Etats , qui est qu'en acceptant la liberté dudit commerce suivant ledit article , ils l'acquerront du consentement de ceux qui font profession et pu^ blient avoir droit d'en exclure toutes les nations du monde. Quoi ! est-il possible d'exprimer plus clairement que cela l'agréation que nous avons dudit article ? Monsieur , il Êiut que vous ayez lu nos lettres , préoccupé de quelque autre cause qui vo^s ait jeté en l'interprétation que vous en avez faite. Or je vous jure qu'elle est très - aliénée de notre conception , et , si j'ose dire , du sujet que nous vous en avons donné tant par uosdites lettres que par celles que vous avez reçues par picault , auxquelles celles-là se référoient.
Quant à la ratification d'Espagne , nous désirons et jugeons être à propos que l'on abrège le temps pour 1» fournir , et nous estimons deux ou trois mois suffisans pour ce faire ^ car quand elle ne devroit être rapportée dans ledit temps , si est-il bienséant que l'on démontre par un délai équitable que Ton veut la bailler sans fraude , ni , comme ils parlent par delà, sans arrière -pensée. Toutefois Sa Majesté trouve bon que vous conveniez dudit article comme T. ï5. 19
ij^O wiGOÇUTIOKS*'
d«s autres qi» smi encore «n dëbat , »i»M qw« vwi jugerèE pour le mieux. La raison règle et condiwt «es intentions -, elle n'entend décevoir personne , non plus les archiducs que le» autres, Si le» Aoglïis flattent mieux ceux-là que nous , si ne iraiteront-il? plus rondement et sincèrement que nous. Notre but est de bien foire pour le public , et aux intéressés en cette cause. Véritablement Sa Majesté ne voudroJt favoriser ks Espagnols en leurs fantaisies et lins au dommage desdits Etats. Elle juge et croit que bien feire en cette action auxdits arcbidocs par les bojwes vcws , c'est procurer aussi du bien auxdits EtaU 5 ain^i veufc-elle avaneerson contentement. MoBsieur.sielleeûtcbaugé
d'avis , nous vous l'eussions écrit çlairemeirt et librement /nous ne l'eussions même déguisé ni caché aux mêmes archiducs , «i à leurs miniatres, tant notre maître fait profession de cette généras^ royale <|W abonde en lui. Prenet , je vous supplie » W¥> autre fois plus de iance en nos écrits , voire de vqUA propre probité et adélité 5 ntms la peooimoisspns cowme vous-même , et mieux peulrêlre fiie voua ne pensez, ainsi que j'ai à regret remarqué par le discwrs de la lettre que vous m' aveaécrite , vous assurant «i«ele M a été aussi marri que moi en peine de la vôtre , ainsi que vous conBoitrea par sa lettre.
Achevez donc voire entreprise gaîmeo^ «t bwdiment , vous confiant en la confiance que l'on a «n vous , car elle est entière , et demeura»* merlùaé que notre maître est constant en ses résôtutjons , et non moins franc et libre en ses eommandemaos. Ao reste , je vous envoie une lettre de chaak^ pour recevoir par delà les douze miUe livres d»o4 mes fw-
DU PtlËSiDENT JEAtfNI^. ag,
cëdentes ont fait mention , et vous saurez que noua avons approuvé la commission que vous avez donnée à M. de Préaux , ensemble tout ce que vous avez avisé et nous avez écrit sur ce sujet. Ayez l'œil seulement que le personnage qui veut servir notre Roi effectue sa proposition. Je prie Dieu , monsieur, qu'il voui conserve en parfaite santé.
De Paris , le douaaème jour de mars 1609*
Monsieur, comme vous m'avez écrit librement votre peine , je vous éca^is de même le. ressentiment que j*eB ai, et ce qu'il m'en semble : je vous prie le prendre en bonne part , et nous mander si vous avea vu les lettres des Indes que nous vous wons envoyées par Picault ♦ et ce que vous en aveE feit. Nous attendons aussi votre avis sur le choix des personnes q^e vous estimez propres en Bourgogne , pour être employées à décider les différends que nous avons de ce côté -là pour nos limites avec ceux du comté car les archiducs nous pressent d'y pourvoir et le jugeons à propos, Répondez^^nous donc à ces deux points , et je salue vos bonnes grâces de mes très* affectionnées recommandations. C'est , monsieur ,
Votre , etc. db Neufviwk.
agi 1SEG0CIATI0NS
Sommaire récit fait en l'assemblée des EtatS'-Généraux des Provinces^Unies , tenue à Berg'-op'Zoom le dix'-huitibme jour de mars i6oQ, par la bouche de M, Jeannin, tant au nom du. Roi que du roi de la Grande-Bretagne , de ce qui s'est passé entre nous ambassadeurs de leurs Majestés et ceux du rcfi' d'Espagne et des archiducs, es conférences fé^ites sur le sujet de la trêve à langues années, depuis que nous sommes arrivés à Anvers jusques à notre départ.
Notre plus grand soin a été , èsdites conférences, de faire connoître aux députés des archiducs que vous , messiectrs , vouliez achever et conclure la trêve à ce coup , ou n'y plus penser , et si , après tant de remises ' et longueurs, ils en recherchoient encore d'autres, que nos rois et vous aussi entreriez en soupçon que leur conduite ne tend qu'à faire profit du temps , à votre dommage et à la honte dés princes qui sont vos amis et alliés , lesquels se sont employés pour vous assister et aider à mettre ce pays en repos 5 que pour ôter toutes occasions ou prétextes de longueurs et disputes de votre côté , nous vous avions instamment priés d'accepter tous les articles de notre projet sans y rien changer , et qu'enfin , après plusieurs contestations , vous auriez acquiescé aux conseils qui vous étoient donnés de la part de nos rois , du moins en y faisant si peu de changement qu'ils n'auroient aucun sujet d'y trouver à redire. Vous nous aviez même donné votre résolution par écrit , avec prière de tirer la leur, en nous faisant déclaration bien expresse que vous n'entendiez plus prolonger la trêve , ni sortir de La 1 Haye pour aller à Berg-op-Zobm , et moins encore envoyer vos députés pour traiter avec eux , jusqu'à
DU rRÉSIDEjNT JfiAlifJSlN. 2^
ce qu'ils y eussent satisfait et donné aussi leur résolution par écrit conformément auxdits articles.
Et sur ce qu'ils nous auroient répondu à Finstant que les vouloir contraindre de signer les articles ainsi que vous les avez arrêtés sans y rien changer , étoit leur donner la loi trop impérieusement , et qu'ils ne le pouvoient souffrir ; joint qu'au peu de temps qui restoit de la trêve , laquelle devoit finir au quinzième de février^ et on étoit lors au onzième, il n'y a voit moyen d'aller vers les archiducs pour recevoir leur commandement comme il étoit nécessaire , puis après nous dire leur intention , et en conférer et résoudre s'il y avoit quelques difficultés ^ ainsi il étoit requis avant tout œuvre de prolonger ladite trêve : ce qui fiit enfin , après quelque contestation , consenti par nous pour tout ledit mois de février \ y ajoutant néan-^ moins , s'ils ne nous donnoient la résolution des arcliiducs conforme à nos articles dans le vingt-quatrième y que nous partirions le lendemain pour nous en retourner 9 et qu'ils n'auroient pourtant aucun juste sujet de se plaindre que vous leur donniez la loi eiv les pressant de signer les articles ainsi qu'ils ont été arrêtés par vous , d'autant que vous ne les aviez pas dressés, mais nous , comme entremetteurs et médiateurs , après en avoir premièrement conféré avec eux avant leur départ de La Haye , puis les avoir mis au plus près que nous avions pu de l'intention des uns des. autres , et de ce qui nous sembloit raisonnable pour le bien et la sûreté commune de tous. Ils ne fièrent autre réponse en cette première conférence ni en la seconde, sinon, après la lecture des articles dont copie leur fut donnée, que celui des contributions étoit du
^94 NEGpCUTIÛMS
tout iajttite, et ne i€ oonsentiroiâat jamais; que seroit aussi une trop grande dureté et inhunàanitë de cour Craindre les habitans du plat pays, lesquels oat sup* porté les charges et injures de la guerre plus que nuls autres^ à les continuer lorsque diacun jonitoit du re-^ pos et de quelque soulagement. Nous déduisîmes nos raisons au contraire, ou plutôt fat nécessité de cette levée, du moins pour quelques années*^ et qu'on les pourroit bien modérer après y mais non àter du tout 4 que les archiducs en recevroient de Futilité de leur cdté autôi bien que vous , messieurs , et que les pay^ sans , étant soulagés des autres injures et violences de la guerre , supporteroient aisément telles levées en vertu d'un accord mutuel fait du consentaiient des deux partis , et non plus avec hostilité : nondistant quoi ils insistèrent toujours et avec véhémence pour les faire ôter du tout^ sans contester pour lors sur aucun autre article.
M. le président Riohardot s'étant contenté de nous dire , outre ce que dessus , qu'il s'en iroit trouver les archiduos pour apprendre leur dernière résolution , et nous la dire aussitôt sans user d'aucune remise y d'ao^ tant qu'ils étoi^it Iw^ pleinement informés de la volonté du roi d'Espagne , et n'avoient même plus besoin de la venue du confesseur , qui néanmoins étoit at* tendu de jour à autre à Bruxelles *, que les longueurs dti passé étoient plutôt venues de votre côté, et de la rudesse des conditions par vous requises, que d'eux ^ que son voyage, pour aller et retourner, ne seroit que de trois jours *, et nous ayant dit rintention des ardiiducs à «ne seule fois , sans y apporter autre déguise*
DU PRÉSIDKNT JEADHIN. H^
neni , seroit à nous de &ire après co que nous jugerions pour le mieuM.
li partit pftr effet le leûdemain treizième de février ^ et retourna le seiKiëtiie âu soir. Le lendenain dixseptième , sur tes dix lieures du matin , étant assem-* Mes y il nous répéta derechef les archiducs être informés pleinemeiit de rintention du roi d'Espagne , puis se mit à faire lecture lni«*méme des articles de là trêve selon votre résolution , accorda la préiace , et ^ Tenant Sfût rattîele de la liberté , dédara combien il étoit gtîef au foid^Espagne de le consentir , mais qu^en considération des ardiiduos qui l'en ont prié avec tant dlnstanoè et de soumission , il y a codsenti contre Parts de sou conseil , et en faiisant chose qu'il jugeoii être confresa dignité et grandeur; insista après, comme il avoit déjà fait en la première et seconde conférences, pour 6ter Tartieledes oontributiotis, et en déduisit def ecbef les raisons avec même véhémenoe qu*il avoit fait auparavant , auxquelles fîmes réponse sans nen otnetl:re de ce qui pouvoit être requis pour les per*suader; mais ils ne se voulurent Ûsser vaincre» La difficulté fut après sur le commmxe des Indes , qu'il notrs déclara d'entrée être consenti par le roid'Espagne de gré à ^té , sur ce que nous leur avions remontré , avairt leur départ de La Haye , que vous , mesMeurs, Faurie^ plus agréable de cette hoon que par hostilitéi et dédâré même qu'il nous sembloit expédient de faire cesser toutes actions qui pourroient être cause de rompre k trêve , et de renouveler les inmiitiés et injures passées.
Mais quand il s'expliqua plus avant sur cet article »
3f)f6 WÊGOCIATIOîîS
il nous dit qu'il suffisoit que la trêve fut générale partout, sans distinction de lieux ni de personnes, comme il est contenu en notre article , et, pour le regard du commerce , qu'il fût limité et restreint , en ce qui est des royaumes et pays du roi d'Espagne , à TEspagne et es pays qu'il tient en Italie , d'autant que pour le regard des lieux , places , ports et havres qui lui appartiennent hors lesdits pays , et même es Indes, il n'entendoit aucunement d'y accorder ledit commerce , et pour le regard des autres lieux qui ne sont pas à lui , ne vouloit empêcher que vous et vos sujets n'y puissiez trafiquer si hon vous semble , eux offrant , au nom dudit sieur Roi , de faire un traité particulier qui contiendroit son consentement , duquel traité , qu^il a^it minuté ainsi qu'il lui sembloit devoir être fait , il nous donna dès lors copie.
Nous fîmes réponse , puisque la trêve devoit être partout , par ainsi aux Indes comme ailleurs , il étoit bien raisonnable auasi de rendre le commerce libre et général , sans excepter les lieux , places et ports que ledit sieur Roi tient aux Indes ou ailleurs qu'en Espagne et Italie ^ mais ils répliqpèrent que les vôtres n'ont jamais trafiqué es places et ports qu'ils ont aux Indes , et qu'en traitant la paix vous ne l'aviez non plus prétendu , et suffisoit bien que le toi d'Espagne cpnsentît de ne vous donner aucun empêchement an trafic que vous pourriez faire partout ailleurs es pays et Etats des princes et peuples qui vous le voudront permettre : ce qu'il n'a voulu consentir jusqu'ici aux rois de France et d'Angleterre, par les traités de paix faits avec eux, en sorte que s'ils y vont, c'est à leurs périls et fortunes. Nous leur dîmes encore là-dessus
DU PBÉSIDEKT JEANNIN. '297
que vous aimeriez mieux y aller de même façoii , et avec hostilité , que d'avoir le grë à gré restreint eu la sorte qu'ils le veulent donner ; mais ils firent réponse que Thostilité des autres nations leur étoit moins incommode et dommageable que la vôtre, d'autant qu'ils n'y vont avec armées et grandes flottes comme font vos marchands , mais à la dérobée, et avec deux ou trois navires seulement.
Nous y ajoutâmes encore qu'il n'étoit aussi raisonnable de restreindre le commerce du côté de l'Europe en ce qui appartient au roi d'Espagtfe es royaumes d'Espagne et en Italie, mais l'étendre et dire généralement par toute l'Europe , au détroit de Gibraltar, es côtes de Barbarie, en celles de la mer Méditerranée et au circuit entier d'icelle mer , comme aussi es îles des Canaries, d'autant que les sujets des rois et princes qui sont amis et alliés dtidit sieur Roi y ont le trafic de gré à gré.
Nous étant séparés pour voir leur écrit et leur y faire réponse en la première assemblée , nous trouvâmes qti'il n'étoit couché comme il étoit requis pour votre sûreté , et en fîmes un autre qui fut rejeté par eux, puis un. second qu'ils ne voulurent non plus accepter , d'autant que nous faisions expresse mention des Indes -, eux nous disant que le roi d'Espagne vonloit bjien consentir ce commerce èsdits lieux , mais sans l'exprimer , de façon que les autres rois et princes avec lesquels il a alliance et amitié n'aient raison de lui faire la même demande en faveur de leurs sujets ; aussi qu'il lui seroit moins honteux et grief de le souflfirir et dissimuler , l'ayant accordé par mots généraux et circonlocutions , que par Texpression du mot
ag8^ NÉGOCIATIONS
des Indes ; ajoatant encore qu'il y avoit d'antres considëratûms qui regardent Tintérêt du roi d'Esfiagne , sans que vous, messieurs, j ayez aucun dommage, qui rinduisoient d'y procéder ainsi ^ ^ quil vous devoit suffire que tous en jouissiez en tdute sûreté et liberté. Enfin , afMrès plusieurs contestations sur cet article , faites et continuées en deux diverses conférences , nous prîmes résolution de dresser un autre écrit qui nous sanbloit désigner et éetaircir assez suffisamment ce commerce des Indes , encore que le mot n'y fût exprimé , pourvu qu'il fût mis dans le traité général au lieu de rarticle du commerce , estimant qu'il seroit plus aathentique et assuré que d'en faire un traité à part, leur disant néanmoins que nous n'eatendions vous obliger à l'approuver pource que nous n'en avions aucùtie charge ni pouvoir, mais que c*étoit seulement pour vous le faire voir, et reinettre le tout à votre jugement.
A la suite duquel article nous leur dîmes depuis qu'il étoit besoin d'en ajouter un autre , d'autant que la trêve ne pouvoit commencer aussitôt èsdits lieux que du côté de l'Europe , lequel sert beaucoup poar éclaircir l'autre , et montrer que le commerce hors les limites y désignées ne peut être entendu que de celai des Indes.
Mais ces deux articles eurent encore de très-grandes difficultés , car ils voulurent corriger et changer le premier en plusieurs endroits , et rejeter du tout le dernier , disant que , si après la trêve quelque dom* mage étoit fait hors les iimites déclarées par le précédent article, il faudroit souffrir d'une part et d'autre ce q[u'on ne pourroit réparer , à savoir la mort des
DU ¥fi±SlOEJHT JfiANNIN. 299
personnes et la perte des vaisseaux , mais rendre seu^ leme&t ce qui seroit en nature : à quoi nous ne voa-* lûraes coBsentÎT , ni permettre qu aucun diângement se fit au premier artide , ni pareillement que Tattire fut ôté ; leur dëdarant que vous feriez encore très-* gnnde difiicultë de vous contenter des circonlocutions dont nous avons été contraints d'user pour nous accommoder aucunement à leur désir ; car les plus foibles ont toujours raison de faire coiischer les traités si inteKigiblemetit qu'il n'y ait aucune ambiguïté qui paisse donner sujet au plus fart d'y faire des interpré-» tadons à son avantage , contre ie sens et la vraie in-< tdligence des traités.
Après {^sdenrs disputes sur Ces écrits, ils prirent ràdotkm d'«nvoyer M« Verreiken vers les archiducs, lequel retourna le quatrième jour après son départ sans avoir rien fait. Et lors ledit sieur président Ridbardot nous vint trouver , et nous pria ( d'autant que nous étionis au vingt*cinquième , ainsi au jour auquel nous leur avions dit que nous devions partir ) de leur donner encore deux jours , et qu'il iroit lui-même trouver le& archiducs » dont nous fîmes grande diffionkë , craignant que ce délai fût redierché à mauvais dessein ^ et pesir gagner le dernier jour de la trêve , afin de demander après une nouvelle prolongation. Y étant enfin aUé avec notre consentement , il nous fspporla que les archiducs accordoient l'écrit qui contint le premier article , en ôtant d'icelni quelques BM)ts qu'il nous voulut faire croire n'être substantiels ni d'aucun préjudice, dont fhnes refus. Et après une ^sseï longue contestation qui témoignoit leur colère et déplaisir , il ajouta, puisqu'on ne vouloit rien dau«
3oO ^NÉGOCIATIONS
lier aux prières des archiducs qui le faisoient pour contenter aucunement FEspagne , et qu'au contraire on leur tenoit le pied sur la gorge pour servir à la passion de quelques particuliers qui s'opiniâtrent à ce commerce , non seulement afin d'en jouir en toute liberté et sûreté , mais pour Fayoir avec des mots qui aient de la honte , et donnent du déplaisir au roi d'Espagne, ils y consentoient, etqu'il fâtméme inséré dans le traité général , puisque nous ne le voulions accorder autrement ; et quant à l'article suivant , il ne fut accordé pour lors, ni plusieurs jours après, mais seulement peu âVant notre départ.
Ils firent mention ensuite de l'article concernant le commerce du pays , et nous voulurent persuader qu'il n'étoit raisonnable , et ne pourroient aucunement soufirir qu'on continuât en Zélande les grandes impositions , ni la forme des levées qu'ils ont faites durant la guerre et pendant la cessation d'armes , en quoi tous les princes voisins étoient intéressés aussi bien qu'eux, et si on pensoit continuer cette rigueur, ils s'en sauroient bien revancher avec des moyens qui apporteront autant de dommage à ceux de Zélande qu'ils leur en veulent faire soufirir^ mais nous ayant insisté qu'il ne falloit changer aucune chose en cet article , et que la trêve faite ils en pourroient conférer amiablement , et y pourvoir de gré à gré , ils nous surent bien répondre que l'article , ainsi qu'il est couché , demeurant à la discrétion des Etats , ils n'en vbudroient rien quitter après , attendu que le traité ne laisseroit de subsister. L'article ne laissa toutefois de demeurer nonobstant leurs raisons , eux se promettant qu'il seroit jugé nécessaire d'une part et d'autre,
DU PRÉSIDENT JEÀNNIN. 3oi
pour la commodité mutuelle du trafic , d'y faire quelque cbaugement.
Quant à la durée de la trêve , nous ayons toujours insisté qu'elle doit être de douze ans au moins , et eux se sont arrêtés sur les dix ; et néanmoins nous avons bien reconnu peu avant notre départ, s'ils ne vous peuvent, contenter des dix , qu'ils aimeront mieux accorder les douze que de rompre à cette occasion , dont nous sommes comme assurés.
C'est ce qui s'est psTssé en nos conférences , dont ayant averti les rois nos maîtres , afin d'en avoir leur avis et le vous faire entendre au même temps que nous vous ferions ce rapport , ils nous ont mandé qu'ils n'espéroient pas que le roi d'Espagne , lequel a fait publier partout qu'il n'accorderoit jamais l'article de la liberté selon qu*il est contenu en notre projet , ni le commerce des Indes , y eût voulu consentir 5 qu'ils n'estimoient non plus que les archiducs , dont les siir jets sont fort intéressés au commerce du pays, voulussent accorder l'article dudit commerce ainsi précisément qu'il a été mis en notre projet , mais puisqu'ils Tout accordé et signé, comme aussi tous les autres articles , fbrs celui des contributions , et qu'ils semblent encore vouloir consentir celui des douze ans pour la durée de la trêve, ils ont e&(timë les afiaires être à présent en si bon état , que vous pouvez conclure et passer ce traité avec sûreté et grand avantage.
Attendu même que l'article des Indes, ainsi qu'il est mis dans le traité duquel ils ont vu la copie , est à leur avis si bîen et intelligiblement exprimé , qu'il ne peut recevoir aucune ambiguïté, ni mauvaise interprétation i votre préjudice > et conjoignant avec ledit article le
3oà ' HÉGOCIITIONS
saiTant , par lequel est dit que la trêve ne commen-' cera hors l'Europe et les autres limites désignées au précédent, sincm un an après le traité ^ ponr avoir loisir 4 avertir les forces qui y sont db présent de ne plus commère aucun aete d'hostilité, leffuel article ne peut être entendu que des Indes ^ aussi ont^ik fait par un bien long temps difficulté de TaccordeY , et nous ne Pavons obtenu que sur l'instant de notre départ, comme il a été dit ci^dessus. Et néanmoins m)s rois nous ont encore donné charge de vous dire cpie , pour contenter et assurer ceux qui y pourroient frire qnel^ que difiîcuité , ils offrent de s'obliger parle traité qui contiendra la garantie de la trêve , au cas qae vous soyez troublés et efnpâdiés audit commerce des Indes, de tenir la trêve pour enfreinte , et de vcais assister du secours auquel ils se seront obligés , tout ainsi que si elle étoit violée et rompue en fous les antres sr-» tides du traité.
Nous vous exhartons et prions donc de leur part de ne vofus plus arrêter à de vaines disputes et contesta*» tions qui ne servent qu'à faire couler le temps innti^ lement-, vous en avez déjà trop perdu. La longnear et irrésolution vofos est très^dommageable ; elle vous met en défiance les uns des autres , et enfin pourroit diviser votre Etat, et lé &ire tomber en factions; au lieu qu'une prompte résolution vous rénnîra tons , et fera connoitre à chacun, si vous avez été divisés eu opinions , que vos intentions ont toujours été aem^ blables , et n'avez en tous qu'un même but et deaseiOf à savoir de conserver votre pays.
Vous ne rencontrerez jamais tant de choses cou* jointes ensemble pour vous aider à obtenir un traité
DU PRÉâlDE^t JBÀNlVlit. 3oï
ivautagaux cOoihiê àprëseul. Les çtrchidiies sont aona^ teurs de la paix. Le roi d^Espagne se soumet à des conditions qu'il rejetteroit sans doute, n*ëtoitleurcon« sidératioB» Deux grands rois, qu'on a essaye de s^-parer de votre amitié , sont demeciré$ fiermes et cons^ tans en leur première afiectioa , et n'ont eu ensemble qu'un même avis en la conduite de cette affaire , et outre ce ont fait eounoitre clairement qa% ne veulent aucunement abandonner le soin de votre conserva* tion; et. toutes ces considérations ensemble ont été celles qui ont induit ou plutôt contraint les princes qui traitent avec vous de eonsientir à cet accord. La plus grande prudence es affaires d'importance est de se servir de l'opportunité, et de considérer qu'en peu de temps tels changemeuâ arrivent en l'instabilité des choses humaiaes et des volontés des hommes , qui rendent impossible œ qui ëtoit auparavant aisé.
Lettre de mesneur^ tes ambassadeurs de France et d'Arf §let9rre à^ M, le marquis Spinola <0^ du vingt-umième mars i6o^
MoNsiEUE , nous vous envoyonfi la prolongation de la trêve jusques à la fin de ce moi^ , comme aus$i le$ noms de messieurs les députés des Etats qui doivent aller k Aavers , afin qu'il vous plaise nous faire envoyer par cetrompette un passeport de son altesse pour eux, eusenafale un pareil acte jpour la prolongation de ladite trêve. Les députés des Etats par delà auront pouvoir de la prolonger pour plus de temps s'il est besoin,
(i) Ambrosio de Spinola , chevalier de la Toison d*Or , mestrc-decamp^-gdn^al 4«« armées du roi d'Espagne.
3o4 NÉGOCUTIONS
mais nous espérons , chacan*ëtant bien disposé à Ëdre finir ce travail , qu'il y aura assez de temps pour y mettre la dernière main , et nous le désirons ainsi de même affection dont nous vous baisons très-humblement les mains, comme étant, monsieur, vos, etc.
P. Jean]>îin , DE RussY , Ri. Spencer , et Rodolphe Wikood.
A Berg-op-Zoom , le vingt-unième mars 1609.
Lettre de M,^ Jeaiwin à M, Richardoty dudit jour.
21 mars i6og.
Monsieur , nous espérons de vous voir bientôt, s'il p}aît à Dieu , avec désir d'achever ce qui est déjà bien avancé ^ et dontj'espère le succès devoir être heureux . M. de Bethune , qui a ici charge d'un régiment français , désire de venir à Anvers avec moi , lui sixième, pour , ajnrès y avoir demeuré quatre ou cinq jours , s'en aller voir les autres villes du pays , et de là passer en Allemagne. Je vpus supplie bien humblement lui vouloir faire donner un passeport de spa altesse , et que ce trompette le lui puisse apporter s'il vous plaît. C'est une curiosité de jeunesse et un désir de voir. Nous écrivons tous ensemble à M. le marquis pour les passeports de messieurs les députés des Etats. J'estime que si je l'eusse supplié de cette courtoisie pour ledit sieur de Bethune , qu'il me Teut accordée , mais je m'en suis adressé plus privément à vous , désireux de vous rendre service bien humble de même affection dont je prie Dieu , monsieur, qu'il vous donne eh parfaite santé heureuse et longue vie.
De Berg-op-Zoom , ce ai mars 1609.
Votre, etc. P. Juliinin.
DU PRÉSIDENT JEANNIN. 3o5
Lettre de messieurs Jeannin et de Russjr au Roi, dudit
jour vingt-unième mars 1609»
Sire ,
; Etant arrives en ce lieu de Berg*op-Zoom le vendredi treizième de ce mois , le lendemain , sur les dix heures du matin , nous fûmes en rassemblée générale des Etats pour leur faire entendre de bouche la résQlation qui avoit été prise du côté des archiducs sur leurs articles , et qu'elle étoit conforme à leur désir, fors en Tarticle des contributions ^ puis , après leur avoir déduit sommairement les difficultés qui s'étoient .présentées , leur fut donné un écrit qui contenoit tout ce qui s'est passé en nos conférences ; duquel lecture faite en nos présences , comme aussi des articles accordés et signés par les députés des archiducs , ils en demeurèrent fort contons , et nous avons bien su depuis qu'aucuns d'entre eux avant que sortir dirent hautement qu'ils ne pensoient pas que nous eussions tant obtenu , et nous reconnûmes aussi dès lors que chacun se disposoit à recevoir la trêve. Outre ce qui touchoit aux affaires générales , nous avions pris résolution , entre nous et les députés d'Angleterre avant que partir d'Anvers , de faire tout ce qu'il nous seroit possible , lorsque nous serions près desdits sieurs les Etats , pour donner contentement à M. le prince Maurice et aux seigneurs de sa maison , tant afin de rendre toutes choses plus faciles que pour faire reconnoître leurs mérites et services ; ayant dit auxdits députés d'Angleterre que votre Majesté nous l'avoit ainsi commandé 9 et qu'elle le jugeoit même nécessaire pour le bien de cet Etat , ce qu'ils montrèrent d'approuver, T. i5. 20
3o6 VÉGOdATIONS
et se vouloir aussi joindre avec nous comme en ayant pareil commandement de leur maître. Â cette occasion nous fumes derechef, le même jour sur les quatre heures du soir , en rassemblée générale , pour leur en parler d'afieôtion de la part devosMajestéis, et les .prier d'y pourvoir avant que prendre rësôkition sur ' TafTaire générale , > du moins en - même temps , eoi -pouvant faire l'Un et Tautre sans remise ^ atteddu le ; grand nombre de députés qui et oient' en leur assemblée avec charge et pouvoir de faîrei tout «e qui «eroit requis pour le bien commun , leur.pouvantdire avec vérité que telle gratitude envers les seîgneirrs !de cette maison en faisôit partie : ce qu'ils prirent lie bonne part , promirent de s'y employer et de noos^ y £3iire la - plus prompte et favorable- réponse qu'ils pourroieiit *, dont M. le prince Maurice ayant été; averti mcoali- '■ nent après , et des propos favorables ^ue ndns» avràas ' tenus de lui et ûes* autres seigneurs de: sa>iiiatsoD , nous en remercia , et montra d'en être obligera votre Majesté , à laquelle il reconnoitra'toujoursidevoiif totit le bien qui en a viendra. Nous avions dès long-temps préparé les volontés de ceux qui ont plus, de: pouvoir entre les députés, même celle du sieur Barnevéldt, { pour y aider, et, depuis la proposition faite ,: continiié et déclaré partiouUèrement ce que nous désirions , tant pour ledit sieur prince Mauvice, M.^le<c0mte Henry son frère, que M. le bomte Guillarcmie, tout ayant enfin si bien succédé qu'ils en sont Idemeurës fort contens et satis&its.
Quant à Taflaire générale , ils y ont fait de nouveau quelques difficultés, mais toutes légères )et qui ne sont d'aucune considération , sinon celle des contri-
DU PRÉSIDENT JKÂNNIN. 3o7
butions qu'ils consentent biçn jde quitter, pourvu qu'on demeure d'accord ^es Uinites^ non autrement, nous priant de faire en sorte qvie cela soit éclairci par le même traité ^auis le remettre après ^ mais leur ayant fait connoitre que T^rticle, ainsi qu'il est conçu, oblige les archiducs de convenir pro^uptement desdites limites , pource que les contributions peuvent être, levées jasqu|à ce que ce ^^gleme^l; 2iit été fait, ils y ont consenti et laissé à notre jugement et conduite de les faire régler précisément par le traité, ou de le remettre après : ce que nous ferons, ainsi qujl sera trouvé pour le mieux , ayant toujours ce but , d'éviter , autant qu'il sera possible , toutes longueurs et nouvelles, difficultés. Il -est bien requis à la vérité de demeurer d'accord de ces limites après la trèye , si on ne le peut faire devant , afin que quelques disputes ne surviennent il cette occasion , en quoi nous ne voyons pas qu'on puisse prendre autre règle, sinon que les bourgs, villages et hameaux .qui dépçndei^t des villes, terres et seigneuries , d une part et d'autre , suivent le cheflieu. Nous l'avions aussi mis de cette façon en notre
premier projet , quoi faisant tous les villages qui dépendent de Breda, Berg-op-Zoom et Grave , lesquels 3ontau pays de.Brabant, seront du côté des Etats ^ ;nais les archiducs en ont toujours fait diffiailté , de manière que du passé les uns et les autres se sont accomgiodés avec quelque confusion , mais sans dispute ni querelle , pource que les paysans ont mieux aimé payer les redçv?inçes et contributions aux uns et aux autres que de souffrir pis en les refusant. Le sieur Jeanuin ayant ci-devant dit au président Richardot qu'il ëtoit raisonnable de régler les limites de celte
3o8 liEGOGUTIOîîS
façon, il lui a répondu qu'ils y faisoient difficulté, principalement à cause de la religion , en laquelle aucun changement n'a été fait jusqu'à présent èsdits villages , et s^il est déclaré nommément par ce traité qu'ils doivent suivre les villes tenues par les Etats , ils y établiront aussitôt leur religion , et banniront la catholique , ce qu'eux désirent d'éviter ^ mais , si leur refus n'est fondé en autre raison , les Etats accorderont bien qu'aucun changement n'y soit fait , et ils nous l'ont déjà ainsi promis. Nous craignons toutefois qu'outre cette considération , ils n'en aient encore d'autres -, à savoir, de faire ressortir ces villages en cas d'appel à Malines , et d'y prendre les aides , comme ils font es autres lieux de Brabant. Or s'il est ainsi, il faudra laisser cet article aprè*s le traité , ou bien j chercher quelque autre expédient qui n'ait aucune longueur. Ils ne veulent donner que trois mois pour la ratification , et il semble aussi que ce temps doit suffire , votre Majesté ayant jugé qu'il le faudroit plutôt accourcir qu'allonger.
Xi^artiçle du commerce des Indes , que nous craignions devoir être le plus débattu , n'a point eu de difficulté , et ont trouvé tous qu'il étoit couché plus intelligiblement par notre article qu'il n'étoit par celui des Etats. Il y a eu quelques autres légères difficultés dont nous ne faisons ici aucune mention pource qu'ils s'en sont remis à nous. Enfin les Etats nous ont priés et requis de vouloir passer dès à présent le traité de garantie pour la trêve , et d'y insérer qu'on les tient libres pour toujours ^ à quoi leur a été répondu qu'il suffit de faire ce traité après la conclusion de la
DU PRKSIDEJMT lELUmV. 809
trêve, Toffrant lors sans remise, mais quant à la de* claration qu'on les tient libres pour toujours,, que c'est chose superflue, et qui ne leur serviroit de rien,, étant néanmoins aisé de faire le traité pour la garantie en sorte que ce qu'ils requièrent pour ce regard y soit compris sans Fetprimer nommément. Us nous ont encore demandé , au cas que le roî d'Espagne fasse difficulté de ratifier , et par efiTet n*y ait satisfait dans le temps promis, si votre Majesté et le roi d'Angleterre ne tiendront pas son refus pour contravention à la trêve : sur quoi il leur a aussi été dit que ledit sieur Roi demeure obligé par le traité en vertu de sa pro* caration , quand même il ne voudroit ratifier \ et les députés d'Angleterre ont ajouté que ce refus, s'il le fait , doit être tenu pour infraction , et nous , que ce sera aux Etats de le déclarer les premiers, que les princes qiii sont leurs amis feront après ce qu'ils jugeront être requis pour leur bien et sûreté. Ce que nous vpyons de mieux est qu'ils se réunissent tous ensemble , et montrent ne vouloir plus retourner d'où, ils sont sortis. Nous envoyons demander des passeports aux archiducs pour les députés des Etats , avec la prolongation de la trêve pour le reste du mois,! dans lequel temps on essaierai de conclure tout , et , s'il faut quelques jours de plus , les députés des Etata auront pouvoir de la prolonger pour autant de temps que nous leur conseillerons. Nous partirons le vingttroisième pour aller à Anvers, et lesdits sieurs députés le lendemain. Les affaires sont en ét^t que nous eu tenons le succès comme assuré , dont nous donnerons avis à votre Majesté de jour à autre , et cependant
3lO IKKCOCIATÏONS
noas [iriërone^ Dieu , Sire , qu'il lui donne , et à sa royaile famille, tout Heur et prospérité.
De Berg-dp-25ooîn , ce vitigt-uniènië jour de iriars
Vos , etc. P. Jeannin et' dé Rùssv.
Lettre de M, Jeannùi à M. de f^illerûy , duditjour
vingt'unième mars 1609-.
Monsieur, s'rje vous ai écrit avec trop de cbaleur par me^ précédentfes lettl-es , et satis avoit* assez cofisidéfé Ifes vôtres , je vbiis supplie die me le pardonner. TâipriS tant de peine pour dondtiîre l'aflaife en laquelle il a plu au Roi m'employer, elry airèçu tiintde ti^aVeîses d'oùje rie les dé vois^^jiàiB 'attendre , que quelque soupdon nié portia lors à Vous écrifé', atiiieû^que je devois' plutôt sbùfiTrii* ôtdissimîultermbridéjiraisîr, peut-être mal fbtldé , que de m'en plâiildte. Tous <^eviX qui ont cbiitredît à" la trèVe de ce côté* Témbt^àksent maintenant, jtigent ce que je leur ai toujours dit de rinclîriatîon âa plus' grand nbinbi*é à- se itiéttre en repos être très-véritaWè , et me savent gré êk la peîiie (|ti'e j^'ai pris'e dé portéi' les affUir^es oft elles ëottl Selon le bôiiit&atidemëritdù Roi , qui , à^îétte bccît^on, y est mieut de Beaucoup qu'il né fUt jatiiais. Les Èfeits , à la prière et reôbrilmàndàtiori dé Sa MÎajesté , i laquelle les déput^^ d? Angleterre sie sotit joints , ont frès-feieh tràité* Btt. Ile prince Maurice \ car ils lui asSiirént tous ses état^ et appointemehs ot*diiia'îi*es et ex'tfaorditfàirè'S , lesquels reviénnélit à quâtre^vingt Uiiflé livrés chacun an , et au lieu des contributions et confiscations dorit il jouissoit , lui donnent encore pareil revenu de quatre-vingt mille livres, lui pro-
DU PRÉSIDENT IKANNIN. 3l I
meiteat outre ce, v^naotià- se marief, vingt-cinq miUe livres de reyenupour lui et pour les siens , et , snicas^qulil décède sansen&ns lëgitimes, consentent qoe M. le comte Henry son firère et se& enfans après lui: soiûntsubsiâtuësi JTespère encore qn^ils lui donneronboer revenu de vin^ft^inq mille livres dès à pré-> SQntpour lùiiel pour les^ siens avec la même substî* tution, comme >nousv les en prions , et qu'ils fieront mieux, lui se concFaisant- comme il dit vouloir faire , etqneje lui ai conseilla: Je travaille de tout* mon pouvoir pour les rëùnitr* tou&, et> particulièrement pour rejoindre le sieur Bftmeveldt avec lui , lequel a beaucoup aidé à lui procurer toutce que dessus. Mile comte Heoi^a^ëté bien traitë'aussi-, car ite Ihi ontas'sncë ek'aocr4i> ses états jusqu'à trente mille livres cbacan an. Ik ont aussi^ db.ublé^ lies^ états àt Mi le comte Gutllaanie, qui en tir^ra^rès^de cinquante mille livres cfaaouaafi' , et témoigné», par tonte$^ceS' gratifications et peconaoissanoes',. qu?ils veulent donner contente^ menti ai leur ma38on<pour lit conserver etmaintemren bonne affection' envers^eux : ce qui me fîeit jugerqu'ik n'ont pae en^ie de-Fetourner d^oà ils sont sortis» Us savent bien que j*ai été le principal instrument de cette conduite , comme est ayant eu commandement de Sa Mï^esté, et à- cette occasion s'en tiennent fort obligés à' elle» Pour ks spires de la trêve, elles sont en trèsHbon éja* , et espère que nous les; achèverons à ce coi^, n!y ayant plUs que la seule difficulté tles limites que nous fSe)>ons remettre après le traité , si nous ne troQvoDS> expédient pour en sortir.
Je désire aussi qu'on, puisse pourvoir at« confiscationS'po^r te eontentement ^ M. le prince (FEspi-
3ia NÉGOCIATIONS
noy ; les Etats y ont bonne volonté , et je n'omettrai rien, de mon côté. Nous sommes pressés de faire le traité pour la garantie de la trêve ; miais j'ai répondu qu'il le falloit différer jusqu'à ce que le traité fût Êdt. Us en font autant pour avoir déclaration de Sa Majesté et du roi d'Angleterre qu'on les tient libres pour toujours ; mais je suivrai en ceci ce qui m'a été com-^ mandé , et ne ferai rien sans vous avoir envoyé la minute pour recevoir commandement avant que passer outre. Vous verrez ce que M. de Preaiix mande pour l'affaire du marchand que vous savez : il n'en a pu avoir si bon marché que nous nous étions promis , pour les raisons contenues en ce qu'il vous écrit , encore qu'il y ait procédé sa]gement , et avec tout le ménage qu'il a pu -, car il faut douze oti treize mille livres , dont on a déjà donné dix mille , et il se tient content de la promesse que je lui ai Êiite de lui donner le surplus dans la fin de ce mois. Je me servirai de votre lettre de change pour autant qu'il me sera besoin , soit pour ma dépense, ou remplacer ce que j'ai pris. Ce marchand désire ardemment d'être employé pour un plus grand dessein aux Indes , où je ne fais doute qu'il ne serve fidèlement , et en cette première affaire pour acquérir créance^
Trois des principaux de la compagnie des Indes , dont il y en a deux qui sont bourgmestres d'Amsterdam , m'ont parlé pour savoir si Sa Majesté auroit encore affection d'en faire une en France, qui fut jointe d'amitié et de profit à la leur, ce qu'ils désirent pour se fortifier ; m'ayant néanmoins dit que ce n'est pas leur intention de se désarmer et d'y aller foibles dorénavant , encore que ledit commerce leur ait été
su PRÉSIDENT JBANNIN. 3l3
accordé de gré à gré. Je leur ai fait bonne réponse en termes généraux , et dit qu'il falloit attendre la résolution finale de la trêve , et que nous en conférerions après ensemble. M. de Russy est fort désireux d'avoir le titre de conseiller d'Etat , et le mérite aussi , car il a déjà été employé en plusieurs bonnes et grandes affaires ; sa fidélité est connue du Roi dès long- temps ^ il est d'âge mur , et de suffisance pour bien servir.» C'est pourquoi je vous supplie très-humblement d'en faire la demande pour lui , et le tant obliger que de lui en envoyer le brevet par la première commodité. Je me tiendrai obligé avec lui à vous en rendre trèshumble service. Je sais qu'en le voulant dire seulement à Sa Majesté vous l'obtiendrez aussitôt , et ja vous en supplie de rechef de toute mon afiectiondont je prie Dieu , monsieur , qu'il vous donne en parfaite santé très-longue et heureuse vie.
De Berg-op-Zoom , ce 21 mars 1609.
Votre , etc. P. Jeannin.
Lettre de M, Jeannin à M, le duc de Sulfy , dudit jour
vingt'unième mars 1609.
Monsieur 9 les affaires sont à présent en état que nous en voyons presque la fin , et nous pouvons juger avec certitude qu'elle sera au contentement du Roi , ainsi que vous le verrez par les lettres que nous écrivons à Sa Majesté. Ce n'est pas que quelques difficultés ne restent encore , mais il n'y a rien à mon avis qui nous puisse empêcher de conclure ce traité ; et dans peu de jours , s'il plaît à Dieu , je ferai tout ce qu'il me sera possible pour M. le prince d'Espinoy. Les Etats m'ont promis toute favorable assistance j et
3i4 hégocutioks
de ne point abandonner sa défense. Sa partie est néanmoins inexorable, et n^ a rien que la contrainte et' la nécessité qnii la' puisse vaincre; caç Tambassadéur d'Angleterre qui est près de^ archiducs , m'en ayant parlé:en)sa>&veùràiaivers:, je lui fis quelques ouvertures pour en traiter amiablement aveo eilè , et le priai de m'en faire réponse; mais il n'a^ trouvé aucmre bonnet disposition en elle. Si'aâ-je assurance de la part des Ëtats* qu'on ne traitera point du lourdes confiscations , oïl. que ledit sieur prince jouira du bénéfice: commun ^ nonobstant la transaction sur laquelle sa partie prétend fondov son droit. Ce n'est pas seulement «n cet endroit, mais partoutv que^ je désire témoiguerquejesuis , monsieur , votre , etc.
P. JfiàNNm.
De Berg-op^Zoouis ce ai mars r6o9«
Lettre de M, Jeannin à M* de VUleroy: , du vingtcinquième mars 1609.
Monsieur , nous sommes arrivés d'hier au soir ea cette ville. Les députés des Etats , qui sont sept pour les provinces , à savoir un de chacune , et outre ce M. le comté Guillaume , et Mi. de Btederodes joints avec eux , y doivent arriver aprèsnl^maîn. Si y a quelcpa% légères- difficultés dont j'espère qpe nous dîsmeurerôîïs d'accord dès aujourd'hui avec les députés des archiducs , et je ne'prévois rien quï puisse accirocher, sinon l'article des limii^s et celui des confiscations , dupremier desquels il seroit bien veqms de s'accorder avant le traité pour évitée toute dispute à l'avenir, et le dernier aussi pour faire cesser les plaintes de ceux qui y ont intérêt du côté des Etats , lesquels en crient
DU PRÉSIDENT JEÂNNIN. 3l5
et murmurent bien fort , ce que je désire pareillement en' considération de M. le prfnoé d'Espinoy : c'est pourquoi nous essaierons d'y; faire pourvoir par le traité ; et néanmoins s'il js a trop ' (le- difficdltë ou longueur en Fun du en ràtitii&, nous aehévietbns le traité ^ et'aussitdt qu'il sera passé et ratifié par les ar« chiducs et Etats, ce qui peut-être fait dansrtubis'ou quatre jours, nous en conférerons derechef, et&udra fAt néce^iîé què les archidoes s'aocordent^de l'article des limites ; autrement , ainsi qa-il eist couché dans le traité , les Etats pourront lever les contributions cdmiÉré ils faisoieiit avatit' Ivc preméte trêve , ayant néannioins fkit oôttdetilir au»^ EtfttiPde ne tefi lev^ qu6 sur les' lî^bltaliG^ qui^ dëmieuliîtvf ^^ l:^uygi^, villages' et hameaiix dëpendhnt des viflesr , plk;<?^ etgeigrteuries qtfilé tiëniiettt' ,- pourvu que le) ar^idt»!â^ s'âfcsiieitneât dy en {^rendre de leur part -, axitrement' ils en voudraient aussi prehdre sîir eu*; cèir il estf vrai en efet (|uV>ii ne i^\A réglier les Imites sinaiï dé cett<3 %6tt , qitelës^ Membres ^^nv d'ûn^'j^vt et d^autre te chef-lieu-, airtsi que je^^tftfi^aâ déjà éfcri^^
Nè^»<m^î(i pas étrange diymt^ en us6iï^aittsi|^r éviter léâ Ibnguetirs, sur c^ quô n($ûs recoiitfoissons bien que du côté d'Espagne c'^r fe buli a^qttei ils ^drdient V($lototîei*s , et foWêriâent rtiêtti© les archid^s à strivre ce coifseil , si' «ôt^ne \ëup en étions du totft l'é sujet. Et dti côté dfesEfâtS, il e^lsiai^ de juger qtié s'ils* trôùveAt (ïe te >6^è«ai«se en epïélque ârîifcte ,' ils aflieeterdnt pïutétla Ic^gu^t», et en éraïndrdht rtieiîWô I0 danger qm dé rdftipré ; et toutefois cVst lé pis qui leur sattroit arri'v^r, et qui semble^ roit horiteYi'x à Sa Majesté, si, après avoir n lo^ng-temps
3i6 NÉGOCIATIONS
travaille à cette affaire, eUe n'en obtenoitla conclasion à l'avantage des Etats , et à sonhonneur, comme il ne pent pins arriver autrement , an cas que le traite soit fait et passé suivant les articles déjà arrêtés et accordés d'une part et d'autre. Je suis , monsieur,
Votre, etc. ' P. jKANiriw.
A Anvers , ce vingt-cinquième mars 1609.
Lettre de M.Jeannin à M. te duc de SuUj , dudit jour
vingt^cinquième mars 160^.
MoNsiEUïi, nous sommes arrivés en ce lieu du jour d'hier , et nous avons conféré cejourd'hui avec M. le président Richardot même sur le fait des confiscations qui ont des poursuivans d'une part et d'autre, lesquels pressent pour rentrer en leurs biens , et semble que ledit sieur président ne soit pas éloigné d'en traiter dès à présent \ mais il fait très-grande difficulté sur le fait de M. le prince d'Espinoy , pour être désireux de fevorisèr madame la comtesse de Ligne; sur quoi je loi ai dit que les Etats né consentiront jamais de rendre les biens confisqués que ledit sieur prince ne rentre au sien. Ladite dame comtesse de Ligne doit venir en cette ville dans deux jours , ainsi que j'ai appris ; j'en parlerai avec elle , et n'omettrai rien pour lui faire connoitre qu'elle ne peut retenir le bien de ses neveux. Mais pource qu'il seroit expédient de faire quelque traité avec elle , si on l'y pouvoit disposer , j'estimerois à propos que quelqu'un vînt ici bien instruit de toutes choses, et avec procuration pour en traiter s'il est besoin , ce qu'on ne peut faire sans y perdre ; mais cette transaction assurera ^out, quoi qu'il ar-
DU PRESIDENT JEàNNIN, 3l7
rive ci-après. C'est à vous , monsieur , d'en juger, et de me commander votre intention , à laquelle j'oi)éirai de même affection dont je serai perpétuellement, monsieur, votre , etc. P. Jbânniii. D'Anvers, ce a 5 mars 1609.
Lettre du Roi à messieurs Jeannin et de Russy, du vingt-
huitième mars 1609.
Messieuks Jeannin et de Russy , votre lettre du vingt-unième de ce mois , que j'ai reçue le vingttroisième, m'a. été très-agréable, ayant appris par icelle le contentement qu'ont eu les Etats des Provinces-Unies de tout ce que vous avez obtenu des députés des archiducs pour les affaires générales, comme de ce que vous avez procuré d'eux pour le contentement de mes cousins le prince Maurice et les comtes Henry et Guillaume , car j'espère que ce point , qui m'étoit fort recommandé, produira plusieurs bons effets publics et particuliers , qui seront très-utiles à présent et à l'avenir à leur république , et partant augmenteront à leurs amis la volonté de continuer à favoriser la prospérité d'icelle^ car l'exemple de leur gratitude et reconnoissance envers ledit prince et les siens fera priser davantage leur amitié et alliance , et donnera aussi meilleure espérance de leur conduite et bonne foi en toutes choses 5 vous les en congratulerez donc de ma part aux termes que vous jugerez convenables , tant pour confirmer lesdits Etats en leur délibération pour ce regard, que pour témoigner de plus en plus auxdits princes ma bonne volonté. Si vous pouvez par quelque ejipédient vider le point
3l8 NÉGOCIATIONS
des contributions avec le général , vous ferez. beau^ coup pour les uns et les autres, et je suis de votre avis, qu'il n'y peut {être pourvu qu'en convenant des limites, et faisant que les bourgs et paroisses suivent le chef-lieu d'icelles, comme vous ave^ proposé: toutefois je me remets à vous d'en faire comme vous jugerez pour le mieux ^ même j'approuve , si vous ne pouvez faire mieux, que vous remettiez à décider ce point après l'accord de la trêve suivant votre délibération, car vous devez toujours avoir pour. but principal d'avancer la .conclusion et. signature d^dit traité.' Quant à celui de la garantie que lesdîtsi Etats requièrent que vous passif dès à présent , j'estime, comme vous leur avez répondu sagement, qu'il suffira de le faire après la résolution de l'autre^ mais je continue toujours à désirer que ce soit sans y insérer la déclaration qu'ils demandent, que je les. tiens libres pour toujours, pour les raisons que je vous ai écrites.
Quant à la ratification du roi d'Espagne , srlesdils archidjucs promettent en son nom, et en vertu du pouvoir qui leur a été envoyé , de la faire fournir dans un temps préfix, je veux croire qu'il n y aura manquement ; <;:ar s'ils finissent cette guerre , ce ne sera en intention de recommencer pour un si maigre sujet , et , au cas qu il en avienne autrement , il sera lors temps de juger et résoudre l'ordre que l'on y devra donner , sans qu'il soit besoin de s'en expliquer davantage à cette heure , car ce seroit hors de saison , ainsi qu'ils ont du comprendre de la réponse que vous leur avez' faite sur cela , de laquelle , com^e de toute votre procédure, je vous assure que je suis très-
DU PKÉ5IDENT JEARNIN. 819
jcontenl , me voyant à la veille de recueillir pour le repos universel de la . chcéiienté le fruit tnès^eureiix de vos travaux et de mes intentions, tant vous les avez bien exécutées. Je pîe Dieu, messieurs Jean* nia et de Ruàsy , qu'il vcuis. ait en sa sainte garde. Ecrite à Paris , le a8 mars: 1609.
Hehry.
Et plus bas , Brulart.
Lettre de M. de f^iUeroy audit sieur Jeannin , dadit jour
vingt'humème jnars 1609.
AflomszEUR , ce courrier a trouvé le Aoi à Chantilly le vingt-troisième de ce mois , où il a ouvert et entendu vos lettres adressantes à lui et à moi , dont il a reçu très-grand plaisir et contentement , ainsi qu il iious a déclaré à son arrivée en cette ville et l'apprendrez de sa lettre même. Il a été très^aise de ce que vous avez ébtenu pour M. le prince Maurice et les comtes Henry et' Guillaume, et du bon office que le sieur Barneveldt y a contribué , comme de la bonne intelligence en laquelle vous Favez rerais avec le prince Maurice, de laquelle il* juge que doit dépendre dorénavant plus que jamais la prospérité de leur république *, c'est pourquoi Sadite Majesté desire ;querV<ous continmez à faire votre possible pour Tétreindre et affermir de plus en plus. 5a Majesté a témoigné au fils de M. de Barneveldt qu'elle a toute confiance en lui , et le vouloir chérir et gratifier comme ses mérites le requièrent , ainsi qu elle lui a écrit par lui , et à vous aussi. L'on dit ici que le prince Maurice se mariera difficilement, pour avoir un esprit
3aO NÉGOCIATIONS
aliéné de cette sujétion , de quoi il sera à propos que vous vous éclaircissiez ; car s'il a dessein de se lier en quelque lieu , il importe que le ^Roi y ait part , c'est-à-dire qu'il le fasse , s'il est possible , par son avis. Et comme il ne s'offre de présent aucun parti en France qui soit propre pour lui, car il voudra une femme de sa religion, nous devons craindre qu'il ait recours aux filles d'Angleterre , et qu'elles lui soient offertes ^ car c'est une liaison que nous ne devons désirer : nous approuverions bien plutôt qu'il jetât les yeux du côté d'Allemagne , non avec rélecteur Palatin , à cause du maréchal de Bouillon , aussi sont-ils trop proches , mais plutôt en la maison de l'électeur de Brandebourg ou du landgrave déHessen 9 pour être l'une et l'autre plus éloignées de la France, et moins factieuses que les autres. En tout cas il nous importe grandement, s'il faut qu'il franchisse ce saut , qu'il le fasse par l'avis de Sa IVIajesté, ce que nous vous prions de ménager , et faire le semblaJ^e pour le comte Henry, car nous ne devons désirer que nos huguenots soient appuyés de ce côté-là outre la volonté de notre Roi, et nous avons quelque opinion que madame la princesse d'Orange a dessein d'attacher le prince Henry son fils avec la fille de madame de LaTrémouille qui est par delà, de quoi facilement ils seront dispensés de leurs évoques. Or nous vous représentons notre prévoyance en ceci , afin que vous nous aidiez à la faire valoir à l'avantage du service du Roi , qui approuve tout ce que M. de Préaux a traité avec notre marchand. II fera donc fournir les deux mille livres de plus qui ont été promises. Il est content que l'on en promette vingt-cinq mille de re-
connaissance au capitaine du vaisseau et à ses gens , s'ils trouvent le passage , et ensnite de cda qu'il lui soit donné pouvoir de promettre double paye à ses gens , et dé récompenser sur cette somme : leurs veuves , au cas «qu'ils y périssent y et pareillement d'arborer la, bannière de France, ayant, trouvé ledit détroit, et même y donner le nom de Sa Majesté ; de quoi vous baillerez , s'il vous plait , audit marchand oa^itaiod les écrîJts.et instructionB, au nom et comme procureur de Sa. Majesté , que vous jugerez nécessaire^! ; même pour l'administration et décharge de la partie deadiies quatorze mille livres tournois , suivant la 'proposition que ledit marchand, a silr ce , faite audit sieur ! de Pipeaux :, comme Sa Majesté nfa. commandé de vous ' écrire , étant bien sûn> inlention de. se servir duditmluxhand^ afNoès ces traités , es occasions dont ' il vcius a imt ouvertnce , ; et d'entendre aussi à celles que vous n0U& écrivez vous avoir été faites^ pat d^utf es. ' no ' ^
fartant , vou&hii ferez plaisir d'écouter toutes tés^* dites offres pour les Jui représenter ^particuliërement quand vous serez près d'elle , et après faire venir par deçà ledit marchand , et faire réponse aussi aux autres selon qu'il sera résolu par Sa Majesté ^ n'étant d'avis qu'ils s'y achemineht devant pour n'éventer les affaires, si vous ne jugez qu'il soit nécessaire d'en user autrement^, de quoi: non:» nou^ remettons à vous, nous^yant été "dit que le coi4r Aôglt^errë ^ deseeân de s'accroître et ôtaUir eu ces pay3rl%» ôt.qué dèSà présent il a envoyé des colonies entières pour fortifier les siens en un lieu qu!ils nomment la Virginia j. de quoi nôtre Roi n'est. sans marte}. qui ai g^û^e son
s^étiJ; eaces; affîdfes« An cestç J6 lui ai la: Vaskude de votr^ lettre qui coBccEne IVE*. de Riifisj:, ki{n0lj'ai accompagné des offices (quejje dois à ses. fnériles et à votre reGommandatioa. Sa Majqsté a prk le tout ea bonne part , ainsi que ledit sieur de Bussy pouvoit désirer^ mais la résolution en a été socsise jusqofà votre arrivée près de Sa Majesté, qui nes^a, cestes , jamais sitôt que je désire vous y voir pour votre eontenter ment et le mien. Je prie Bien, aïonsieur^ qu^i) vous conserve en pai;£aite santé.
De Paris , ce vingt-huitième n^aos. 1609» Monsieur, j'ai remarqué qne.vou&jie m'avez point averti avoir reça certaines lettces venait des Indes d'Orient, adressantes au roi d'Espagne, que je vous ai envoyées, par ce courrier dès le vingt-huitième dn mois passé , encore qufi je voua en aie écrit depuis par deux fois; partant je vems. prie' me ÊiiiSe safvoir ce que vous en avez Ëuit. J'estime que ^ vos antres occupations vous ont fait oublier celie-'Ci., et toutefois le Roi m'en a demandé des nouvelles, désii^ant savoir si. vous, les aves. communiquées , et ce qpe vous en avc^z fait; Yotre y etc. db. NBUFvnuLS.
I^ettre du Roi audit sieur Jèannin en particulier , du mfyn^
jour vingt'kuitième mars 1609.
MoNsfBUR Jéannin , encore.que j'aie commandé au sieur de Yilleroy de vous écrire mon^ intention, sur ce qu'a négocié le si^up de Préaux avec le marchand d'Amsterdam , toutefois je vous répéteraipar cdleci que je suis contentd'augmpnl^ de deux miHe livres k somme que je vous avois ordonné h» aoeoyder
paar l'effet qoi a été ^opeaë. Tàpprouve ausâ ({tie mm lai eu confiioûd Tempbi suiyaiit Tordre auquel il s'est lai - même soumis. Pareillement , je trouve boQ accorder les viagt-dnq mille livres de récompense au caj^taine du aavire » avenant qu'il découvre le détroit , et même qu'il lui soit permis sur ladite somme de doubler les gages des mariniers et soldats s'ils font difficulté de se hasarder au détroit , et promettite sut iceHe reconnoissance à leurs Veuves s'ils y périssent. Finalement, je veu:t bien aussi qu'ils arborent ma bannière » et donnent mon nom audit détroit s'ils le découvrent; de quoi vous délivrei'ez audit tnarchand ou audit capitaine ^ en moa nom , les inâtroctions , pouvoirs et écrits nécessaires ea ^èrtu def la présenté, que je ne fais que pour vous donner ce pouYoif,^^ temettant le Surplus à la lettre dadit sieur de Yilleroy. Priant Dieu, monsieur Jeanniu', qu'il vous ait en sa sainte garde.
Ecrite à Paris , le vingt-huitièmîe de nlar^ 1609.
Henrt.
Et plus bas y Brulart.
Lettre de M. le duc de Sulljr à JKf* Jeannin^ dkdit jour
vingt-huitième mars i6<iQ,
Monsieur , j'ai toujours cru que Ws Espagnols tien^ droieatferme jusquesà l'extrlémité , nftaîs qu'enfm lar nécessité de leurs affairei» les ccmtraindroît à rabattre de leurs proportions plutât que de rentrer en une gaerre de si gii^nde dépense. Pour parer leurs coups , s^s doute il étoit bedoiaf dé letir opposer un' fort es-* prit comme le votre , et me réjouis des preuves que
324 NÉGOCUTXOHS
cette nouvelle occasion vous a donné suj€t d'en rendre, si célèbres et si importantes au bien général de tant de royaumes et provinces ^ car j'ai aussi beaucoup d'occasion en mon particulier de louer votre industrie en la conduite de Taffaire de M. le prince d'Espinoy, de laquelle je yeux espérer tout bon succès puisque vous l'avez entreprise avec tant d'affection. Sa partie a quelque raison d^opiniâtrer son injuste prétention, car la quantité et la qualité du bien le méritent 'y mais le même sujet aussi nous doit rendre plus ardens à en poursuivre la restitution , de laqueUe M. le prince d'Espinoy vous demeurera tant obligé, que tous ceux à qui il appartient en auront un étemel ressentiment, et moi entre autres qui demeurerai pour jamais , monsieur , vôtre , etc.
Mâximilian de Bethune , du(Sf df Sully. Paris , ce a8 mars 1609.
Lettre dudit duc de Sulfy audit sieur Jeannin y du premier
avril 1609.
Monsieur , suivant votre bon avis et conseil , mon cousin M. le prince d'Espinoy envoie ce porteur près de vous , afin d'être prêt en toutes occasions à faire ce que vous lui ordonnerez lorsque les affaires seront aucunement avancées , et qu'ayant quelque ouverture pour en sortir à l'amiable , il sera assez à temps d'avoir les pouvoirs et procurations nécessaires pour autoriser le. tout. Je vous prie de ne vous point laisser emporter aux. persuasions de madame la pripcesse de Ligne, laquelle, si elle étoil de bon naturel , feroit dès à présent, et tout franchement, ce qu'elle ou les
DU PRÉSIDENT n;Al9NIN. 3^5
$iens feront aussi bien un jour ; car quoi que ce soit^ elle occupe les biens de ses neveux et nièces. Si messieurs les l&tats tiennent bon, comme je vous prie les en requérir de ma part , je m'assure que nous obtiendrons tout. J'aurai peut-être moyen de leur rendre de bons offices en autre occasion. Quoi qu'il arrive de toutes ces choses ^ mes cousins et moi vous aurons infinies obligations , dont nous aurons toujours le res-sentiment convenable aux pemes que vous avez prises pour nous , et vous en rendrons service étemelle* ment. Sur cette liberté je vous baise les mains^
De Paris, ce premier avril 1609.
Cest , monsieur , votre , etc.
Maximilhii de Bbthune , duc de Sully.
Lettre du Roi à messieurs Jeannin et de Russjr , d»
troisième avril 4609.
Messieurs Jeannin et de Russy, je vous fais cette dépêche par ce courrier exprès , sur l'avis que j'ai reçu présentement de la mort du duc de Clèves , avenue le vingt-cinquième du mois passé au soir. Vous savez que cette succession est prétendue de divers princes , celui-ci n'ayant eu des enfans de la sœur de mon frère le duc de Lorraine qu'il avoit épousée. Il avoit quatre sœurs ; l'aînée , qui a été mariée en la maison de Brandebourg , n'a laissé qu'une fille que l'électeur de Brandebourg qui est à présent a épousée , par le moyen de laquelle il maintient être légitime héritier des duchés de Clèves et Juliers 5 le duc de Neubourg , oncle de l'électeur Palatin , a épousé. la seconde qui a des enfans mâles , lesquels il prétend
3a6 MÉGOCIATiOKS
reoaeiUir ta auccession par préférence aux fittes , s«î- "Vant les lois de l^&npîpe duquel lesdits doèhés relèvent ; le duc des Detix^-Ponts qui est décédé avoit éfovisé la troisième qui vit encore > il y a aussi des enfans mâles ; et le marquis de Bwgau, frère du feu cardinal André d'Autriche , et fils du feu archiduc Ferdinand <et dé sa pr^noière femme , a épousé k dernière sœur dudît duc , dont il n'a point d'en&as : de sorte (cpie la dispute sera entre ledit lecteur dé Brandebourg , qui a pour femme la fille de Tatnée de- ladite maison de Clèves , et le fils aîné dudït duc de Neubourg. Or , prévoyant cette mort et les aceîdens qui naitroient du difi^érend.de ladite succession , j*avois fait exhorter lesdits princes d'en convenir et accorder ensemble devant qu'elle échût 5 mais il n'y a eu moyen de les y disposer et faire résoudre , la mort du père dudit électeur de Brandebourg, avenue Tannée passée , ayant obligé et contraint son fils , à présent électeur , de sV>ccuper entièrement amx affaires domestiques de sa maison , et même de passer en la Prusse Ducale , pour di^ser le roi de Polcrgue à lui accorder l'investiture dudit duché expirée par k mort de son père , à quoi ledit Roi lui a ddnnë espérance de pourvoir en Fassemblée des Etats de son royaume , qu'il a commencée à la fin du mois de janvier dernier , que je n'ai su être encore finie 5 tellement que ledit électeur est de présent absent de son pays , engagé en ladite poursuite qui lui importe grandement;
Je sais qu'il a bonne correspondance et intelligence avec l'électeur Palatin , ces deux princes s'étant toajaurs aimés etdéfiiré assez, joint qu'ils sept enteitnes
DU PaÉSIllEIiT JKLUmH. 32^
maricil' auQitns ée leurs eafMis eoaeKible ': c'est f)Oar^oi j'e^tâiàe que ledit Palatîti favorisera plus vbloMiérs lâK^ate di^tdaoïle BrànfdéboQrgcfu'iliie feiâ celle dudit-dne de^Nenbourg, eacoré qu'il soit soti onde 9 frère éè scm përe^ et aussi <[ùe ledit dé NeiH bourg ^ hiaeM, professioii de là reHgion protestaute^ n'a i^àë gvaiuie cr^nce envefrs ledit étectèur Palaflin » rëlectriôe et ses eôuseilkrs; de sorte qu'encore qtke par les cdîtstitùtidns de l'Empire la tutelle et admi- BktratioA de l'électorat appartîkit audit dut de Nea« bourg, otMKkne {dus procbé parent dudit /électeur^ aveuant son dëoès , et ^raut la niàoTité de sou fils , néanmoins j'ai eiiteadu que ledit électeur eh a dis*^ po^ atllaremeilt, et qu'il y diHt apfijâer ledit duc dès DisuX'-Poiits , qui est calviuiste ; ce qui* est tause d'ac- (Croître et eutretenir leur mauTuise mtelHgeirce. Uil temps a été que ledit de J^eubourg s^attëndôit d'être favorisé et supporté de rEmpereuïr et de la maison d'Autricbé, en Tune et en l'autre désdites prétentions^ se déckiTlint et moi&traut tout affectionne partial' de l'Empereur ; maiâ j'ai entendu qu'il est depuis déchu grandavent de èette opinion et espiérance^ méme^ ment depoîs les mutations avefmtes par le cDmitian^ ^bment dé l'Empereur , et exécutées par le duc de Bavière en la vXie de Sionawert, qui étoit en la firotectioa dindit de Neubourg. Touteifois peut-être rechèrcbera*t«il miaintenant de se rapatrier sur l'oc-^ casion qui s Wre avec ledit Empereur , car sa partie est tt^p foible pour résister audit de Brandebourg , &vorisé et secondé dudit Palatin. U ne faut point douter aussi que ledit Empereur et les siens n'embrassent tous les moyens qui leur seront offerts , et propres
pour seprévaloir et avantager des co&tentions que ladite suecession lengendrera ; par ainsi voudra-t-il peut-être se fortifier encore de la prétention dudtt de Burgau, ou s'emparer comme seigneur de fief desdits duchés, qui relèvent nûinent dudit Empré. Toutefois vous savez que ledits Empereur est toujours en mauvais ménagé aTèc ledit roi de Hongrie son frère , et que Tun et Fa/utre jont outre cela assez de besogne taillée .avec leurs propres siyèts de la religion protestante ) tant en Bohême qa'en Autriche V et psartant que ledit Emp^eur n'est de< présent en état d'entreprendre et exécuter un dessein de conséquence ] mais s'il veut entendre à celui-ci, lequel, à mon avis, lui et les siens né mépriseront , et priilieipsilement l'archiduc Albert , . tels pays étant ëxi> sa bienséance et de très-rgrandè importance aux siens comme ils sont^ il y emploiera les forces et moyens dudit Albert , lequel, avec le nom et autorité dudit £m{:iereur^ pouira-s'emparer des principales villes et forteresses desdits duchés, y établir des personnes et forces à sa dévotion, sous couleur de conserver le tout à qui ladite succession sera adjugée et sera trouvée appartenir par droit , et ainsi avec le temps en retenir , sinon le tout , au moins la meilleure partie : à quoi j'aurois , comme vous pouvez bien juger , très-grand dommage , tant pour la considératioa desdits princes qui ont droit à ladite succession , lesquels sont mes amis et alliés , tels qu'ils ont. été de tout temps des rois mes prédécesseurs et de ma couronne , que pour l'intérêt que mon royaume y auroit, et pour être aussi obligea défendre la justice , et ne devoir désirer que cette
BU BRÉSIDENT JEÀNNIN. i^g
maison s'agrandisse et fortifie , davantage qu'elle est si près de moi, en s'emparant dosdits pays au préjadîee d'autrui.
Je veux croire que lesdits. archiducs , lesquels ont éprouvé ma bonne volonté à leur procurer du repos ^ seront si équitables et bien conseillée y qu'ils n'entre* prendront rien auxdits pays sur cette occasion , soit d'eux-mêmes ou au nom dudit Empereur, par voie de fait ni autrement, qui oifense lesdits princes et m'intéresse en la défense de leur cause -, néanmoins je désire en être éclairci. Partant je veux que vous , sieur Jeannin , en parliez au président Richardpt bien clairement : faités-le comme de vous-même , ou en mon nom 9 ainsi que vous jugerez pour le mieux ; car comme je ne veux m'avantager en cas semblable injustement , au préjudice de personne , j'estime être obligé aussi , étant ce que je suis , de ne souffrir que autres s'émancipent de ce faire , et même à mes yeux et aux portes de mon royaume , contre mes alliée et amis ^ de façon que s'il avenoit que lesdits archiducs , ou les forces qui sont de présent en leur pays , entreprissent quelque chose audit pays , j'aurois juste sujet, non-seuléàient de regretter la trêve que je leur ai procurée , et la peine que j'y ai employée , mais de m'y opposer ouvertement.. Je ne puis croire pareillement que les Etats des Provinces-Unies voulussent souffrir une telle usurpation pour l'intérêt qu'ils y auroient , tellement que je prévois que ce dessein seroit suffisant de soi-même pour renverser du tout ladite trêve , et rallumer le feu de la guerre avec plus d'ardeur que jamais; auquel cas je vous dé-
33o TIÊ60CUTI0N5
ctere que je voudfois être de la partie, et m'y pltynger des plus avant.
Parlez-en à mon cousin le prince Matirite , et an éieur de larneveldt. Otftre Tifitërêt généfa! desdits Etats , ledit prince y a le éien particnlier bien avant, de manière ^[pe je serois bien d'avis , si (edit^chidnc s'ittgëroit de prendre les places desdits pays , que Jé6 iÊtats avec ledit pi'incererapêchassentavecleuiis forces, sans marcbând^ , devant qu'il s'en rende maître , satt^ ^'arrêter ani àccidens qui naîtroient de ce débat, tatit au&it de leur trêve que pour les autres conséquences qui seroîent attribuées aux premiers entrepreneurs*, car £q)rès oft pourroit donner ordre à loisir à toutes <^ses. Or je désire savoir au vrai , eif cas que nous en venions là , quelles fbrces les Etats et ledit prince pefuvent y employer , et tt qu'il leur senibie que je doive foire pour les y assister, pourmieu:^ fonder sur cela ma résolution ; car saches que ti'om^ttrai rien à hlrt 4e ce qui dépendra de moi , s'il fkut venir auï mains, pour empêcher ladite usurpation , et faire conntdtre à mes alliés , aux yeux de toute la chrétienté , que j'ai désiré et favorisé la tranquillité publique , et le repos de mes voisins , par les moyens dignes d'un prince très -chrétien et équitable. J'ai le vouloir et }e (:6urage aussi de m'opposer par les armes à un injuste dessein ; c'est ce que vous direz audit prince et audit sieur de Bameveldt , et m^avertirez diligem- Ment des délibérations des uns et des autres $ur ce fait , voire aviserez de retarder la conclusion de ladite trèvè , si vous jugez qu'il sdit nécessaire et le paissiez faire , pour tenir par ce moyen lesdits archiducs en bride , et mieux obvier à ladite usurpation. Je prie
DU PAi:SID£»T ÏËlNJNlN. 33 1
Diaiy messieurs ïeanma et de Russy , qu'il vcnxs ait ^ sa sainte garde«
Ëerit i Sabit-^Germain-en-Laye , le trovsiëme jour d'avril i6og. Hcnat.
Et plus bas , BRtILART.
LettPê de M, de WiOer^if à M, Jeannm , dudit jour
troisùme mril 1609.
Moiwifiim , BOQS sûmes hier la mort âb duc de (3èv«s , wtr laquelle le Roi a voulu vous dépêcher ce courrier avec les eomliiattdemens que vous verrez en k iettre qu'3 adresse à vous et à M. de Russyj mais il entend que vous seul parliez de ce fait à M. Rîchardot. Nous estimons que M. l'archiduc prendra si bon conseil qu'il ne s'engagera en cette occasion en chose qui donne sujet de retarder ou renverser le traité de la trêve : s'il faisoit autrement , il ofienseroit le Roi et ses voisÎBS 9 et vous assure que je vois le Roi disposé à &e l'endurer pas. Il semble aussi à Sa Majesté que les Etats le doivent aussi peu permettre et endurer (pi'elle pour l'intérêt qu^ils y ont. Yous verrez donc ee qu'elle vous écritsur ce sujet, et vous assure qu'elle a ceci fort à cœur ; car il lui semble qu'il y va de sa véputatioa comme du bien de son royaume , et vous nous ferez plaisir de nous renvoyer promptement ce porteur^ car , après votre réponse et l'éclaircissement ^ue nous en attendons , nous prendrons notre finale ïésolulieu sur ce &it. Au reste , ayant vu par la lettre de notre marchand d'Amsterdam , que vous m'avez envoyée avec la vôtre du vingt-quatrième du mois passé reçue le dernier , qu'il désire un pouvoir du
332 I^ÉGOCUXiONS
Roi: pour le capitaine qu'il a commis pour commander au vaisseau qu'il faut envoyer pour découvrir le passage du. nord, nous vous renvoyons par ce porteur avec une lettre de Sa Majesté adressante audit marchand , que vous ferez , s'il vous plait , suscrire , Sadite Majesté désirant que ledit vaisseau parte à temps pour pouvoir plus facilement exécuter son dessein ; qui sera tout ce que je vous écrirai par la présente , avec la bonne santé de leurs Majesté et de toute leur famille, que je vins trouver hier en ce lieu sur le sujet de la mort dudit duc de Clèves. Je prie Dieu, monsieur , qu'il vous conserve en bonne santé.
De Saint-Germain-en-Laye , ce troisième jour d'avril 1609.
Votre , etc. de Nêufville.
Lettre de M. Jeannin à M. de F'iUerqy; , dudit jour
troisième avril 1609.
Monsieur, nous travaillons tous lés jours pour achever notre besogne , qui est bien près de sa conclusion , car 9 outre les articles ci-devant accordés , celui des limites l'a été en la façon que je vous ai ci- devant mandé, à savoir, que lés bourgs, villages et hameaux , et leurs territoires , doivent suivre les villes , terres et seigneuries dont ils dépendent : ce que les archiducs ont consenti avec très-grande difficulté à notre prière , et sur ce que nous leur avons remontré qu'ils entreroient dès le lendemain de la trêve en des aigreurs et contentions , si Xîe règlement n'étoit fait dès à présent ; et nëantnoins après l'avoir obtenu d'eux, les députés des Etats , qui ne l'ôsoient presque espérer auparavant , voyant leur facilité , ont
désiré quelque chose de plus , et y a eu de la peine à les en faire contenter. Tant de gens sont aussi venus crier pour les confiscations , même du côté des Etats, qu'on a été contraint d'y toucher dès à présent : en quoi il n'y a eu que deux principales difficultés , Tune Sûr ce que les Etats ont requis la révocation des confiscations sans réserve, et en sorte que chacun puisse disposer de son bien pendant la Irève ainsi que bon lui semblera , et les archiducs insisté que la main-levée des biens confisqués ne fut faite que pour en jouir durant la trêve , sans pouvoir Vendre ni autrement disposer desdits biens, si ce n'étoit avec congé et permission ; et sur cette dispute les députés des archiducs ont envoyé vers eux , et ceux des Etats vers rassemblée générale qui est à Berg-op-Zoom, dont ils doivent avoir réponse les uns et les autres demain. Mais de quelque façon qu'elle soit , la résolution du traité n'en sera retardée, car si les archiducs ne se veulent laisser vaincre en cet article , les Etats céderont.
L'autre difficulté a été pour les biens de M. le prince d'Espinoy , dont madame la comtesse de Ligne jouit en vertu de la transaction faite avec elle par l'intervention du Roi. Or elle est ici , et fait de si grandes exclamations, et témoigne tant de violence en sa poursuite , appuyée de la faveur des députés des archiducs qui, s'y roidissent plus qu'en aucun autre article du traité , que si je ne m'y fusse opposé avec grande véhémence il ^'y avoit aucun moyen d'en rien espérer. Enfin , après avoir disputé deux jours entiers , matin et après dioée , sur cet article, qui a été débattu vigoureusement par les Etats et par les députés d'Angle-
334 KEGOGIITIONS
terre , aassi bien qne par nous , nous avons propesé un expédient dont je vous envoie copie et à M. de Sully, qu'ils n'ont encore accordé , mais envoyé aux archiducs , lequel j'estime être avantageux poac ledit sieûr prince d^Espînoy si nous le pouvons obtenir, car les biens du comte de Ligne en Hollande consistent en très-belles seigneuries , lesquelles sont en valeur de vingt-quatre mille livres de revenu chacun an au moins. J'espère aussi qu'en conférant derechef par arbitres on pourra &ire quelque nouvel accord, et seraïuéicessaire ausà. , au cas que les confiscations ne soient révoquées , sinon diirant la trêve ^ crainte que si eUe venoit à être rompue par ci-*après ladite dame comtesse ne voulût prétendre, ledit sieur prince d'Es* piûoy s'étant aidé de ce traité , que la transaction est nulle , et par conséqnent qn^elle doit jouir de tout le bien» Je ferai tout ce que je pourrai à l'avantage dudit sieur prince d'Espinoy ; mais il n'y a rien qui puisse être cause de rompre k trêve y ni d'en faire d^érer la conclusion. On a fait aussi une demande en faveur de M. le prince Maurice et de ses frères, pour avoir récompense du comté d'Alost et de plusieurs bénéfices donnés à feu M. le prince d'Orange par feu M. le duc d'Anjou, lorsque les Etats de Brabant et de Flandre étoient en union avec ceux de Hollande , étant ladite demande fondée sur ce que lesdits Etats de Brabant et de Flandre avoient reconnu devoir leur cote de plusieurs grandes dépenses &ites par lefeu sîeur prince d'Orange pour la cause commune*
Ov , encore que cette demande ne nous^ ait semblé juste, si en avods-nqu9 parlé , le^ député» cF Angleterre et nous , a«n dépotés des archiducs ayee grande
DU PRESIDENT JEAHNIN. 335*
a^ect^QA» pour les exdter à donner quelque contentement wxdils sdfnenrs, dont, après plusieurs refoe, ih ont offisjrt jusqu'à deux cent mille Uvres. Nous les press^na pour passer jusqu'à trois cent mille , et les dépatiés des Etats j qui ont près d*eux les solliciteurs dudit sieur prince IMbtume , ^i demandent le double, nou pour rompee le traite qu'ils dësirenl^ tous , mais ils se promettent d'obtenir des archiducs, qui œonivent maintenant trop leur ardeur à désirer la trêve, tout ee qu'ils, voudront ; en sorte que nous avons a^ez à £ûre à tempérer leur dialeur , vous pouvant assurer qu'ils y procèdent de £aiçoa cpie la fin de cette trèy e ne sera pas cause de mettre un commencement 4'anûtié entre eux h s'il» ne changent bien fort par ci-après, dont je ne suis pas âohé , désireux néanmsim que ce que > nous ferons soit stable, et que lesarebiâncs. n'aient aucun juste sujet de se plaindre que nous les ayons aidés à les écorcher pouv &vori^ séries Stats en chose du tout injuste. J'eusse diiS&té de vous écrire jusqu'après la conclusion, qui sera. faite , Dieu aidant, dans trois ou quatre jours , pour ^ous l'envoyer par M. de Préaux ^ mais ce porteur s'en retournant en France, je lui ai donné cette lettre afin que le Rxû ne fût en peine si nous relardiona plus bng«temps à Vexk avertir. iTs^outerai encore à la présente la nouvello de la mort du duc de Clèves , tenue pquï véritable : c'est un accident d'importance peut* les mouvemens qui en peuv^it arriver à cause des prétentions de div^ers princes. L'Empereur a ton-» joues maintenu que les Etats de ce prince sont mas-* culins, par ainsi que c'étoit à lui d'en investir qui bon lui sembleroit , le cas échéant durant son em-*
336 NÉGOCIilTIOVS
pire , et que le roi d'Espagne , pour être lesdits Etats proche des Pays-Bas , s'était aussi promis dès longtemps d'en obtenir l'investiture de lui , moyennant une grande somme d'argent ^ mais l'Empereur est à présent tellement déchu de créance et d'autorité en Allemagne, et en si mauvaise intelligence avec ses frères , et , comme aucuns estiment , avec le roi d'Espagne même , qu'il est vraisemblable ceUe craint^ ne devoir empêcher les autres princes protestans qui y prétendent de poursuivre leurs droits par les armes , s'il en est besoin. Je ne sais si les archiducs , qui apportent à présent plus de facilité à ce traité , et montrent d'en craindre davantage la rupture, n'y sont point induits à cette occasion. Pour les Etats , je n'ai aucunement reconnu que leurs députés qui sont ici aient moins d'affection à la trêve que de coutume, quoiqu'ils pointillent toujours. Bien est-il certain que si le roi d^Espagne et les archiducs se remuent pour empiéter ce pays -là, qu'ils le souffriront mal volontiers ^ et, à la vérité (0, » ils y ont grand intérêt, comme a aussi Sa Majesté. Ce que j'ai appris de la disposition et inclination des Etats des pays de Clèves , Juliers et autres , lesquels y sobt joints , est qu'ils prétendent de se conserver par leurs propres forces et moyens , sans recevoir aucun seigneur, jusqu'à ce qu'il soit connu en justice à qui en appartient le droit ; mais leur pays n'est pas for* tifié pour résister à un puissant ennemi s'il se présente. Les protestans qui y prétendent , à savoir les électeurs Palatin et de Brandebourg et les ducs de
(i) Le passage renferme' entre dcax gaUlemets ne se troQVe daos àUcunc des precédenies éditions.
PU PRESIDENT J&ANNIN. 337
Neubourg , seront bien sages s'ils s'unissent tous ensemble contre la maison d'Autriche , sauf à s'accorder après de leurs droits à l'amiable. Si j'apprends quelque chose de plus , j'en donnerai avis à Sa Majesté y qui, je m'assure^ en sera mieux avertie d'ailleurs. Je prie Dieu , monsieur > qu'il vous donne en parfaite santé très-longue et heureuse vie.
D'Anvers , ce troisième avril 1609.
Votre ,. etCé P. Jeanniv.
Lettre dudit sieur Jecumin à M, le duc de Sully , dudit
jour troisième avril 1609.
MoiïSXEUR, encore que nous soyons comme d'accord de tous les articles de la trêve , même de celui des limites , suivant l'ouverture qui en a été faite de notre part, auquel toutefois nous trouvions beaucoup de dijQBculté , ceux dont les biens ont été confisqués se , sont rencontrés en grand nombre sur la conclusion , et ont fait instance des deux côtés pour rentrer dans leurs biens ^ en quoi il y a eu deux grandes difficultés dont nous ne sommes pas encore dehors. La première , parce que les Etats demandent la révocation des confiscations , et qu'il soit libre à chacun de disposer de sou bien durant la trêve, ainsi que bon lui semblera. Les archiducs ne le. veulent consentir que pour en jouir durant la trêve , sans en pouvoir disposer , si ce n'est avec congé et permission des chefs d'une, part et d'autre. Je désire le premier avec les Etats, et néanmoins si on ne peut vaincre les archiducs on se contentera du dernier. L'autre difficulté , qui a été traitée avec plus de véhémence et contention qu'aucun autre T. i5. 22
338 TfÉGOClATlOWS
article » e&t que tnfddamte la <^AMfedâe de ligne vent rentrer au bien de s<m mari qtii e^iassîs en HoHande, leqtrel consiste en fort belles seigneuries, et de revenu ckflctin ah dfe vingt-quatre à vîngt^inq miHe Hvres, sans vendre ce qu'elle retient enicorcàsesTieveux, se fondant stir là -transaction faite avec Tin teryention du Roi : à quoi je refonds qu'elle a été faite avec des mineurs privés de tout leur bien , nécessheux et sans moyen de vivre, et outre ce comme par force, attendu que le souverain sous lequel les biens sont assis favo'risoit sa partie , et n'en potfvoient les mineurs espérer justice , ayant essayé de faire traiter de leur droit par l'autorité du Roi, et comme une dépendance du traité général de Vervins , mais en vain , caries archiducs et la Comtesse de Ligne l'ont toujours empêché et soutenu la confiscation avoir été faite, non à cause de la guerre de la France etde l'Espagne, mais pource que le défunt prince d'Espinoyavoit suivi opiniâtrement le parti des Hollandais ; et , par efiet , la transaction le contient ainsi , qui est un grand avantage pour M. le prince d'Espinoy, duquel je m'aperçus bien lorsqu'elle le fit insérer en la transaction , et "jugeai que cela lui pourroit servir à l'avenir, au as que les^archîdtfcsfusseht contraints de'faire avec ceux de Holîâiide ce qrfils font à présent , étant bien vrai que , si elle eût &it mettre dans la transaction qu'elle étoit faite eûtfe le^Roî etiesarchiducs comme une dépendance du traité de Vervins , les erilans de feu 'M.1e prinbé d'EspinoyfusseiMt demeurés perpétuelletïiènt exclus Ue la demande qu'ils font à présent.
Ladite 'dame allègue entre ses raisons qu'elle a payé plus de trois cent mille livres de dettes , qu'elle
DU PRÉSIDENT JEANNIV. 339
a des djtoits çpmip^e hëritière de «a tn^ère , du marc^uis de Rob^s son frère et de sa sœur , et qu'on lui doit reQd,r6 les fruits qui p^t été perçus par ^edit sieur prince dXsp^uoy en vertu de ]a t^ansi^^cLion. Je lui répondis qu^aprës avoir rendu le bien il lui segroit loisible de poursuivre ses actions par Rêvant jies juges ordinaires qui dépendent des archiducs^ lesquels vraisemblablemeirt la fayor is^roient plutôt que ses ne« veux. Elle ajoute encore qijié &es neveux ne peuvent alléguer lésion co,i^1ire cette transaction , aj^ant égard au te^nps qu'elle fut faite , auquel elle pouvoit retenir tput^ n'y ^yant p0ur lors aucune espérance de paix ni de trêve entre les archiducs et les provinces-U^ies ^ ainsi que l'incertitude de cet .événement doit rendre valable ce ,qpi .a,utrememt ne Feut été. Et outre ces raisçns, tP\is ses propos sput pleins (le violence, et ne respjurent que la ruine de ce qui lui e^t si proche , étaitf d'ailleurs tellement fkyprisée de M. le président Richar4ot et des a^^^res députés des archiducs , qu'ils QUttonjpurs rejeté taos raisons, quoique ,cet,te ,pp,ursuite ait été faite del^ part des Etats, et.appi^ée de l'autorité du Roi et des députés d'Angleterre ,;et que j'^ie même protesté, en quatre confériçaçejs fa^es sur ce sujet , que nous n'en,ten4ions passer plujs outre au traité général de la part de Sa ]\IaJesté , si pn^nefaisoit raison §Yir cet sirticle , çompe ont fjai^t aussi .le^ 4éputé3,d'ApjlPterre et dç3 Et^b : et i^éaumpin^ tpi^t cela n'a encore pu vaincre le^,dép^tés,des aiiç^i^ucs, tant cette^epame est fayorisée par pvix ,Je3qu^,yjBUlent.tpi^îoï^rs avpir le j[)ien de son ipajçi.qpi ej^t^efi HQJl^Ql^e, et celui du. prince d'Espincjy dopt elle jouit. Epfiu j'ai cherché l'expédient , dont je yqus
34o NEGOCIATIONS
envoie copie , que j*ai Ëiit proposer par les députés d'Angleterre, montrant les Etats et nous de ne Tapprouver, sur lequel M. le président Richardot n'a fait autre réponse , sinon qu'ils renverront aux archiducs ; et , par efiei , M. Verréikea part ce matin pour y aller , et la comtesse de Ligne y va aussi , cpi avec faveur , crieries , et toutes sortes d'artifices , fera ce qu*ellè pourra pour Tempécher , et moi ici pour faire qu'il soit reçuj
Je ne sais encore ce qui aviendrà, bien sùis-je délibéré y si on ne peut mieuit , de faii*e retenir le bien qui est en Hollande par les Etats , lesquels déclareront ne le rendre jamais que la comtesse de Ligne n'ait délaissé tout ce qu'elle tient de ses neveux. Or elle est si ennemie de leur profit , qu'elle montre de ne se pas soucier de perdre la jouissance dé ce bien , pourvu que ses neveux n'en tirent aucun profit, et j'espère pourvoir obtenir en ce cas que . les Etats donneront chacun an , par forme de pension , quelque somme notable approchant du revenu dudit bien pendant le temps de la trêve i je dis par forme de pension , d'autant que si les Etats donnoient la jouissance de ce bien , je craindrois qu'elle ne voulût prétendre la transaction être rompue , et par ce moyen qu'elle doit jouir de tout ce qu'elle a délaissé à ses neveux. Cette afiaire est pleine de difficultés, même si la tnainlevéë n'est faite des confiscations , sinon poitr le temps de la trêve , et sans pouvoir disposer ; c'est pourquoi si l'expédient qui a été proposé , dont je vous envoie copie , est suivi , il donnera moyen de faire un second accord. Je lui ai proposé le mariage de sa seconde fille avec son neveu ; elle l'approuve bien , mais sans
DU PRIÏSIOKHT JEANNIH. 34l
rendre ce qu'elle tient , et donn;uit seulement mar riage selon ses facultés, qui est peu en effet. H ne faut rien attendre d'elle qup par force; c'est pourquoi je m'opiniâtre de faire comprendre ce qui touche audit sieur prince d'Espinoy dans le traitai général. Croyez , s'il vpps plaît X monsieur , que [e n'omettrai rien pour vous y rendre trèsThumble service , et empêcher la rage et violence de cette femme qui ne tient juste que ce qui lui est profitable. Elle a envoyé vers le Roi , se promettant que Sa Majesté me commandera de me désister de cette poursuite , ce que je ne crois pas ; bien ai-je estimé vous en devoir donner avis afin que vous y preniez garde. Je suis , monsieur ,
Votre, etc. P. Jeam^in.
D'Anvers, ce troisième avril 1609.
Lettre de M, de ^T^iUeroy à M, Jetayùn, du sixième
avril 1609.
Monsieur , nous you^ convoyons donc Picault en diligence suivant votrç désir, et nous vous dirona que M. de Sully et inoi avons fait voir au Roi l'article. qui concerne M. le prince d'Espinoy que vpus nous avez envoyé ^ et que Sa Majesté n'a pas opinion qu'étant passé en cette forme il doive être utile et avantageux audit prince ; au contraire il juge qu'il ne servira que d'nne défaite pour facilite^ et laisser passer et conclure la trêve , sans pourvoir au fait dudit prince, et après se moquer à loisir de Sa Majesté et de lui , çn les entretenant de l'arbitrage qui aura été convenu , duquel après l'on ne tombera jamais d'accord, et prinçipaleipent d'un superarbitre : c'est |>ourquoi nouii
jugeons qu'il seroit besoin nommer dès ^ présent ledit supèrârbître , car ït faut Étire ëlât.qùe les arbitres qui seront commis par Sa Majesté et lés archiducs seront {oùjours apointés contraires , et ne sVccordéront jamais y îii pour la décision dû jait au principal , ni dû choix dudit sùpènirbitre : et si îà comtesse de Ligne n'aura jamais faute déraisons oii prétextés pour justifie]: sa conduite et fuite éh cela, et soutenir que les défauts et difficultés iië procéderont d'elle, ni des arbitres nommés par lesdits archiducs , auquel cas I^ypothèque ou dépôt es mains de messieurs lès États des fruits de là maisoii dé "Wasséhârd sera inutile. C'est pourquoi le Roi désire que vous trouviez quelque autre expédient qui assure mieux les affaires dudit prince , les i>iéns duquel n'ont été cohtisiqués que pour avoir son père servi les Etats ou favorisé leurs armes , et s'être depuis i'etiré eti ce royaume sous la protection de Sa Majesté et de ses prédécesseurs, ce qui oblige Sadite Majesté comme lesdits Ëtatis de ne ràbandonnér en cette occasion: étant certain , s'ils la laisseht perdre , c'est-à-dire si ladite trêve est une fois faite , conclue et sigtiéë sàhs qu'il sôit pourvu à ses affairés, qu'il ne faut pas espérer eti avoir bonne issue par l'etpédient qui a été proposé. En quoi Sa Majesté recôniioît aller grandethént de sa réjputation et de soii serVicë , pour avoir entrepris ouvertement la jûstie cause diidit prince et de kà maison, et aussi qu'elle sait c^ue Ton lui eist pàï* delà si rude en faveur de ladite comtesse de Ligne, exprés parce qu'il a déclaré , sur la recherche que l'on lui à faite de s€ retirer en Flandre , et au service desdits ârchîducs , qu'il veut demeurer sujet et serviteur de Sadite
DU PR£&1D£JST JEAXiNlN. 34^
Maiestë , puisqu'il a pris «a nournl^urQ m Frwçe » ^ qu'elle lui a d^à £ût Thonoeui; et &vear d-avoijr e^r trepris sa protection. Pour ces. eonsidéxatioiis, lapa-* sieur, Sadite Maj,e3té. désire quQ vous faussiez taat , que la condition dudit priucesoit avec cette occasion mieux assurée ({u'eUe ne peut être par le susdit arbitrage > ne pouvant croire , si vous Topiniâtrei, que les archiducs ni le roi d'Espagne laissent à faire la trêve pour contenter ladite comtesse exk une cause inique , puisquelle veut profiter d'un bien qni ne lui appartient point » contre son neveu qui n'a jamais méfait contre elle , ni lesdits ardiiducs et ledit roi d'Espagne , étant recommandé et protégé de Sa Ma* jcsté.
Du moins , si vous ne pouvez obtenir mieux , est^il nécessaire et raisonnable de convenir dès à présent dudit 3nperarbitre et le nommer, ou bien arrêter, en cas que lesdits arbitres de Sa Majesté et des archidi^cs ne pussent s'en accorder étant ensemble dans un terme limité , ou que le Roi )e nommera f ou que le * prince entrera lors en la jouissance entière et réelle de ladite maison deWassenard et du revenu d'icelle , sans être sujet k aucune restitution , ni qu'à l'occasion et sous prétexte de ce , ou antre quelconque , les biens qu'il d sous la dominatipn desdits archiducs puissent être saisis jusqu'à ce que ledit différend soit jugé ; car s'il faut que les fruits de ladite maison dQ-«> meurent en dépôt es mains desdits sieurs les Et^ts , pour ne les rendre audit sieur d'Espinoy qu'en cas •que ladite comtesse fasse refus d'obéir au jugement desdits arbitres , ou bien qu'il soit vérifié que ledit différend n'aura pu être jugé par iceux par la faute
344 VBGOCIATION«
des arbitres desdits archiducs , ou de ladite comtesse « comme on ne vérifiera jamais assez suffisamment ladite faute , aussi ledit prince d'Espinoy demeurera toujours spolie de ses biens , et jamais ledit différend ne sera jugé , car ladite comtesse reculera toujours : et si lesdits Etats, reconnoissant ladite fuite , consens tent ^ue ledit prince entre en ladite jouissance , ce qu'ils feront difficilement si ledit article passe ainsi qu^il a élé projeté, car ils ne voudront offenser personne , ni contrevenir à la parole qu'ils auront donnée, en ce cas lesdits archiducs s'en revancheront sur les biens dudit prince assis en ce pays , qui empirera encore sa condition. Voilà ce qui m'a été commandé vous écrire sur ce sujet, que Sa Majesté dér sire que vous embrassiez avec chaleur et affection , comme chose à laquelle eUe a intérêt , et lui est outre cela très-recommandée pour la considération de ceux auxquels cette maison touche. Or quand nous avons discouru du superarbitre , nous n'en avons pas trouvé de plus jft'opre que M. le duc de Lorraine ^ car k Pape est trop éloigné , et puis les jugemens de Rome sont longs et incertains même, à cause des mutations des papes , et des formes et style de cette cour^là.
Toute la maison d'Autriche nous séroit aussi suspecte , comme seroient à elle les princes protestans , et nous ne pourrions bonnement nous confier au roi d'Angleterre. Nous vous écrivons toutes ces choses afin que vous soyez informé de nos conceptions pour en mieux servir le Roi , et , s'il est possible , faire cadrer et résoudre cette affaire au point qu'il désire, qui est de la mieux assurer devant que ladite trêve soit . arrêtée et signée , pour ne courre après les autres.
pu PRÉSIDENT JBÀNNIN. 34 5.
quand elle sera faite. Au reste, vous aurez connu par notre dernière , que nous vous avons envoyée par le courrier de ville , que nous avons pris l'alarme plus chaude du fait de Clè ves que vous n'avez fait par delà, ainsi que nous avons vu par la vôtre apportée par ce courrier , prévoyant que le différend de cette succession engendrera tôt ou tard un tonnerre en nos frontières, et peut-être au reste de la chrétienté, qui sera de conséquence; car nous voyons bien que la maison d'Autriche voudra s'en prévaloir sous les prétextes portés par votredite lettre ; et néanmoins vous verrez , par la pièce dont je vous envoie copie , que les empereurs Charles V et Maximilien dernier ont pourvu à telle difficulté pour eux et leurs successeurs à l'Empire 5 à quoi , si l'Empereur refuse maintenant d'avoir égard , ce sera un juste sujet de se plaindre d'injustice , et d'avoir recours à la force ; et Sa Majesté dit qu'elle sera lors obligée de défendre la cause de ses alliés contre la voie de fait. L'on nous a dit que ceux du pays font état de le conserver sahs se servir d'étrangers , ni admettre aucuns des priétendans , ni recevoir la loi de personne , jusques à ce que lesdits différends soient entièrement décidés ou accordés.
Ce moyen-là ne peut être que trouvé bon du Roj et des autres, pourvu qu il soit suivi et observé sincèrement et de bonne foi ; mais l'on nous a dit que les officiers principaux desdils pays dépendent entièrement de l'Empereur et des Espagnols , et même qu'ik sont la plupart pensionnaires entretenus de longue main des uns et des autres , et partant que la cOnte^ ^ance qu'ils font de présent de vouloir coQservér cette
346 KEGOCUTlOiSS
neutralité , est ea mieation de servir avec le tenps lesdits Espagnols et les» archiidiies *, à q«M>i îl faut que nous prenions garde ^ et sur cela» aviser s'il ne seroit point k propos de convenir et accorder par le traité de la trêve que vous faites , qu'il ne sera rien attenté ni entrepris par voie de fait par lesdits archiducs et lesdits Etats auxdi'ts' pays , ni par leurs forces et gens de guerre au préjudice de ladite neutralité et de Tordre établi par ceux desdits pays pour la conservatioa d'iceuX) en attendant la décision desdits différends. Pensez -y s'il vous plaît, car je prévois, s'il n'est pourvu et remédié à ce point, qu'il en naîtra du malentendu qui nous privera bientôt du fruit de tous nos travauif; car je vous dis derechef que Sa Majesté n'endurera point que lesdits pays soient à ses yeux envahis par gens auxquels ils n'appartiennent point , et que ses alliés qui y prétendent justement en soient jspoliés. Toutefois , nous attendrons de vos nouvelles sur cela devant que de nous y engager plus avant. Priant Dieu , monsieur , qu'il vous donne en bonne santé heureuse et longue vie.
De Paris , ce sixième jour d'avril 1609.
Votre , etc. p» Neufville.
Autre lente audit sieur de F'ilterqy audit sieur Jeanmn, du même jour sixième avril 1609.
Mqnsikur , k lettre que je vous écris par le commandement du Roi est un peu exj»*esse pour le fait de M. le prince d'Ëspinoy ^ elle a été commandée en la présence de M. de Sully qui l'a fort à cœur , s'estimant obligé à faire protéger par le Roi ledit prince,
DU PRÉSIDENT JEANNIK. 34?
parce qu'il dit qu'il Ta* empêché et diverti d^entemlre aui recherches qtre Ton a faites vers liii popr le faire retourner en Flandre , et lui faire quitter la France et le service du Roi. Depuis mondit sieur de Sully a dressé et m'a envoyé montrer une fonme d'article qu'il vous envoie par ce porteur; elle est quasi conforme à ce que je vous écris. En tout cas , si vous le pouvez faire résoudre suivant son désir et son projet ce éera lé nieilleur , car le Roi sera bien aise qu'il en soit content , et de procurer du bien et avantage audit prince ; et si les archiducs ont envie de vider ce différend par arbitres 5 etuon tirer les choses à la longue et se moquer du Roi et de sa recommandation , ils ne ifefilsèront ledit article. Eti tout cas nous disons que A vous tene2 ferme et empêchez la conclusion de la trêve que ledit article ne soit passé et accordé^ qu'ils lecôtlsentiroht^ car ils ne voudront pasr pour contenter là comtesse de Ligne rompre ladite trêve , puisque notre demande €St juste. Quant aux affaires de Clèves , tious les avons aussi fort à cœur , et appréhendons ce qui en peut succéder. J'ai appris du sieiik* Aërsens fils que ces messieurs ne s'eii escarmouther'oiit guère , et qu'ils approuveront que ceux du pays le côiiserveut et gardent pour le prince auquel il sera jugé qu'il appartiendra ; nkais qui sera le juge , et quand prônôncéra*t-il son jugement ? J ai opinion qu'il faudra nécessairement que ce différend se vide par lès armés tôt ou tard , auquel cas nous désiroiAfâ dé sàtoir quel personnage joueront les Etats de* PrôVinces-Unies , et , s'il faut que notre maître s'en mêlé, quel état il pourra faire d^eux et de leurs gens de guerre et forces pour soutenir le droit de se&
348 MKGOGUTIOKS
alliés , et non pour se prévaloir d'aucune invasion. Voilà ce que j'ajouterai à mon autre Içttre, en priant pieu , monsieur , qu'il vous conserve çn hpnne santé.
De Paris, ce 6 avril 1609.
Votre , çtc. de Neufville.
Lettre de M, le duc de Sulljr audit sieur JeoJïnin , dudit,
jour sixième avril \&o^.
MoiïsiEUR , je vous ai beaucoup.d'obligation des ter moignages d'affection que voujs avez rçndus enceqai touche les affaires de M, le prince d'Espinpy, lequel je répute comme mon propre fils *|.m^s ainsi que la vertu est inutile si elle n'est réduite en action , aussi est la bonne volonté si elle ne produit aucun effet. Je vous prie donc n'abandonner pas cette affaire lorsque l'on est près de lui donner sa perfection ; car de, la terminer par l'expédient proposé , c'est justement la mettre au rang des choses dont les difficultés sont infinies , et je ne crois pas celle qui se présente de cette nature, ni qu'ayant surmonté tant d'autres empéchemens de plus grande, conséquence l'on veuille pçur une chose quasi de néant interrompre un traité qui mporte tant à la chrétienté ; car tout ce qui fait contre nous est seulement l'opiniâtreté de la princesse de Ligne. Or s'il ne tenoit qu'à faire les fous et enragés que l'on ne possédât le3 biens d'autrui » vous verriez bientôt tout le monde courir les rues. J'ai lu, et considéré toutes les clauses de l'écrit que vous m'avez envoyé , et pai' icelles reconnu qu'il ne s'en exécutera jamais rien ; car cela se réduit à des nominations d'arbitres , et à des prononciations de leurs sentences qui ne sis verront jamais en lumière , tellement que si vous n'ob-
nu PRÉSIDENT JEANNIN. 34c)
tenez présentement quelque chose, je n'en espère plus rien , si ce n'étoit que Técrit fût du tout reformé comme je vous Tenvoie. J'en ai parlé au Roi qui a commandé à M. de Villeroy de vous en écrire ; c'est pourquoi je ne vous en dirai point davantage , sinon pour vous prier de ne laisser pas imparfaite l'obligation que je ressens vous avoir , et dont tous ceux à qui j'appartiens vous rendront à jamais service. Que la princesse de Ligne fasse ce qu'elle pourra , si ne jouira-t-elle jamais en repos des biens qu'elle possède si injustement et indignement; car , même parmi les nations plus barbares , il n'a point encore été pratiqué qu'une sœur ait demandé la confiscation dé çon frère ayant des enfans, et n'est point possible que la justice de Dieu ne lasse servir ces biens pour être la ruine totale de sa maison , et que tous ses cousins ne soient un jour réduits à se couper la gorge sur ce sujet. Quant à moi , j'àimeroîs mieux être tombé sur la pointe de mon épée que d'en avoir usé de même ; je ne dis pas à l'endroit seulement de mes frères , neveux et proches parens, mais aussi du moindre homme du monde. Si messieurs les Etats insistent sur cet article , il n*y a point de doute qu'ils ne l'emportent , ou en tout cas qu'ils ne mettent le prince d'Espinoy en possession de ce que le prince de Ligne a dans les Provinces-Unies. Je remets le surplus à votre prudence , discrétion et affection , et prie le Créateur qu'il vous augmente ses saintes grâces et bénédictions, vous baisant bien humblement les mains.
De Paris , ce sixième avril 1609.
Cest, monsieur , votre , etc.
Màximilian de Bethui^e , duc de SuHy.
35ô «ÉGOCUTIOUS
Lettre de messieurs Jeannin et de Russy au Roi,
du septième avril i6og.
Sire,
Lqs lettres de votre Majesté du troisième de ce mois nous pot été rendues par ce co.urrier le cinquième à sept heures du mati;n. La nouvelle de la mort du duc de Clèves avQit.déjàété,?ipportée en cç lieu par un conseiller,du cci^seil d'Etat de Clèves einvoyé de la part de la duchesse veuve , et puis vers les s^rchiducs pour leur en doaaeravis, et de la résolution :que ledit conseil a prise , Attendant l'assemblée générale des Etats de tous Iqs pays du défunt duc , de n'admettre aucun prince , ni recevoir aucunes forces en leur Etat , fors celles du pays m^me , jusques à ce qu'il fût connu en justice à qui la succession dçvoit appartenir, priant lesdits sieurs archiducs de n'y faire aucune entreprise par force, çt.que ladite duç|ï^s|5e et conseil avoient fait la même prière , et donné le même ^vis à messieurs les Etats-tGénérau;x.qui sontà Bprg-op-Zopm , ayant été ayertis de ttout ce que dessus ayant la.réçeptipn des lettres de votre Majesté, co^Ime aussi de la répoD{Se desdits sieur^ archiducs ^t. Etats, faite séparément et sans communicatiQ^ de Tua à l'autre , lesquels avaiept loué et approuvé la résolution dudit conseil f et promis de n'y rien entreprendre, pourvu qu'il fût ainsi fait.fie la part de tous lespiinces qui y prétendent drpit ; ,et depiuiis lesdites lettres reçues, le sieur Jeannin a vu M- le président Riçhjar^ot , et lui a communiqué particuli^reme^^t sur ce sujet l'intention de votre Majesté , qui est d'aidçr à empêcher de tout
DU PRÉSIDENT JEANNIN. 35l.
Son pouvoir qu'aucune violence ne soit commise au prëjudice des princes à qui le droit de celte succession doit appartenir , qu'elle auroit aussi très-grand dë-^ plaisij que les archiducs , Tamitié desquels elle désire conserver, ou autres de leur maison v s'y voulussent entremettre , et employer les forces qui sont dans les Pays-Bas pour occuper Cet Etat : ce qu'avenant elle seroit contrainte de s'en mêler aussi , à cause de l'an^ cienne amitié qui est entre le royaume de France et àucpns princes qui y prétendent droit ; mais le tout étant délaissé à la justice ou à une conférence amiable^ elle s'emploieroit très-^volontiers pour aider à Jes ac* corder : à quoi ledit sieur président a fait la même réponse qui est contenue ci-dessus , y ajoutant que les archiducs sont éloignés de toute entreprise et dessein , n'eâtimoit non plus que TEmpereur ou autre de sa maison , s'ily a quelque prétention , la voulût poursuivre.par les armes -, et pour témoignage de la volonté des archiducs , que voulant eavoyer visiter la veuve, et parler audit conseil de leur part, pour leur Étire entendre ce qu- ils avoient dit au conseiller envoyé vers eux , iku'auroieht voulu choisir le comte de Bucquoy et Ferdinand -de Lopes , que ledit sieur présidenlRichardot leur avoit nommés par lettres , disant que le premier, pour être trop désireux d'émouvoir guerre nouvelle , li'y seroit propre , ni le second , pource qu'étant issu d'un Espagnol il leur -pourroit être suspect. / •
Ayant aussi su que ce conseiller envoyé auxdits sieurs ariÊhiducsétoit €11' cette' ville , le sieur Jeannin Ta -fait' chercher, et aparîé àlui, duquel il a appris q«^ PElat se vouloilconservôrlibre autant qu'il pourra
35a lïÉGOGUTioiyfl
pour recevoir et reconnoître le prince (}ui aura le plus apparent droit ^ sans néanmoins avoir pu découvrir quelle est Tintention de l'Etat , et ce qu'il sentoit en son particulier du droit des prétendans ^ dont il juge qu'il a été ainsi retenu pour ne vouloir riîen dire contre la maison d'Autriche qu'il favorise ^ ayant appris ici que ledit conseil est divisé , et que la plupart a dès long^ temps pension du roi d'Espagne pour aider à ses desseins quand le cas écherroit ^ Ledit sieur Jeanniu a aussi fait connoître audit conseiller que leur conseil feroit sagement d'envoyer vers votre Majesté ^ pour la supplier d'aider par son autorité à ce que personne n'emploie la force contre eux. Nous avons pareillement conféré en particulier avec le sieur Barneveldt , et reconnu que les Etats sont délibérés de s'opposer à toutes entreprises que la maison d'Autriche y voudroit faire par la force ^ et que c'est en intention de favoriser le droit de l'électeur de Brandebourg, qu'ils tiennent être le plus apparent , pourvu que votre Majesté veuille être de la partie , et entreprendre aussi la défense de sa cause. M. le comte Guillaume qui est ici en fait le même jugement , et nous avons appris que M. le prince Maurice qui est à Berg*op-Zoom désireroit qu'on jetât dès à présent des forces dans ledit pays , pour empêcher que d'autres ne s'en emparent, et lui semble de même que les Etats doivent soutenir le parti de l'électeur de Brandebourg comme le pins juste, et parce qu'il s'est toujours montré leur ami. Il sera malaisé que cette fusée se démêle sans venir aux armes , car c'est un grand Etat. L'Empereur prétend que Juliers est un fief masculin. La ville et citadelle de Juliers sont fortes , et n'y a forteresses audit pays
DU PRÉSIDENT JE/lNNIN. 353
que celle-là seule , laquelle est es mains d'un gentilhomme qu'on tient être pensionnaire de l'Espagnol ; ainsi il est vraisemblable qu'elle sera à leur dévotion. Qui pourroit joindre ensemble tons les princes protestans qui y prétendent , à la charge de'^ider après leurs différends à l'amiable y seroit un sage conseil , et eût encore été meilleur et plus assuré pour eux , s'ils l'eussent fait plus tôt , ainsi que votre Majesté le leur avoit conseillé ; et s'il lui plaisoit encore envoyer vers eux quelque personnage de qualité pour les y induire, son autorité seroit grandement utile pour le leur persuader; car, quoi que le président Richardot ait dit au sieur Jeannin , il n'est pas vraisemblable que ces princes de la maison d'Autriche laissent échapper cette espérance sans faire toutes sortes d'efforts pour en profiter : et néanmoins si les princes protestans se joignent ensemble , du moins les deux , à savoir , les électeurs de Brandebourg et Palatin , eux étant appuyés de Tautorité et des moyens de votre Majesté et des Etats , ils conserveront leur droit malgré qui que ce soit
Quant aux Etats , leur intérêt est si notoire , et le danger qu^ils doivent craindre , si l'archiduc ou quelqu'un de ses frères occupent ledit pays , est si certain, qu'à notre avis ils n'omettront rien pour l'empêcher , à quoi la trêve ne doit préjudicier ; et ne pourront prétendre d'une part ni d'autre qu'elle soit enfreinte et violée, quand les archiducs y entreprendront ou donneront secours à l'Empereur , et que le roi d'Espagne , sans lequel il seroit foible, s'en voudroit mêler, et non plus quand les Etats feront le même pour le secours de leurs amis. Le meilleur eât bien été à la vérité,. T. i5. a3
354 KÉGOGIÀTIOKS
qui eût prévu cet accident, ou s'il fût arrivé plus tét , de
contiauer seulement la surséance d'armes pouv cette
Auuée, et voir quels mouveméns pourront andverà
cette occasion p^r là^^âsus prendre conaeil^ car
encore i^vt/k^Xk^vtàiaiàtB y quelque intérêt quy aient
les Etats y qu'étant en repos il$ ne se teuilleol dlédarer
ouvertement; bien assisteamolrils cette cause sons
xatam sans doute, et peut-on espérer mieut^ nep, en
assurer* Les afiËûres sont à préseat si avancées , et cet
peuples si désireux de jouir du repos que^cette trêve
leur doit donner , qu'il n'j a plus aucun moyen d'en
empêcher la conclusion, attendu que tous les articles
généraux sont accordés , et ne sesteplus que quelqiKS
demandes extraordinaires, pour M. le princu Maurice
et ses frères , qui sont du tout injustes , sur lesquelles
uéanmoins onleur offre encorequelque contentement,
etaveocelefait de M. le pince d'Espinoy , que nous
avons fort opiniâtre , pour lequel on consent aussi
l'expédient que nous avons envoyé par delà , ou bien
qu'il soitL employé en l'article général nonobstant h
transaction.
Ainsi montrer de Vouloir retarder la trêve ne ser» viroit qu'à faire eonnoitre une mauvaise volonté sans en tirer aucun, fruit t c^est pourquoi nous n'estimons pas qu'il y faille penser, si quelque nouvelle occasion ne se présente qui nous en donne le moyen ; Inen nous sembler- t^il que. les Etats devroient retenir tous leurs gensjde guerre , sans en licencier un seul j jusqu'à ce que la ratificaj^Mi d'Espagne soit venue, pour laquelle nous nlavons voulu accorder que trois mois, quelque instance que les députés des archiducs aient faite pourr en> obtenir six , puis cinq , et enfin quatre ; .
DU Pflfiin>£ST JEiNNIN. 355
car ces trois mois de loisir suffiront pour reconnoill^e les desséinfi et înteatioaM 4e FEmpereur et de sa maison à redserche? cette sueeession*^ et s'ils liiodfreillt de vOaloir remuer, ou le fout par tffet , seroîent d^ forces fMrébes pour les em|)loyer anssilit «i ce beâoitt* Mais lesdits sieurs Etats sont si désireux de se dé« charger de dëpeuse , ^ ceui cpiont toujours é%i trop afféctioQfiës à la paix ont tant d-enyie de s^ôter la crainte de rentrer eu nouvelle guerre , qu'ils feront ledit iîcendemeut tôt après le traité ^ si votre Afajeslië n*y mH du siea pour les en empêcher : c'est à eHe d'en juger, et de commander son intention. On a obtenu des demandes extraordinaires de M* le prince Mau« rice ce qu'on a pu , et plus qu'il wlj avoit de justice en )a demande. Et pour M» le priAce d'fispinoy , iledt remis en tous ses biens pour en jouir durant k trêve, tout ainsi que les autres, nonobstant la transaction* Nous estimons que les articles seront signés^après'^demain , et lors M. de Préaux partira pour les lui porter; Cependant nous prions Dieu , Sire , qu'il donne à votre Majesté., et à toute sa royale famille, tout heur el prospérité»
DTAnvers , ce septième jour d^aYril 1609» Vos, etc. P* JsisifiK et db Russt.'
JUettre de M. Jeannin à M. le duc de Sully , dudit jour,
septième avril i6og*
MoNsiBiiR , depuis vous avoir écrit par le eohrrier Picanlt, et envoyié l'expédient mia en avant pivèr Je fait de M> le prince d'E^pinoy 1 nouasomdhc&'ençonre entrés en grande contention sur cet anâele^ et enfin, an tieu de le suivre, l'arlâele a été 'accordé générale*
356 NÉGOGUTioirs
ment de la façon que je vous Fenvoie^ en sorte que, par vertu d'icelui , les héritiers de feu M. le prince d'Espinoy peuvent entrer en la jouissance de tout leur bien de leur autorité privée , et sans en requérir la permission à justice , nonobstant la transaction faite avec madame la comtesse de Ligne. Je demandois bien que le nom desdits sieurs héritiers fût exprimé, mais les députés des archiducs ne Font voulu permettre, disant que c'est Tarchiduc qui a fait faire ladite transaction à la prière et recommandation du Roi, etqu'il lui seroithonteux de défaire nommément ce qu^ila fait, mais non de passer Tarticle avec la généralité. Combien que ce fait particulier y soit assez compris et désigné, ils l'ont ainsi déclaré en l'assemblée , et les députés des Etats nous ont promis , s'il y a quelque difficulté ou remise en cette restitution , qu'ils ne rendront pas le bien appartenant aif prince de Ligne sis en leur pays, mais le délaisseront auxdits sieurs héritiers , qui par ce moyen auront la même sûreté qu'il eussent eue pat le premier expédient, auquel j'avois été contraint de m'accorder pour sortir de ce mauvais passage.
Vous voyez donc, monsieur, qu'ils jouiront de la faveur du traité nonobstant leur transaction , qui est tout ce qu'on a pu demander pour eux. Si les confiscations eussent été révoquées pour toiijours , et nonseulement durant la trêve , il eût été beaucoup meilleur ; mais n'ayant pu être fait pour les autres , ni même pour les héritiers de feu M. le prince d^Orange, qui ont été contraints de se contenter dubénéfice commun, il n^y àvoit moyen ni raison d'en espérer plus. Ladite dame comtesse de Ligne s'attendra, à mon avis , que les confiscations n'étant remises que pour douze ans,
lesdits béritiers feront difficulté de rentrer en leur bien , crainte que , la transaction étant par ce moyeu rompue^ ladite damé soit remise en tout le bien après ht trêve -j mais il est à présumer que les Etats , bien établis et appariés comme ils sont , en obtiendront aisé* ment la continuation à mêmes conditions , et s'il faut rentrer en guerre après que laditetrève sera expirée, ou si elle étoit rompue avant l'expiration d'icelle , ïe bien du prince de Ligne qui est en Hollande servira toujours de représailles jusques à la somme de vingtquatre raille livres chacun an de revenu, et M. le prince d'Espinoy , prenant résolution de servir les Etats „ pourra tirer pension d'eux , qui avec ledit ^lieu égalera cette perte ; mais il ne tombera pas en ce basard s'il ne veut , car il est certain qu'ayant l'avantage que ce traité lui donne , ladite dame comtesse sera bien aise de traiter de nouveau avec lui à conditions dont il tirera dU profit. Elle pourra faire aussi des disputes et difficultés pour les dettes qu'elle dit avoir payées , les droits qix'elle prétend en la succession , et les fruits que ledit sieur prince d'Espinoy a perçus en vertu de la transaction ; mais toutes ces demandes ne doivent empêcher la restitution du bien : ainsi elle sera contrainte de plaider dépouillée de ce qu'elle tient , au* trement les héritiers auront recours au bien de Hollande pour en jouir avec le leur, et par ce moyen seront toujours mieux. Je vous peux assurer , monsieur , que j'affectionne tant ce qui m'est commandé de votre part , que si j'eusse pu feire quelque chose de plus avantageux pour ledit sieur prince d'Espinoy , que je l'eusse fait très-volontiers, et que ce que dessus n'a encore été obtenu qu'avec très-grande peine et dif^-s
358 »iGOCIATlOCN3
cuUfé. NoDç ftigiieMM aprôs-denàin les àrficks âa tr^it^f. 4iQal ^ OQtUfClufiioii a 4lré retard^' dejmisiieui ji(ttir$^ pour la 6eule ^usi» 4e rarëole coneetiUBit ledit neur priaoe ^'Ë^pinoy* Nous faidoiiis rëfiOQaeà'Sa Majesté sur ce qu'il lui a plu mom éôriiM^y ^ttejâ sais vous devoir être coDunuifiopée, qui me £na finir après voiv^avoîf encore aswrë ((ue je serai perpétuel* lem^t y monsieur , votre , ete* P. jEàMKiii.
D'Anvers , cf '7 avril 1609.
Lettre de mestieurê Jeanninet de Russjr au 90Î, du
hmtihne aurii 16^
SiBE ,
' Nous avions priélA. de Préaux 4*aUer trouver M. le prince Maurice à Berg-op-Zoem , tant pou]r lui donner 4^nieutement de ce qui s'est passé en ce lieu pour les affaires de sa maison , que pour lui comouniquer les lettre^ de votre Majesté sur le sujet de ClèveSs d'où il retourna hier ^ soir. Or i)oaslui aviopa d^à écrit ce qiii ejst contenu en notre précédente \ c'est pourquoi i|L0us aJQutoQs maintenwt celle-ci, peur Iiji fiûre en* tendre que ledit prince, apn&s être himipf^fmd de ce qui a été fait pour lui, a jugé qu'ont 1^ ponvoît mieux, et nous prie encore pour quelque^ p^rtioutarités que 9iQus çspérons obtenir des Etats , ppurçe qiie luÎHtnétaie reconnoît bien qu'il n'est raisonn^blf de s'0ft adresser aux archiducs ; et quant au fait de Clives, il dit en être bien instruit , et que le roi d'Espagne y a des par* tisans , comme aussi l'électeur de Brandebourg \ qu il y a peu de villes fortifiées du tout , mai$ il y en a cinq ou six en très-bonne assiette qu'on a commencé à for*
tifierdès longtemps , et que le premier qui sent maître de la û»mfa%^e.y et aura loisii* d'uti mois ou six semaines , ies pourra achever let rendre bonnes ; qu'il y a daoa lesdils pays quatre mille genidlshomraes , tous homnes de guerve ^ la fJupart de la religion y et qui lui sont fort, afiectionnës ^ que les Tilles ont aussi grande créance enlni, et si lesJ&tata lui veulent permettre de l6ur écrire qu'elles ne reçoivent aucune garnison étrangère, et, au cas qu'on les veuille fbreeri qu^ils leur donneront secours , il s'assure qu'elles n'en recevmmt point ; tuais il ne veut écrire lesdites lettres s'il n'est assuré de l'intention des Etats , pource qu'il ne les voudroit pas tromper^ Lui a dit aussi que ceux de Cologne ont surpris une aUbaye près d'eux dépendant de Qèves , qui est forte et en très-bonne assiette , et que celui qui est dans Julierg est pensionnaire du roi d'Espagne; qu'il croit que ledit sieur Roi joint à l'Ëmperçur feront leurs efforts pour empiéter .ledit pay^s, qui néanmoins appartient à l'électeur de Brandebourg , et qu'il craint , encfore que les Etats y aient grand intérêt, qu'il ne soit clifficile de. les faire rentrer en guerre, les voyant 8^ àémeujL de la trêve , et si coûtons de l'espérance qu'ils ottt de l'avoir bientôt , qu'il ne l'ose promettre , qaoii|ae le sjeur Barneveldt ait dit au sieur Jeannin qu'Us le veulent iaire : bien ofire^t-il d'y servir votrç I^ls^të, et de faire tout ce qu'il pourra pour disposer les Etats à se joindre avec l'électeur de Brandebourg contre ceux qui les voudront troubler. Au surplus U estime que le. seul moyen d'empêcher qui que ce çoît d'y entreprendre , est que les Etats demeurent ^mésr Cf>ame ils sont , sansr licencier un seul homme
36o KBGOGIATIOHS
jusqu'à ce que le roi d'Espagne ait ratifie ; car daus U temps qui lui est donné pour ce faire, qui est de trois mois , on verra quelle est son intention y et si c'est d'entreprendre sur lesdits Etats , les forces seront prêtes et portées sur le lieu pour les y opposer ; mais il voit les Etats si désireux de se décharger de dépense , qu'ils feront ce licenciement dès le lendemain de la trêve , s'il ne plaît à votre Majesté leur donner quelques secours pour aider à les entretenir. Ledit sieur de Préaux partira dans deux jours , qui lai fera un plus particulier récit de toutes choses , comme en étant fort bien instruit ^ et cependant nous prierons Dieu , Sire , qu'il maintienne votre Majesté et sa royale famille en tout heur et prospérité.
D'Anvers, ce huitième d'avril i6og.
Vos , etc. P. Jeannin.
Lettre de M, Jeannin à M. de J^illeroy, dudit jour hd^
tihme avril 1609.
Monsieur , les lettres du Roi sont venues trop tard pour différer ou rompre ce traité , car, deux joars. avant que les avoir reçues , les articles gënéraui ëtoient accordés , et ne restoitplus que les demandes de la maison de ^Nassau , dont celles qui sont fondées en quelque raison étoient aussi déjà consenties, comme de remettre les héritiers de M. le prince d'Orange es salines du comté de Bourgogne \ et pour les autres , quoique du tout injustes, en ont donné cent mille écus & notre prière et recommandation , ayant tant pressé les députés des archiducs sur ce sujet , qu'ils se sont plaints d'y avoir été comme forcés et contraints par
DU PRESIDENT JEANMItf. 36l
nous y et que nous nous étions rendus parties en cela , au lieu d'y étr€ médiateurs. Toutefois M. le prince Maurice, qui n'en espëroit rien du tout lorsque nous sommes partis de Berg-op-Zoom , montre à pré-^ sent de n'en être satisfait , ayant écrit à M. le comte Guillaume son cousin qu'il le prioit de ne point signer le traité si on ne fait mieux pour sa maison. Nou& y avons à cette occasion envoyé M. de Préaux , tant de noire part que de n^essieurs d'Angleterre , pour lui faire entendre comme tout s'est passé , lequel à son retour a rapporté assez bonne réponse. Sur ce qu'il a plu au Roi nous écrire , j'eusse volontiers essayé de tirer l'alBaire en longueur sous ce prétexte, et comme feignant de chercher les moyens de le contenter \ mais on ne peut insister sans honte et sans blâme sur ces demandes : puis, je reconnois bien, quand nous le voudrions faire , que nous serions abandonnés des députés des Etats qui sont ici, et de ceux d'Angleterre , qui tous désirent d'achever. Aussi est-il certain que ce traité ne peut empêcher que Sa Majesté et les Etats ne se joignent ensemble pour s^courtr leurs amis , qui prétendent droit en la succession du due deClèves. '
Tout ce qu'il y a à craindre est que les Etats mis en r^pos ne fassent difficulté de rentrer en guerre à cette occasion ; mais ils ont si grand intérêt de s'opposer à tous les princes de la maison d'Autriche qui y voudroient prétendre qu'on doit présumer le contraire *) et le sieur Barneveldt m'a dit et répété que si Sa Majesté veut prendre la défense de l'électeur de Brandebourg, qui semble avoir le plus apparent droit , ils se joindront avec elle pour faire la guerre à qui
36a MËaOCIATI0II3
que ce soit^ Le comte Guillaume à qui j'w aï parle a aufiâ la même opinion d'eux ; et semble qu'ils ne puissent prendre autre conseil , s'ils ne Veulent mettre leur nouvel Etat en përiL Quant aux archiducs , le pr/ésident Richardot dit qu'ils ne feront aucone entreprise : sine laissé -je 4o croire t au casque l'Empereur «t le roi d'Ëspagney prétendent , $oit pour joindre ces pays à ce qu'ils tiennent, ou poux eu investir quelque autre prince de leur maison ^ qu'ils les &TtMrîseront aous main sans se dédai'erQuvertQi&ent) et quele&oi d'Espagne se servira aussi des ^e^s 4e guerre qui sont ^s Pays-Bas , lesquels dépendent de lui* On dit à présent que raicfaiduc Mathias est btea avec l'empereur, et qu'il s'est aussi accordé avec ceux de la religion en Hotigrîe et en Autriche^ maiâ. ils sont foi* ijesisi l&roî d'Espagne n'estdalapartie , et quand ils seront tous ensemble , comme il aviendi^ sans doute, s'ils tentent quelque chose par les armes,. la partie de l'électeur d^e Brandebourg ne lais^N^ra.d'étrepuissauU en Allemagne caéme , car l'électeur Patetîn s'y doit joindre , à ce qu'on dit^ On a la même opinion de Té* lecteur de Saxe et du landgrave de Hesse , encore que ce premier soit fqrt affectionné à l'Empereur » d'auttot que oes deux princes et l'élecieur de Brandebourg ont une loi familière en leurs maisons , pour succéder les uns aux autres en dé&ut de mâles , par un certain ordre établi entre leurs prédécesseurs qui a toujours duré depuis \ par ainsi ils sont inlléressés en la grandeur et au bien L'un de l'autre : à quoi si ob ajoute Sa Majesté et les Etats, j'estime que la crainte de cette conjonction , qui sera bientôt sue , les empe*
DU PAKSIDBBT JKàNNIN. 36)
ebera d'y peoMr, et que le roi d'Espargne» c(uia miéat aimé qoitter ce qoe \e$ ElaU ont <iccil))ë sur lui cpe continuer la gHcrre contre eux , fera difficulté d'entreprendre oeHe<i , pour n'avoir encore affaire avec le$ mâmeÀ ennemis. Ils eonsidërerbnt aussi que ledit électeur de Brandebourg , qui a épousé la fille aînée de la sœnr aînée du défuntduc de Ôèves, est le ttteusc fondé au droit de succession^ eneore que le duc de Neubourg ait pour femme la seconde so&ur qui est vi«yante , et par ainsi plus proche d'un degré ; car la représentation ayant lieu en ce premier degré de la ligne collatérale par les lois de FEmpire , la fille de la sœur aînée doit être préférée à la tante , et n'esrt d'aucune considératioffi que cette tante a des fils , car leur mère étant en vie ils n'y peuvent rien prétendre. Outré ce , j'ai appris que cette sœur aînée a obtenu dès long-temps l'investiture de TËmpereur pour elle et ses enfans mâles et C^Belles , avenant le décès dti duc dé Clèves son frère sans enfans , et que les Etats mêmes dudit feu sieur duc de Clèves y ont consenti, et, depuis encore » qu^en mariant les autres sœurs , ellea ont retioncé à sàdite succession en sa faveur , moyennant certaine sommé d'argent , hors celle qui est mariée dU Marquis de Burgau qui ne Ta voulu faire , et esc demeurée ^a ses droits -, et ^ si cela est , le duc de Neubourg y prétendant à cause de sa femnie se* roit mal fondé.
L^Empereur ne pourroit non plus prétendre que Jttlierfi soit fief masculin , comtae plusieurs tiennent qu'il est, mais sont choses qui consistant en fait, dont |e ne suis assez bien informé. C'éloit bien Wdé-