‹ Les négociations du président JeanninChapitre 2 sur 33 · EXPLICATIONS · texte numérisé non relu

EXPLICATIONS

DinjoBonns nous

■ors «TERPOSiS iS LETTEBS et RESCaiPTIOlfg FAITES TAHT PAR Ll ROI QUE 8B8 MIMimESy miEART I. LE PH^UOBIIT JeANHIN POUR LES AFFAIRES DES PAYS-RAS , DEPUIS L'aNNÉE 1607 JOSQOBS EM 1610.

UFruoe.

Le Roi.

SêM^jesié.

IjnTTançR&s.

MoBsrigieor le prince de

Coudé.

M. de VBleroy.

M. de Vîc.

M. le président Jeamiin.

M. de BmanyaL

ILdetiissy.

U.àtlA Boderye.

M. dt Eemy.

dnRoi.

Ilmpire.

li cjnpeieur.

Princes d'Allemagne.

Le comte PRlalin.

Le rai dXqpagne.

Le DHrqnis de Spinola.

BomDîeeDd'IbafTa.

Lb Boutom

Le maître du Bouton , le mari de la Rose, le père du Blanc, le père du Bouge , le père du Gris.

Le Sergent, lepère de l'Œil' let, le Bouton, le maitre de l'Espérance, le maitre de Pompée, le maitre du Sycomore,

Les gens du Bouton,

Le Vert.

L'Espérance,

Pélopidas.

Le Sycomore.

La Ramée; le collège de la

Tanche, VEcorce, L'Epine, Jean.

Recors.

Ses semblables.

Le Bal.

Le Brave.

Gens du pourpoint.

Comtois.

Le Poulain, le mari de

l'Etalon.

Luc.

Olibrius,

L'ambassadeur d'Espagne

près les Archiducs. Patrœle,

Ministres d'Espagne.

L'Infante.

Angleterre.

Roi d'Angleterre.

Anglais.

Le prince de Galles.

Le comte de Salsl)ery.

Biinistres d'Angleterre.

Les Arcbidncs.

Le sieur Verreiken.

Le sieur Richardot.

Le duc de Savoie.

Rome.

Messieurs les Etats.

M. le prince Maurice.

M. le comte Guillaume.

Le sieur BameTeld.

Le sieur iErsens père.

Le sieur iErsens fils.

Le prince Henri.

La princesse d'Orange.

Les Grisons.

Traité de paii.

La Ugue défensite arec les Etats. L$ Fore,

Gens de la jument.

Le grand cheval.

Le Verger.

Le Fruit, le mari de la Pom-

me, le Verger, lepère de

la Poire.

Les Asperges, La Poire.

La Framboise.

Les Pensées, La Buglose , le mari dé

Marguerite.

Simon.

Thadée.

Le Serpent, Le Livre.

Les Anles, les gens de la

Fleur.

L'Orme, la Fleur, L'Aune.

Le Charme, Le Troène.

Le Mûrier blanc, La Tige.

Le Tillot, la mère de la

Tige-Laûlnette.

Le bourg de l'Espinasse, Fabula.

Dtl

Sommaire de la négociation faite avec messieurs le^ Etats-généraux des Provinces- Unies des Pays-Bas.

Aq même temps que le Roi fit la paix avec le roi d'Espagne (1), Sa Majesté désiroit aussi qu'elle se fit avec la feue reine d'Angleterre, avec laquelle il étoit conjoint d'amitié, d'alliance et d'intérêt; il Ten pria et sollicita plusieurs fois. A q[Qoi le roi d'Espagne étoit assez disposé de sa paît; mais elle le refusa toujours, estimant n'y avmr apparence que ledit roi d'Espagne se vou- Kît soumettre aux conditiODS que Sa Majesté disoit lui être très*agréables. Elle fit aussi le même de^ oir pour procurer une bonne paix , et qui eût de la sûreté aux Provinces-Unies , et y insista VMnkmg-temps, Jusqu'à refuser souvent toutes sortes de conditions, même celles avec lesquelles efie traita depuis. Mais il ne fut pas possible d'y iodoire le roy d'Espagne, qui se promettoit de les pemetire bienUSl en son obéissance par les annes, avec la vive force, quand ils seroient destitués du secours d'un si grand prince. Eux aussi ne vouloient recevoir aucune condition de paix qui les fH retourner en leur ancienne si^étion. La reine d'Angleterre les fortifloit en ce refus , par l'offre de son secours , et la promesse qu'elle leur fiôsoit de ne traiter Jamais sans eux ; ce que son successeur fit toutefois depuis , à la mode des souverains, qui suivent plutôt leur intérêt et celui de leurs sujets, que les obligations et promesses qu'ils ont faites à leurs amis. Par cette paix, oxiclue à Vervins , entre le Roi et le roi d'Espagne, pour eux, leurs royaumes, pays et sujets. Sa Majesté n'étoit obligée de faire aucun mal aux Provinces^Unies : aussi n'y eût-elle voulu consentir, mais bien de ne leur donner aucune assistance; ce qu'elle promit, exceptant toutefois en paroles expresses, lorsqu'elle jura l'observation de ladite paix , qu'elle entendoit leur rendre par année tout l'argent qu'ils lui avoient prêté en sa grande nécessité , Jugeant bien que ce paiement leurserviroit d'un bon et assuré secours. Il se con-

(1) CeUe paix fut signée à Venrins, le 2 mai 1598.

tint aussi en ces termes quelques années, ne leur donnant autre assistance, sinon qu'il recherchoit toujours les moyens d'induire le roi d'Espagne à leur offrir quelques raisonnables conditions de paix. Mais, au lieu de pouvoir espérer ce bien, il reconnut bientôt que ledit Roi faisoit des pratiques dans son royaume, pour faire soulever ses sujets, y ayant induit le maréchal de Riron ; l'en* treprise et conspiration duquel très-périlleuse, si on lui eût donné le loisir de l'exécuter, étant découverte fort heureusement, et étouffée par sa mort , fit prendre d'autres conseils à Sa Majesté, qui se résolut dès-lors d'assister du sien et ouvertement lesdites Provinces-Unies , se Joignit à cet effet avec le roi d'Angleterre, pour ensemble* ment leur donner un si bon secours, que les Provinces se pussent conserver et garantir de la su*- Jétion d'Espagne, comme il est avenu, ayant enfin les archiducs et ministres du roi d'Espagne, après avoir reconnu qu'ils ne pouvoient plus espérer bonne issue de cette guerre par les armes, et le succès d'une victoire absolue, mis en avant par quelques menées et pratiques sourdes, continuées assez long-temps à l'endroit d'aucuns particuliers desdites Provinces , des ouvertures de paix qui furent fort volontiers écoutées d'en* trée, par ceux qui étoient las de guerre, attendu même qu'elles étoient si avantageuses, en ce qu'on leur souffrait de traiter avec eux en qualité et comme les tenant pour Etats et Pays libres, ce qui leur sembloit être l'effet entier d'une vle^ toire absolue.

Sur lesquelles propositions communiquées pour rors à peu de gens, à savoir à M. le prince Maurice, à son cousin le comte Guillaume, an sieur de Rameveld et à quelques autres, en petit nombre avec eux , puis en l'assemblée des Provinoes, résolution y fût prise d'entrer en quelque coni(^ rence avec les députés des archiducs, et d'en donner avis tant en France qu'en Angleterre , dont Sa Majesté avertie envoya vers eux de sa part le sieur Jeannin , conseiller en son conseil d'Etat, et avec lui le sieur Ruzanval, ayant servi Sa M^esté dès long-temps esdits pays; et pour

Ifr

NiGOGlÀTlONS

lui succéder en la chaîne d'agent ordinaire, le sieur de Russy , pour aider amplement à leur procurer ce repos , ou bien pour eropéclier qu'ils ne fussent trompés, au cas que telles ouvertures leur eussent été foites à dessein pour les diviser, faire des pratiques parmi eux , et enfin les assujétir , au lieu de les rendre libres, comme c'étoit Topinion de ceux qui pensoient être les plus clair- Yoyans dans leur Etat, et y avoit grande apparence de le croire ainsi. Au moyen de quoi les autres, qui en faisoient foux Jugement^ murmuroient sourdement contre ceux-ci , et disoient qu'ils avoient été pratiqués et corrompus par les menées et l'argent d'Espagne; ou bien que le trop grand désir de sortir d'une guerre qui avoit duré un si long-temps, les empécboit de considérer plusieurs inconvéniens et dangers qu'ils dévoient craindre d'une paix feinte et recherchée , pour les assujétir et châtier. Et cette appréhension ou les intérêts de ceux qui aimoient mieux la guerre que la paix , flit presque cause de les diviser, et apporta tant de longueur et d'incertitude es conférences qui furent faites sur ce sii^et, que, sans l'assistance des ministres des deux rois qui travailloient incessamment pour les tenir unis, et leur foire prendre les résolutions qui étoient conformes à l'avis du plus grand nombre, lesquelles sembloient aussi leur devoir être plus utiles, ils se fussent perdus parmi cette confusion, incertitude et diversité d'avis, nonobstant la sagesse et bonne conduite d'aucuns particuliers affectionnés au repos, lesquels, ayant grande créance parmi le peuple, essayoientavec patience , industrie et raisons qui tomboient sous le sens commun d'un chacun, de les persuader tous à suivre leur opinion.

Entre lesquelles celles-ci étoient les principales : que la guerre qui avoit duré sans intermission plus de quarante ans, les avoit tellement affoiblis et épuisé leurs bourses, qu'il n'y avoit plus moyen de trouver chez eux ni chez autrui, avec leur crédit, le fonds requis pour soutenir et continuer la guerre ; et de l'^espérer par le moyen du secours volontaire des princes et intéressés en leur conservation, et qui s'étoient toujours montrés leurs amis, on y avoit déjà trouvé tt reconnu du refroidissement , et qu'ils se lassoient de mettre si long-temps la main à la bourse, sans en tirer aucun profit ; ayant le roi de la Grande- Bretagne déclaré et protesté plusieurs fois, tant au roi de France qu'aux Etats , qu'il n'y vouloit plus rien contribuer , et l'autre , notoirement le plus puissant , et qui le pou voit mieux faire , déclaré aussi qu'il ne vouloit se charger seul du faix de cette guerre. Et quand même ils y voudroient contribuer tous deux , comme du passé,

ou quelque peu davantage , qui étoit té miettx qu'on pouvoit espérer de leur libéralité , cette assistance ne leur serviroit sinon que pour les faire languir et durer quelque temps, toujours en crainte d'une prochaine ruine, et sans espérance de se pouvoir accroître par les armes. Autre chose seroit si les deux rois vouloient entreprendre la guerre ouvertement avec eux, en joignant leurs forces ensemble, pour ôter entièrement au roi d'Espagne les Pays-Bas , avec lesquels il tenoit en soupçon tous ses voisins, et faisoit tous les jours des entreprises et desseins sur eux. Mais , en ayant été requis et priés souventefois, ils en avoient toujours fait refus, et donné assez à connoftre qu'ils ne vouloient provoquer les armes d'un si puissant ennemi pour lés affaires d'autrui, quoique leurs forces, Jointes ensemble, flissent plus que sufQsantes pour en espérer tout bon succès , montrant vouloir préférer le repos de leurs sm'ets aux douteux et incertains événemens de la guerre. Puis ils n'étoieut en si grande confiance de l'amitié l'un de l'autre, qu'ils se pussent promettre un partage égal et raisonnable de leurs conquêtes , et moins encore souffrir que l'un s'accrût et eût tout, l'autre ne prenant part qu'à la dépense et aux périls. Ceuxci considéroient encore que, quiconque dépend d'autrui et n'a les principaux moyens de satisfaire entre ses mains, il est tom'ours en danger de se perdre; joint que les conditions avec lesquelles les archiducs offiroient de traiter, tant en leurs noms qu'au nom du roi d'Espagne , étoient si avantageuses que la victoire absolue ne leur eût pu apporter un plus grand loyer que celui qu'on leur offroit dès à présent, à savoir, de demeurer libres et maîtres absolus de tout ce qu'ils tiennent. Ainsi ne voyoient aucune occasion de douter en l'acceptation de telles et si avantageuses conditions; attendu même que les deux rois le leur conseilloient et offiroient de se rendre garans du traité qui seroit fait, lesquels pour être fort puissans , et avoir les forces et moyens pour les secourir plus près d'eux que celles du roi d'Espagne n'étoient pour les assaillir, ils y voyoient une assurée protection.

Mais les autres, qui ne pouvoient approuver ce traité, alléguoient au cmitraire que les offres des Espagnols, spécieuses en apparence, n'étoient que pour les tromper, n'étant vraisemblable qu'un si grand prince, et une nation si ambitieuse, et qui aspire à la monarchie de la chrétienté (quoiqu'avec une vaine présomption plutôt qu'avec vrais et solides fondemens) , voulût jamais consentir à un traité si honteux que celui qu'on leur offroit, lequel feroit connoltre leur foiblesse, lâche et mauvaise conduite, dé*

I>tJ PRB81DSNT JÏÀNNIlf.

fonts qoi sont hleatAt suivis de mépris, et d'autres plus grands dangers et inconvéniens. Que la guerre avoit plutôt accru que diminué leur pays, étant la plupart des villes mieux peuplées et plus riches à présent qu'elles n'étoient devant la guerre. Que le fonds et revenu avec lequel ils Tout faite et continuée si long-temps, provenoit de la guerre même, et devoit tarir et cesser ausât6t qu*elle finiroit, sans que pourtant la dépense vienne à diminuer, sinon de bien peu, attenda les grandes garnisons qu'il feudra entretenir, si on veut conserver toutes les places que les Etats tiennent , lesquelles sont presque autant frontières l'une que l'autre , ainsi qu'en peuvent mieux Juger ceux qui savent la situation du pays. Et ce qui étoit encore pis , on devoit craindre qoe la nécessité et le danger des ennemis , qui a servi de lien pour tenir les Provinces-Unies ensemble durant la guerre, venant à se dissoudre par la paix ; que les secrètes émulations, Jalousies et inimitiés qui sont dès longtemps entre les particuliers, les villes et provinces entières, plutôt cachées et dissimulées durant le péril qu'éteintes et assoupies, ne se renouvellent en cette aj^parence de sûreté publique avec plus de véhèneDce et tireur, et par ce moyen soient enfin cause non-seulement de les séparer d*intentkm et d'intérêts, mais de les ruiner du tout. Qk Venr force et richesse, qui consistent principaknKnt en la navigation , au trafic et grand oomhre de pilotes, mariniers et matelots fort exfèmoïtés en guerre navale , s'évanouira dèslors qu'ib ne seront plus employés chez eux, et reviendra le profit de cette perte aux Espagnols , qui ont des moyens de leur donner de la besogne, et de les acheter chèrement d'entrée, pour les affiiander à ce gain et leur faire quitter la demeure et l'affection qu'ils ont à leur pays. Que le trafic d'Espagne^ que l'on dit être le plus profitable, et celui qui seul peut sufQre pour les employer tous, cache en soi un très-grand danger; car il peut donner moyen à l'Espagnol de se saisir , en un seul Jour , de tous leurs navires , pilotes et denrées; et, avec cette surprise, de les appauvrir, affoiblir et ruiner, y ayant grande occasion de croire que cette facilité de le faire lui en fera bientôt venir la volonté, et qu'il estiniera la perfidie pour châtier la rébellion de leurs anciens sujets, plutôt louable et digne de prudence que sii^ette à blâme comme tromperie , tors même que la vengeance se trouvera accompagnée d'un si grand profit.

Ces raisons n'étant pas seulement mises en avant es délibérations publiques , mais semées par écrits et libelles dans toutes les villes avec des accusations contre ceux qui se rendoient

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