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Mais Weill, précisément parce qu'il tient pour privées d'intérêt ces deux observations qui, pour lui, viennent confirmer une règle, ne nous les rapporte pas. Four au plus indique-t-il que lune se rattachait à une néphrite d’origine inconnue, alors que pour l'autre, il s'agissait d’un mal de Bright, lequel s'était manifesté à la suite d'un rétrécissement de l’urètre
compliqué de cystite.
IL faut arriver, semble-t-il, en 1920 et 1924 pour
trouver des observations de ce genre.
Mais précisément nous nous demandons si les cas de néphrite chronique urémigène sans hypertension publiés à cette époque par MM. Lenoir, Ch. Richet fils et Jacquelin (1920) dans un travail sur l'hépatite et la néphrite latente des malades atteints d’ulcus gastrique et par MM. Guy-Laroche et Desmoulière en 1924, peuvent entrer dans ce cadre. Que les auteurs aient observé un syndrome azotémique, caractérisé par une certaine rétention azotée (d’ailleurs parfois vraiment minime) et par l'absence d’hypertension, il n’en est pas question.
Voici d’ailleurs quelques chiffres qui parleront mieux au lecteur que l'analyse la plus subtile des faits.
Sur 14 observations recueillies en deux ans par MM. Guy-Laroche et Desmoulière, on trouve les chiffres
suivants :
$ TENSIONS ; OBSERVATIONS ER UREE ALBUNINE TS d Ambard Mx Mn ; , Ê de Ou. 518 Observation I entre 11 et 13 entre 6 et 7 SOS LÉ0 » pas Og.
| de 0 g. 69 0 g. 103 Observation IT entre 40 1/2 et 11 entre 6 et 8 à Oo. 299 0 g. 075 pas DE = à ; de 0 g. 61 L Observation III entre 11! et 15 entre 6 et à Ua CE OM pas œ.
à ee de 1 g. 048 ; Observation IV entre 14 et 1: entre 8 et 9 à 0g. 637 » pas : 7 1 tr 12 3 atr EN t de 0 el 161 0 © me ; nc Observation V entre le ete entre 7 et 8 à Og. 507 0 &. 133 traces PTE de 0 g. 78: À Observation VI entre 15 ét 13 entre 8 et 7 à 0 g. 694 0 g. 163 pas ; 7 * Rp de Og.483 | Og.151 | Observation VII 16 entre $S et 7 à 0g. 323 | 0e. 093 traces : de 02.616 | 0.179 Observation VII 7 ve. s oservation 11 1 à 0g. 219 | 0. 071 pas Observation IX 45 1 0 g. 642 0121 pas Observation X 14 8 0 g. 69 0 2. 163 pas Observation XI 14 10 0 g. 121 0 g. 138 pas : 2 de 0 &. 60 Observation XII | entre 11 et 12 | entre 61/2 et S 50 : ee » pas Observation XIII 12 7 1/2 0 gr. 63 » pas Observation XIV 13 1172 0 g. 415 Og. 138 | tre ces
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Ainsi, nous le répétons, il n’est pas douteux que les obseravations de MM. Guy-Laroche et Desmoulière se rapportent bien à un syndrome azotémique avec absence de réaction hypertensive.
Mais la question est de savoir si on peut identifier de pareils syndromes avec la néphrite chronique azotémique pure.
De l’examen impartial des trois cas que MM. Bouchut et P. Ravault ont bien voulu nous soumettre se äégagera une première conclusion : c’est que la néphrite chronique azotémique sans hypertension « se « comporte comme un processus progressif, peu ac- « cessible aux rémissions spontanées où thérapeuti- « ques », bref comme une affection d’allure extrêmement sévère et pour tout dire mortelle.
Or, aucun des 11 syndromes publiés par MM. Guy- Laroche et Desmoulière n’a évolué vers la mort, et les rémissions thérapeutiques, dont l'absence caractérise précisément la néphrite chronique azotémique pure que nous étudions, jalonnent au contraire l’évolution de ces syndromes.
Passe-t-on malgré tout sur cette objection majeure ?
Mais alors il faudra rendre compte de l’absence d’albumine dans la plupart des 14 observations (3 fois seulement lalbumine a été signalée).
Est-il suffisant, pour parler de néphrite chronique azotémique, lorsque l’urée sanguine est de 0 g. 46, 6 g. 48, 0 g. 42, 0 g. 45 pour 1.000, de se retrancher derrière l’existence d’une constante d’Ambard anormalement élevée ?
Et enfin, si les cas que l’on tient pour des néphrites
chroniques azotémiques pures ne se terminent pas par la mort et par le contrôle nécropsique, comment peuton affirmer, surtout lorsqu'il s’agit pour les observations de MM. Guy-Laroche et Desmoulière, d’azotémie d'alarme, que l’on se trouve bien en présence de néphrite chronique azotémique et que, à aucun moment ultérieur de l'évolution, une réaction hypertensive modérée ou importante ne se manifestera pas ?
Arrèlons-nous un instant sur ce dernier argument. Ïl a son importance . c’est lui qui en 1926, alors que MM. Bouchut et P. Ravault ont songé à publier des observations de néphrite chronique azotémique pure, a pesé de tout son poids sur eux en limitant leur publication aux seuls deux cas anatomiquement contrôlés ; ils auraient pu cependant Joindre à leur dossier trois autres observations analogues si un scrupule moins vif ne les en eût empêchés. ,
C'est encore le même vouloir de n’apporter que des faits démonstratifs qui nous empêche aujourd'hui de publier sans arrière pensée un cas de néphrite chronique urémigène sans hypertension que nous avons relevé dans le service de M. Bouchut en mars 1928,
mais qui n’a pas été suivi jusqu’à la mort.
Bref, sans vouloir nier la réalité des états azoté-.
miques signalés par MM. Guy-Laroche et Desmoulière et par MM. Lenoir, Ch. Richet fils et À. Jacquelin, dont les observations sont tout à fait comparables, avec celte réserve toutefois que les auteurs parlent d’absence d'hypertension sans donner de chiffre, nous tenons les syndromes azotémiques signalés pour difficilement assimilables à des néphrites chroniques azotémiques pures,
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Après les observations de MM. Bouchut et P. Ravault publiées en janvier 1926, d’autres cas de mephrite chronique urémigène sans hypertension ont été rapportés, en particulier par MM. Cestan et Fabre en juillet 1926 et par M. Paul Chevallier en 1928.
L’Observation de MM. Cestan et Fabre concerne une
femme de 63 ans qui présentait du myosis, de la céphalée, du délire et des vomissements. [L’albumine était présente dans les urines ; J’urée sanguine qui s’est maintenue pendant. un certain temps au taux de 1 g. 59 pour 1.000, a atteint 3 g. au moment de la mort, laquelle a été précédée de coma. La K d’'Ambard s’est montrée très élevée. En outre, les auteurs ont constaté l'absence de défaillance cardiaque, ct la tension artérielle prise successivement au Pachon et avec le sphygmomanomètre de Gallavardin a été détr/9
L’autopsie a montré des reins atteints de néphrosclérose, une intégrité absolue de tous les autres organes, un cœur petit.
Ce qui fait l'intérêt de cette observation c’est le contrôle nécrobsique : il démontre qu'il s'agissait bien d’un cas typique de néphrite chronique azotémique. Mais nous nous demandons si, devant une tension artérielle comportant une maxima de 17, il est permis d’écarter à coup sûr l'élément hypertensif. Hypertension légère, nous répondra-t-on. Nous laccordons sans peine. Mais hypertension indubitable qui nous permet de considérer le cas de MM. Cestan et Fabre comme s’apparentant plutôt aux cas des néphrites chroniques azotémiques dont l’hypertension
Heure
est de l’ordre de grandeur le plus bas, qu'aux néphrites azotémiques pures.
Nous pensons en effet qu’une tension maxima oscillant entre 12 et 15 peut être considérée comme normale : entre 15 et 16 exisle une marge d’intertrépalion douteuse ; à partir de 16 l'hypertension est manifeste.
Il nous reste peu de chose à dire au sujet des 4 observations dont M. Paul Chevallier a parlé en 1928. Deux comportaient le contrôle anatomique. Nous ne discutons pas leur intérêt, certainement très grand. Nous regrettons seulement que l’auteur ne les ait pas publices.
En définitive, après avoir éliminé les cas de néphrite chronique azotémique non hypertensive que nous rattachons aux syndromes azotémiques sans néphrite chronique vraie et ceux qui comportent une tension que nous estimons avoir dépassé la normale, il ne nous reste, comme néphrites chroniques azotémiques pures incontestables que nous puissions publier, que les trois cas qui ont été recueillis dans le service de M. Bouchut et dont deux (ce sont, il faut bien le dire, les deux premières observations probantes qui aient été publiées) ont été mentionnés une première fois dans la presse médicale de janvier 1926. Quant au troisième cas, il est aussi démonstratif. Nous l'avons noté au mois de janvier dernier.
Voici d’abord les deux premières observations dor nous avons donné la référence :