‹ Les Néphrites Chroniques Azotémiques Sans HypertensionChapitre 19 sur 31 · CAS ME · texte numérisé non relu

CAS ME

L'amaigrissement est rapide, intense. On assiste à une véritable fonte musculaire, d'autant plus apparente qu'aucun œdème ne vient la camoufler.

L'anémie est profonde, grave. Elle donne à la peau un aspect cireux différent de l'aspect cachectique ou néoplasique. Elle peut réaliser le tableau de lanémie pernicieuse : elle touche en effet d’une manière intense les organes hématopoïétiques. I suffit de pratiquer quelques numérations globulaires pour apprécier [a diminution considérable des globules rouges 13.060.000 dans l’Observation [, 3.400.000 dans l’Observation IT.

La numération parallèle des globules blancs mon- {re un accroissement de leur nombre, et si l’on recherche les modifications qualitatives des globules, on trouve, pour les blancs, une polynucléose modérée, avec aueïquefois une légère éosinophilie, et, pour les rouges, des stigmates de rénovation sanguine : anisocytose, poikilocytose, polychromatophilie.

La résistance globulaire est normale ; la coagulation retardée ou normale, mais avec sédimentation rapide des éléments figurés du sang et ébauche de coaguJation plasmatique avec caillot rouge surmonté d’un caiHot blanc.

I n'y à pas d’irrétractibilité du caillot ; le sérum exsudé est clair, souvent presque décoloré.

Le pruril est une manifestation fréquente de la néphrite chronique azotémique [Observations I et IT]. Parfois très intense, c’est le plus douloureux des troubles fonctionnels accusés par le malade. Dieulafoy aurait noté sa plus grande fréquence chez la femme,

Quoi qu’il en soit, c’est un symptôme proprement urémique, dont l'intensité marche de pair avec la gravité de l'azotémie, s’aggravant lorsque celle-ci atteint un taux élevé, diminuant au contraire avec une meilleure élimination azotée.

Deux faits le caractérisent en outre : d’une part, il est favorablement influencé par la ponction lombaire, et, d'autre part, il est assez fréquemment, surtout 1orsau’il est intense, la cause indirecte, par l’intermédiaire de lésions de grattage, de phénomènes infectieux plus ou moins graves, qui viennent compliquer l’évolution.

Nous avons mentionné plus haut l’inappétence pour ainsi dire constante.

D’autres manifestations digestives peuvent s’associer à l’inappétence, sous forme de vomissements aqueux et incessants, de stomatites ulcéreuses ou seulement érythémato-pultacées, d’hémorragies gengivales ou d’entérites avec ulcérations intestinales se traduisant par des mélaena qu’il faudra savoir rapporter à leur véritable cause, Nos Observations montrent aussi la fréquence des hémorragies pharyngo-nasales.

Les troubles visuels sont d'apparition variable dans le temps. Nous avons déjà noté leur précocité fréquente, puisque ce sont eux qui parfois ouvrent la scène clinique. Il faut toujours. chez un malade qui se plaint de mouches volantes, de brouillards, de fatigue ou de diminution de l’acuité visuelle, ou encore d’une diminution dans l'étendue du champ de perception oculaire, se méfier le la néphrite chronique azotémique et faire un examen du fond d'œil qui

montrera les lésions caractéristiques de la rétinite

SATA

albuminurique. Inversement, c’est parfois le seul ophtalmoscope qui découvrira les lésions rétiniennes chez un malade que l’on soupçonnera d’être atteint par la néphrite chronique azotémique, sans qu'aucun trouble visuel subjectif n’ait orienté l'attention de ce côté. Il faut bien connaître, en effet, les rétinites albuminuriques fonctionnellement silencieuses. On a vu des malades présentant des lésions rétiniennes intenses sans que la lésion eût la moindre traduction subjective. Il s'agissait toujours dans ce cas d’une rétinite respectant entièrement la macula. |

Ainsi, de l’étude des troubles visuels, nous retienarons deux points :

la précocité d'apparition de la rétinite albuminurique, qu'elle ait sa traduction subjective ou qu’elle reste fonctionnellement silencieuse ;

l'intérêt diagnostique qui s’attache à une telle manifestation, que l'on devra toujours rechercher en sachant parfois donner à l’ophtalmoscope l’entière responsabilité dans sa découverte, si aucun trouble fonctionnel ne la fait suspecter.

Le dosage de l'urée sanguine signe aussitôt l’origine des troubles divers que nous venons de décrire.

Nous avons indiqué que la variabilité dans l’intensité des troubles fonctionnels suivait la courbe azotémique. Celle-ci, dans nos Observations, s’est montrée toujours élevée.

Dans l’Observation I, le taux général de l'azotémie a dépassé 2 gr. Il est descendu à 1 gr. 60 pour remonter à 4 gr.60 au moment de la mort.

Dans l’Observation II, il a été de 2 gr. 64 pour 1.000,

En 2

Dans la 3 Observation, on trouve une azotémie de

4 er. 40 pour le premier dosage, et de 5 gr. 50 à la période terminale.

Enfin, dans l’'Observation IV, on perd de vue le

malade, alors que son azotémie était de 1 gr. 27.

Fr. Syndrome urinaire.

C’est une notion classique qu'il ne faut pas attacher à l’albuminurie une importance bien considérable. Les auteurs auraient noté son inconstance. Sur les 11 Observations de MM. Guy Laroche et Desmoulière, dont nous avons parlé, quatre fois seulement l’albumine .a été constatée, et dans deux cas il s'agissait

d’albuminurie infime.

En fait, quand on retranche des véritables néphrites chroniques azotémiques les hypertensions non rénales et dans le cas qui nous intéresse particulièrement les azotémies sans néphrite vraie, il apparaît au contraire que l’albuminurie est constante, souvent même importante. Quant à la cylindrurie, à la leucocyturie et aux hématuries, elles sont inconstantes.

L'aspect des urines est variable. Tantôt ce sont des urines pâles très abondantes, tantôt les urines sont émises en quantité normale ou même sont diminuées.

À noter la baisse de la polyurie quand l’urémie s’affirme,

AJ

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