‹ Les Néphrites Chroniques Azotémiques Sans HypertensionChapitre 6 sur 31 · C. — Notions physio-pathologiques · texte numérisé non relu

C. — Notions physio-pathologiques

Les recherches physio-pathologiques, ou plus exactement chimiques, se sont déroulées parallèlement aux recherches anatomo-pathologiques.

Elles échouent dans la détermination de la. suibstance toxique, cause des accidents observés au cours de la néphrite chronique, plus particulièrement de la néphrite urémigène.

Les premières notions physio-pathologiques remontent à 1829, période à laquelle Bostock et Christison signalent la présence d’urée dans le sang de certains albuminuriques.

Quatre ans plus tard, Richard Bright et Babington font le premier dosage d’urée dans le sérum.

lle

Après eux, et lancés sur la même voie, ag trouve Simon, Owen, Rees, Rayer et Guibourt.

Finalement les chercheurs arrivent à la notion d’urémie, traduisant l’intoxication de l'organisme par l'urée.

Mais on s'aperçoit bien vite que l’urée n’est pas un corps toxique et l’on incrimine d’autres conps. On pense en effet que l’urée ne représente que le témoin d’une grave intoxication imputable à d’autres poisons. Frerichs (1851), puis Treitz (1859) accusent le carbcenate d’ammoniaique. Schottin (1853) voit dans les phénomènes urémiques une diminution de l’alcalinité sanguine compensée par la production d’ammoniaque.

L’urochrome représente pour Tudichum le produit toxique. Voit (1863), puis Feltz Ritter, incriminent les sels de potasse, et Bouchard, en 1882, pense à une toxicité complexe due à l’ensemble des poisons urinaires.

Ainsi la multiplicité des corps proposés pour expliquer les phénomènes d'intoxication de la néphrite chronique témoignent de la nature insaïsissable de l’agent toxique.

On s'explique ainsi l’orientation différente prise à partir de 1897 par les recherches physio-pathologiques. On ne songe plus maintenant à déterminer le poison urémigène. On cherche à mesurer la valeur fonctionnelle du rein atteint de sclérose par des épreuves diverses : épreuves du bleu de méthylène qui permet, grâce à Achard et Castaigne, de mesurer en clinique la perméabilité rénale ; épreuve de la rosapiline, proposée par Lépine et Dreyfus ; de l’iodure de potassium, par Bard et Bonnet ; de la glycosurie

Satis

phlorhydzique, par Achard et Delamare ; ou enfin de l’albuminurie provoquée (Castaiïgne).

Ces recherches se rattachent à la période de Widal, période de physio-pathologie pure que nous allons

maintenant envisager.

Page 1