‹ Les néphroses post-transfusionnellesChapitre 14 sur 22 · LEON · texte numérisé non relu

LEON

Les glomérules paraissent intacts, abstraction faite, dans certains cas, d’un épaississement de la membrane basale et des parois artériolaires afférentes. Les anses sont toujours perméables, bien que renfermant quelques globules sanguins. Les capsules de Bowman sont soit normales, soit distendues, les espaces intercapsulaires étant généralement augmentés.

Mais c’est au niveau des tubes urinifères eux-mêmes que l’on trouve les altérations les plus importantes. L’œdème du tissu interstitiel les maintient écartés les uns des autres, surtout à la ligne de démarcation cortico-médullaire. Dans la lumière des tubules proximaux, on remarque ds débris éosinophiles libres. Au fond des tubules, siègent de nombreux pigments. Dans l’épithélium du segment distal des tubes en U, sont déposés quelques grains d’hémosidérine. Cet épithélium est parfois intact, parfois en régression, avec vacuolisation du cytoplasme et destruction des noyaux. Cette régression épithéliale donne aux tubules un aspect particulier : leur lumière est très élargie, soit parce que les cellules de revêtement sont diminuées de hauteur, par érosion ou desquamation, soit parce qu’une oblitération distale a amené une dilatation proximale. Les canaux collecteurs sont extrêmement dilatés par de nombreux cristaux bruns, des leucocytes, de grosses cellules phagocytaires libres, des débris d’épithélium desquamé, des globules pigmentaires de différents diamètres. Ces masses pigmentaires paraissent être composées de produits de l’hémoglobine. Les cellules de revêtement des collecteurs sont diminuées de hauteur, par atrophie et par pression. C’est au niveau des anses de Henle que les lésions paraissent atteindre leur maximum d'intensité. Les anses de Henle sont en effet

No

remplies de façon constante de cylindres granulaires éosinophiles, de cylindres épithéliaux de desquamation, de gouttelettes présentant la coloration caractéristique de l’hémoglobine contenue dans les érythrocytes voisins, enfin de masses calcifiées. L'absence de mitoses à ce niveau complète l’image de dégénérescence épithéliale.

Les cylindres et les pigments provoquent généralement aux points où ils se déposent une altération épithéliale nécrotique. L’hémosidérose, toujours présente, mais à des degrés variables, est loin de constituer l’altération principale telle que l’avaient considérée de nombreux auteurs. Pour Degowin, il s'agirait 1à d’un processus physiologique consécutif à la libération de l’hémoglobine hors du courant sanguin. Le pigment est fixé non seulement par l’épithélium tubulaire, mais aussi, ainsi qu'on a pu le constater chez l’animal et même chez l’homme, par les cellules de Kupfer du foie, et par le système réticulo-endothélial, les ganglions lymphatiques et la rate. Ce dépôt paraît sans conséquence fonctionnelle, et l’insuffisance rénale a pu être considérable en présence d’une hémosidérose très légère.

En somme, deux processus pathologiques distincts caractérisent les images anatomo-histologiques de la néphrose post-transfusionnelle :

tout d’abord, une obstruction tubulaire par les masses pigmentaires précipitées dans la région des anses de fHenle, amenant la dilatation des tubules;

ensuite, un processus de destruction, atteignant particulièrement l’épithélium des tubes contournés, avec réaction de régénérescence à ce niveau.

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