XXX PRÉFACE
typhoïde et de la diphtérie, etc., ne prouve encore nullement que toutes les maladies auxquelles l'organisme humain est sujet ont également une origine microbienne.
Rien n'indique encore que d'autres maladies contagieuses comme la rage, la syphilis, etc., possèdent ou développent, elles aussi, des bacilles spéciales capables d'influencer leur marche. Tous les efforts faits jusqu'à présent pour constater la présence de microbes qu'on pouvait accuser de provoquer la fièvre aphteuse et les fièvres éruptives n'ont pas abouti non plus. Mais, même s'ils aboutissaient, il restera toujours un contingent autrement considérable des maladies auxquelles les microbes restent entièrement étrangers. Toutes les maladies non contagieuses peuvent eoipso être placées dans cette catégorie. Plus haut nous avons dit qu'il est encore prématuré de décider rigoureusement quel est le rôle exact des microbes déjà connus dans Vétiologie des maladies infectieuses. Par contre nous connaissons d'innombrables facteurs extérieurs et intérieurs susceptibles d'engendrer des maladies diverses, dont plusieurs très graves et même absolument mortelles. Les influences atmosphériques comme les variations barométriques, certaines directions du vent, les conditions électriques, la composition de l'air, les changements brusques de la température et bien d'autres facteurs encore inconnus, — jouent en effet dans la production des maladies un rôle bien plus considérable que tous les microbes connus jusqu'à ce jour*. Même les courants d'air et l'humidité, en agissant d'une certaine manière sur le corps humain, occupent dans l'étiologie des maladies une place supérieure à celle de bien des parasites étrangers.
Un régime alimentaire défectueux, le surmenage physique et intellectuel, les dépressions psychiques provoquent un nombre infini d'altérations pathologiques, pouvant ruiner la santé et mettre en danger la vie humaine. Point n'est besoin
I. Le récent ouvrage excessivement intéressant du P^ Baelz consacré à ce genre d'influences fait vivement regretter que, devant renvabisscment ahurissant de la bactériologie, la pathologie expérimentale néglige presque entièrement l'étude de ces actions pathogènes.