‹ Les Nerfs du cœur, anatomie et physiologieChapitre 5 sur 81 · PRÉFACE IX · texte numérisé non relu

PRÉFACE IX

physiologie, précision inconnue aux médecins, ne faisait qu'accumuler pour ces derniers les difficultés de saisir la nature exacte, et surtout la véritable portée des faits découverts. Or, dans la science expérimentale, il est extrêmement difficile, sinon impossible, de se rendre compte des nouveaux faits et d'en saisir toute la portée quand on n'a pas été à môme de les reproduire, ou au moins quand on ne possède pas les méthodes à l'aide desquelles ces faits ont été découverts. C'est pourquoi au fur et S mesure que certaines branches de la physiologie atteignaient un développement très large, les physiologistes euxmêmes se sont vus dans la nécessité de rétrécir leur champ d'investigations particulières et de se spécialiser dans une ou dans l'autre de ses parties, soit dans la physiologie physique, dans la chimie physiologique, dans l'histologie, dans l'embryologie, etc. L'unité des vues, si indispensable pour l'avancement normal d'une science naturelle commençait peu à peu à se perdre même parmi les physiologistes. Quoi d'étonnant à ce que les cliniciens, déjà absorbés par leurs études médicales proprement dites et par leurs devoirs professionnels, se soient trouvés dans l'impossibilité de suivre les progrès de la physiologie et d'en apprécier la véritable portée. Le découragement, qui s'en suivit, eut bientôt engendré des doutes sur la possibilité et môme sur l'utilité d'appliquer les données physiologiques aux problèmes de la médecine. Et, comme l'homme est trop souvent porté à déprécier ce qui est en dehors ou au-dessus dr son entendement, bien des médecins sont arrivés à mettre en doute la valeur scientifique des conquêtes physiologiques les plus indiscutables.

Les études bactériologiques et la grande portée qu'elles ont acquise soudainement pour la genèse de certaines maladies infectieuses ont de leur côté largement contribué à détourner l'attention des médecins de la physiologie. Une grande partie des instituts de pathologie expérimentale se sont presque exclusivement consacré aux recherches microbiologiques. La déeou verte des bacilles du charbon par Davaine confirmant d'une façon éclatante l'hypothèse de Pasteur sur l'analogie entre les

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