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Pathogénie des troubles moteurs

Après les troubles sensitifs viennent les troubles moteurs immédiats dont nous avons maintenant à étudier la pathogénie.

Tout d'abord, il nous semble que l'on est en droit de les considérer, — dans les névralgies pures au moins, — comme des phénomènes d'ordre réflexe. Car ce ne sont pas seulement des excitations sensitives brusques et instantanées qui mettent en jeu l'excitabilité motrice : les réflexes sont également provoqués par des secousses faibles mais répétées des centres nerveux (1). Et nous avons dit que l'état névralgique devait être envisagé comme le fait de vibrations anormales des molécules nerveuses.

(1) Yoy. W. Stirling. Ueher die Sunimation elehtrischer Hautreizc. Leipzig, 1874.

L'origine réflexe des actions motrices une fois admise, on comprend comment il se fait qu'elles se manifestent tantôt dans la région névralgiée elle-même, tantôt dans des points assez éloignés. Elles obéissent en cela aux lois établies par Pfliiger. Quand la névralgie sera de médiocre intensité, les mouvements réflexes se montreront de préférence dans le domaine musculaire du nerf mixte ou dans celui du nerf moteur formant avec le nerf sensitif névralgie une paire physiologique. Si, au contraire, les accès présentent une grande intensité, les troubles moteurs pourront s'étendre au loin. L'intensité de la douleur n'est pourtant pas la seule condition qui préside à la localisation des réflexes. La nature du nerf et la nervosité du sujet exercent aussi sur elle, comme Erb l'a fait remarquer, une influence incontestable.

Les parésies développées par l'état névralgique sont moins faciles à concevoir. C'est au point que certains auteurs on cru pouvoir en nier l'existence. Il est bien certain cependant qu'en dehors de l'immobilité instinctive causée par la souff'rance, il existe, dans certaines névralgies, une parésie réelle, objective, tout à fait indépendante de la volonté du sujet.

La théorie de Vinhibitioii est la seule qui, à notre avis, puisse donner la clé pathogénique de ces paralysies. L'état névralgique de certaines cellules sensitives centrales provoquerait la manifestation de l'activité empêchante de cellules d'ordre moteur en communication physiologique avec les premières.

Nous savons que l'on a tenté d'expliquer d'une autre façon les akinésies d'origine sensitive. On a pu les considérer comme l'eftet direct d'une excitation intense, comme le résultat d'une espèce de commotion {Lewisson, II. Jones). Mais ici la commotion devrait porter tout d'abord sur la cellule sensitive dont elle anéantirait momentanément la fonction ; l'élément moteur cesserait ainsi d'être soumis à l'influence réflexe. Mais on oublie qu'il n'en conserverait pas moins la faculté de recevoir les impressions venues des centres supérieurs et qu'il pourrait continuer à réagir à l'égard de celles-ci par des impulsions motrices volontaires.

Pour ce qui concerne les paralysies tardives, on ne peut jusqu'ici en donner aucune explication rationnelle. Elles ne sont pas l'eflet de l'atrophie causée par le repos forcé du membre ou par l'action prolongée des troubles vaso-moteurs, car les atrophies névrotiques sont relativement rares et les muscles ne présentent pas la réaction de la dégénérescence. 11 ne peut être question non plus de la neurilis mi-

grans à laquelle Leyden (1) rapporte un certain nombre de paralysies considérées comme réflexes, puisqu'il s'agit dans l'espèce de névralgie et non de névrite. Uépuisemeut est encore moins admissible. — Il faut donc bien nous résoudre à confesser ici notre ignorance absolue.

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