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Pathogénie des troubles tropliîques

Dans les cas où les altérations nutritives ne dépassent pas le domaine du nerf névralgie, on doit supposer que la lésion moléculaire des éléments sensitifs à laquelle est due la névralgie a porté en même temps sur les fibres ou sur les centres trophiques du nerf et en a troublé plus ou moins profondément les fonctions.

Noihnagel (1) a cru devoir attribuer l'atrophie qui se montre si souvent dans la scialique à un spasme vaso-moteur qui poursuit ses effets, comme dans l'expérience de Stenson, même après la cessation de l'ischémie, pourvu que les accès névralgiques n'aient pas une trop longue durée. — Cette explication de JSothnagel, admissible pour certains faits particuliers, ne semble pas pouvoir convenir à tous les cas.

Comme la plupart du temps, les désordres nutritifs dépassent les limites de la zone douloureuse, il est rationnel de les considérer comme étant le plus souvent le résultat d'une action rétlexe exercée sur les éléments trophiques. Le marasme que déterminent parfois les névralgies intenses et rebelles est sans doute aussi — mais seulement en partie — la conséquence d'une altération réflexe des éléments trophiques provoquée par les impressions douloureuses, car ce marasme se rapproche beaucoup, par son expression symptomatique, de celui que Mantegazza (2) est parvenu k produire expérimentalement dans ses recherches sur les effets de la douleur.

Bien que l'existence des éléments trophiques soit établie par les recherches de ScJiiff, de Samuel, de Meissner, etc., et que certains faits d'observation se rapportant précisément aux névralgies soient de nature à corroborer les résultats expérimentaux (3), on aurait tort pourtant de leur attribuer une influence exclusive sur la production des troubles nutritifs. Sans aucun doute, les vaso-moteurs interviennent ici bien souvent comme agents pathogéniques. Une ischémie ou

(1) NoTHNAGEL. TropJiische Stôrungen bel Neuralc/ien. Griesinger's Archiv f. Psychiatrie, Bd II. 1869. S. 29.

Ci) Mantegazza. Dell'azione del dolore siilla iligestione e sulla nutrizione. Gaz. med. ilal. lomb. 187, nos 6 et 7.

(3) Anstie a observé sur lui-même le fait curieux suivant : chaque fois qu'il était atteint d'un fort accès de névralgie faciale, les poils du sourcil du côté affecté, dans la région d'émergence du nerf sus-orbitaire, devenaient gris ou même blancs. L'accès une fois passé, le sourcil reprenait à peu près sa coloration normale. Le même phénomène singulier se produisait quand il prenait de l'alcool à haute dose.

une hyperémie persistantes ne peuvent en effet demeurer sans action sur le mouvement nutritif des parties; l'observation de chaque jour est là pour le démontrer.

Quelle qu'en soit d'ailleurs la raison pathogénique, on peut établir cette règle générale que les troubles nutritifs sont ordinairement en rapport avec Vinlensité et surtout la durée de la névralgie.

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