‹ Les névralgies, leurs formes et leur traitementChapitre 32 sur 59 · ÉVK4LGIE§» GitIVGLIOi\lii4IRES OU VISCÉRALGIES · texte numérisé non relu

ÉVK4LGIE§» GitIVGLIOi\lii4IRES OU VISCÉRALGIES

Lai névralgie ganglionnaire SiVàit été entrevue par B/c/m/, et il avait essayé déjà d'établir, dans son Anato^nie générale, l'existence de cette affection (1).

Jolly, en 1828, a étendu avec raison aux douleurs nerveuses ganglionnaires la qualification de névralgies qu'on n'appliquait jusqu'alors qu'aux affections douloureuses des cordons nerveux émanant de l'encéphale ou de la moelle. 11 a déterminé nettement la place qu'elles doivent occuper dans le cadre nosologique. « Les nerfs de la vie organique, dit cet auteur, ont leur manière de sentir, et, bien que les douleurs que l'on éprouve dans les organes où se distribuent ces nerfs aient un caractère particulier, bien que certaines douleurs cardiaques, pulmonaires, utérines, intestinales, hépatiques, etc., ne ressemblent en rien aux douleurs des parties externes, elles n'en sont pas moins de véritables névralgies qui se manifestent sous l'influence des

(1) Anatomie générale, 1. 1, page 229.

LES NÉVRALGIES, LEURS FORMES ET LEUR TRAITEMENT. ibo

mêmes causes, affectent la même marche, cèdent aux mêmes moyens thérapeutiques (1). n

Valleix a cependant encore maintenu en dehors du cadre des névralgies l'algésie des nerfs de la vie organique, non pas que son existence lui parût douteuse, mais parce que la définition qu'il avait donnée de la névralgie en entraînait nécessairement l'exclusion. — Mais aujourd'hui, tous les pathologistes admettent, à l'exemple de Longet et de Sandras, la réalité des névralgies viscérales.

On sait, à n'en plus douter, que l'excitation du sympathique peut donner naissance à deux ordres de phénomènes : des phénomènes sentitifs et des phénomènes moteurs. On doit en induire que le sympathique possède, comme le système encéphalo-rachidien, deux catégories d'éléments : des éléments sensitifs et des éléments moteurs.

Mais la sensibilité du sympathique diffère par plusieurs points de la sensibilité du système cérébro-spinal.

Tout d'abord, lorsque les éléments du sympathique sont dans des conditions anatomiques normales et qu'ils sont soumis à des excitants normaux, la sensation est nulle, inconsciente, ou du moins assez vague pour qu'il soit impossible de la définir. Si, au contraire, on fait intervenir l'action d'un modificateur extra-physiologique ou si les éléments du sympathique ont été préalablement altérés, ceux-ci révèlent leur existence par une impression particulière, tantôt obtuse, tantôt nette, tantôt simplement étrange, tantôt véritablement pénible. La sensation peut même atteindre les dernières limites de la douleur.

Mais il est des organes animés par le sympathique que laissent parfaitement insensibles des irritations susceptibles de provoquer immédiatement les plus vives souffrances lorsqu'elles portent sur des tissus appartenant à la vie animale, — ces organes pouvant d'ailleurs, dans d'autres conditions, devenir nettement algésiques. La sensibilité du sympathique est donc d'une nature tout à fait spéciale : d'oii l'on doit conclure qu'il possède des éléments sensitifs qui lui appartiennent en propre.

A côté de cette sensibilité propre, il existe dans le sympathique une sensibilité d'emprunt qui lui vient de la récurrence. Celle-ci, en effet, n'existe pas seulement pour les nerfs cérébro-spinaux; elle unit en outre les deux systèmes. II en résulte que certains organes recevront à la fois des filets sympathiques proprement dits et des fibres cérébrospinales, sans que l'étude anatomique des aboutissants nerveux puisse faire présumer l'existence de ces dernières.

(l) Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques. Paris, 1834, t. XII, p. 41-43.

Voici, d'après ces données, comment on pourrait concevoir la sensibilité des viscères :

1" Certains d'entre eux, l'intestin, par exemple, sont susceptibles, même lorsqu'ils sont intacts, de réagir douloureusement à l'égard des irritants ordinaires : ils se comportent plus ou moins comme les organes de la vie animale. On doit supposer qu'ils renferment beaucoup de fibres sensitives cérébro-spinales;

2" D'autres viscères sont au contraire absolument insensibles à ces mêmes irritations. Il y a lieu d'admettre qu'ils sont complètement ou presque complètement dépourvus de fibres animales : l'utérus est dans ce cas;

3° Les uns et les autres, sous l'influence, par exemple, d'une altération inflammatoire de leur tissu, peuvent donner lieu à des manifestations douloureuses en l'absence même de toute irritation externe. iMais les viscères appartenant à la seconde catégorie resteront toujours moins douloureux que les premiers ;

4° Enfin, les uns et les autres pourront, au même degré, être aifectés de douleurs intenses quand ils subiront l'insulte névralgique : d'où cette conclusion que les deux systèmes de fibres sont égaux ici devant la douleur.

C'est là un motif de plus pour faire rentrer les affections algésiques des viscères dans la grande classe des névralgies.

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