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NÉVRALGIE ANGIO-PARALYTIQUE DES EXTRÉMITÉS

C'est à Weir Mitchell (1) et à Lannois (2) que l'on doit la connaissance de cette affection d'ailleurs relativement rare. Elle se caractérise surtout par la combinaison d'une hyperémie des plus prononcées avec une douleur à caractère névralgique occupant la région hyperémiée.

Examiné de près, voici comment se caractérise ce syndrome au point de vue de l'étiologie, des symptômes, de la marche et du traitement.

Les seules circonstances étiologiqiies connues sont l'âge adulte, le sexe masculin, des efforts corporels exagérés et le froid humide.

Le mal débute par des douleurs irritantes ou déchirantes ou lancinantes pouvant atteindre un degré extrême d'acuité, augmentant le soir et par une station verticale prolongée, occupant la plante des pieds ou s'étendant à toute la jambe, tantôt uni, tantôt bilatérales. Bientôt apparaît une coloration variant du rose clair au rouge violacé; les battements des artères sont énergiques, les veines turgescentes ; la température s'élève. Le moindre attouchement exaspère la douleur. — La sensibilité thermique est intacte ; les réflexes cutanés sont exagérés, le réflexe rotulien est maintenu.

La marche est lente, la durée longue. Le mal peut devenir stationnaire au bout d'un certain temps; il peut aussi aller en s'aggravant.

Le traitement consiste dans des applications réfrigérantes, des onctions belladonées, la contention exercée au moyen des bandes élastiques de Martin, la faradisation — et le repos dans une position horizontale.

Les affections qui se rapprochent le plus de l'érythromélalgie sont

(1) W. Mitchell. On a rare vaso-motor neurosis ofthe extrernities , and on the maladies with wich it mai/ le confoiinded. Amer, journ. ofmed. se, july 1878.

Vasphyxie locale des extrémités, Vacrodynie sporadique et la gangrène symétrique. 11 est même certain qu'il existe, entre ces divers accidents, au point de vue clinique, des transitions insensibles. C'est au moins ce que l'on peut conclure d'un cas que nous avons eu l'occasion d'observer. Nous le relaterons en quelques mots.

Une dame, portant une insuffisance mitrale avec sténose aortique, fut atteinte d'hémiplégie du côté gauche. La paralysie s'était établie sans ictus. Un au et demi environ après l'apparition de l'hémiplégie, des douleurs intermittentes se manifestèrent dans le pied du membre paralysé, lequel ne présentait ni contracture, ni atrophie. Elles duraient des heures entières, surtout la nuit, et se reproduisaient à des intervalles de quelques heures.

Presque dès les premiers accès, l'apparition des douleurs coïncidait avec la production de plaques roses irrégulières occupant différents points de la plante du pied et de ses bords. . Au niveau de ces plaques, la peau était chaude et sensible et c'était dans les mêmes points que se manifestaient les douleui's spontanées; elles s'irradiaient seulement un peu vers la jambe.

La fin de la crise douloureuse était marquée par une disparition presque complète de la rougeur.

Quelques mois plus tard, le pied droit s'entreprit à son tour et devint le siège des mômes phénomènes. Des pulvérisations au bromure d'éthyle, employées alors, firent disparaître le mal du côté gauche (le côté paralysé). — Mais les rougeurs et les douleurs persistèrent du côté droit, acquirent une intensité extrême et procédèrent par crises de plus en plus pénibles et de plus en plus longues. Les plaques gagnèrent en étendue et envahirent les orteils; la teinte devint bleuâtre; le pied se refroidit en conservant sa sensibilité tactile et la gangrène devint imminente. A ce moment, Vartère tibiale postérieure et la i:)édieuse étaient encore parfaitement perméables. La gangrène s'établit bientôt; elle était déjà confirmée que les artères battaient encore.

Le pied paralysé, après avoir résisté longtemps, subit de nouveau des atteintes du mal, et il commençait à se sphacéler lorsque la malade succomba au marasme.

L'affection s'est donc présentée, chez notre malade, avec toutes les apparences d'une érythromélalgie ; elle a même conservé longtemps ce caractère à gauche, — mais, de l'autre côté, le mal a fini par aboutir à une gangrène semblable à la gangrène des extrémités, sans qu'il eût été possible de constater de thrombose et encore moins d'embolie artérielle. Le sphacèle semble avoir été la conséquence d'une stase paralytique des petits vaisseaux.

A l'opposite des pseudo-névralgies dont il vient d'être question viennent se placer deux affections névralgi formes que l'on peut dési-

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gner respectivement sous les noms de névralgie anémique et de névralgie angio-tonique.

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