DIX
quatre derniers orteils, plus marquée à gauche. Pieds froids, violacés, immobilité des mouvements d’extension et de flexion des orteils. L'extension du gros orteil se fait, mais sans force. Les réflexes achilléens existent égaux. Médioplantaires nuls. Plantaires idem. Anesthésie bilatérale des : plantes et du talon remontant un peu sur le tendon d'Achille. Pas d’ulcérations plantaires. Voûte plantaire, plus creusée à gauche.
2. L..…., André, 22 ans. (Observation résumée). Mobilisé le 22 septembre 1916. Part au front le 26 octo-
bre 1916. Evacué, le 16 avril 1917, pour pieds gelés, présentait des phlyctènes sur le pied droit en particulier.
Actuellement, 8 décembre 1919, ressent des douleurs dans la jambe droite et dans la région médio-tarsienne du même côté. Les orteils du pied droit sont en légère hypérextension formant une griffe assez marquée. Il marche surtout sur le bord externe du pied droit. Tous les mouvements actifs et passifs de la jambe sur la cuisse et de la cuisse sur le bassin sont normaux. Limitation légère des mouvements de latéralité du pied droit, légère modification de l’amplitude des mouvements des orteils. La flexion du pied sur la jambe droite est un peu limitée. Réflexes rotuliens. Achilléens normaux. Médio-plantaires conservés. Hypoesthésie dans le domaine du plantaire externe. Légère atrophie musculaire. -
UX cAS D’ACROTROPHODYNIE PARESTHÉSIQUE : Correr, R. N., 1917
(Observation résumée)
Desp..., André, 36 ans, fantassin. A toujours été d’une excellente santé. Mobilisé le 19 août 1914, est parti au front le # octobre suivant. À passé l'hiver 1914-1915 dans les tranchées. Vers le 21 janvier 1915, après un séjour dans des tranchées inondées, a eu une atteinte de gelures si légère qu'il ne s'est même pas présenté à la visite. Tout s’est borné à une légère enflure des pieds, avec sensation d’engourdissement et de picotement. Il n’a pas senti ses orteils pendant deux ou trois jours et avait l'impression de mar-
cher sur des pointes d’épingles. Il n’a remarqué aucune
Mod er
éruption sur les pieds. Ces troubles se sont rapidement améliorés et il ne s’est plus ressenti de rien. Il passa l'hiver 1915-1916 à travailler à la construction de tranchées et n’éprouva aucun malaise. Au commencement de juillet 1916, travaillant dans des tranchées inondées, a de nouveau souffert des pieds, sur lesquels sont apparus des phlyctènes à la face dorsale des avants-pieds.
A l’examen du 8 novembre, il était porteur aux pieds d’une éruption ayant les caractères suivants: Éraption bulleuse siégeant symétriquement à la face dorsale des avants-pieds, intéressant à gauche les cinq orteils, à droite les quatre premiers, et des deux côtés, surtout le premier orteil, et empiétant un peu sur la face dorsale des pieds ; les espaces interdigitaux et la face palmaire des orteils étaient indemnes. Cette éruption était constituée par des bulles à contenu transparent et si confluentes qu’elles se touchaient ; leur volume variait d’une tête d’épingle à une noisette ; elles étaient de forme ronde, elleptique ou ovalaire. Cet exanthème était entouré d’une peau d’aspect normal, il n’y avait pas d’œdème appréciable. Les pieds n'avaient pas d’aspect acro-asphyxique marqué ; cependant, au niveau des articulations métatarso-phalanginiennes du gros orteil, on notait une tache rouge violacée.
Les symptômes subjectifs étaient très atténués, ils consistaient en quelques sensations de picotements qui s’exagéraient avec le mouvement.
L’examen de la sensibilité cutanée objective a donné lieu aux constatations suivantes :
Aux deux jambes existe symétriquement une hypoesthésie nette qui embrasse le pourtour, remonte en avant jusqu’à l’'interligne articulaire du genou et en arrière jusqu’à quatre travers de doigts au-dessous de cet interligne.
Aux pieds, la sensibilité est normale, peut-être même exagérée à la face plantaire et au niveau d’une zone annulaire, large d'environ deux travers de doigts qui entoure le cou de pied. Il existe au contraire une hypoesthésie marquée de la face dorsale du pied, y compris la face dorsale des orteils dans les parties épargnées par l’exanthème.
La zone sensible et même hypersensible du pied et du
cou de pied figure assez bien une sandale avec lac circulaire entourant le cou de pied. Ces troubles sont symétriques.
Réflexes cutanés-plantaires, médio-plantaires, achilléens, rotuliens, normaux des deux côtés.
Le 15 novembre, amélioration ; pour la première fois, le malade se plaint de douleurs dans le mollet.
Il n’est pas douteux que le malade a été atteint de troubles névritiques de la forme latente de l’acrotrophodynie paresthésique des tranchées avant l’apparition de l’éruption.
Cette affirmation se fondait sur une double preuve : l’existence au moment de l’éruption de stygmates sensitifs caractéristiques, d’autre part les atteintes de soi-disant gelures des pieds qui permettait de faire le diagnostic rétrospectif de troubles névritiques.
Cette éruption doit être considérée comme un trouble purement trophique conditionnée par les altérations névritiques latentes dont il était porteur.