‹ Les Névrites Consécutives au Pied des TranchéesChapitre 14 sur 17 · ANDRÉ · texte numérisé non relu

ANDRÉ

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ne répondent que rarement à la distribution cutanée d’un nerf. Dans les pieds de tranchées, comme dans les névrites ordinaires, on observait l'existence de points particulièrement douloureux à la pression. C’est ainsi que l’on notait fréquemment l'existence d’un point métatarsien au niveau de la plante du pied, sur la tête des métatarsiens correspondant aux ramifications terminales du plantaire interne. On rencontrait d’antres points douloureux :

Un point médio-tarsien réveillé par la pression due sans doute à l’hypersensibilité du nerf plantaire interne,

Un point rétro-malléolaire au niveau du tibial postérieur.

Parfois, un point péronier traduisant la participation du sciatique poplité externe.

Enfin, dans quelques cas, on eut des signes de Bonnet et de Lasègue positifs, ce qui ne s’observe guère dans les troubles névropathiques.

Les cas d’anesthésie douloureuse, surtout au niveau des maux perforants, furent nombreux et ne peuvent être expliqués par des phénomènes purement névropathiques.

Dans des cas très rares il est vrai, rapportés par Sicard, Heitz et de Jong, on trouva une dissociation syringomyélique, ce qui ne peut se concevoir qu'avec des troubles profonds de l’innervation.

Les troubles de la sensibilité s’accompagnaient d’une façon presque toujours parallèle de troubles de la réflectivité des membres inférieurs, ce qui ne peut cadrer avec l'hypothèse de troubles névropathiques.

30 Troubles vaso-moteurs et trophiques. — Les troubles vasomoteurs précoces comme l’érythème, qui était en général le premier symptôme des pieds de tranchées, pouvaient être mis sur le compte d’une 1rritation des tissus sans qu'il y ait besoin d’avoir recours à l'hypothèse de névrites pour les expliquer. Certainement, ces phénomènes vaso-moteurs de début n'étaient pas conditionnés, pour la plupart, par des altérations névriti-

ques, mais on observa l'apparition tardive de ces phénomènes

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et leur persistance, ce qui ne peut se concevoir que comme des troubles vaso-moteurs dus à l’altération des nerfs. Il faut encore faire cette distinction entre les troubles précoces et tardifs pour les œdèmes, les phlyctènes, les escarres, qui sé rencontrèrent si souvent.

Sans doute, parfois, ces troubles, même précoces, traduisaient l’altération de la fonction trophique des nerfs, mais souvent aussi ils furent dus à l’action directe sur les tissus des extrémités de l’agent causal des pieds de tranchées, sans que celui-ei ait dû nécessairement léser tout d’abord les nerfs, pour les produire, en perturbant leur fonction trophique.

Par contre, il apparut très souvent, de façon tardive, des phlyctènes, des œdèmes, des escarres qui ne pouvaient être expliqués de Ia même façon.

Les pieds devenaient, parfois assez tard, rouges violacés, froids.

Les membres inférieurs s’infiltrèrent fréquemment d’un œdème dur qui se montrait parfois tardivement, étant ainsi de tous points comparable aux trophædèmes d’origine nerveuse.

Des escarres tardives se rencontrèrent également, mais, de plus, on rapporta un grand nombre de cas de véritables maux perforants avec zones d’anesthésie douloureuse qui exigeaient, pour se produire, des altérations nerveuses.

Nous citerons encore, comme preuve de l’origine névritique de la plupart des troubles observés dans les pieds de tranchées, l’apparition tardive d’éruptions bulleuses phlycténoïdes, s’accompagnant de troubles de la sensibilité, ainsi qu'il est rapporté plus haut dans le cas d’acrotrophodynie paresthésique décrit par Cottet.

Enfin, lorsqu'on suivait les malades pendant un certain temps, on remarquait que, chez certains, la peau devenait mince, luisante, rouge ou, au contraire, devenait sèche, les ongles se fendillaient, les poils tombaient, tous ces signes font partie du tableau symptomatique des névrites. |

Des atrophies musculaires, plantaires surtout, furent décri-

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tes à la suite des pieds de tranchées et vinrent signer l’origine névritique des troubles vaso-moteurs et trophiques, qui furent observés dans cette affection. On a soutenu que ces atrophies pouvaient être d’origine réflexe à la suite de lésions des tissus ou consécutivement à une impotence fonctionnelle de longue durée, mais on aurait alors observé des atrophies de tous les muscles et non pas seulement des atrophies dans le domaine du nerf bien déterminé, comme le plantaire interne.

49 Troubles réflexes. — Dans un grand nombre de cas de pieds de tranchées, les réflexes furent trouvés modifiés.

Raymond nota fréquemment de l’exagération des réflexes patellaires et parfois de la trépidation épileptoïde. Chez les malades de Sicard, les réflexes étaient souvent absents. L’examen systématique des réflexes achilléens et cutanés plantaires, fait par Heitz et de Jong, révélèrent assez souvent l’abolition ou tout au moins leur diminution.

On voit donc que les réflexes du pied tout particulièrement, furent fréquemment altérés dans les cas de pieds de tranchées.

Ces troubles de la réflectivité ne peuvent se comprendre, que si l’on admet une lésion de l’arc réflexe qui ne peut être que périphérique et qui, par suite, ne saurait être due à d’autre cause que la névrite.

59 Modification des réactions électriques. — Les modifications mécaniques et électriques des muscles, écrivait Sainton, sont, dans les pieds de tranchées, comparables à celles qui caractérisent les névrites. L’excitabilité mécanique était fréquemment accrue. La contractilité galvanique et faradique était diminuée. Dans un cas de Sicard, il y avait égalité polaire de le contraction des muscles et des nerfs de la loge antérieure et postérieure de la jambe dans le domaine du sciatique poplité externe et du tibial postérieur. Il y eut done, dans les pieds de tranchées, des modifications, dans nombre de cas des réactions électriques, ce qui constitue une preuve de plus en faveur de l’existence de névrites dans cette affection.

6° Il existe enfin des preuves anatomo- pathologiques démontrant l’existence de névrites. Sicard, surun pied amputé, a trouvé que les nerfs plantaires interne et externe étaient le siège d’une dégénérescence wallérienne classique dans leur segment périphérique.

ÉTIOLOGIE

Il nous faut maintenant rechercher l’étiologie de ces altérations névritiques des pieds de tranchées et examiner les diverses théories soutenues pour expliquer leur apparition.

I. Les troubles névritiques furent-ils causés par l’action unique du froid ? C’est la théorie de la gelure.

IT. Le froid n’a-t-il été qu’une cause prédisposante et d’autres éléments n’ont-ils pu intervenir de façon plus effective ? Dans ce chapitre, nous rencontrons plusieurs théories :

19 Théorie vasculaire ;

20 Théorie de l’action du froid et d’une diathèse :

39 Théorie infectieuse : |

49 Théorie d’une maladie par carence alimentaire.

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