‹ Les Névrites Consécutives au Pied des TranchéesChapitre 5 sur 17 · MO · texte numérisé non relu

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névritiques dus à des causes complexes où n’entre pas seulement l’action du froid.

C’est l’étude de ces névrites consécutives aux pieds de tranchées qui fera l’objet de ce travail.

Ces névrites se classent immédiatement en deux grands groupes :

Dans le premier, il s’agit d'hommes qui, au cours d’un séjour prolongé dans des tranchées boueuses et froides, présentent des phénomènes douloureux ou trophiques au niveau de leurs membres inférieurs. Ces manifestations apparaissent pendant, ou peu après une longue stabilisation dans les tranchées et constituent ce que nous appellerons les névrites précoces des pieds de tranchées.

À côté de ce premier groupe, il en est un second bien différent : les sujets, après avoir eu des phénomènes névritiques plus ou moins marqués, parfois très légers, semblaient avoir été complètement guéris, mais souvent, longtemps après, ils revenaient dans des centres spéciaux pour des troubles névritiques dont l’origine étiologique paraissait obscure. C’est l’ensemble de ces cas que nous classerons dans le chapitre des Névrites tardives consécutives aux pieds de tranchées.

NÉVRITES PRÉCOCES

Elles apparaissaient à la suite d’un stationnement prolongé dans des tranchées boueuses et froides, la température oscillant aux environs de 00, mais ne s’abaissant souvent pas audessous.

Le mode de début de ces troubles était extrêmement variable et affectait souvent, d’une façon élective, l’une des fonctions des nerfs des membres inférieurs, fonctions sensitives, motrices ou trophiques.

Dans les formes à début sensitif, les malades venaient se plaindre de douleurs parfois vives, siégeant au niveau des pieds et s’irradiant plus ou moins haut le long des membres inférieurs. Ces douleurs ne s’accompagnaient, fréquemment, d’aucune manifestation objective, l’examen le plus minutieux ne décelait rien. Il n’y avait aucune modification de la peau, qui ne présentait ni rougeur ni œdème ; au toucher on ne constatait qu’un abaissement anormal de la température locale. Ce début sensitif était de beaucoup le plus commun.

Le début par des phénomènes moteurs fut, par contre, rarement observé, il consistait alors en quelques troubles de la démarche, dus à un certain degré de parésie.

Beaucoup de formes avaient un début traduisant l’altération de la fonction trophique des nerfs, il s'agissait d'hommes qui, en plus des phénomènes sensitifs indiqués prédédemment, présentaient un crythème au niveau des pieds, la peau était luisante, tendue, de couleur rouge plus ou moins foncée, parfois violacée. Parfois, un œdème apparaissait, peu marqué souvent, et il fallait le découvrir en certaines régions, particuliè-

rement à la face dorsale des métatarsiens.

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Après ce début à forme variable, ces troubles pouvaient tourner court ou au contraire s’accentuer et se compliquer en altérant plus profondément le fonctionnement des nerfs des membres inférieurs.

Ces névrites nous présenteront à considérer successivement :

19 Des troubles sensitifs ;

20 Des troubles moteurs :

30 Des troubles des réflexes :

49 Des troubles vaso-moteurs et trophiques.

10 Troubles sensitifs. — Ces troubles furent de beaucoup les plus fréquents et ce sont eux qui firent penser que les nerfs étaient surtout altérés dans leur fonctionnement et parfois leur structure dans ce qu’on appelait les pieds de tranchées.

Ces troubles étaient subjectifs et objectifs, nous allons successivement les examiner dans leurs diverses modalités.

Les troubles subjectifs de la sensibilité consistaient en parésthésies et en douleurs spontanées vives.

Les malades ressentaient d’abord des picotements au niveau des orteils, puis une sensation de brûlures qui devenaient parfois intolérables.

Ces douleurs étaient bilatérales et plus ou moins symétriques, quelquefois un pied était plus douloureux que l’autre. Elles avaient une localisation ni précise ni constante, et les malades disaient que «la douleur se déplaçait ».

Parfois, le pied était douloureux dans son ensemble ; le plus ordinairement, les malades accusaient des douleurs sur le bord interne du pied, au niveau du talon antérieur, à l'extrémité terminale des orteils, surtout à la face plantaire.

Plus rares étaient les douleurs localisées au bord externe du pied, à la face dorsale de la racine des orteils ou au cou de pied ; exceptionnelles les douleurs talonnières ou rétro-malléolaires. Parfois, elles s’irradiaient dans la jambe, le genou ou la cuisse,

Ces douleurs présentaient des paroxysmes : elles étaient

particulièrement vives la nuit, sous l'influence de la chaleur

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