‹ Les Névrites Optiques: Post-RubéoliquesChapitre 6 sur 16 · ÉTUDE CLINIQUE · texte numérisé non relu

ÉTUDE CLINIQUE

Dans la presque totalité des cas que nous avons pu réunir, la névrite optique s’est déclarée pendant la convalescence de la rougeole, au moment où l’éruption caractéristique ayant disparu et en l'absence fréquente d’autres complications, le malade était déjà considéré comme guéri.

L’affection frappe beaucoup plus souvent les deux yeux qu’un seul ; dans la série d'observations que nous donnons plus loin, la névrite monolatérale apparaît comme une rareté.

Le début est souvent rapide, parfois soudain comme dans les cas de Calmeil et de Boucher. Subitement la malade de Chevalier devient pres-

que aveugle et ne peut plus se conduire dans le

jardin où elle se promenait. Dans le cas de Vaucresson, la cécité complète s'établit en huit jours. Lorsque les troubles de la vision sont progressifs, ils sont souvent considérables aux environs de la première semaine : après s'être manifestés dans les premiers jours par une sensation de brouil-

lard, parfois des photopsies, ils atteignent rapidement un degré très accusé. Ces troubles se caractérisent alors par des symptômes différents suivant qu’il s’agit d’une papillite, avec ses signes ophtalmoscopiques, ou d’une névrite rétro-bulbaïre sans modifications du fond d'œil au début.

Ce sont là, en effet, les deux formes que peut affecter la névrite post-rubéolique. Disons tout de suite que la névrite rétro-bulbaire est exceptionnelle et que la grande généralité des cas observés se traduisirent par la papillite.

Etudions donc tout d’abord cette papillite ou névrite optique intra-bulbaïre :

Elle donne lieu à deux ordres de manifestations : des troubles visuels et des lésions papillaires wisibles à l’ophtalmoscope.

a) Troubles visuels : La vue, dans cette forme, diminue en général progressivement dans son ensemble. Le rapport n’est d’ailleurs pas forcément proportionnel entre l’intensité des lésions papillaires «et la baïîsse visuelle.

Le champ visuel est d'ordinaire atteint : il présente un rétrécissement, le plus souvent irrégulier.

L’acuité visuelle centrale diminue aussi plus ou moins. È

La vision des couleurs s’altère au centre et à la périphérie. Ce sont là les troubles visuels qui surviennent pendant le développement de la névrite ; ils sont parfois définitifs, mais peuvent guérir en partie ou complètement, après une ou deux se-

maines, si la névrite s'améliore et si les lésions régressent.

Mais si la névrite continue son évolution vers l’atrophie, les troubles visuels persistent et augmentent, même pendant la période dite de réparation. La vision continue à baisser pendant que l’inflammation papillaire s’atténue. A l'encontre des troubles visuels de la période aiguë, ceux qui Surviennent pendant la régression sont définitifs, incurables. La vue finit par s’en aller complètement, à mesure que latrophie remplace la papillite.

b) Lésions papillaires :

Comme l’a indiqué à diverses reprises M. le professeur Rollet, il y a lieu d’opposer nettement les papillites infectieuses (simples ou œdémateuses) d’origine inflammatoire, à l'œdème papillaire, lésion mécanique en rapport avec l’hypertension intra-crânienne.

Ce qu’on voit à l’ophtalmoscope dans les névrites post-rubéoliques, c’est une papillite, parfois “ædémateuse, d'intensité très variable.

A un premier degré, celui qu’on rencontre le plus souvent, la papille est le siège d’une légère congestion ; elle est rouge, un peu tuméfiée, À bord trouble, le disque semble entouré d’un halo. La cupule centrale du disque est obscurcie.

Les vaisseaux sont le plus souvent normaux.

A un degré plus accentué, il existe une papillite modérée : rougeur plus accentuée, parfois tein-

te gris-rougeâtre ; tuméfaction accentuée, trouble franc du bord papillaire. La cupule centrale disparaît : petites taches rouges, hémorragiques. Les veines, sur le disque, sont cachées dans le tissu tuméfié. Les artères se voient mal.

Le degré suivant, de papillite intense, accompagnée parfois de rétinile, est beaucoup plus rare.

Après un temps variable, la papillite entre en régression. La saillie papillaire diminue, la rousgeur s’efface, les veines se dégonflent, le bord papillaire redevient visible. Maïs s’il s’agit de formes intenses, des lésions persistent. Le disque reste blanc grisâtre, l’excavation centrale ne reparaît que lentement, la lame criblée est invisible.

Artères et veines rétrécies, bordées de lignes blanches. Taches de pigment autour de la papille.

La rétine voisine présente des taches blanches, des dépôts pigmentaires, des veines tortueuses.

Dans l’atrophie complète, la papille est blanche ou blanc grisâtre, à bords irréguliers.

La régression de la névrite post-rubéolique est de durée variable: quand l’amélioration doit se produire, elle survient en général au bout d’un mois en moyenne.

Passons maintenant à l’étude de la névrite postrubéolique rétro-bulbaire :

Elle est, comme nous Pavons dit, infiniment plus rare, parfois douloureuse. La baisse de la vision est rapide et considérable. L’acuité visuelle iombe d’un coup car la vision centrale est abolie :

on SA

Es Ki

il y a scotome central. La vision périphérique est moins atteinte e plus lentement. Parfois cependant la vision s’en va complètement en deux ou trois jours, d'emblée même dans certains cas.

La vision revient en général intégralement, mais elle est quelquefois définitivement perdue.

Le plus souvent, il persiste une légère dimi-

nution de Pacuité visuelle et de la dyschromatopsie.

Il n'existe au début aucun signe ophtalmoscopique. Mais dans les cas défavorables, une dégénérescence descendante se produit, la papille blanchit et s’atrophie (terminaison exceptionnelle).

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