‹ Les névrites postsérothérapiquesChapitre 19 sur 47 · OBSERVATION XVII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XVII

ANDRÉ THOMAS. — Presse Médicale, 18 février 1925

Mme YŸ..…, 20 ans ; rougeole à l’âge de 7 ans : mariée à 19 ans, devient enceinte immédiatement ; souffre pendant les premiers mois de la grossesse d'un état nauséeux continuel ; fait au septième mois un point de pleurésie sèche du côté droit, qui guérit sans laisser aucune trace. Au neuvième mois, travail long et pénible, basiotripsie sur enfant hydrocéphale.

Le même jour on injecte 20% de sérum antistreptococcique de l’Institut Pasteur dans la cuisse droite.

Le lendemain, plaque d’érythème prurigineux au niveau de la piqûre ; elle ne dure que quelques heures. Température normale.

Le quinzième jour surviennent brusquement des douleurs extrémement vives dans les membres inférieurs ; la malade les compare à des arrachements. Elles sont permanentes avec paroxysme empêchant le sommeil et soulagées, en apparence tout au moins, par le déplacement. Dans les jours suivants, les jambes se dérobent pendant la marche et elle doit s’aliter.

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20 octobre 1923. — Entre à l'hôpital. Les douleurs se sont beaucoup atténuées, la malade peut encore faire quelques pas en steppant, mais bientôt l’impotence augmente et l’atrophie musculaire s’accuse rapidement.

Décembre 1923. — A droite : paralysie complète du jambier antérieur, parésie très marquée des muscles de la jambe et du pied. La rotation de la cuisse se fait avec une certaine force, mais le grand fessier ne se contracte pas.

À gauche : paralysie totale pour les muscles de la région antéroexterne de la jambe : jambier antérieur, extenseur commun, péroniers latéraux ; presque totale pour l’extenseur propre du gros orteil, les fléchisseurs du pied et des orteils ; parésie très marquée des extenseurs et fléchisseurs de la jambe sur la cuisse, des rotateurs ; le grand fessier ne se contracte pas.

Des deux côtés, la flexion de la cuisse sur le bassin se fait assez bien. Atrophie musculaire extrêmement marquée, surtout à gauche ; pieds tombants, ballants, excavation plantaire, sans griffe des orteils. Le talon ne peut être ramené sur la fesse, m d’un côté, ni de l’autre ; la manœuvre produit une vive douleur au niveau du genou et de la face antérieure de la cuisse. Le talon est soulevé facilement à plusieurs centimètres au-dessus du plan du lit (hyperextensibilité des fléchisseurs). La secousse mécanique est lente pour les muscles de la jambe et du pied. Abolition du réflexe patellaire et achilléen. Réflexe cutané plantaire nul à droite ; à gauche, ébauche lente d'extension du gros orteil. Réflexe cutané abdominal inférieur d’abord aboli, puis normal ; pendant les premiers jours, la sangle abdominale était paralysée dans son segment inférieur. Réflexe cutané anal conservé.

La manœuvre de Lasègue est douloureuse, Les masses musculaires du membre inférieur droit sont douloureuses à la pression. Sensibilités superficielles abolies sur le pied, la jambe, le tiers inférieur de la cuisse. Pincement également aboli. La pression profonde est sentie à droite, diminuée à gauche. Abolition de la sensibilité articulaire des orteils et du pied droits ; abolition presque complète à gauche ; diminution au niveau du genou.

Aucuns troubles des membres supérieurs, de la tête et des yeux.

Sphincters normaux. Aucun trouble psychique. Sommeil insuffisant. Réflexe oculo-cardiaque positif. Réflexe cœliaque nul.

23 janvier 1924. -— [a malade sort améliorée. Les douleurs persistent néanmoins dans les jambes et les genoux ; la mobilité des jambes est en partie récupérée, mais la marche n’est pas encore possible.

De même, Martin-Sisteron signale une zone d’hypoesthésie très marquée dans la région deéltoïdienne des deux côtés et une violente douleur à la pression le long du trajet des nerfs radial et musculo-cutané, mais de l’au$gmentation de la sensibilité aux trois modes aux bras et aux avant-bras, surtout à droite (obs. XXXIX). Chez le malade de Barré et Gillard, l’anesthésie s’observe seulement à la face postérieure du bras le plus atteint (obs. XV). Dans l’observation suivante, Marchal note une anesthésie superficielle aux trois modes occupant deux zones distinctes plus ou moins symétriques des deux côtés, l’une deltoïdienne, l’autre scapulaire, les deux zones étant d’ailleurs réunies par un pont mince d’hypoesthésie, troubles sensitifs qui se superposent exactement aux troubles moteurs.

OBSERVATION XVII MaARCHAL. — Arch. Méd. belges, décembre 1921

Un lieutenant déjà injecté de sérum pour une diphtérie quinze ans auparavant, reçoit, à la suite d’une plaie contuse du genou, une injection de 10° de sérum antitétanique le 15 juillet. Le 22, soit sept jours plus tard, réaction sérique banale. Dans la nuit du 26 au 27, soit onze jours après l'injection, apparition de douleurs extrêmement vives dans la région des épaules, surtout de l'épaule gauche, qui vont se prolonger pendant six semaines. Ce n’est que le 8 août, soit une douzaine de jours après l'apparition des douleurs que survient l’impotence motrice, dont le patient ne

remarque guère au début que l'atteinte laryngée, les douleurs vio-

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lentes occupant les épaules ne lui permettant guère de contrôler la mobilité des régions douloureuses.

Octobre. — Les épaules sont abaissées et déjetées en avant, la poitrine creuse, la contraction des trapèzes considérablement affaiblie, surtout à gauche. L’élévation des bras n'atteint pas l’horizontale ; elle est moins haute à gauche qu'à droite ; cependant la contraction des deltoïdes se fait bien, mais les omoplates, pendant l'élévation en avant, s'écartent nettement de la cage thoracique par leur bord spinal, un peu plus à gauche qu'à droite (paralysie bilatérale des grands dentelés). La rotation des bras en dedans se fait avec force des deux côtés. La rotation en dehors, par contre, est affaiblie à gauche : le sous-épineux ne participe pas au mouvement, le petit rond seul le réalise. L'acte de porter les bras en arrière et en dedans (grand dorsal, grand rond), nul ou tout au moins très faible à gauche, est normal à droite. Le malade parvient à rapprocher ses omoplates l’une de l’autre, mais la saillie des rhomboïdes est très faible et la moindre résistance la fait céder surtout à gauche. La contraction des pectoraux, des sternocléido-mastoïdiens et des muscles des membres supérieurs est normale des deux côtés.

L'’atrophie est nette au niveau de la portion supérieure du trapèze gauche, des deux fosses sus-épineuses, de la fosse sous-épineuse gauche, de l’espace interscapulaire et du grand dorsal gauche. Les muscles atrophiés sont nettement douloureux à la pression modérée. Il n'existe pas de contractions fibrillaires.

Les réactions électriques au niveau des muscles atrophiés sont très altérées, l’excitabilité faradique, très réduite ou impossible à mettre en évidence ; la réaction au galvanique y est lente, très lente même. au niveau du trapèze supérieur et du grand dorsal gauches.

L'examen laryngoscopique révèle une parésie bilatérale des crico-thyroïdiens.

Il existe des altérations objectives de la sensibilité : Anesthésie superficielle aux trois modes occupant deux zones distinctes plus ou moins symétriques des deux côtés, l’une deltoïdienne, l’autre scapulaire, les deux zones étant d’ailleurs réunies par un pont mince d’hypoesthésie.

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