‹ Les névrites postsérothérapiquesChapitre 20 sur 47 · AS · texte numérisé non relu

AS

Les réflexes tricipital, bicipital et périosté radial sont faibles des deux côtés. Le cubito-pronateur gauche est le seul réflexe net au membre supérieur.

Le malade s’est, dans la suite, amélioré très nettement. La restitution de la motricité ad integrum a duré environ une année. Les grands dentelés ont été les muscles dont la paralysie a été la plus persistante.

Alors que les deux membres supérieurs sont frappés de paralysie, Sicard, de Gennes et Coste mentionnent seulement de l’hypoesthésie dans la zone du circonflexe Sauche (obs. XXXI). Alors que la motricité est diminuée dans tout le membre supérieur gauche, la zone d’anesthésie ne s’étend qu’au domaine du cubital dans le cas de Gangolfe et Gardère (obs. XXXIV). Enfin dans l’observation suivante, bien que tout le bras droit soit impotent, la zone d’anesthésie est limitée au pouce et à l’index, mais des douleurs très vives, avec fourmillements, irradient le long du radial.

OBSERVATION XIX CaucHoIs. — Soc. de chir. Paris, 5 jun 1912

Un médecin de 45 ans, vigoureux, n'ayant jamais reçu de sérum antérieurement, se fait une plaie par écrasement du médius gauche. Guérison complète en douze jours. Par crainte du tétanos, une injection de 12° de sérum antitétanique est faite le lendemain à la cuisse droite.

Dans la nuit suivante, légère élévation thermique. Le lendemain, douleurs dans l'épaule droite, qui s’aggravent dans la nuit,

deviennent extrêmement pénibles dans tout le plexus brachial, prin-.

cipalement le long du radial, avec fourmillements et zone d’anesthésie au pouce et à l'index ; en même temps, éruption urticarienne bientôt généralisée au membre supérieur droit. Urines légèrement albumineuses.

as

LME

Durant douze jours, les douleurs restent vives, souvent paroxystiques et ne cèdent à aucun traitement. Enfin se montre une impotence fonctionnelle à peu près absolue dans tout le membre supérieur droit et une insomnie persistante. On constate une atrophie musculaire du bras et spécialement du triceps et du sous-épineux.

/ : , La sédation ne fut obtenue qu'avec des séances de courants continus : traitement électrique pendant six mois et deux saisons à

Aix-les-Bains.

Dix-huit mois après le début des accidents, le bras a recouvré à peu près complètement son aptitude fonctionnelle ; il reste une diminution de la sensibilité tactile au pouce et à l'index et une atrophie presque totale, et qui paraît définitive, du muscle sousépineux à droite.

Aïnsi, suivant la nature, l’intensité et la localisation des phénomènes sensitifs, on pourrait subdiviser jusqu’à l’infini la forme sensitivo-motrice et ces divisions symptomatiques n’auraient guère de valeur.

Jusqu'ici, nous avons signalé seulement des modifications de la sensibilité aux trois modes, tactile, douloureux, thermique.

Il est une autre forme de troubles sensitifs, d’une nature toute spéciale : nous voulons parler des troubles du sens musculaire de l’espace, du sens stéréognostique.

Ces troubles n’ont été notés qu’une fois au membre supérieur, peut-être parce que dans les autres cas ils étaient masqués par la paralysie.

OBSERVATION XX BABONNEIX. — Gaz. des hos. n° 49, 17-19 juin 1924

M° 7... accouche à terme le 1°” décembre 1923. En raison d’une déchirure du périnée, par mesure de prudence, on lui injecte en deux fois, les 3 et 5 décembre, 60* de sérum antistreptococcique.

Au bout d’une dizaine de jours, accidents sériques habituels : arthralgies, urticaire généralisée.

Le treizième jour après la première injection, troubles nerveux multiples : sensitifs, douleurs généralisées, fourmillements, engourdissements, prédominant sur les membres inférieurs, perte de la notion de position, sensation de marche dans le vide ; pesanteur lombaire.

Moteurs : ataxie frappant les muscles des membres et respectant la face ; diminution légère de la force segmentaire ; signe de Romberg.

Sphinctériens : rétentions des urines et, à un degré moindre, des matières.

Réflexes : abolition complète et généralisée des réflexes tendineux.

Généraux : malaise, fatigue, énervement. Traces d’albumine dans les urines.

Phénomènes d'ordre négatif : ni troubles intellectuels, ni sensoriels. Rien ne permet de penser à une diphtérie méconnue.

Electrothérapie, injections de strychnine et massages légers.

Mai 1924, - Ataxie très marquée, aussi nette aux membres supérieurs qu'aux inférieurs. La malade est incapable. de se livrer aux travaux d’aiguille. Veut-elle écrire, elle gribouille ; il lui est impossible, avec le bout de l'index, de se toucher le bout du nez. De même, elle marche difficilement, talonne, lance la jambe à gauche et à droite, comme une véritable tabétique, risque de tomber si elle n'est pas soutenue. Signe de Romberg très net.

Abolition complète de tous les réflexes tendineux ; troubles légers de la sensibilité profonde : la malade, les yeux fermés, hésite sur la place réciproque de deux segments de membre.

Pas d’hypotonie ; pas d’altération des fonctions intellectuelles ; pas de signes sensoriels ; pas d’Argyll-Robertson, en particulier ; pas de modification de la sensibilité superficielle ; pas de douleur à la pression des masses musculaires ou à l’élongation des troncs nerveux ; pas de troubles trophiques.

L'examen électrique aurait décelé quelques modifications légères de l’excitabilité musculaire, sans R. D.

Pre

Par contre, les altérations du sens stéréognostique sont nets dans quelques observations où les membres inférieurs étaient atteints : la malade de Babonneix marche difficilement, talonne, lance la jambe à gauche et à droite (obs. XX) ; le sujet de Morichau-Beauchant et Fagart ne peut se tenir debout et a de l’incoordination dans les mouvements (obs. XXIX) ; ceux d’Etienne (obs. XXXVIII), d’André-Thomas (obs. XVII) steppent.

Cette forme constitue le type pseudo-tabétique que Blum et Pollet rangent dans un paragraphe spécial de leur classification.

Nous avons cru devoir la rattacher à notre grande classe sensitivo-motrice car les troubles du sens stéréognostique sont signalés dans certaines polynévrites et de plus, dans ces observations, le syndrome pseudo-tabétique semble bien surajouté à d’autres symptômes tant moteurs que sensitifs.

Page 1