OBSERVATION XXVII
ÉTIENNE et BENECH (Revue méd. Est, 1° avril 1920)
Z.…, 30 ans, maçon, entre à l'hôpital le 17 décembre 1919 pour tétanos confirmé. Le malade reçoit immédiatement 60" de sérum antitétanique.
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Le lendemain, état alarmant : il faut lutter de vitesse avec l’infection et on associe les injections intrarachidiennes aux injections sous-cutanées. Du 17 au 26, le malade reçoit 120* de sérum intrarachidien et 1.220° sous-cutané ou intraveineux, soit au total 1.340®, sans aucune réaction tardive nm précoce.
Le 24, l’état s'améliore et le 27 le malade est considéré comme hors d'affaire.
Tout semble rentré dans l’ordre, le malade se lève et reprend la vie courante, quand, vers le 15 janvier, au moment où on songeait à lui faire quitter l'hôpital, il se plaint de douleurs dans la jambe droite, douleurs vives, lancinantes, rappelant comme type des douleurs sciatiques. De plus, il meut la jambe avec difficulté et bientôt, alors que les douleurs disparaissent, il présente une paralysie de la jambe droite.
Troubles moteurs. — Parésie légère des quadriceps. Paralysie des extenseurs. Dans la marche, le malade traîne la jambe derrière lui : les extenseurs sont paralysés, les fléchisseurs intacts mettent le pied en équinisme ; le pied est ballant, tombant comme dans les pseudo-tabès alcooliques, saturnins ou diabétiques, ou encore comme dans les paralysies tabétiques. Couché, le malade présente du pied bot varus équin.
Réflexes : rotulien et achilléen un peu exagérés à gauche du côté sain et abolis à droite.
Troubles sensitifs. — Subjectifs : les douleurs du début ont disparu, parfois quelques douleurs légères et passagères dans la cuisse et la jambe. Objectifs : pas de douleurs réveillées à la pression, pas plus dans les plans superficiels que dans les plans profonds. Diminution nette de la sensibilité cutanée dans la moitié externe de la jambe et sur la face dorsale du pied.
Troubles trophiques : œdème du membre depuis la moitié de la jambe jusqu’au pied. Erosion sur les orteils, petites plaies indolores ; pas de sueurs limitées à la jambe et au pied du côté malade.
On ne peut voir s’il y a de l’atrophie musculaire en raison de l’œdème.
Examen électrique. — Réaction de dégénérescence dans le ter-
ritoire du sciatique poplité externe.
Ces phénomènes se sont relativement vite améliorés. À l’heure actuelle, toutes les douleurs ont disparu, la marche se fait beaucoup mieux et le malade, qui ne pouvait circuler il y à quinze Jours, peut se promener et vaque à ses occupations.
Le traitement institué consista uniquement en de l’électrothérapie et des exercices de rééducation que le malade fit lui-même.
Dans la myopathie primitive, il n’y a pas de douleur, l’impotence apparaît tardivement et s'accompagne Sénéralement d’exagération des réflexes. La localisation aux extrémités, avec attitude de main de singe, pourrait faire penser pour le cas suivant à l’atrophie musculaire progressive (syndrome Aran-Duchenne); mais, le début unilatéral, l’absence de symétrie et de contractions fibrilaires nous obligent à rejeter ce diagnostic.