OBSERVATION XXVIII
BENECH et BRENAS (Revue méd. Est, 1°’ janvier 1922)
Vers le 9 ou 10 septembre 1921, une jeune fille de 17 ans se pique le pied en marchant sur une pointe rouillée. Suppuration pendant deux ou trois jours ; guérison.
Le 28 septembre, trismus, photophobie, face grimaçante, rire sardonique, raideur musculaire dans les jambes.
Le 3 octobre, entre à l'hôpital ; le diagnostic de tétanos s’impose et le traitement est immédiatement commencé suivant les méthodes instituées par M. le professeur Etienne, à savoir : injections massives de sérum antitétanique par les différentes voies, intrarachidienne, intraveineuse, sous-cutanée.
Du 3 au 6 octobre sont injectés 445% de sérum ; du 7 au II, 280%, malgré l'apparition d'accidents sériques qui durent du 9 au |]; soit au total 760.
Vers le 20 octobre, la malade est considérée comme guérie.
La convalescence se poursuivait normalement quand, le 24 octobre, la malade se plaint d’éprouver une certaine gêne dans les mouvements de l'épaule et du bras droit. Après examen, on s'aperçoit
que l'extension des doigts est impossible, ainsi que la flexion. La force de préhension est diminuée par rapport à la main gauche. La main présente l'attitude classique en « main de singe ». L'’adduction du pouce, les mouvements latéraux sont difficiles. [L'amyotrophie est légère, mais se voit nettement au niveau du deltoïde et des masses sus et sous-scapulaires. [| y a une paralysie nette du dentelé, l’omoplate droite se détache nettement dans les mouvements d’élévation du bras en avant. La malade présente, en outre, quelques douleurs fugaces dans l'épaule et le bras droit. Les réflexes tendino-osseux sont affaiblis du côté droit.
Examen électrique : légère diminution de l’excitabilité dans le domaine du cubital, ainsi que pour le deltoïde et le dentelé.
Peu à peu ces signes disparaissent ; vers le 31 octobre, la malade peut manger seule, s'habiller, ce qu'elle n'avait pu faire depuis le 23 octobre.
Le 4 novembre, la malade quitte l'hôpital, ne ressentant plus qu'une gêne légère dans les mouvements des doigts ; la préhension présente encore quelques difficultés ; la force n'est pas revenue. La paralysie du dentelé est encore appréciable, mais l’omoplate se détache moins de la cage thoracique. L'’amyotrophie du deltoïde n’a pas encore disparu.
La myélite aiguë s'accompagne le plus souvent de fièvre et les sphincters sont $énéralement intéressés. Mais ce diagnostic ne peut-il être posé dans l’observation suivante: