‹ Les névrites postsérothérapiquesChapitre 28 sur 47 · OBSERVATION XXIX · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXIX

MORICHAU-BEAUCHANT et FAGART Société méd. hôp., Paris 17 octobre 1924)

M. J.., 54 ans, cultivateur, sans antécédents pathologiques sauf un certain degré d’éthylisme, reçoit le 4 septembre 1924, à la suite d'une plaie contuse et souillée du genou, une injection de sérum antitétanique. Cicatnisation complète de la plaie deux jours après.

Le 17 septembre, treize jours après l'injection, accidents sériques violents : urticaire intense et généralisé, vertiges, vomissements.

Le 18, le malade se plaint de fourmillements et d’engourdisse-

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ment dans les deux membres inférieurs. Pas de troubles de la sensibilité objective, ni de la motricité. Persistance de l’urticaire.

Le 19, mêmes troubles subjectifs dans les membres inférieurs et troubles de la motilité : difficulté à élever les membres inférieurs au-dessus du plan du lit et incoordination dans les mouvements. Réflexes rotuliens et achiléens abolis. Pas de troubles des sphincters. En outre, sensation de constriction dans la région thoracique avec gêne respiratoire. Rien d’anormal à l’auscultation des poumons et du cœur ; pouls bien frappé : 72. Pas de température et il n'y en aura à aucun moment. Le même jour apparaissent des vomissements alimentaires et bilieux.

Le 19 au soir, le malade essaie de se lever pour uriner, mais ne peut se tenir debout ; il éprouve dans les membres supérieurs des sensations de fourmillements et d’engourdissement.

Le 20 au matin, même état d'impotence des membres inférieurs et de gêne respiratoire ; continuation des vomissements.

Le 20, à 14 heures, la sensation d’étouffement s’accentue, la respiration s'embarrasse, le pouls reste à 75 bien frappé.

Le 20, à 18 heures, le pouls s’accentue à 120 ; le malade a le sentiment de sa mort imminente et succombe à 19 heures.

En somme, c’est un beau cas de syndrome de Landry. Mais cette paralysie ascendante relève-t-elle d’une atteinte médullaire ou de lésions des nerfs périphériques ?

Nous savons que, si la maladie de Landry peut dépendre d’une myélite aiguë, elle est attribuable dans la majorité des cas à une polynévrite généralisée (Pitres et Vaïllard). Or, dans notre observation, l’absence de fièvre et l’inté- Srité des sphincters sont encore en faveur de cette dernière hypothèse.

Nous pouvons donc écarter l’idée d’une affection spinale et il nous reste à envisager la possibilité d’une maladie des nerfs périphériques.

La névrite périphérique explique la localisation plus

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