‹ Les névrites postsérothérapiquesChapitre 29 sur 47 · OBSERVATION · texte numérisé non relu

OBSERVATION

MASON (Journ. amér. méd. Assoc., 14 janvier 1922)

Malade atteint de pneumonie à qui on injecte du troisième au sixième jour de maladie 500 de sérum antipneumococcique Ï par la voie intraveineuse, Apyrexie le septième jour. Le patient semblait guéri, quand le onzième jour survint une nouvelle élévation thermique accompagnée d’urticaire et d’œdèmes. Pas d’albuminurie. JLeucocytose sanguine. Bientôt le malade tomba dans un véritable état léthargique dont on le tirait avec peine.

Bien qu'il n'eut alors aucun trouble visuel, l'examen ophtalmoscopique montra un œdème papillaire avec hyperémie et élargissement des veines et un œdème de toute la rétine. La ponction lombaire révéla un liquide céphalo-rachidien hypertendu, hyperalbumineux, contenant quinze leucocytes par millimètre cube avec Wassermann négatif.

Peu à peu, la névrite optique se caractérisa nettement avec quelque hémorragies rétiniennes.

Cette maladie du sérum avec fièvre et somnolence dura quinze jours. Le malade sortit guéri. On le revit trois mois après : aucune anomalie des champs visuels, pas de diminution de l’acuité visuelle. L'examen ophtalmoscopique montra un fond d'œil à peu près normal : à peine un léger flou des contours de la pupille.

OBSERVATION B WEILL-HALLÉ et LÉVY (Soc. méd. hôp., Paris, 25 février 1921)

Il s’agit d’un enfant de six mois atteint d’angine diphtérique légère traitée et guérie par deux injections de sérum antidiphtérique de 50° et 30°®. ’

Cinq jours après la première injection, on constate une arythmie caractérisée par un silence prolongé suivant toutes les quatre ou cinq pulsations cardiaques, sans que l’auscultation révèle de bruits

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extrasystoliques pendant les silences. Le lendemain apparut un érythème avec urticaire et œdème, et l’arythmie diminua, puis disparut à mesure que progressait l'érythème. Enfin survinrent des arthralgies. Le premier bruit du cœur s’assourdit alors et les intermittences firent leur réapparition. La guérison totale se fit en treize jours.

OBSERVATION C LAVRAUD (Journ. des Sc. méd. de Lille, 9 novembre 1924)

Cinq jours après une injection de sérum antitétanique, accidents anaphylactiques habituels et aphonie par paralysie de la corde vocale gauche constatée au laryngoscope. Guérison en six semaines.

Nous avons cru intéressant de rapprocher de notre sujet ces trois observations où le siège de la lésion ne peut faire de doute: seule une atteinte du trajet extracrânien du nerf optique peut déterminer les troubles de la névrite optique (obs. A) ; les troubles cardiaques reconnaissent nettement pour cause une lésion de pneumogastrique (obs. B) et la paralysie de la corde vocale gauche s'explique par une névrite du récurrent (obs. C).

Mais on a voulu être plus précis ; Sicard parle de radiculites, Pollet de polynévrites, André Thomas distingue des polynévrites et des névrites localisées en se basant sur la localisation exacte de la lésion. Ainsi, la lésion unique donnerait, suivant le siège, la radiculite ou la névrite, les lésions multiples, des polynévrites et des polyradiculites.

Tel nom, valable dans quelques cas particuliers, ne peut être conservé comme titre général et nous croyons devoir englober toutes ces formes sous un même dénominatif : les névrites postsérothérapiques.

Mais il nous faut encore justifier ce dernier qualificatif étiologique.

Etiologie

Parlant de polynévritess M"° Déijerine - Klumpke, Kahler, Ross et Bury, Babinski, Remak et Flatan, Raymond, s'accordent à dire qu’ « en principe, aucun cas n’existe sans qu’on trouve, à son origine, l'influence d’un agent infectieux ou toxique, que ce dernier soit un poison venu du dehors ou qu’il soit élaboré au dedans de nous ». Élles peuvent être dues à des intoxications exogènes (alcool, arsenic, tabac...), à des intoxications endogènes (rhumatisme, hépatite, surmenage...), à des infections (£rippe, tuberculose, diphtérie, pneumonie...), ou peuvent reconnaître une étiologie complexe, association d’alcoolisme et de tuberculose, d’alcoolisme et de syphi- HSre

Ce qui est vrai pour les polynévrites ne le serait-il pas pour les accidents voisins que nous observons ?

Nos observations peuvent se diviser en deux £groupes :

1° Les accidents ont été observés chez des sujets atteints d’une maladie infectieuse confirmée (tétanos, pneumonie, infection puerpérale ou tuberculeuse) ;

2° Les névrites sont survenues chez des blessés après injection préventive de sérum, ou chez des sujets traités préventivement contre une maladie infectieuse possible (tétanos, diphtérie).

"TALrEE

Pour le premier groupe, on peut être tenté de rejeter 27e { . . . .

l’étiologie sur la maladie. L'observation suivante prête à discussion :

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