‹ Les névropathies à Bagnères-de-BigorreChapitre 13 sur 61 · I. — J. Blanc, P.-J. Fabre , Descaunets · texte numérisé non relu

I. — J. Blanc, P.-J. Fabre , Descaunets

La bibliographie médicale de Bagnères a été établie par M. le docteur De Jeanne (1), avec la patiente et judicieuse ér.udition que possède notre confrère : c'est un répertoire précieux à consulter pour quiconque voudra étudier Thistoire thermale de notre station.

11 n'entre pas dans le plan de notre travail de suivre pas à pas, depuis le xiv"" siècle, les écrits qui concernent les eaux de Bagnères ; il doit nous suffire de prouver par les témoignages des anciens auteurs, que de tout temps les affections nerveuses ont été traitées avec succès dans notre station.

Jean Blanc fait connaître, en 1618, dans son livre intitulé : Les admirables vertus des eaux naturelles de Fougues, Bourbons et autres renommées en France^ etc., le résultat de ses observations sur les bains de Banières, en Gascogne.

(i) Ga-cttc thermale de B.-ignèrcs-.ic-Bigorrc , iSS2-S3.

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« J'ai expéi'imenté , dit-il, qu'ils ont d'évidentes propriétés contre les douleurs articulaires , qu'ils servent aux paralysies et profitent aux femmes qui sont mal menées de rebelles suffocations de matrice... »

Dans ces « rebelles suffocations de matrice », il est permis de reconnaître les troubles hystériques.

Quelques années plus tard , Pierre-Jean Fabre publie un ouvrage d'hydrologie dans lequel il s'occupe de Bagnères. Il « avoue que ces bains thermaux sont propres à guérir presque toutes les maladies, principalement les paralysies, les douleurs arthritiques et les coliques..,, les douleurs de tête... »

En 1729 parait, à Toulouse, le premier ouvrage de Pierre Descaunets, chirurgien, intitulé : Traité de la propriété et efjets des eaux , bains doux- et chauds de Baignières et de Barèges^ ensemble des bouillons de cochlèaria ^ d'écrevisses de rivière et des vulnéraires, avec les observations raisonnées sur chaque fontaine en particulier.

Cet ouvrage est complété et augmenté dans plusieurs éditions successives. La dernière, 1793, contient un « discours préliminaire » de J. Lebrun ,. petit-fils de Descaunets.

J. Lebrun examinant les motifs de la réimpression du livre de son aïeul , note une réflexion qui a été souvent renouvelée depuis cette époque.

c( Tous les médecins étrangers que j'ai connus à Eagnères, dit-il, tous ceux que j'ai eu occasion de voir à Bordeaux , Montpellier , et même à Paris, pendant mon séjour dans ces différentes villes y

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m'ont questionné, comme natif du pays ^ sur nos eaux minérales, et m'ont témoigné leur surprise du silence gardé sur ces sources, par les médecins qui habitent la contrée. «

On trouve dans cette même édition quelques indications intéressantes sur la station, ses agréments, le caractère des habitants, etc. « Les habitants sont bons et atfables... L'air, l'eau, les aliments, tout y est bon, tout y est pur... La plus grande partie des sources minérales sont environnées de promenades, les unes sauvages et exécutées des mains de la simple nature; les autres, ornées par l'art, sans néamoins qu'il paraisse trop, et nuise au plaisir des promeneurs. » Voilà qui est toujours vrai.

Continuons cette citation :

» Les malades atteints de douleurs rhumatismales et autres, qui les empêchent de marcher librement, trouvent à se loger très à portée des sources chaudes, qui sont propres à leur maladie, plusieurs même de ces sources se trouvent dans des maisons où il y a des appartements très commodes et très bien meublés.

» Dès le mois de mai de chaque année, une foule d'étrangers, de toute sorte de nations, de tout sexe, de tout âge, se rendent à Bagnères, les uns pour rétablir leur santé délabrée, les autres pour y jouir des plaisirs qu'on y goûte.

» ... Les maisons en général sont belles et propres, les marbres et l'ardoise servent à leur construction.

» Les rues sont larges et nettes, chacune a, pour ainsi dire, son petit fleuve qui serpente.

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» On y jouit enfin des amusements en tout genre : comédie, jeu, woxal, etc., telles sont les commodités que la ville de Bagnères procure aux étrangers qui s'y rendent. »

Je me suis laissé aller au plaisir de citer cette aimable énumération des commodités de Bagnères, parce qu'elles me paraissent caractériser admirablement ce que Bagnères a été dans le passé et ce qu'il reste encore dans son essence, ce qu'il ne saurait cesser d'être sans mentir en quelque sorte à sa vocation thermale : une jolie petite ville où les uns viennent pour se traiter, les autres pour se distraire et où l'on trouve, à côté de toutes les facilités du traitement, le charme des relations sociales et <' des amusements en tout genre, » au milieu d'une nature attrayante que l'art n'a oj'uée que pour la faire valoir.

Descaunets étudie chacune des buvettes et chacun des bains de Bagnères, et il donne des observations nombreuses que plus tard Bordeu utilisera dans ses écrits.

Il nous parle des eaux de Lasserre qui « sont bonnes pour guérir bien des maux... Elles guérissent souvent les maux de tête, qui consistent dans une tension violente des fibres. »

Il nous raconte la guérison d'une palpitation de cœur par ces mêmes eaux, chez une religieuse de vingt-huit ans.

Même efficacité dans « les suffocations de matrice accompagnées de convulsions épileptiques. »

A propos de la fontaine du Pre, Descaunets nous

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parle de désordres gastriijiics provonaiU « de ce que restomac a ses fibres Irop lâches on de ce (jn'il les a trop tendues, » et d'un hoquet incessant qui datait de deux années, guéris par l'usage de cette eau,

La fontaine de Salut réussit dans « la maladie hypocondriaque; » elle a rendu « le goût pour la conversation à un savant théologien, affligé « d'un tempérament atrabilaire » et d'une « mélancolie des plus noires. » (l)

La fontaine de Lannes guérit les « flegmatiques « et les femmes atteintes de « vapeurs. »>

La vertu du Foulon dans les affections dartreuses est mentionnée avec des faits à l'appui.

Ces sources et quelques autres forment le groupe des « eaux douces », c'est-à-dire des eaux à température modérée.

Descaunets examine ensuite les sources , plus chaudes , de Théas , Sf-Iloch , Cazaux , Roch-de- Lannes, etc.

« Le bain de Saint-Roch est propre pour rétablir la mémoire affaiblie par trop de pituite. »

Les*bains de Théas font marcher les paralytiques ; les bains de Cazaux et d'Arqué guérissent les « sciatiques invétérées; le bain chaud de Lasserre fait disparaître les contractures musculaires. «

Dans la suite du volume, des paragraphes spéciaux sont consacrés à diverses affections que Descaunets a vu guérir aux eaux de Bagnères : les convulsions, l'asthme, la mélancolie, les vapeurs (suffocations ou

(i) Cette observation et d'autres, des anciens auteurs, sont reproduites en détail dans la IV" partie.

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passion hijslérique) , les douleurs de tête , la catalepsie 5 l'incube (sic) , l'apoplexie , le tintement d'oreilles.

Je laisse de côté les affections qui ne se rapportent pas à mun sujet, affections peu nombreuses, il est vrai, car la clinique thermale de Descaunets semble avoir pour objet principal les désordres du système nerveux.

L'ouvrage se termine par une intéressante Dissertation de Lebrun sur les Bains. C'est l'exposé de la théorie et des applications médicales du bain tiède, du bain chaud et du bain froid.

Le bain tiède convient dans les « affections hystériques et hypocondriaques, « dans les « maladies nerveuses, la mélancolie, la manie. »

Le bain chaud a la pro[)riété de calmer « l'irritation des parties nerveuses, le spasme, l'érétbisme. » Il est utile dans la paralysie, si l'apoplexie ne l'a pas précédée, ou si la paralysie « reconnaît pour cause l'obstruction des nerfs produite par une infiltration séi*euse. » et non la congestion.

Le bain froid, que les Anglais ont mis à la mode , réussit dans les douleurs de tête d'origine nerveuse, dans les paralysies qui proviennent de la « faiblesse des organes », dans les douleurs sciatiques, dans la manie. Le bain froid doit consister dans une a immersion subite » qui ne dépassera pas généralement '< un demi-quart d'heure. »>

A noter la théorie physiologique du bain froid, que l'auteur donne d'après Barthez.

Dans le cours de cet ouvrage, il est fait mention

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de 27 sources minérales; une note de Lebrun est consacrée à la fontaine de La Bassère^ qui contient des « sulfures calcaires » et dont on a usé avec succès dans les « maux de poitrine. »

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