livre une toute autre place qu'elles n'eu out l'air au premier abord
Nous reviendrons sur ce sujet dans la partie clinique de notre étude, mais dès à présent nous sommes autorisés à démarquer, au profit de la neusanthénie ou de l'hystérie, telles et telles observations qui portent l'étiquette iï engorge menls sanguins du foie, d'obslniction du fuie par la bile, etc. L'auteur nous dit lui-même que plusieurs des dèrangemenls du foie qu'il rapporte furent occasionnés par des éludes ou des ajfecU'jns profondes de rârne, chez des personnes instruites, à ïdme noble et élevée, et, vice versa, il considère , avec les anciens , les vices de la bile comme la cause principale des affections convulsices et mentales.
Comme il est bon observateur, il ne peut s'empêcher de remarquer que les maladies nerveuses gênent un peu son système humoral. « Rien, dit-il, ne nuit tant aux excrétions... que la trop grande sensibilité des nerfs ou leur agacement, qui souvent est causée par les affections de 1 ame. ^
Quant à ces maladies où les nerfs prédominent, il leur consacre un chapitre qui n'est pas le moins intéressant. Un autre chapitre traite des paralysies.
Il y a là d'excellentes choses qui, à la différence du langage près, pourraient être signées par nos meilleurs névrologues d'aujourd'hui.
Citons un peu au hasard :
Ganderax conseille de traiter ces sortes de maladies « par des distractions agréables, par des voyages pittoresques, par une température douce, par des
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eaux minérales, par des bains tempéi'és , par nn régime calmant , par de moyens hygiéniques , » toules choses que l'on trouve en venant à Bagnères. Il recommande Vétude approfondie des anlêcédents dans le traitement de ces malades , comme une condition sans laquelle on espérerait en vain le succès. « C'est ainsi, dit-il, qu'il est permis aux médecins d'aller fouiller pour ainsi dire dans les archives des familles, dans celles des pères et mères, parce que c'est souvent là que l'on peut découvrir les traces, la source de l'affection nerveuse que l'on a à traiter ; c'est souvent là que l'on rencontre la vraie cause des dépravations nerveuses, vaporeuses et hypocondriaques, celle qui produit des phénomènes si nombreux et si dissemblables, qui, par le seul fait de leur anomalie, peut induire si facilement en erreur et faire diriger les médecins vers une médication contraire à la vraie marche qu'il faudrait suivre. » Ne croirait-on pas lire un chapitre sur les dégénérés ? Et les lignes suivantes ne paraissenL-elles pas extraites d'un chapitre sur la suggestion ? « Combien de sujets nombreux et intéressants des deux sexes se présentent à nous chaque année, qui, atteints d'affections nerveuses diverses, trouvent leur guérison dans le concours d'une foule d'influences morales ; et combien les annales de l'art ne nous fournissent-elles pas d'observations de ce genre, depuis Porsenna , qui se rendit maître de la douleur au point de la faire taire, jusqu'à celui qui se commande de s'éveiller précisément à une heure déterminée d'avance ! »
84 Les névropathes
Ce que nous devons retenir de cette citation, c'est que du temps de Ganderax, comme du temps de ses prédécesseurs, les maladies nerveuses affluent à Bagnères; il les connaît (bien qu'il ne les reconnaisse pas toutes, nous venons de le voir) ; il les étudie avec soin et il les traite par les moyens appropriés.
Il fait une sorte d'énumération de ces maladiesdans les termes suivants :
« En reconnaissant, ici, que les eaux thermales peuvent contribuer à rétablir l'harmonie des fonctions digestives, à diminuer d'abord, puis à détruire le spasme qui produit parfois l'hypocondrie et l'hystérie, nous ne pouvons nous refuser aussi d'admettre que leur efficacité peut s'étendre sur des anomalies différentes , telles que celles qui affligent les personnes qui éprouvent des tremblements dans un ou plusieurs membres, qui ont de la gêne dans la respiration 5 des resserrements spasmodiques variés , parfois des palpitations de coeur habituelles , des suffocations passagères, mais fréquentes, des aberrations du sentiment de l'appétit et de la soif, la boulimie , la pyrose , la cardialgie et nne foule d'autres accidents nerveux qui font le tourment de l'existence de ceux qui en sont frappés. »
Suivent une observation de tremblement et une autre où il permet de retrouver les symptômes de la neurasthénie.
Le chapitre des paralysies contient des observations d'hémiplégie par lésion cérébrale, de paralysie partielle d'origine traumatique, de paraplégie médullaire, de parésie sexuelle chez l'homme, d'hémi-
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plégie avec aphasie, etc. Il établit, avec autant de netteté que le permettait la physiologie de l'époque, la distinction entre les désordres du mouvement qui ont leur siège dans le cerveau et ceux dont la cause réside dans le dérangement des fonctions dlgestives ou des autres fonctions. Les uns et les autres, dans certaines conditions plus ou moins faciles à déterminer, sont curables par les eaux minérales.
Nous trouvons enfin dans le chapitre du rhumatisme chronique des observations qui peuvent être rapportées à cette forme de neurasthénie qu'on a appelée le rhumatisme vague ou qui sont des exemples de rhumatismes localisés sur l'appareil nerveux.
La thèse du D'' Ganderax, fils du précédent, soutenue en 1840 devant la Faculté de Montpellier, est en quelque sorte le résumé de l'important ouvrage dont nous venons de donner quelques extraits.
Elle contient des détails intéressants sur la pratique thermale de Ganderax père, notamment sur sa manière de traiter les paralysies. Elle contient aussi quelques observations inédites qui ont leur prix , entre autres une paraplégie a frigore aggravée par les eaux de Barèges et guérie par nos bains de Cazaux, et une observation de chorée guérie par les bains de Salut et du Foulon , pris alternativement.